Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/02/2010

La lutine (La dama duende) de Calderon

THEATRE de L'OPPRIME

78, rue du Charolais

75012 PARIS

(M° Montgallet)

Loc. 01 43 40 44 44

Pl. 16€, TR : 12€

Du mercredi au samedi à 20h.30

Matinée le dimanche à 17h.

jusqu'au 7 mars 2010.

Mise en scène et adaptation : Hervé Petit

(La pièce est publiée aux Editions de l'Amandier.)

avec Karim Abdelaziz, Charlotte Adrien, Caterina Barone, Béatrice Laout, Jean-Claude Fernandez, Jean-Marc Menuge, Antoine Roux.

Lalutine.jpg

 

Les armoires servent généralement à cacher les amants, le rôle de cette armoire-vedette est ici un peu plus complexe mais ne sommes nous pas au Siècle d'Or ? ! ...
Cette comédie baroque nous parle des sentiments qui régnaient alors parmi la noblesse espagnole où la notion d'honneur était prioritaire. Une entorse à l'ordre établi et la main se trouvait promptement engagée dans la coquille de l'épée.
Autres temps, autres moeurs, autre langage aussi et celui de Calderon adopte facilement ce ton lyrique qui fit dire à Wagner que les tendances idéalistes de l'auteur étaient bien proches de l'opéra. Sans aller jusque-là il est évident que Pedro Calderon de la Barca avait une haute notion de l'art théâtral, transcendance qui s'est quelque peu perdue à l'époque actuelle. Tout le travail d'Hervé Petit  tend à nous rapprocher de cette perception et ce, sans emphase aucune.
Quant on connaît les convictions religieuses de l'auteur, le scepticisme de don Manuel n'en est que plus savoureux tandis que son valet Cosme fait plus que dépasser le stade de la superstition. Ce dernier est disons le, un franc trouillard caractéristique doublée d'une nette tendance à l'alcoolisme, état qui aggrave ses craintes.
Les hommes étaient les maîtres à l'époque et un frère était garant de l'honneur de sa soeur fut elle veuve ce qui n'empêchait nullement les gentes dames de mener à part leurs petites intrigues ... Cette histoire est de prime abord celle d'une fratrie doublée d'une amitié et parfois il advient que deux frères puissent tomber amoureux de la même femme. L'élégance et la beauté de dona Béatrice justifient du reste, amplement leur choix.
Karim Abdelaziz est un don Manuel tout à fait séduisant. J'ai déjà évoqué la beauté de Charlotte Adrien quant à Caterina Barone cette dernière est une Angela aussi active qu'efficace et nous souhaitons tout au long de la pièce que ses habiles hardiesses soient couronnées de succès.
Calderon respectant les formes classiques du théâtre, Isabelle (Béatrice Laout) sera donc la suivante de dona Angela mais l'impact du rôle n'aurait pas été moins grand si son costume avait été féminin ...
Il semble en effet que Caroline Mexme n'ait pas fait un choix précis de l'époque en ce qui concerne l'habillement et c'est peut-être un peu dommage car cela confère à l'ensemble un caractère un peu hybride. En outre, tirer l'épée avec un costume contemporain peut créer certains problèmes ... mais je chipote allez vous dire ?
Jean-Claude Fernandez qui apparemment a repris le rôle de Cosme n'a pas exactement une nature de comique ce qui ne l'empêche pas de s'acquitter avec un certain brio de la tâche, porté en cela par un texte savoureux. Le personnage fait penser au Sosie de Molière dans ses scènes de peur panique.
Les deux frères Jean-Marc Menuge pour don Luis et Antoine Roux en ce qui concerne don Juan illustrent bien les deux caractères de nobles d'âge différent, le premier entraîné par la fougue amoureuse et le second en pleine possession de la maîtrise de soi. De belles études de caractères par conséquent.
Il est seulement dommage que les lumières ne cadrent pas plus avec ce que l'on entend et une pénombre plus grande ajouterait de la crédibilité à l'action.
Nonobstant ces quelques petites réserves, chacun et chacune s'acquitte de sa tâche avec conviction et nous passons en leur compagnie une excellente soirée.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

(photos Nicolas Brackez)

La-lutine.jpg

 

11:06 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Les commentaires sont fermés.