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27/04/2011

Les lois de la gravité de Jean Teulé

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LA MANUFACTURE des ABBESSES

7, rue Véron - 75018 PARIS

(M° Abbesses ou Blanche)

loc. 01 42 33 42 03

Pl. 24€ - T.R. 13€

les vendredi & samedi à 21h

dimanche à 17h

d'après le roman de Jean Teulé,

Adaptation : Marc Brunet

Mise en scène : Elizabeth Sender

avec Marc Brunet, Christian Neupont, Hélène Vauquois.

 

Le commissaire est bon enfant, disait-on à une époque. Ici, cet officier de police est carrément surréaliste ! Vous connaissez beaucoup de policiers qui refusent d'incarcérer quelqu'un venu se livrer ? C'est pourtant ce à quoi nous allons assister. Duel entre le devoir et les états d'âme ...
Une femme arrive un soir dans ce commissariat pour s'accuser du meurtre de son mari commis dix ans au préalable et vient se constituter prisonnière quelques heures avant la prescription légale. Comment vivre en paix avec le sentiment de remords ? Toute la question est là. D'autant que depuis quelques temps ses garnements de rejetons qu'elle n'a voulu que protéger, tapissent l'appartement de photos du père malencontreusement passé de vie à trépas via la fenêtre. La situation est devenue insupportable et la coupable est là pour payer. Or le commissaire ne l'entend pas de cette oreille et va tout faire pour l'en dissuader. Histoire de gagner du temps, il va entretenir la tchatche, se saouler de mots et pas seulement car il a en réserve une potion magique explosive ... A mesure que la femme veut s'expliquer c'est l'inverse qui se produit et il finira par tout raconter de lui en une confession nocturne pour le moins insolite.
Il y a chez Marc Brunet, dans ses gestes, dans sa voix quelque chose qui rappelle Philippe Noiret, ce côté tout à la fois bonhomme et dévastateur ...
Pour lui donner la réplique, Hélène Vauquois a choisi la mesure et la détermination. Peut-être l'aurait-on souhaitée un peu plus égarée au début car une telle entrée en scène ne peut se faire qu'en état de crise mais la comédienne se révèle remarquable par la suite.
Christian Neupont est ce fonctionnaire de service à la veille de prendre sa retraite et vient faire diversion de façon appuyée.
C'est à un excellent moment de théâtre que vous êtes conviés car l'adaptation de Marc Brunet est remarquable or il n'est généralement pas aisé d'interpréter de façon aussi optimale, un texte qui à la base, n'était pas destiné à la scène.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

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16:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent

24/04/2011

La banalité du mal de Christine Brückner, traduction Patricia Thibault.

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LA MANUFACTURE DES ABBESSES

7, rue Véron 75016 PARIS

M° Abbesses ou Blanche

Loc. 01 42 33 42 03

Pl. 24€ - T.R. 13€

du mardi au jeudi à 21h

jusqu'au : 19 MAI 2011

Mise en scène de Jean-Paul Sermadiras

avec Patricia Thibault

 

La pièce commence sur une chanson appartenant au répertoire de Zarah Léander. C'était mettre d'emblée la barre très haut. Sans avoir exactement la tessiture de la célèbre suédoise, Patricia Thibault possède un bel organe vocal dont elle se sert admirablement tant pour ce chant a capella (ce qui n'est pas une mince difficulté) que pour couvrir son jeu scénique. La comédienne prête son indéniable présence au personnage d'Eva Braun, source de tant d'interrogations ...
Car enfin, qui était réellement cette femme que la plupart des historiens ont jugée insignifiante, une sorte de midinette qui s'était bêtement entichée d'Hitler ?Un jour une diseuse de bonne aventure lui aurait prédit un destin exceptionnel et elle y a cru dur comme fer, les circonstances ont fait le reste.

Un personnage de tragédie ne s'accomplit qu'au moment de l'issue fatale et incontournable et c'est exactement ce qui va se passer ici. Cette femme angoissée, bien que gavée de tranquillisants, ayant déjà deux tentatives de suicide à son acquis, se raconte en s'adressant à ce lieutenant symbolisé par un spectateur placé au premier rang. Le personnage d'Eva est tout à la fois futile, naïf à la limite de la sottise, arriviste et étrangement obsessionnel. Sans Hitler, elle n'existe pas, n'aurait sans doute jamais existé. Il symbolisera donc son Destin jusqu'à l'ultime seconde. Impossible de lui reprocher son aveuglement puisqu'il fut partagé par beaucoup d'autres ... tout un peuple en fait ! Il est évident qu'il se dégageait de cet homme un magnétisme diabolique. Pourtant il n'était pas tendre avec elle, allant même en privé jusqu'à la traiter de " petite idiote " Celui qui se considérait comme un surhomme avait sans nul doute à l'esprit cette phrase de Nietzsche : " Si tu vas à la femme, n'oublie pas le fouet " Inutile en ce qui concerne Eva Braun car elle était par avance domptée et puis cet homme n'a t-il pas fait trembler le monde ? Elle ne pouvait donc que suivre la pente sur laquelle le sort l'avait placée.La comédienne-traductrice offre une dimension inusitée au personnage en l'éclairant d'un jour nouveau mais sans pour autant prendre parti en un sens ou un autre.Elle EST tout simplement.La mise en scène que l'on doit à Jean-Paul Sermadiras se révèle tout à la fois sobre et significative. A voir, absolument. 


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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15:57 Publié dans THEATRE | Lien permanent

18/04/2011

Mon dernier spectacle de Karine Casati et Laurent Lethiais.

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ESSAION

6, rue Pierre-au-Lard

75004 PARIS

(M° Hôtel de Ville ou Rambuteau)

loc. 01 42 78 46 42

Pl. 15€ - T.R. 10€

jusqu'au 14 MAI 2011

A 18 heures le samedi.

(relâche le : 23 avril)

Mise en scène : Philippe Risler

Avec Karine Casati, Eric Descargues et Julie Enselme.

 

Pouvoir une fois, une seule avoir le choix complet de ce que l'on va jouer, sans l'ombre d'une contrainte; se produire dans les rôles les plus fous - s'offrir le luxe d'être Cyrano et non Roxane mais avant encore, choisir son Roméo, le séduire et partir avec lui ! Tout organiser, hypnotiser le public en un temps minimal, celui de l'écoulement d'un sablier. Traverser la scène comme une comète dont la trajectoire lumineuse marquera à tout jamais les esprits. Etre reine de tragédie tout en se permettant certaines libertés ... et interrompre une scène pour passer un coup de fil.
Chanter, faire du trapèze ... ( enfin ... presque ) Figurer sur un écran où l'on serait la partenaire de Gabin. Aaaah ! quel beau conte de fées.

Tout cela Reine le réalise en compagnie de Wilfried, son partenaire subtil qui jamais ne tire la couverture à lui mais favorise avec gentillesse sa mise en valeur. Et puis se payer le luxe de rudoyer sa soeur, la violoniste complexée dont les genoux s'embrassent.
Tenez, même si on clame que c'est le tout dernier spectacle, la toute dernière représentation, le public ravi en redemandera. Ce fut le cas et ce sera le cas chaque fois car, quelle merveille que ce moment là ! Voulez vous parier qu'il se trouvera un jour où un spectateur bondira sur scène, retournera le sablier et criera : " bis ! " Pour cela, il est vrai, il faudrait programmer un peu plus tard mais on ne sait jamais ? ...
En attendant, applaudissons.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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21:00 Publié dans THEATRE | Lien permanent