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19/11/2010

La douceur du velours de Christine Reverho.

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THEATRE des MATHURINS

36, Rue des Mathurins

75008 PARIS

(M° Havre-Caumartin)

loc. 01 42 65 90 00

Pl. de 10 à 30€

mercredi, jeudi, vendredi,

samedi à 19h.

Mise en scène : Panchika Velez

Interprétation : Sophie de la Rochefoucauld.

 

En dépit du titre caressant, le velours se révélera finalement un peu rêche !
Camille est une ex-coiffeuse (pas très douée de son propre aveu) dont la spécialité fut de teindre les vieilles dames en rose fushia.
Nous la découvrons allongée de tout son long sur un immense canapé dont l'acquisition lui a coûté un mois de salaire. C'est son île, son refuge, l'endroit privilégié où elle s'empiffre de chips tout en regardant un feuilleton idiot à la télé.
Comme elle déteste la campagne et ne voyage qu'en imagination, elle collectionne les cartes postales, envoyées à d'autres bien sûr et qu'elle récupère abondamment. On parle beaucoup dans un salon de coiffure mais Camille, a gardé pour elle ce qui lui arrivait ou du moins a essayé tant que les stigmates ne furent pas trop visibles.
Un soir, en un lieu nocturne qui se nomme Le Sirocco (tout un programme !) elle a rencontré Jacky. Elle ne dansait pas , lui non plus, en revanche il buvait et très rapidement avec lui, ce fut " l'amour qui fait boum ! "
Toute cabossée elle devint, notre Camille mais quand une femme est battue, ce n'est pas l'homme qui culpabilise. Ensuite, tout va aller de mal en pis. On aurait presque envie de lui souffler qu'au lieu de lire Anna Karénine elle aurait mieux fait de se pencher sur l'histoire de Judith et Holopherne et remplacer ces feuilletons à l'eau de rose par l'Empire des Sens (*) mais non, c'est une brave fille de celles parmi lesquelles se situent les victimes.
En tête à tête avec son canapé, Sophie de la Rochefoucauld revit l'histoire de Camille par le biais de tableaux entrecoupés de noirs ayant l'inéluctable conséquence de ralentir l'action. Seulement voilà, que faire d'autre ? ... Un monologue a des exigences incontournables surtout s'il doit se dérouler sur un canapé ! N'importe, Christine Reverho nous invite à réfléchir sur le sort de nombreuses femmes apparemment joyeuses qui cachent aussi longtemps qu'elles le peuvent leur drame intime et dont on ne peut mésestimer les risques encourus.
Sinon, et comme il faut évoquer un sujet grave avec humour, jusqu'à la conclusion, le public n'aura pas manqué de rire.

(*) la seule présence de ces oeuvres se voulant dissuasive ...

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : LOT.

15:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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