Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/04/2010

Rififi à Central-Park de Woody Allen.

aff.Rififi.jpg

 

 

THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du Fbg Montmartre

75009 PARIS

(M° Grands Boulevards)

tél. 01 47 70 32 75

Places 20 & 13€

pour plus d'informations consulter,

www.TheatreDuNordOuest.com

Cycle : DES PRISONS ET DES HOMMES

Adaptation et mise en scène : Martine DELOR -

Lumières : Jean-Luc Jeener -

avec Yagyu Chan (Juliet) - Patricia Couvillers (Phyllis) - Karine Kadi (Carol) - Antonio Labati (Sam) - Claude Rochet (Howard) -

Une femme pas très vieille mais plus très jeune, fait laborieusement son apparition en fond de scène ... La musique qui accompagne sa marche pour le moins instable aurait pu être empruntée à Offenbach avec son joyeux " Je suis un peu ivre " mais comme ce dernier n'est pas contemporain de Woody Allen, qu'en plus elle ne l'est pas qu'un peu (ivre) c'est " It's my man " qui illustrera la situation avec une longueur d'avance ... Ironie du sort, Phyllis (c'est son nom) est psy mais elle a préféré confier ses états d'âme à une bouteille de whisky ou de bourbon, peu importe la marque si le résultat est garanti. Totale immersion !
Arrivée de Carol sa meilleure amie. Enfin ... elle le croyait jusqu'à ce que son sens des déductions aidant, elle ne commence à comprendre, disons ... un certain nombre de choses, ce qui fait beaucoup en même temps. Comme chacun sait, l'alcool délie les langues et le langage employé aura parfois une verdeur toute printanière ... C'est même ainsi que Carol (la visiteuse) se verra qualifiée de " pétasse en solde " Sam le mari de Phyllis vient tout à fait à propos, faire sa valise et la vraie-fausse-amie découvrira alors que l'époux de sa copine ne quitte absolument pas cette dernière pour elle mais pour une autre. Quel choc !
Dans l'intervalle, Howard mari de Carol a lui aussi fait son apparition et pourrait presque engager un concours avec la maîtresse des lieux pour compter les objets en double ... On se croirait dans un aquarium peuplé de piranhas !
Woody Allen quant à lui se meut dans cette histoire emberlificotée au possible comme un poisson dans l'eau au moyen de l'un de ses thèmes favori à savoir, la vie des couples et leurs petites névroses quotidiennes.
La bouffée d'air frais bien qu'illicite est pour la fin à l'arrivée de Juliet, dernière conquête de Sam et ancienne patiente de Phyllis. La fraîcheur mutine de Yahui Chan ainsi que sa beauté font merveille. C'est donc par conséquent et en dépit des apparences, une sorte de happy end, provisoire (l'action de cette adaptation se situant le 10 septembre 2001 à 18 heures ) alors que l'auteur avait jugé bon de préciser que " le mariage est la mort de l'espoir."


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

rififi-en-l.jpg

 

15:38 Publié dans THEATRE | Lien permanent

26/04/2010

L'Araignée dans la plaie de Mateï Visniec

aff.l'araignée.jpg

THEATRE du NORD-OUEST

13 rue du Fbg Montmartre

75009 PARIS

(M° Grands Boulevards)

Tél. 01 47 70 32 75

Pl. 20, 13 & 8€

pour en savoir plus

consulter,

La Gazette du Nord-Ouest, sur

www.TheatreDuNordOuest.com

cycle DES PRISONS ET DES HOMMES


Mise en scène : Dejan Ilic

avec Laurent Mentec (Humil) - Nikola Miocic (celui qui est blessé au flanc) - Richard Medkour (Begar)

Si une pièce réussie est celle qui laisse le spectateur sur sa faim, celle ci est un petit chef-d'oeuvre du genre ! Résolument iconoclaste, satirique même; transposée dans le monde musulman, n'en doutons pas une fatwa serait immédiatement lancée. Mais le christianisme en a vu d'autres ...
Imaginez une colline sur laquelle trois hommes sanguinolents attendent la mort du haut de leur perchoir respectif.
Le paradis perdu le fut nous dit-on à cause d'un serpent tentateur ... ici, c'est une araignée qui s'amuse à grimper sur les corps, semant la panique car cette arachnide, qu'est-ce ? ... sinon le doute qui s'immisce dans l'esprit des hommes.
C'est donc plus qu'un spectacle comique et la façon dont on le réceptionne dépend bien sûr du mental de chacun. Il n'y a pas de quoi s'indigner, non plus.
Quant à savoir comment l'idée de la pièce est venue à son auteur il suffit peut-être tout simplement de se souvenir du jour où les bras chargés de paquets nous avons dans le même temps ressenti une démangeaison au niveau du nez.
Mateï Visnec s'amuse comme toujours en toute lucidité et ceux qui le connaissent savent à quel point son acuité peut devenir terrifiante.


" Espèce d'enjoleur de pauvres gens " fera t-il dire à l'un des larrons, " faiseur d'histoires " ... puis sur le ton de la supplication : " fais qu'il pleuve et je croirai " -

Réponse : " je ne peux pas " ...

Il ne reste plus alors qu'à espérer que la mort est l'autre porte de la vie mais ça, personne n'est à ce jour revenu pour en témoigner !
Pour ces 50 mn d'accrochage, le corps peinturluré de rouge dégoulinant, nos trois comédiens viennent de gagner le paradis qui comme chacun sait est pour eux le bruit que font les mains en se heurtant.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

l'araignée-m.en.scène.jpg

 

14:29 Publié dans THEATRE | Lien permanent

22/04/2010

NEGATIONNISME, 1 : La Loi, 2 : La Grâce, de Jean Luc Jeener assisté de Fabienne Rantsordas.

aff.negatio.jpg

THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du Fbg. Montmartre

75009 PARIS

(M° Grands Boulevards)

loc. 01 47 70 32 75

Pl. 20 & 13€

pour connaître les jours et heures des représentations, consulter


www.TheatreDuNordOuest.com

Cycle de 36 pièces, jusqu'au 20 Juin 2010

DES PRISONS ET DES HOMMES

avec Alexandre Berdat (Albert Cohen) - Emmanuel Desgrées du Loû (Jeff) - Paule D'Heria (Madeleine Gaillard) - Benoît Dugas (Jean Perez) Laurence Hétier (Fanny Vierne) - Fethi Maayoufi (Mohamed) - Ali Marhyar (Sam) -


Un homme - seul - la tête couverte d'un bonnet rayé, installé derrière une table, écrit. Sonnerie du téléphone - rapide entretien - deux autres ne vont pas tarder à  le rejoindre et en amener un troisième ... prisonnier. Ce dernier ne comprend pas ce qu'il fait là, ce qu'on lui veut. L'explication va suivre ...
Mohamed, le chef a fait enlever ce médecin dans un but précis.
Un prisonnier juif est là, à côté, qui attend et dont on va se servir pour obtenir une rançon; pour cela, il convient de s'attaquer à son intégrité physique et le faire savoir, bien sûr, preuve à l'appui. Le but est double : en plus de la rançon, obtenir la suppression de la loi Gayssot cause aux yeux de l'activiste, d'un tas de réactions en chaîne ...  Notre terroriste a mûrement réfléchi, longuement préparé l'opération mais toutefois et de façon assez incroyable, sa haine des juifs ne va pas jusqu'à faire disparaître chez lui, tout sentiment humain. Du reste, l'argent obtenu sera redistribué immédiatement et ostensiblement bien sûr afin que cela serve la cause qui est la sienne. Pour cela, il faut d'abord convaincre le médecin et ce n'est pas une mince affaire.
Un long développement de La théorie va être exposé ...
Selon lui, Auchwitz est un mensonge, les fours crématoires ont existé, certes mais ce n'était qu'une mesure d'hygiène destinée à enrayer les redoutables épidémies de  typhus. Les chambres à gaz - elles - sont (toujours selon lui) une invention servant à justifier dans un deuxième temps, l'invasion des territoires palestiniens et la loi Gayssot fut précisément mise en place pour éviter toute contestation possible.

Comme vous pouvez l'imaginer, le climat est tendu, hyper tendu même, voire explosif et il s'agit de se battre, captifs et kidnappeurs, pied à pied, argument contre argument. 
Une députée ne tardera pas à les rejoindre, contrainte et forcée. C'est par elle que le message doit passer.

Fin de la première partie.



II - Changement radical d'atmosphère et de rythme, notre terroriste s'est fait prendre mais est calme, déterminé. Médecin, députée et une ancienne déportée - non juive - le détail est d'importance, viennent lui rendre visite en prison. Leur but ? ... tenter de le raisonner avant que le procès ait lieu. Mission impossible. L'homme est en guerre et pour lui, c'est une guerre sainte. Il s'est construit dans ce seul but.

Jean Luc Jeener a réussi à mettre les mots exacts dans la bouche de chacun et ce, sans l'ombre d'un parti-pris. Fethi Maayoufi est absolument remarquable dans le rôle de Mohamed ce, à tel point qu'il donne l'impression d'imposer son rythme à la pièce. Ses interlocuteurs, Laurence Hétier et Benoît Dugas symbolisent l'un et l'autre en dépit des circonstances, et malgré leur commune angoisse, cette force tranquille, conséquence de la conviction d'être en règle avec sa conscience. De la compassion, ils ont eu le temps d'en avoir pour cet homme persuadé d'être un simple résistant qui accomplit ce qu'il croit être un devoir tout en respectant Allah.

Comme l'auteur est un chrétien convaincu, il soufflera à ses personnages compassion et oubli des fautes alors que seul le temps et l'improbable sagesse des hommes peut parvenir à ce résultat.
Le sujet est - ô combien ! - d'actualité et il était important qu'un auteur ait le courage de s'y atteler en cette époque où chaque jour un peu plus, la pensée unique et le " politiquement correct " aseptisent les propos.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

th.nord-ouest.jpg

 

12:31 Publié dans THEATRE | Lien permanent