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11/04/2011

Les bonnes de Jean Genet

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L' ETOILE du NORD

16, rue Georgette Agutte

75018 PARIS

(M° Guy Môquet)

Loc. 01 42 26 47 47

Pl. 14€ - T.R. 10€

jusqu'au 16 avril 2011

mardi, mercredi, vendredi à 20h.30

jeudi à 19h.30 - samedi, 16 & 19h.30

Mise en scène : Guillaume Claysse

avec Aurélia Arto, Flore Lefebvre des Noêttes, Anne Le Guernec

 

Les Bonnes sont sans nul doute la pièce de Jean Genet la plus fréquemment mise en scène. Tout d'abord, ne nous leurrons pas, à cause du nombre restreint de personnages mais également parce qu'elle permet beaucoup de lectures envisageables.  C'est un conte et comme tous les contes, l'imaginaire prend ici une  place importante, ouvrant la porte à de multiples possibilités. 
Sartre pensait que dans l'esprit de Genet ces femmes n'étaient en réalité que des travestis destinés à donner le change à un public bourgeois ...
Pure extrapolation intellectuelle, sans doute car un sordide fait divers a pu aussi bien alimenter l'imagination de l'auteur.
Claire et Solange, Solange et Claire, duo infernal de deux femmes de chambre, de deux soeurs qui jouent à être Madame en l'absence de cette dernière. 
Unité de temps, d'espace, de lieu et désordre dévastateur ...
Le rôle de ces deux là est de ranger, de tout nettoyer, elles feront donc l'inverse.
A la fin de la pièce le sol sera jonché de détritus mais en réalité leur cerveau respectif est une immense poubelle, où s'entasse pêle-mêle, tout et n'importe quoi en une désespérante anarchie. Jean Genet qui avait des idées tellement précises concernant la représentation de ses pièces fut amené à ajouter un codicille intitulé " Comment jouer Les Bonnes " directives dont aucun metteur-en-scène ou presque ne tient compte, (bien sûr) car désormais le verbe n'est là que pour alimenter le mouvement, comme chacun sait.
Une immense statue, très laide sorte de magot féminin occupe l'espace scénique.
Que vient faire ce micro superfétatoire sinon ajouter une touche de mauvais goût à cet écran qui se veut explicatif jusqu'au pléonasme ? Les Bonnes sont un peu rustiques, Madame un peu vulgaire ... sans doute est-ce l'époque qui veut cela ?
L'art théâtral est un ascenseur qui au fil des années monte et descend or, force est de constater que nous stagnons très souvent au niveau du sous-sol ... Je me hâte de préciser que j'ai vu tellement de relectures de cette pièce qu'il me plaît de ne me souvenir  que des plus sublimées, de celles qui privilégiaient la beauté esthétique car après tout, on va au théâtre pour améliorer sa vision de la vie, non ? Or dans l'Antiquité, un crime était un sacrifice offert aux dieux et non un fait divers crapoteux. Autres temps, autres perceptions, bien que les moeurs - elles - au fil des siècles,changent peu. Comme il en faut pour tous les goûts, je ne saurais vous dissuader d'y aller mais en ce qui me concerne, me serais volontiers passée de cette vision que je vais me hâter d'oublier, espérons-le.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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12:32 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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