30.09.2010

Richard III (ou presque) de Timothy Daly

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Théâtre du Lucernaire

53, rue N.D. des Champs

75006 PARIS

(M° N.D.des Champs)

loc. 01 45 44 57 34

Du mard au samedi à 21h.30

Matinée le dimanche à 15h.


jusqu'au : 7 NOVEMBRE 2010

 

Traduction : Michel Lederer

Mise en scène : Isabelle Starkier.

avec Daniel Jean (Guy Laurence) - Pierre-Yves Le Louarn (Bernard)

 

De l'endroit où ils se trouvent (ce qu'ils préciseront plus tard) ces deux là vont attaquer Richard III au hachoir et passer les morceaux à la moulinette de leur introspection aussi personnelle que critique.
Certes, le mode d'expression est excessif mais les deux comédiens font preuve d'une indéniable expérience et d'un incontestable talent même s'il y a parfois un peu trop de cris et une outrance dans le geste or n'oublions pas qu'il s'agit une fois de plus de théâtre dans le théâtre.
Pour expliquer leur présence en cet endroit pour le moins étrange, l'un prétendra que c'est la conséquence des réformes en cours, les autorités gouvernementales ayant décidé de les parquer en ce lieu, ce qui au final reviendrait moins cher que de les prendre en charge au titre des indemnités auxquelles ont droit les intermittents du spectacle. O ironie !
Cela dit, ils ne sont pas mécontents de leur sort : logés, nourris et apparemment, on leur fournit même quelques accessoires afin de leur permettre de se livrer à leur occupation favorite : jouer.
Atmosphère à la Orwell car d'évidence, ils sont surveillés, pire canalisés.
Au signal, démarrage d'une scène puis brusque et péremptoire intervention sonore; là, ils  arrêtent pour reprendre un peu plus tard avec toujours à disposition ce micro insolite lequel il est vrai, a permis l'explosion de ces bruitages et autres onomatopées dont on le sait, les bambins raffolent ...
Les comédiens ne sont ils pas de grands enfants ? Ils vont faire preuve ici de tous les excès dont ces derniers sont capables mais avec en plus, la cruauté des adultes. Bref, ils se défoulent comme des mômes et s'affrontent comme des grands.
La musique de Stockhausen vient un temps, parfaire l'ambiance ...
Il leur est impossible de sortir et resteront donc coincés en ce lieu où leur comportement pourrait presque nous faire croire qu'ils sont dans un asile de fous. Mais non, tout va s'expliquer à la fin et cette plongée dans le monde actuel justifiera ce qui a précédé. En tout cas, on ne peut dire qu'une chose, ils ont OZ...é !

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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photo : Jean-Pierre Benzekri.

28.09.2010

Le roi se meurt d'Eugène Ionesco.

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COMEDIE DES CHAMPS ELYSEES

15 avenue Montaigne

75008 PARIS

(M° Alma-Marceau)

loc. 01 53 23 99 19

Pl. 53, 43, 33 & 18€

- de 26 ans : 10€ du mardi au jeudi.

Du mardi au samedi à 20h.45

Dimanche à 16h.30

Mise en scène : Georges WERLER

avec Michel BOUQUET, Juliette CARRE, Sophie ARTHUR, Christian BOUILLETTE, Vanessa FONTE, Pierre FOREST.

 

Chaque jour nous rapproche un peu plus de la mort mais nous ne voulons pas le savoir. L'attitude du roi Béranger n'est donc pas surprenante ...
Qu'importe son âge, n'est-il pas encore jeune puisque sa seconde épouse, la reine Marie est aux petits soins pour lui ? Et Marie est charmante ... l'absolu inverse de la vieille reine, Marguerite, première épouse visiblement pressée de voir son royal époux plier bagage. Tandis que le roi s'accroche désespérément à la vie, tout autour de lui s'écroule en un sinistre présage.
Michel Bouquet est Béranger 1er, et nous autres spectateurs ne le quittons pas des yeux, sommes suspendus à ses lèvres non à cause de sa célébrité mais tout simplement parce que nous savons que la perfection du jeu est au rendez-vous ce, à tel point que nous allons en permanence le confondre avec son personnage tout au long du spectacle. Ce n'est pas un comédien qui joue mais un être qui vit et s'exprime tout simplement. Et pourtant, nous sommes au théâtre tout est là pour nous le rappeler. Juliette Carré campe avec une emphase altière le rôle de la reine Marguerite, sorte d'Agrippine égarée dans cette farce burlesque. Elle lance le texte tel un javelot qui battrait les records de grande distance ... et ce couple mythique à l'expression très contrastée, oblige ses partenaires à placer la barre très haut.
C'est donc à un grand moment de théâtre auquel nous sommes conviés, lequel dépasse sans nul doute les dimensions prévues par l'auteur. Il y a par dessus tout cela, la mise en scène sobre, sans esbrouffe mais efficace de Georges Werler.
De même que les spectateurs ont coutume à grand renfort d'applaudissements de rappeler sur scène les interprètes exténués, nous ne pouvons que souhaiter une longue et multiple agonie à ce roi qui se meurt chaque soir pour notre plus grand plaisir.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : Bernard RICHEBE

27.09.2010

Les 39 marches de John Buchan et Alfred Hitchcock.

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THEATRE LA BRUYERE

5, rue La Bruyère

75009 PARIS

(M° St-Georges)

loc. 01 48 74 76 99

Pl. 37€ - 27€ - 21€

Du mardi au samedi à 21h.

Matinée le samedi à 15h.30

SUCCES - PROLONGATION

MOLIERE DE LA PIECE COMIQUE

MOLIERE DE L'ADAPTATEUR.

Adaptation française : Gérald SIBLEYRAS

Comédie mise en scène par Eric METAYER.

avec Jean-Philippe BECHE, Christophe LAUBION, Eric METAYER, Herrade VON MEIER.

 

Londres, 1935 et pour nous spectateurs, un démarrage avec le théâtre dans le théâtre où depuis les baignoires situées côté jardin et côté cour, un éphémère couple à venir regarde Mr Memory dans son numéro de haute voltige mémorielle.
 
Le spectateur, Richard Hannay (Christophe Laubion) aura à piene le temps de s'amouracher d'Annabella Schmidt (Herrade von Meier) la belle espionne, qu'il lui faudra quitter son Angleterre natale pour l'Ecosse avec tout Scotland Yard aux trousses alors qu'il est absolument le seul à pouvoir sauver le monde d'une catastrophe effroyable. La police le recherche tandis qu'il recherche lui-même le cerveau diabolique qui est à la base de ce qu'il vient d'apprendre ...

En tout et pour tout, ils sont quatre lesquels vont à un rythme démentiel faire vivre sous nos yeux 150 personnages et parfois la métamorphose ne tient qu'à un couvre-chef mais ... ça marche !

Eric Métayer est désormais notre nouveau Mr 100 000 volts ! Ce diable d'homme hilarant au possible, semble avoir une idée par seconde et si nous n'étions installés aussi confortablement nous peinerions à le suivre ...

C'est du délire à l'état pur ! Les personnages nous font penser à ceux d'une bande dessinée tant les images sont rapides, l'humour omniprésent, reléguant du même coup Sherlock Holmes et Tintin au magasin des accessoires. Tous sont vifs, drôles et hyper-actifs.

Si un spectacle n'a pas volé son Molière, c'est bien celui-là !

 
Par conséquent, courez y vite mais aiguisez vos neurones car ils ont 39 longueurs d'avance et à tout berzingue ...

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : LOT


20.09.2010

Nono de Sacha Guitry.

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THEATRE de la MADELEINE

19, rue de Surène

75008 PARIS

(M° Madeleine)

loc. 01 42 65 07 09

Pl. de 15 à 42€

10€  pour - de 26 ans du mardi au jeudi.

www.theatremadeleine.com

Du mardi au samedi à 21h.

matinée le dimanche à 15h

Comédie mise en scène par Michel Fau

avec Julie Depardieu (dans le rôle titre) - Michel Fau étant Robert, Xavier Gallais : Jacques - Brigitte Catillon, Madame Weiss - Sissi Duparc : Marie - Roland Menou & Davy Vetter, les majordomes.

 

Décor à l'ancienne, peint en trompe l'oeil. N'oublions pas qu'il s'agit ici de la première pièce en 3 actes que le jeune Guitry (il n'avait alors que 20 ans) a écrite en 1905. Nous sommes dans un luxueux salon particulier où deux personnages à l'extrême élégance se font une scène. Visiblement, l'homme a rendez-vous avec quelqu'un d'autre et la femme que Barbey d'Aurevilly aurait désignée comme " une vieille maîtresse " s'incruste.
Il s'ensuivra de savoureuses répliques teintées de cruauté, conséquence d'une liaison usée jusqu'à la trame. La dame à peine sortie, une autre plus jeune arrive drapée dans une robe aussi scintillante qu'une nuit de Noël.
Il s'agit d'Antoinette Berger, petite amie du meilleur ami de l'homme présent, dite Nono diminutif à valeur de surnom porté par une femme dont la principale activité est de dire oui. La jeune personne se déplace en sautillant telle une geisha mais à un rythme nettement plus occidental  ...
L'homme est un dandy décadent à la coiffure asymétrique ce qui l'oblige à repousser constamment une mèche d'un geste peu viril.
N'importe, Nono lui plaît laquelle habituée à ces sortes d'hommages s'en rendra compte tout de suite. Elle est venue en éclaireur - en quelque sorte - et Jacques son amant, ne tardera pas à rejoindre le couple en manifestant la passion dont il brûle sous l'oeil teinté de convoitise de la dernière victime en date.
Ce qui devait arriver arrivera mais ne comptez pas sur moi pour vous en narrer le détail puisque ce faisant, je vous priverais d'un bien grand plaisir.
Car le jeune Guitry était déjà en possession de tout son talent et les répliques font mouche à tout coup.
Les admirateurs de Julie Depardieu la retrouveront avec plaisir, mais une mention spéciale mérite selon moi d'être décernée à Brigitte Catillon qui est une Madame Weiss alliant élégance indéniable (nonobstant ses incroyables chapeaux) à une sobre et réelle autorité de comédienne au charme indiscutable.
D'évidence, Xavier Gallais s'amuse beaucoup en s'adonnant à des acrobaties physiques et vocales pour le moins étonnantes ...
Bref, une soirée agréable vous attend si vous décidez de prendre le chemin qui mène au Théâtre de la Madeleine, le grand Guitry nous rappelant que l'esprit français - hélas tombé en désuétude - eut grâce à lui, son heure de gloire.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com 

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Photo Crédit/Hartmann.


 

Dernière station avant le désert de Lanie Robertson.

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PETIT ST-MARTIN

17, rue René Boulanger

75010 PARIS

(M° Strasbourg St-Denis)

loc. 01 42 02 32 82

Pl. 30€ - T.R. 17€

Du mardi au samedi à 20h.30

matinée le samedi à 17h.

Jusqu'au : 20 NOVEMBRE 2010 -

 

Adaptation : Gilles SEGAL

Mise en scène : Georges WERLER

avec : Vincent GRASS (Pete) - Emeric MARCHAND (Clancy) - Florence MULLER (Sally) - Frédéric PELLEGEAY (Major) - Benjamin PENAMARIA (Sergent Kelly) -

 

La première pensée venant à l'esprit du spectateur est que l'espace scénique est  remarquablement utilisé. Chaque élément scénographique (nous le constaterons par la suite) a une fonction précise, ce qui semble logique mais n'est pas toujours le cas. Tout a pour mission de s'inscrire dans la réalité - autrement dit - dans l'action.
Pete, ce vieux mari roublard et quelque peu vicieux est derrière le comptoir et par conséquent, à la caisse ...
Clancy, l'amoureux éperdu, traumatisé par tout ce qu'il a vécu, feint d'être occupé à résoudre des mots croisés alors qu'il ne perd pas une miette de ce qui est dit.
Et puis entre ces deux là, virevoltante, il y a Sally, le piège sexuel par excellence, tout à la fois victime et manipulatrice, celle par qui tout peut arriver ...
Visiblement, elle ne tient pas en place attendant impatiemment un coup de fil qu'elle désignera comme un projet de showbiz mais dit-elle la vérité ?
D'évidence, Sally symbolise le problème qui existe entre ces deux hommes.
Pete est brutal avec elle ce qui met Clancy hors de lui mais ce dernier a peur, une peur panique qui lui colle à la peau tandis que cette femme le rend complètement fou, l'excitant et l'incitant à éliminer l'autre ... On pense immanquablement au film de Bob Rafelson," Le facteur sonne toujours deux fois " alors que peu à peu, quand on commence à comprendre ... c'est le " Birdy " d'Alan Parker qui nous revient en mémoire.
Le théâtre américain fut rapidement influencé par la réalité cinématographique et désormais plus personne ne s'étonne de ce manque d'étanchéité qui fit jadis, hurler les anciens.
L'écriture est âpre et le thème bien que dérangeant ne surprendra personne car nous savons tous qu'il a pu être et demeure d'actualité avec cette part inavouée car inavouable que taisent les médias.
Peu après la création de la pièce, l'auteur fut l'objet de menaces de mort et  dut quitter le Texas, accusé de cracher sur l'Amérique en insultant l'armée.  
Ici, la mise en scène et il faut plus particulièrement saluer la direction d'acteurs que l'on doit à Georges Werler, tire le meilleur parti du texte, mettant chaque interprète en valeur, de façon optimale.
L'action se décompose en deux temps, il y a d'abord ce qu'il nous est donné de voir et puis brusquement tout bascule en direction de ce que nous n'avions pas prévu, (c'est donc fichtrement habile) et très paradoxalement, par le biais de l'explication, l'intérêt s'en trouve décuplé.
Cette pièce est donc à voir pas seulement pour entretenir un sentiment pacifiste mais aussi pour se confronter crûment à la réalité des choses que d'aucuns voudraient croire exagérée alors qu'il n'en est rien.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : LOT

17.09.2010

Les amis du placard de Gabor Rassov.

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LA PEPINIERE THEATRE

7, rue Louis le Grand

75002 PARIS

(M° Opéra)

Loc. 01 42 61 44 16

Pl. de 29 à 39€

11€ pour les moins de 26 ans.

www.theatrelapepiniere.com

Du mardi au samedi à 21h.

matinée le samedi à 16h.

 

Mise en scène : Pierre Pradinas

avec, Didier Bénureau, Romane Bohringer, Aliénor Marcadé-Séchan, Matthieu Rozé.

 

On aime ou on déteste Gabor Rassov, il n'y a pas de perception intermédiaire ...
L'homme n'a aucun tabou et sans doute que le conseil de Debureau à son fils, " ne sois jamais vulgaire " est tout juste susceptible de déclencher un sourire ironique chez lui. En effet, si la vulgarité fait partie intégrante de notre monde comment épargnerait elle le théâtre contemporain sauf à nier la réalité ?
Ceux qui ont assisté au démarrage de la société de consommation (il en existe encore) se demandent parfois si ce fléau cessera un jour d'être en extension.
Nous en voyons poindre, çà et là, les prémisses encore plus inquiétantes que les habitudes prises depuis des décennies.
Un couple aisé mais très limité intellectuellement, au bout de vingt ans de mariage s'ennuie à mourir. Que faire ? Qu'inventer pour contrer la morosité des jours ?
Le spectacle télévisuel est soporifique, l'euphorie sexuelle n'est plus qu'un lointain souvenir et les divorces coûtent décidément trop cher ...
Un nouveau " produit " vient d'être mis sur le marché permettant de s'offrir moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, un couple d' esclaves à domicile. L'idée n'est certes pas nouvelle, des générations de domestiques purent en témoigner mais ici l'utilisation diffère quelque peu. Comme on ne nomme plus depuis longtemps un chat un chat, ces victimes hélas consentantes seront désignées par le terme d'amis.
L'ombre d'Albee et son " Qui a peur de Virginia Woolf ? " nous traverse l'esprit avant de s'enfuir, consternée. George & Martha avaient la tête bien pleine alors que ces d"eux là comptent sur les autres pour emplir le mini tonneau des Danaïdes qu'ils ont en lieu et place de cerveau.
Madame a pris des cours de conversation mais peine à meubler les pointillés et Monsieur l'invective car c'est de loin, l'occupation qu'il préfère.
Les deux pauvres cobayes condamnés à vivre dans un placard plutôt que dormir sous les ponts vont tester le potentiel sadomaso de ces deux monstres de banlieue. Texte et situations " ne font pas dans la dentelle " et sous les rires cela grince bien. La rondeur de Didier Bénureau et la raideur de Romane Bohringer illustrent parfaitement ce couple certes, caricatural mais dont les accents ne sont pas aussi surréalistes qu'on pourrait le supposer.
Quant aux locataires du placard, Aliénor Marcadé-Séchan et Matthieu Rozé, ces derniers déclenchent par le biais d'un incroyable phénomène d'identification, la sympathie des spectateurs, ce qui nous fait dire que le pari tenu est finalement gagnant. Les propos dérangeants ont souvent le don d'amuser le public, en voici la preuve. La mise en scène de Pierre Pradinas colle tellement à l'action que l'on finit par l'oublier à l'instar d'une musique de film réussie.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

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photos : Claire Besse.

 

 

 

14.09.2010

Le dindon de Georges Feydeau.

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THEATRE de la TEMPETE

Cartoucherie de Vincennes

Route du Champ de Manoeuvre

75012 PARIS

M° Château de Vincennes + navette gratuite.

Loc. 01 43 28 36 36

Pl. 18€, T.R. 14 & 10€

mercredi, tarif unique : 10€

mardi, mercredi, vendredi et samedi à 20h.30

jeudi : 19h.30 - dimanche à 16h.

jusqu'au : 24 OCTOBRE 2010 -

 

mise en scène : Philippe Adrien

avec : Vladimir Ant (Jean, gérant, commissaire) - Caroline Arrouas (Maggy Soldignac) - Pierre-Alain Chapuis (Vatelin) - Eddie Chignara (Pontagnac) - Bernadette Le Saché (Mme Pinchard) - Pierre Lefebvre (Victor) - Guillaume Marquet (Rédillon) - Luce Mouchel (Clotilde Pontagnac, Clara) - Patrick Paroux (Pinchard, Gérome) - Alix Poisson (Lucienne Vatelin) - Juliette Poissonnier (Armandine) - Joe Sheridan (Soldignac) -

 

Heureuse époque où les hommes trouvaient encore le temps de suivre les femmes dans la rue ! Maintenant seuls les chômeurs peuvent s'offrir ce luxe (unique) qui du fait de leur état ne sera pas suivi d'effets.
Chez Feydeau les époux sont bien souvent des obsédés sexuels qui ne pensent qu'à l'aventure tout en voulant préserver leur petit confort bourgeois ce qui bien sûr est quelque peu incompatible, d'où les nombreux avatars, quiproquos et rebondissements de l'action.
Philippe Adrien a délibérément choisi la carte de l'outrance mais de façon hyper brillante et tous ses interprètes lui ont d'enthousiasme emboîté le pas ce qui fait que la cavalcade n'est pas légère mais efficace. A peine remis d'un fou-rire collectif, le spectateur est emporté par une nouvelle vague dont il ressort pantelant pour mieux se noyer dans la suivante.
Je ne vous ferai certes pas l'injure de vous raconter l'histoire connue de presque tous et qui du reste est tellement compliquée qu'il vaut mieux la vivre en direct. Cette pièce étant régulièrement reprise, maints metteurs en scène l'ont exploitée avec plus ou moins de folie. Ici, nous frisons l'overdose ! Ce vaudeville d'un autre temps restitué en ce 21ème siècle, fait figure d' énorme farce, gaillarde à souhait,  truffée de situations burlesques, véhiculée par des corps aux gestes outranciers allant parfois jusqu'à l'athlétique mais dont l'élégance reste indéniable.
Si l'on se plaint trop souvent de la morosité des scènes actuelles, une cure euphorisante vous est ici proposée. Durée : 2h.15 sans entracte bien entendu.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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photos : Antonia Bozzi.

11.09.2010

La peste d'Albert Camus.

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THEATRE de la HUCHETTE

23, rue de la Huchette

75005 PARIS

M° St-Michel ou Cluny-la-Sorbonne

loc. 01 43 26 38 99

Pl. 26€ - étud. 15€

- 26 ans (mardi, mercr. & jeudi : 10€)


du mardi au vendredi à 21h.

matinée le samedi à 15h.30

Mise en espace et interprétation : Loïc PICHON.

 

A la base, un texte fait pour être lu et non pour être dit. Or on ne décide pas de porter un texte à la scène sans avoir de particulières affinités avec son auteur, d'autant que le terme " adaptation " ne saurait ici s'appliquer tant Loïc Pichon fut fidèle au célèbre roman.
Disons qu'il nous a réservé les extraits qui rencontraient le plus d'échos en lui ?

A l'époque de la parution du livre, en 1947,  son décryptage fut sans doute différent de celui que nous sommes amenés à effectuer en 2010. Quoique  ...


Si vous avez décidé de sortir pour vous distraire, mieux vaudrait bêtement vous engouffrer dans un café-théâtre mais si réfléchir au sens des mots et des situations ne vous rebute pas trop, vous écouterez alors sans difficulté ce monologue d'une heure trente.

L'homme est donc seul en scène et n'a pour créer les images que le support de son interprétation. J'avoue avoir eu très peur au début et puis à mesure que le comédien avançait dans le texte, son aisance allait croissant et à la fin, je puis vous assurer que les applaudissements furent nourris même si durant la représentation un ou deux bâillements furtifs se firent entendre.  Quelques couche-tôt égarés, sans doute ?
Certes, le théâtre sans dialogues n'est pas du théâtre.  Disons alors que le conteur fut à la hauteur de la tâche, ni excessif ni ennuyeux. et il ne suffit que d'apprécier Camus pour avoir envie de l'entendre.
Deux phrases ont plus particulièrement attiré mon attention,

" Il fallait tout croire pour ne pas être réduit à tout nier " - ou encore - " les religieux n'ont pas d'amis, ils ont tout placé en Dieu. "

Pure coïncidence ? ... Signalons dans la foulée que le comédien est Frère Jean-Pierre dans le film de Xavier Beauvois " Des Hommes et des Dieux " lequel comme chacun sait vient de sortir sur nos écrans, évoquant le drame, que dis-je ? la tragédie qui a frappé les moines de Tibhirine. Face à Lambert Wilson et Michael Lonsdale, Loïc Pichon fait preuve d'une belle autorité.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : LOT

09.09.2010

UBU ROI d'après Alfred Jarry.

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Vingtième THEATRE

7, rue des Plâtrières

75020 PARIS

(M° Ménimontant)

Loc.01 43 66 01 13

Pl. 24, 19 & 12€

Du mercredi au samedi à 21h.30

Dimanche à 17h.

Jusqu'au : 31 Octobre 2010 -

 

Mise en scène de Franck Berthier

avec Jean-Philippe Ecoffey (Père Ubu) - Marie-Christine Letort (mère Ubu) - Teresa Ovidio (la Reine Rosemonde & Sorcière de Macbeth) - Patrick Palmero (Roi Venceslas & sorcière de Macbeth) - Jean-Pierre Poisson (Capitaine Bordure & Bougrelas) -

 

Décor et costumes blancs à l'inverse des âmes ...
Ubu en caleçon long et chemise débraillée se lance dans une danse effrénée.
A l'étage au dessus, son épouse se lime les ongles tout en s'exprimant avec un accent quasi teuton. Dans ses moments de loisirs (or, n'en doutons pas, elle en a beaucoup) la blonde dame Ubu semble avoir lu Shakespeare puisqu'elle s'identifie à lady Macbeth avec toutes les conséquences qui en découlent ...
Au lieu de perdre son temps à jouer du mollet, son gros époux ferait mieux d'assassiner le roi afin de prendre sa place : ainsi pourrait-elle devenir reine de Pologne !

Pour cela il ne suffit que de convoquer quelques sbires et il sera possible de recourir au capitaine Bordure puisqu'il exècre le monarque en place.
Or une convocation arrive du palais et père Ubu s'y rend - convaincu de devoir y laisser sa tête - alors que c'est un comté qui l'attend. Loin d'être reconnaissant, il fera quand même assassiner Venceslas lequel laisse derrière lui une épouse (mais pas pour longtemps) et un jeune héritier, Bougrelas, âgé de 14 ans.
Arrêtons là la narration puisque c'est le moment précis où tout commence, un nouveau tyran est monté sur le trône et la noblesse ne va pas tarder à comprendre ce que cela signifie.
Remords ou perversion suprême ? ... A moins que ce ne soit vulgaire cupidité, dame Ubu-Macbeth va désormais souhaiter la chute de son royal époux.
Le clou du spectacle sera cette revue en plumes et paillettes au cours de laquelle une Zizi Jeanmaire rajeunie et ressemblant à s'y méprendre à Victoria Abril, tiendra le rôle décisif de l'une des célèbres sorcières shakespeariennes. (en plus sexy) -
N'oublions pas pour autant que " la Roche Tarpéienne est proche du Capitole " et qu'une embarcation peut évoquer le naufrage du Titanic ...
La fin est abrupte et tout se termine sur une lapalissade que je vous laisse découvrir mais qui fait immanquablement dire aux spectateurs qui resteraient bien plus longtemps,
- " Merdre alors ! c'est déjà fini ? " tant ce Jarry repeint en blanc est devenu actuel.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Photos : Greg Zibell

08.09.2010

Je cherche un millionnaire pour manger des z'homards.

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Théâtre Essaïon

8, rue Pierre-au-Lard

75004 PARIS

(M° Hôtel de Ville ou Rambuteau)

Loc. 01 42 78 46 42

Pl. 20€ - T.R. 15€

les vendredi et samedi à 21h.30

jusqu'au : 23 octobre 2010 -

Théâtre musical conçu et interprété par Marina Glorian

accompagnée à l'accordéon par Laurent Derache ou Maxime Perrin

Mise en scène : Vincent Coppin.

 

Chansons réalistes et ambiance de cabaret dans la petite salle voûtée de l'Essaïon où un charmant petit personnage, espiègle au possible, jolie à damner un saint chante le répertoire qui fit la gloire de la chanson française en lui apportant sa fraîcheur mutine. Il m'a semblé cependant que Marina Glorian alias Mitsou était plus comédienne que chanteuse mais quelle comédienne !
Le moindre geste de sa part, le plus petit déplacement nous ravit car on a alors l'impression - que dis-je ? ... la conviction que personne en ce domaine, ne ferait mieux qu'elle. Car la scène, c'est son fief, sa patrie, l'endroit où elle ne peut que se révéler exceptionnelle. Certes le millionnaire qu'elle cherche ne risque pas de se nommer Onassis et ce, pour plusieurs raisons mais sa gouaille, son énergie pétillante ont vite fait de masquer les quelques petites imperfections vocales qu'une oreille exigeante pourrait déceler. Nature comique indéniable elle déclarera par le biais d'une chanson, " fumer de l'eucalyptus, priser de la naphtaline et se piquer à l'eau de javel " ...
Quand on constate le résultat, on a tous envie d'essayer !
Avec elle, véritable partenaire de scène un accordéoniste fournit le contrepoint indispensable à sa prestation. Le soir où j'ai vu le spectacle Laurent Derache l'accompagnait et force est de reconnaître que c'est un excellent musicien.
Leur complicité apporte un élément supplémentaire à la mise en scène réalisée par Vincent Coppin. Une bien belle soirée porteuse de bonne humeur attend tous ceux qui prendront le chemin qui mène à l'Essaïon.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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Marina Glorian en compagnie de Maxime Perrin.

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