Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

15/06/2011

La femme silencieuse de Monique Esther Rotenberg

THEATRE du PETIT HEBERTOT

78 bis, bd. des Batignolles

75O17 PARIS

(M° Rome et Villiers)

T. 01 42 93 13 04

Tarif unique : 15€

Du mardi au samedi à 21h.

Dimanche à 15h.

jusqu'au : 10 Juillet 2011

Mise en scène : Pascal ELSO

avec : Pierre-Arnaud JUIN - Corinne JABER - Olivia ALGAZI.

S.Zweig.jpg

1934 - Pluie d'orage. Stefan Zweig est dans son bureau londonien.
Arrivée de Lotte Altmann, nouvelle secrétaire choisie par son épouse, Friderike, laquelle a coutume de le soulager de tout ce qui ne constitue pas son travail d'écriture ...
L'homme frise le désagréable et ne se ravisera que lorsqu'il verra que confrontée à cet accueil, la jeune femme s'apprête à prendre la porte.
Nous découvrirons assez vite que la secrétaire en question, bénéficie d'une intelligence incisive, qu'elle connaît parfaitement l'oeuvre de l'écrivain pour lequel elle s'apprête à travailler, sans parler de sa connaissance non moins approfondie du Talmud. Bref, une assistante peu banale et dont le sort restera lié à celui de Zweig pour l'éternité mais l'un et l'autre ne le savent pas encore ...
Pour l'heure, il s'agit de s'atteler à l'écriture de cette biographie de Marie Stuart, vaste programme, l'auteur ayant provisoirement mis de côté, Erasme avec lequel il avait décidément par trop d'affinités, ce qui rendait l'approche quasi insupportable. Il y reviendra plus tard.
Monique Esther Rotenberg s'est imprégnée de ces Souvenirs d'un européen rédigés sous le titre " Le monde d'hier " ouvrage incontournable à tout fervent lecteur de Stefan Zweig et il faut bien reconnaître qu'elle réussit  à mettre dans la bouche du personnage principal, des mots incontestables.
Pierre-Arnaud JUIN qui s'est appliqué à ressembler le plus étroitement possible à celui qu'il est censé incarner, martelle un peu le texte (m'a t-il semblé) ce qui contraint Olivia Algazi à faire souvent de même mais peut-être n'était-ce que la conséquence d'une représentation jouée en matinée ? En revanche, Corinne Jaber qui est l'épouse du grand homme est absolument remarquable ! La mise en scène de Pascal Elso présente la fluidité qui convient et le décor est fort beau notamment sous ces effets d'orage. Tous les amoureux de Zweig sont invités à aller voir cette pièce, brillant hommage rendu à sa mémoire et rappel (concernant le titre) du livret que cet auteur écrivit pour Richard Strauss, opéra censuré par les nazis du fait de la judaïté involontaire mais réelle, du librettiste choisi.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

les-trois.jpg

(Photos : Xavier LAHACHE)

15:02 Publié dans THEATRE | Lien permanent

13/06/2011

Comédies tragiques de Catherine Anne (Création)

Théâtre de l'Est Parisien

159, avenue Gambetta

75020 PARIS

Réserv. 01 43 64 80 80

(M° Pelleport,St-Fargeau, Gambetta)

jusqu'au samedi : 25 JUIN 2011

Mise en scène : Catherine Anne

avec Thierry Belnet, Fabienne Lucchetti, Damien Robert, Stéphanie Rongeot.

 

com.tragiques-.jpg

Notre esprit potache inscrivait jadis sur les brochures du CID ... " (re) tragi-comédie aux pommes ! Ici, Catherine Anne s'amuse à téléscoper comique et tragique et la rencontre des deux, fait des étincelles tout au long du spectacle. Ceux qui sont dans la salle en témoignent à mesure.
Quand la pièce commence, on pourrait presque se croire à l'Odéon en 68.
Enfin, pas tout à fait quand même, car les revendications ne sont plus les mêmes. Les temps ont changé bien sûr. Jadis, on était fier d'avoir un enfant surdoué, maintenant on s'inquiète et on l'oriente vers le psy.
Hier, on avait des plans de carrière, maintenant le parcours professionnel est un champ de mines et il faut prendre garde de ne pas séjourner trop longtemps dans un trou. " Père, maîtresse, honneur, amour " ... ne sont plus que souvenirs véhiculés par la voix de Gérard Philippe, les " nobles et dures contraintes " ayant disparu pour être remplacées par l'idolâtrie dont bénéficient les dieux actuels : Argent, Rentablilité, Ordre. Ce dernier étant imposé mais sans repères ... Les colonnes que l'on érige désormais ne sont plus que saucissonnades zébrées, pouvant tout juste servir de piédestal à un vieil acteur dépassé, le ton actuel en vigueur étant via télé, celui du tiroir-caisse.
Rassurez-vous, le ton de la pièce est un peu plus joyeux que cela, beaucoup plus même, car je n'ai fait que vous fournir l'action en filigrane. A vous d'aller sur place afin d'en savoir plus.
Quatre comédiens pour 32 personnages, qui passent de l'un à l'autre avec une évidente jubilation. En dépit du triste constat qui est fait de notre société, on s'amuse, on rit de ces mésaventures que l'on ne connaît que trop. Bref, nous passons un excellent moment, c'est drôle, grinçant, violent et on aime !

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

comédies-trag.jpg

(photos : Hervé Bellamy)

14:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent

05/06/2011

Emilie du Châtelet : Discours sur le Bonheur.

Discours-bonheur-h.jpg

THEATRE du LUCERNAIRE

53, rue N.Dame des Champs

75006 PARIS

(M° N.D.des Champs)

Réserv. 01 45 44 57 34

www.lucernaire.fr

DU 25 MAI au 2 JUILLET 2011

du MARDI au SAMEDI à 18h.30

Mise en scène : Béata NILSKA

avec Edith VERNES et Sylvain BEGERT

 

" J'ai perdu un ami, un grand homme, qui n'avait que le défaut d'être une femme " (Voltaire à Frédéric II de Prusse, à la mort de Madame du Châtelet)

Chaque époque a les personnalités qu'elle mérite or l'autre " grand homme " de ce XVIIIème siècle, ne l'oublions pas, se nommait Catherine II, impératrice de toutes les Russies, preuve que cette envergure exceptionnelle était dans l'air du temps mais revenons à cette marquise qui nous préoccupe.

Gabrièle Emilie du Châtelet est une " femme savante " au sens noble du terme, la première à s'être intéressée à la physique qu'elle considérait comme " la reine des sciences " et à qui nous devons la traduction du célèbre " Principia " de Newton.

C'était également une grande amoureuse et elle voua une passion sans limites à Voltaire dont elle partagea la vie durant plus de 10 ans, lequel la délaissa pour une jeune actrice. Elle en souffrit terriblement et c'est sans doute ainsi que ce " Discours sur le Bonheur " est né.

" Tout ce qui ne tue pas, renforce " déclarera Nietzsche un siècle plus tard. Or comme être passionné est plus la conséquence d'un tempérament que des circonstances, à peine son livre terminé, Madame du Châtelet s'éprendra  d'un jeune officier (Saint-Lambert) dont elle sera enceinte, ce qui causera sa mort à l'âge de 42 ans.

N'avait-elle pas écrit : " Avoir des passions, c'est la seule manière d'être heureux. Il est donc à désirer d'être susceptible de passions, et je le répète encore : n'en a pas qui veut "

Edith Vernes est une Emilie du Châtelet assez pondérée, m'a t-il semblé, en fonction de ce que nous connaissons du personnage ...
Son partenaire, (Sylvain Begert) muet mais à la figuration très intelligente apporte une note subtile de fantaisie par le biais de ces déplacements qu'il effectue avec cette démarche toute particulière qui ne saurait passer inaperçue.

La mise en scène de Béata Nilska est tout à la fois sobre et efficace.
Le texte quant à lui est à découvrir ou se remettre en mémoire, c'est selon.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

Emilie-du-Chatelet.jpg

Photos : Claire SHWARTZ

17:09 Publié dans THEATRE | Lien permanent