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06/09/2010

Le journal de l'homme en gris de Pierre Astrié.

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LES DECHARGEURS

3, rue des Déchargeurs

75001 PARIS

(M° Châtelet)

Loc. 08 92 70 12 28

Pl. de 10 à 16€

Salle La Bohème,

mercredi & jeudi à 21h.30


jusqu'au 16 décembre 2010.


Mise en scène : Carole Anderson

avec François Macherey, Coralie Nicot et Claire Antoine.


Un auteur et trois voix. La formule en soi est classique, celui qui écrit ayant toujours tendance à se dédoubler, à se projeter dans des personnages extraits de son imagination afin de se démultiplier si possible, à l'infini ...
Sur scène, la démarche est plus rare surtout en notre époque où le monologue est omniprésent jusqu'au dégoût. Ici le personnage bien loin de se raconter va ponctuellement en confier la mission à d'autres, ces autres qui ne sont que l'émanation de lui-même, bien entendu. Ecriture schizophrénique, présences fantomatiques ... Du reste, celui qui nous parle est-il plus réel que les deux autres ?  Ce journal est d'évidence tout ce qui nous reste de lui après que la gomme du Destin l'ait effacé laissant une traînée grise sur la feuille laquelle nous livre cependant ses écrits de feu. La sophistication de la mise en scène, loin d'être superflue est là pour brouiller les pistes car on n'avoue jamais tout lorsque l'on écrit. Cela est impossible alors on choisit de confier les aveux à d'autres ... 
Un écrivain n'a pas de sexe déterminé car il les a tous. Comment le spectateur pourrait il de ce fait, s'étonner d'une apparence physique issue d'une construction triangulaire ? C'est alors que le puzzle se met en place, que notre esprit un temps abusé par nos yeux s'accroche au texte, emmagasine les informations, rassemble en quelque sorte ce qui lui fut donné en un désordre aussi généreux qu'anarchique. Nous sommes devenus le psy' probable que le personnage central consulte régulièrement. Ce spectacle atypique nous arrache des rires issus le plus souvent de la surprise créée par une situation donnée. C'est l'histoire d'une possession, laquelle lie celui ou celle qui dit et ceux qui écoutent.
Coralie Nicot nous gratifie d'un jeu très physique mis en valeur par une plastique irréprochable.
Claire Antoine, apporte la fraîcheur de ses 17 ans lesquels la préservent de l'obscénité de certains mots qu'elle livre avec innocence puisqu'ayant encore le don de changer la boue en or ...
L'une et l'autre sont les deux ailes de l'ange déchu qui se nomme : Homme et que François Macherey incarne virilement avec toute la puissance de son expression.
Quelques interventions musclées au piano viennent parfaire cette soirée déroutante et enrichissante à la fois.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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photos : Marie Gombeaud-Antoine.

12:03 Publié dans THEATRE | Lien permanent