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20/09/2010

Dernière station avant le désert de Lanie Robertson.

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PETIT ST-MARTIN

17, rue René Boulanger

75010 PARIS

(M° Strasbourg St-Denis)

loc. 01 42 02 32 82

Pl. 30€ - T.R. 17€

Du mardi au samedi à 20h.30

matinée le samedi à 17h.

Jusqu'au : 20 NOVEMBRE 2010 -

 

Adaptation : Gilles SEGAL

Mise en scène : Georges WERLER

avec : Vincent GRASS (Pete) - Emeric MARCHAND (Clancy) - Florence MULLER (Sally) - Frédéric PELLEGEAY (Major) - Benjamin PENAMARIA (Sergent Kelly) -

 

La première pensée venant à l'esprit du spectateur est que l'espace scénique est  remarquablement utilisé. Chaque élément scénographique (nous le constaterons par la suite) a une fonction précise, ce qui semble logique mais n'est pas toujours le cas. Tout a pour mission de s'inscrire dans la réalité - autrement dit - dans l'action.
Pete, ce vieux mari roublard et quelque peu vicieux est derrière le comptoir et par conséquent, à la caisse ...
Clancy, l'amoureux éperdu, traumatisé par tout ce qu'il a vécu, feint d'être occupé à résoudre des mots croisés alors qu'il ne perd pas une miette de ce qui est dit.
Et puis entre ces deux là, virevoltante, il y a Sally, le piège sexuel par excellence, tout à la fois victime et manipulatrice, celle par qui tout peut arriver ...
Visiblement, elle ne tient pas en place attendant impatiemment un coup de fil qu'elle désignera comme un projet de showbiz mais dit-elle la vérité ?
D'évidence, Sally symbolise le problème qui existe entre ces deux hommes.
Pete est brutal avec elle ce qui met Clancy hors de lui mais ce dernier a peur, une peur panique qui lui colle à la peau tandis que cette femme le rend complètement fou, l'excitant et l'incitant à éliminer l'autre ... On pense immanquablement au film de Bob Rafelson," Le facteur sonne toujours deux fois " alors que peu à peu, quand on commence à comprendre ... c'est le " Birdy " d'Alan Parker qui nous revient en mémoire.
Le théâtre américain fut rapidement influencé par la réalité cinématographique et désormais plus personne ne s'étonne de ce manque d'étanchéité qui fit jadis, hurler les anciens.
L'écriture est âpre et le thème bien que dérangeant ne surprendra personne car nous savons tous qu'il a pu être et demeure d'actualité avec cette part inavouée car inavouable que taisent les médias.
Peu après la création de la pièce, l'auteur fut l'objet de menaces de mort et  dut quitter le Texas, accusé de cracher sur l'Amérique en insultant l'armée.  
Ici, la mise en scène et il faut plus particulièrement saluer la direction d'acteurs que l'on doit à Georges Werler, tire le meilleur parti du texte, mettant chaque interprète en valeur, de façon optimale.
L'action se décompose en deux temps, il y a d'abord ce qu'il nous est donné de voir et puis brusquement tout bascule en direction de ce que nous n'avions pas prévu, (c'est donc fichtrement habile) et très paradoxalement, par le biais de l'explication, l'intérêt s'en trouve décuplé.
Cette pièce est donc à voir pas seulement pour entretenir un sentiment pacifiste mais aussi pour se confronter crûment à la réalité des choses que d'aucuns voudraient croire exagérée alors qu'il n'en est rien.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

Desertenlarge-1.jpg

Photos : LOT

09:57 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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