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01/10/2010

Derniers remords avant l'oubli de Jean-Luc Lagarce.

THEATRE MOUFFETARD

73, rue Mouffetard

75005 PARIS

(M° Place Monge)

loc. 01 43 31 11 99

Pl. 24€ T.R. 16€

Du mercredi au samedi à 21h.

Dimanche à 17h.

(Relâche le 7 novembre)

 

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Mise en scène : Julie Deliquet

avec Serge Blavan (Pierre) - Julie André (Hélène) - Agnès Ramy (Anne) - Gwendal Anglade (Paul) - Olivier Faliez (Antoine) - Julie Jacovella (Lise) -

 

Une maison à la campagne dans laquelle deux couples accompagnés d'une adolescente se rendent au bout de quelques années. Il s'agit d'une demeure acquise en indivision, démarche scabreuse par excellence, choisie parfois entre amis, dans des circonstances précises ...
Il est rare que la formule perdure et là, quinze ans se sont écoulés.
C'est Hélène qui mène la danse, brutalement sans l'ombre d'une diplomatie.
Anne la nouvelle femme de Paul, intervient parfois avec une ironie joyeuse.
En fait personne n'est à l'aise dans cette sorte de Cerisaie à l'envers.
Des couples ont existé puis se sont défaits et seul le passé les lie encore, griefs formulés ou non inclus.
Avant d'épouser Antoine, Hélène a vécu dans cette maison entre Paul et Pierre et ce dernier est resté sur place. Maintenant les autres et surtout Hélène voudraient l'en déloger, la demeure constituant un capital qui dort et qu'ils ont plus ou moins spontanément décidé de réveiller.
Un mot, prononcé maladroitement et repris avec insistance par cette dernière aura le don de rendre l'atmosphère explosive. Il sous-entend une foule de non-dits visiblement porteurs de toute la genèse de l'histoire. Pierre, l'intellectuel du groupe frémit sous l'insulte.
C'est un solitaire qui enseigne la littérature et résume son activité non sans une certaine amertume par un : " c'est parler dans le vide aux terrifiants héritiers des autres. "  discrète allusion à la situation présente alors que Lise l'adolescente qui a suivi ses parents n'est visiblement pas concernée par ce qui se passe !
Antoine en bon voyageur de commerce, essaie vainement de faire diversion au moyen des histoires qu'il raconte, complètement dépourvues d'intérêt mais qui n'en constituent pas moins, le centre de sa vie.
C'est à une prise d'assaut à laquelle nous allons assister. Qui, au final, en sortira vainqueur ? ...
La règle des trois unités (lieu, temps, action) est ici rigoureusement respectée et tout repose sur les dialogues. Le décor est inexistant, pour seuls accessoires, un lit en fer situé côté cour et la table censée accueillir ces soudains invités du dimanche, se constituera de deux tréteaux et d'une porte qui en catastrophe, feront l'affaire. On apprend que la toiture demande une réfection mais ce sont surtout les relations qui se sont délabrées. Une musique de scène, disons plutôt un fond sonore quelque peu agressif viendra par intermittence, coller à l'action de façon pléonastique. Je vous laisse bien entendu découvrir comment tout cela finira.
La pièce qui vient juste de démarrer est programmée en ce lieu jusqu'au 20 novembre. J'ai envie de décerner une mention spéciale à Agnès Ramy dont les interventions détendent l'atmosphère, ce dont s'acquitte également Olivier Faliez mais leurs rôles il est vrai, furent écrits dans cette perspective ce qui n'enlève rien à leur mérite. En dehors de toute notion de style, ce serait presque du Balzac revu et corrigé par ...

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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photos : Mathilde Morières

13:47 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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