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14/12/2011

Nous vieillirons ensemble d'Isabelle Chapelier.

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LES CARIATIDES

3, rue de Palestro

75002 PARIS

(M° Etienne Marcel)

Entrée libre, consommation obligatoire.


Mise en scène : Jennifer Pays

avec Gaël Tanniou et Georges Bécot


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Délire de l'écriture  ... convocation du Moi, cet autre Je. Difficile en la circonstance de savoir qui a convoqué l'autre, l'actuel ou l'ancien ? Géniteur ou personnage inventé dans le but de justifier son propre devenu ? L'écriture n'existe pas sans une bonne dose d'égocentrisme alors que de toute évidence, tout a déjà été écrit. Impossible d'inventer quoi que ce soit en ce domaine ... Tous les ressentis sont des répétitions de ce qui fut, ce qui justifie les emprunts, plus ou moins flagrants. Dédoublement de personnalité au gré ou malgré Les Quatre Saisons vivaldiennes, utilisées en fil rouge du spectacle.  

Nous comprendrons plus tard que ce jeune homme n'a plus pour très longtemps à vivre alors forcément, l'introspection s'invite. En attendant, il jongle avec les mots, avec les fantômes aussi. C'est une autre manière de s'asseoir sans chaise pour un mangeur de mots. D'autant que l'on est parfois confrontés à un exercice de bègue idées et paroles se carambolant après avoir effectué quelques queues de poisson. Les spectateurs reçoivent ce flot de messages différemment, et pour certains l'agacement le dispute parfois à la curiosité naturelle car il y a presque quelque chose d'indécent à entrer dans la pensée de cet être dédoublé. Après tout, cette histoire n'est qu'à eux alors que pour nous elle reste cahotique. Tout est fait pour racoler le chaland, la poignée de main à l'entrée des comédiens, le verre de vin offert en cours de spectacle ...

La pièce se déroule dans une belle petite cave qui doit pouvoir contenir une trentaine de places et on y accède par un escalier pentu. Le bar au dessus et sa lumière pour le moins parcimonieuse favorise les complicités. L'endroit est idéal pour échanger des confidences. Comme je ne saurais préjuger du ressenti de chacun, je ne puis que vous conseiller d'aller sur place forger votre propre opinion.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

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15:03 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/12/2011

Elle était une fois .. ANNE BAQUET, nouvelle création 2011

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THEATRE RANELAGH

5, rue des Vignes

75016 PARIS

(M° La Muette ou Passy)

Loc. 01 42 88 64 44

www.theatre-ranelagh.com

tarifs de 10€ à 32€

Anne Baquet, soprano

Damien Nédonchelle, pianiste et directeur musical.

Mise en scène : Jean-Claude Cotillard

 

Par le biais de ses deux précédents concerts, Anne Baquet nous a familiarisés avec la limpidité de son timbre de soprano plongeant chaque fois ceux qui l'ont entendue dans le ravissement le plus complet.

Cette fois, c'est un conte musical qu'elle nous propose de découvrir en ce lieu magique du Ranelagh et dont l'objectif est la diversité.  

En effet, que rêver de mieux que ces ancestrales boiseries pour mettre en valeur une voix ? Dans cette salle, un souffle passe et il se trouve que celle de la dame ne manque pas non plus de puissance, elle va nous le prouver à diverses reprises et plus spécialement quand elle se transformera en cantatrice russe. 

Le spectacle commence, présenté par un timbre off masculin, à la diction parfaite et l'image qui se présente ensuite à nos yeux est saisissante tant sur le plan esthétique que par la symbolique qu'elle véhicule ... Face à cette apparition féerique, nous retrouvons immédiatement notre âme d'enfant, admirative sans aucune réserve possible. 

L'humour véhiculé par les textes ne tardera pas à succéder à la transcendance.

C'est alors que nous allons apprendre l'histoire de cette fillette flanquée de deux copines, lesquelles ne seront pas toujours bien intentionnées. Il est vrai qu'elles sont toutes trois amoureuses du beau Jason, ce qui les amènera à se jalouser.

Anne Baquet s'amuse à mimer tous ces personnages peuplant la vie de l'adolescente, lesquels ne seront pas moins de onze ... Pour cela, il lui fallait un costume neutre, passe partout et forcément en deçà de ce que nous aurions souhaité pour elle, surtout après la vision du début ! 

Damien Nédonchelle est son support pianistique et beaucoup plus car la mise en scène les fera tous deux participer activement au final par un jeu de scène endiablé. Leur talent respectif et conjugué fera donc la joie non seulement des mélomanes mais des musiciens qui ne pourront qu'être convaincus par cette double prestation. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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16:37 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent

08/12/2011

Un banc à l'ombre de Sasha PAIRON

THEATRE DE LA HUCHETTE

23, rue de la Huchette

75OO5 PARIS

(M° St-Michel)

loc. 01 43 26 38 99

du lundi au vendredi à 21h

samedi à 16h.30

Mise en scène : Véronique BARRAULT

avec Sylviane GOUDAL (Myla) - Dominique SCHEER (Niobé)

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En ces temps où des révolutions inattendues tardent à trouver une solution, cette pièce tombe à point nommé. Le pays où se déroule l'action ne sera jamais dit, peut-être même n'existe t-il que dans l'imagination de son auteur ? Quoique ...

Or des troubles y ont eu lieu et les militaires tentent de maintenir l'ordre tout en jugeant les opposants.

Nous sommes à la porte de ce qui ressemble à un fort mais fut jadis un couvent et une femme en treillis, le menton volontaire, la kalachnikov prête à l'action, fait le guet. " Qui va là ? "  car le périmètre est interdit. 

C'est qu'il y a de l'autre côté des prisonniers qui attendent que l'on statue sur leur sort, qui peut-être (sûrement même) sont torturés afin d'obtenir des aveux.

Une femme enceinte a gravi le chemin escarpé qui mène à cette colline avec pour seul but (?) s'asseoir sur ce banc, à l'ombre. Le rejet est immédiat, sa tentative du moins car Niobé oppose la force d'inertie à cette gardienne qui se veut intraitable.

Rabrouée, elle finira par abandonner le terrain mais reviendra le lendemain et les jours suivants ... Tout d'abord agressive, Myla, la femme-soldat qui refuse tout dialogue, finira par communiquer et même sympathiser. L'échange verbal passera par intermittence du vouvoiement distancié au tutoiement amical car des bribes de conversation les révèlent l'une à l'autre. Elles apprennent ainsi peu à peu à se connaître. Et puis une nuit, alors que la gardienne dort, Niobé parviendra à s'introduire dans le lieu ... 

Les deux comédiennes sont dissemblables au possible tant physiquement que par leur mode d'expression ce qui est logique vu la personnalité de chacune et de ce fait se mettent parfaitement en valeur l'une-l'autre. 

Inspirée visiblement par l'actualité, Sasha Pairon - l'auteur(e) - flirte avec la tragédie antique et les crimes ont toujours demandé vengeance ! 

Magie du théâtre, l'espace scénique bien que tout petit a permis que le miracle s'accomplisse et que nous nous trouvions vraiment à cet endroit précis, au pied de cette place improvisée dont les dimensions sont à la hauteur de notre imagination.

La mise en scène de Véronique Barrault est efficace et l'attention du spectateur complètement monopolisée par ce qui se déroule sous ses yeux. Une indéniable réussite née d'un parcours sans faute. 

 Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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(Photos : LOT)

15:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent