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29/05/2011

Tino Caspanello : Mer

THEATRE de l'ATELIER

1, Place Charles Dullin

75018 PARIS

(M° Anvers)

Loc. 01 46 06 49 24

www.theatre-atelier.com

Pl. de 10 à 30€

du mardi au samedi à 21h.

dimanche à 16h.

traduction du sicilien : Bruno et Frank La Brasca

texte publié aux Editions Espaces 34

Mise en scène : Jean-Louis Benoit

avec Léa Drucker et Gilles Cohen

 

La pièce évoque le problème de l'incommunicabilité entre les êtres, laquelle n'exclut pas toujours ceux qui s'aiment ...
Lui est allé par une nuit noire au bord de la mer en prétextant qu'il voulait pêcher alors qu'il n'y a aucun poisson. Sans doute voulait-il tout à loisir penser à elle - loin d'elle - car l'éloignement peut rapprocher  en permettant de mesurer l'importance que l'autre tient dans sa vie.
Elle ne comprend pas et le cherche, le questionne à coup de banalités auxquelles il répond de façon évasive. Certains couples tuent leur amour à force de paroles maladroites et d'autres le noie dans un océan de non-dits. Malheureuse, se croyant imcomprise, elle revient sans cesse sur ses pas pour le relancer. Bref, elle fait tout ce qu'il ne faut pas faire jusqu'au point de l'agacer. L'homme s'est verrouillé dans le silence et elle insiste pour l'en faire sortir. " Moi je t'appelle toujours même quand je ne le fais pas. " finira t-elle par avouer. Léa Drucker est touchante de désarroi avec sa demande d'amour que rien ne peut combler. Gilles Cohen a toutes les pudeurs de l'homme qui ne veut pas se livrer, muré dans son statut de mâle qui cherche à se préserver. Toutes les générations sont porteuses de couples tels que celui-là. Il ne suffit que d'un déclic pour qu'enfin les mots soient dits réciproquement or par lassitude, les couples se séparent avant, parfois.
Les deux comédiens sont excellents mais sur le plan théâtral le spectateur se sent un peu frustré, attendant que quelque chose enfin se produise qui tarde à venir ... Le théâtre sans action ou presque est-il encore du théâtre ? Les questions que l'on se pose au sortir de la pièce abondent et celle là en fait partie.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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15:51 Publié dans THEATRE | Lien permanent

18/05/2011

Scènes de chasse en Bavière de Martin Sperr

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THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du fbg. Montmartre

75009 PARIS

(M° Grands Boulevards)

loc. 01 47 70 32 75

Pl. 23€ - T.R. 13€

www.TheatreDuNordOuest.com

 

Mise en scène : Nicole GROS

avec : Marie-Véronique RABAN, Isabelle DESALOS, Muriel ADAM, Jeanne CARRE, Stéphanie TRUONG, Laétitia BERTHEUIL, Jeff ESPERANSA, Ludovic COQUIN, Julien LIFSZYC ou Guy BOURGEOIS, Frédéric MOREL, Jean MARZOUK, Jack GALLON, Franck DELAGE, Gérard CHEYLUS.

 

Martin Sperr situe ce fascisme ordinaire en milieu rural au lendemain de la dernière guerre mais ne nous leurrons pas, il existe encore actuellement.
Certains faits divers se déroulant en banlieue n'ont rien à lui envier.
Bien sûr, ce n'est pas par hasard si les personnages vivent dans ce petit village de Bavière où l'ordre est personnifié par le bourgmestre et le curé. Ici, tout le monde se connaît, s'épie - comme il se doit - et les commérages vont bon train mais n'en est il pas toujours de même dans nos petits villages français ? ... Ces êtres vivent en autarcie et malheur à celui ou celle qui diffère des autres ! Une veuve ne saurait héberger deux hommes sous son toit... Une mère ne peut que condamner l'homosexualité de son fils ... et une fille peu farouche est forcément ce que Daudet nommait dans son Arlésienne " une roulure ! " Peu importe la somme de sentiments complexes que chacun peut secrètement nourrir puisqu'il faut se conformer à un modèle préétabli et dans le cas contraire, la curée n'est pas loin. Certes, l'absence de culture est un terreau sur lequel poussent les réactions extrêmes mais nous savons combien il serait utopique de cantonner ces inconvénients à une seule strate de la société. La différence inquiète et déchenche chez la plupart d'entre nous un phénomène de rejet.
Cette pièce est âpre, son climat violent. Nicole Gros a mis au point une mise en scène parfaitement efficace, utilisant adroitement toutes les possibilités fournies par l'espace scènique. Les interprètes investissent  leurs personnages, et nous pourrions presque oublier que nous sommes au théâtre, tant ce à quoi nous assistons est réel et le résultat optimal. 

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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19:31 Publié dans THEATRE | Lien permanent

17/05/2011

Le Combat de Jean-Luc Jeener

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THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du Fbg Montmartre

75009 PARIS

(M° Grands Boulevards)

loc. 01 47 70 32 75

www.TheatreDuNordOuest.com

Mise en scène : Jean-Luc Jeener

avec : Benoît DUGAS et Florence TOSI

 

Etrange " annonce faite à Marie " l'ange étant un officier SS annonciateur de mort et prêtre de surcroît. Par une sorte de raffinement sadique, cette femme est enchaînée dans sa cellule, entravée tel Prométhée sur son rocher. Elle prie pour surmonter l'épreuve quand arrive cet uniforme ennemi qui déclare être là pour l'aider ... Réaction de rejet immédiat. Comment accepter de s'en remettre à l'un de ceux qui symbolisent l'horreur, cause de tous les maux et en particulier de sa présence en ce lieu ? Car, indignée par ce qu'elle a vu à Oradour-sur-Glane la pieuse Marie s'est transformée en justicière et a tué, portée par un esprit de vengeance. Et c'est l'un des monstres d'en face qui prétend venir lui apporter la paix précisément au moment où elle croyait l'avoir seule trouvée en s'adressant directement à Dieu. En plus du fait historique, cette pièce aborde le thème de la responsabilité individuelle, de la conscience mise à mal par les évènements. Un crime isolé peut-il être plus grave qu'un crime collectif ?  Un soldat ne ferait que son devoir en obéissant aveuglement aux ordres donnés, ce qui le disculperait d'une quelconque responsabilité alors qu'une femme meurtrie, indignée, n'aurait pas le droit de venger ceux qui ont été massacrés ? Cette pièce interpelle par conséquent tous les croyants mais également les pacifistes sans exclure les anticléricaux eux-mêmes en une superbe illustration du célèbre, " hors l'église, point de salut " -
Car chacun bien entendu, en tirera les conclusions qui conviennent à sa propre Vérité cette dernière étant multiple comme chacun sait.
Les convictions de l'auteur sont connues de tous mais il convient de rendre hommage à l'homme qui jamais n'impose son point de vue analysant scrupuleusement celui des autres sans condamner qui que ce soit.
Voici donc une pièce qui conjugue tolérance et intelligence portée par deux comédiens qui s'impliquent complètement dans leur rôle respectif et pour laquelle aucun spectateur ne peut rester indifférent quelque soient ses choix, laïques ou religieux.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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14:26 Publié dans THEATRE | Lien permanent