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31/01/2011

Le crépuscule du CHE de José Pablo FEINMANN

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PETIT MONTPARNASSE

31, rue de la Gaité

75014 PARIS

(M° Gaité ou Edgar Quinet)

loc. 01 43 22 77 74

Pl. 32€ et 18€

collectivités : 22€

du mardi au samedi à 19h.

matinée dimanche à 15h.

www.petitmontparnasse.com

Attention : relâche les 5,6 et 8 février 2011

 

traduction et adaptation : Marion LORAN

mise en scène : Gérard GELAS

avec Olivier SITRUK, Jacques FRANTZ, Guillaume LANSON, Laure VALLES, François SANTUCCI.

 

Nous découvrons un ciel étoilé, symbole d'éternité tandis qu'en bas, les êtres s'agitent, se font la guerre, se massacrent mais les idéologies restent, certaines s'éclipsent un temps, puis reviennent ... 
Che Guevara est l'exemple type du héros révolutionnaire auquel plusieurs générations de jeunes ont voué un culte fervent. L'homme eut pourtant des détracteurs et les opinions le concernant s'affrontent encore de nos jours.
Pour les uns, ce personnage quasi christique, s'est sacrifié au nom de la Révolution, pour les autres, il n'aurait été qu'un vulgaire exécuteur de ceux qui s'opposaient à sa vision d'un monde idéal, ne reculant devant rien pour atteindre son but.
José Pablo Feinmann a eu cette idée géniale d'interview imaginaire sorte de pont jeté entre deux époques.
Nous sommes donc en Bolivie, à la Higuera, lieu où le Che fut assassiné.
Un journaliste du New-York Times a bénéficié d'une bourse accordée par la fondation Guggenheim afin de relater ce que fut la dernière nuit, afin d'imaginer les réponses que le révolutionnaire aurait fournies aux questions posées.
Olivier Sitruk, bien plus que crédible - visiblement habité par le personnage - s'avére d'une ressemblance troublante avec le héros.
Face à lui, représentant tout le gigantisme de l'Empire américain, Jacques Frantz et cette puissance exceptionnelle qui le caractérise sera tour à tour ce journaliste-historien venu apporter la controverse puis successivement, Fidel et Matthews ...
Il passe de l'un à l'autre personnage, faisant chaque fois rebondir l'action.
Son jeu nous " scotche " littéralement tandis que ses répliques l'opposent vigoureusement à celui qui nous préoccupe et dont le souvenir ne s'éteint pas dans l'esprit " des gens " comme on dit actuellement pour désigner le peuple.
Les retours en arrière n'ont rien d'invalidant pour le déroulement de la pièce, bien au contraire, car chaque fois la vivacité du texte nous permet d'adhérer complètement à l'action. La scène de l'exécution de Paredes, cet officier de Batista est peut-être un peu caricaturale mais rien ne nous permet de supposer que ce ne fut pas voulu car la mise en scène de Gérard Gelas est d'une redoutable efficacité.
Les chansons a cappella interprétées par Laure Vallès qui elle aussi incarne plusieurs personnages, tombent à point nommé pour ajouter une touche poétique en cet univers violent. Peu de pièces dégagent une telle intensité et cela n'est pas dû uniquement au thème mais de façon optimale à l'engagement des comédiens.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photo : LOT.

21:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent

26/01/2011

Aimez-vous la nuit ? de Julien Séchaud.

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Théâtre Le Guichet Montparnasse

15, rue du Maine

75014 PARIS

(M° Montparnasse)

loc. 09 75 75 18 18

les dimanches à 15h.30

prochaines représentations,

30 janvier, 6 février, 20 & 27 mars,

3 et 10 avril, 15, 22, 29 Mai 2011

Mise en scène : Annie Vergne

avec Laurence Allainmat, Anne-Chantal Bourdillat, Ghislain Geiger, Julien Séchaud, Annie Vergne et la participation d'Isabelle Delage.

 

" Le soleil a rendez-vous avec la lune, mais la lune n'est pas là ... "

Nous connaissons tous cette chanson que reprendra tel un leitmotiv, cette femme plus très jeune, qui serre incroyablement un nounours sur son coeur.
Est-elle folle ? ... Qui est-elle ? ... Où sommes nous ?
Quelqu'un est couché à proximité enfoui sous une couverture.
Arrive une autre femme sorte d'assistante sociale, à l'allure décidée bien sûr, qui ne tardera pas à annoncer une visite ... Mystère !
En réalité nous sommes sur un quai de gare, désert à part ces quelques là, si on ajoute ce voyageur un peu inquiet qui attend désespérément qu'un train arrive ...  Mais un haut parleur annoncera ponctuellement des retards allant crescendo. Léa, c'est ainsi que se nomme la dame-qui-chante-et-parle-tout-le-temps, commence à sérieusement agacer le jeune homme.(Bruno).
Et puis il y a Mattias sorti de son sommeil ...
Une ambiance mâtinée de Sartre et de Beckett se met en place mais pas seulement.
Au fil des confidences livrées de plus ou moins bonne grâce, l'impression que ces personnages se trouvent dans une sorte de Purgatoire va peu à peu devenir évidente. Le spectateur constate alors que ce diable de jeune auteur le fait passer par tous les sentiments.
- Irritation : quand il ne comprend pas encore,
- Inquiétude : à force de se demander ce que tout cela signifie et quelle sera la suite ?
- Tendresse, voire émotion quand nous en saurons un peu plus et que deux êtres vont se retrouver ... (un temps.)
Mattias quant à lui est un inadapté à la vie.
Il ne la supporte pas, n'aspire qu'à retrouver le néant dont chacun est issu.
De tous, au final,  un personnage pourra dire " Le ciel peut attendre. "
Beaucoup d'humanité ressort de ce texte dont le caractère dérangeant ( car dans son sillage, nous devrons bien nous poser quelques questions à tendance métaphysiques ! ) ne saurait tuer la poésie.
Et puis, nous retrouvons Annie Vergne sur scène où elle se fait trop rare à notre goût et c'est un réel moment de bonheur. Ghislain Geiger (Bruno) reste parfaitement concentré sur son rôle et une parfaite symbiose entre tous devrait rapidement se mettre en place pour cette pièce qui ne fait que démarrer.
Beaucoup sortiront avec en tête un certain refrain pour le reprendre là où ils l'avaient laissé,

 " ... Et  le soleil l'attend."  

Ce qui tombe bien puisque en dépit du titre, la pièce se joue en matinée.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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13:01 Publié dans THEATRE | Lien permanent

25/01/2011

Caligula d'Albert Camus - version primitive de 1941 -

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Athénée Théâtre Louis Jouvet

Square de l'Opéra Louis Jouvet

7, rue Boudreau

75009 PARIS

M° Opéra, Havre-Caumartin

loc. 01 53 05 19 19

www.athenee-theatre.com

plein tarif : de 30€ à 13€

tarif réduit : de 24€ à 11€

mardi à 19h.

du mercredi au samedi à 20h.

matinée exceptionnelle : samedi 5 février à 15h.

jusqu'au : 5 février 2011 - Durée : 2h.20 sans entracte.

Mise en scène : Stéphane Olivié Bisson

avec Bruno Putzulu, Gauthier Baillot, Claire Hélène Cahen, Clément Carabédian, Pascal Castelletta, Patrick d'Assumçao, Jean de Coninck, Maxime Mikolajczak, Cécile Paoli

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Pour ceux qui jusqu'ici ont vu en Caligula un être névrotique à l'extrême, la conception du personnage concocté par les soins conjugués de Bruno Putzulu mis en scène par Stéphane Olivié Bisson risque d'en dérouter plus d'un ...
Certes, le talent indéniable du comédien ne saurait être remis en cause du fait de ce choix un peu particulier intervenant à une époque où la notion d'emploi est devenue résolument obsolète.
La pièce commence dans l'onirisme et la lenteur puisque nous découvrons comme en un rêve, Drusilla la soeur chérie du jeune empereur, laquelle vient on le sait, de mourir.
Caligula fou de douleur a disparu et les patriciens s'inquiètent à leur façon de son absence prolongée. Pourquoi les avoir revêtus de costumes contemporains aussi laids ? La question restera sans réponse et surtout sans aucune possible justification.
Cette pièce d'Albert Camus est peut-être celle qui a le moins vieilli et le fait que l'action se situe à l'époque antique mais évoquant ces thèmes éternels que sont le mal être et le " toujours plus " en matière de pouvoir devrait suffire à l'expliquer.
Nous allons donc assister aux caprices de cet empereur tour à tour souffreteux, puis inventeur de situations toutes plus dangereuses les unes que les autres.
Un trône pour le moins baroque sera érigé du haut duquel sa volonté tombera à la façon du couperet d'une guillotine. Au final, nous savons que c'est lui qui finira par être victime quand la coupe de la tyrannie aura débordé.
Une musique quasi omniprésente accompagne l'action de façon pléonastique et si les comédiens sont irréprochables, une impression de décalage comme celle ressentie lors d'un rendez-vous manqué s'imposera à certains, tandis que les autres, habitués depuis longtemps à tout accepter spontanément applaudiront à tout rompre.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : Letizia Piantoni

19:23 Publié dans THEATRE | Lien permanent