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05/02/2010

Le mot progrès dans la bouche de ma mère sonnait terriblement faux de Mateï Visniec

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Théâtre du Lierre

22, Rue du Chevaleret

75013 PARIS

Réserv. 01 45 86 55 83

www.letheatredulierre.com

Texte de Mateï Visniec

Mise en scène : Jean-Luc Paliès.

avec Philippe Beheydt, Jean-Luc Paliès, Katia Dimitrova, Estelle Boin, Claudine Fiévet, Alain Guillo, Miguel-Ange Sarmiento

et la voix enregistrée de Mateï Visniec pour les didascalies.

Du 3 au 7 Février 2010 à 20h.30

& les 16 et 19 Mars 2010

Salle Jacques Brel à Fontenay-sous-Bois.


Quand il m'arrive de penser à Mateï Visniec, j'ajoute aussitôt mentalement, - " l'auteur qui a les titres de pièces les plus longs de tout le répertoire. "
Au départ, c'était une gageure, la première réaction étant : qui pourra jamais se souvenir de titres aussi longs ? C'était compter sans le talent de notre auteur car cela marche ! Certains d'entre nous sont même capables de les énumérer un à un en un long chapelet de rendez-vous qui ont frappé leur imagination. Finalement, la stimulation commence dès le titre car si un auteur ne méprise pas son public, c'est bien lui. La barre est mise très haut mais on y accède avec une facilité déconcertante tout simplement parce que le verbe fait mouche à tous coups !
La guerre des Balkans, Matteï Visniec nous en avait déjà parlé avec " Du sexe de la femme comme champ de bataille " il  revient sur cette période car malheureusement le sujet ne risque pas de s'épuiser. Ici, après un exode bien compréhensible, un couple de parents est de retour au pays et découvre la maison ravagée. D'autres ont été détruites complètement. Ils vont donc s'accrocher au peu qui leur reste. Que sont devenus les enfants ? Le fils est sans doute mort mais pour s'en persuader, pour " faire son deuil " comme on dit, encore faudrait-il retrouver le corps ? Alors le père creuse inlassablement, un peu partout. La fille, elle s'est exilée à Paris et a sombré dans la prostitution car il faut bien survivre ... Pour nous narrer tout cela, l'auteur utilise tous les modes d'expression envisageables, l'humour quand par exemple nous croisons ce travesti ... le mysticisme onirique quand nous voyons le fantôme du fils qui suit les parents qui ne devinent pas sa présence et la satire politique bien entendu.
Ce qui s'est produit là-bas c'est-à-dire à notre porte, l'apathie des peuples qui ont feint très longtemps d'ignorer ce qui se passait méritait que l'on revienne sur le thème. Ce que Mateï Visniec fait avec la puissance évocatrice que nous lui connaissons car il fallait que certaines choses fussent dites.
La mise en scène de Jean-Luc Paliès crée le support idéal pour nous permettre de voir ce que nous entendons. La pièce hélas est jouée durant très peu de temps sur le grand plateau du théâtre du Lierre mais sera reprise les 16 et 19 mars prochains à Fontenay sous Bois, salle Jacques Brel.
Souhaitons lui de se fixer en un lieu durant une période plus longue afin qu'un maximum de spectateurs puisse la voir et longue vie à la compagnie Influenscènes qui fête (déjà) ses cinq lustres.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

(photo : Eric Prat)

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11:21 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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