29.09.2009

L'oscine ou la passion d'une cantatrice.

L'oscine.h.jpg

Atelier-Théâtre de Montmartre

7, rue Coustou

75018 PARIS

(M° Blanche)

T. 01 46 06 53 20

REPRISE POUR CAUSE DE SUCCES,

les VENDREDI & SAMEDI à 20h.30

Mise en scène, Lola SEMONIN

assistée de Syndie KOURTE.

avec Claire DESPIERRES (texte et interprétation)

http://blog.oscine.fr


De l'expérience, Claire Despierres en a, tant en qualité de comédienne que de chanteuse, le fait est indéniable. A en juger par le premier extrait sonore, on devine qu'elle a placé la barre très haut. Kahleen Ferrier ... pardonnez du peu !
Mais n'allez surtout pas vous faire des idées, de l'humilité elle et son personnage en ont et même peut-être un peu trop.
Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage " semble être la devise de cette chanteuse en devenir dont le souvenir est évoqué.
Il faut connaître la discipline du chant pour savoir à quel point l'implication est grande. Ici, nulle tricherie n'est permise, le but étant de sans cesse se dépasser.
On entre dans le chant classique comme on entre en religion et seul le but à atteindre compte. C'est une implication absolue tant morale que physique.
Claire sait tout cela et nous le narre, nous le chante avec talent et même brio.
On peut  faire du théâtre en ayant appris " sur le tas " mais chanter le grand répertoire, jamais ! Il convient de s'adresser à des professeurs et c'est là que la caricature commence et même si la candidate s'est fait arracher les dents de sagesse afin que le son passe mieux, notre obstinée conserve la dent dure. Exagération ? Que nenni, cela peut aussi se passer comme cela et l'ont sait hélas que les bluffeurs-briseurs de voix sont légion.
C'est tellement vulnérable un artiste en demande ... et quand on vise la tessiture des coloratures, le chemin est long.
Grâce aux conseils éclairés de Lola Semonin, la comédienne mène son show molto vivace sous-tendu par un humour constant. On compatit à l'énoncé des vicissitudes que rencontre son personnage mais c'est tellement drôle qu'une mésaventure terminée, le public attend déjà la suivante avec impatience.
Un immense bravo à cette chanteuse-comédienne qui a elle même écrit le texte et que l'on se gardera bien d'interroger en lui demandant de nommer les professeurs qu'elle a fréquenté car tout est inventé, bien sûr ...


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

l'oscinenlarge.jpg

 

Grasse matinée de René de Obaldia

visuel.jpg

THEATRE des MATHURINS

36, rue des Mathurins

75008 PARIS

(M° Havre Caumartin)

Loc. 01 42 65 90 00

(Pl. 32€, 16€ & 10€ - 26 ans)

du mardi au samedi à 20h.45

dimanche à 15h.

Mise en scène : Thomas Le Douarec

avec Cyrielle Clair et Marie Le Cam


Un immortel qui se pose la question : " y a t-il une vie après la mort ? " avouez que cela ne manque pas de piquant !

L'action se situe dans un cimetière situé en bordure d'une voie ferrée. Là, deux dames de caractère différent, de classe sociale aussi, vont sortir du sommeil éternel afin de s'animer sous nos yeux en une petite danse macabre à portée métaphysique ... Babeth renaît de ses ossements tout de rose vêtue tandis qu'Artémise la vaillante est carrément en rouge car on ne porte pas son propre deuil et puis le choix des teintes est censé donner un petit aperçu du caractère de chacune.

Babeth aimerait poursuivre sa grasse matinée alors que sa voisine l'entend d'une autre oreille, celle qui précisément guette le passage des trains ... Ce n'est tout de même pas exclusivement un privilège de bovidé ! Mais voilà qu'un importun tout emplumé de noir survole les lieux.
L'une s'inquiète de ce mauvais présage tandis que l'autre plus rationnelle remet les pendules à l'heure dans le style " que peut-il maintenant nous arriver ? "
Ce huis-clos en plein air ne serait il pas le Purgatoire après tout ? Une patiente attente de la Résurrection promise ? A moins que ce corbeau ne soit la preuve d'une éventuelle métempsycose et que ce drôle d'oiseau soit en réalité Fernand qu'un sort malin a transformé en bête à plumes ?

Arrivé à ce stade de l'existence, toutes les suppositions sont permises !
Un avion survolant les lieux va rappeler à Artémise son amant japonais et les confidences d'aller bon train entre nos deux défuntes.
Vous l'avez compris, l'auteur s'amuse sans vergogne, sinon comment notre Académicien aurait-il pu écrire " ces cloches me foutent le bourdon. "
Inspirée par la durée de la vie, la pièce est courte et à son écoute le public cache ses secrètes inquiétudes sous des cascades de rires. Bref, si ce n'est pas la meilleure que René de Obaldia ait écrite, en revanche la mise en scène réalisée par Thomas le Douarec est enlevée et les deux comédiennes sont à la fois superbes et drôles.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

Cyrielle Clair.jpg

 

 

22.09.2009

Les cahiers de Malte Laurids Brigge de Rainer Maria Rilke

rilke2.jpg

THEATRE de la HUCHETTE

23, rue de la Huchette

75005 PARIS

T. 01 43 26 38 99

(M° St-Michel)

Tarif unique : 24€

12 REPRESENTATIONS EXCEPTIONNELLES

TOUS LES SAMEDI à 21h.

Adaptation et mise en scène : Bérangère DAUTUN

assistée de Alexandra Royan

avec Bérangère DAUTUN et Guillaume BIENVENU.


Spectacle d'une suprême élégance ... le fait est devenu si rare qu'il convient de le souligner. Bien entendu, Bérangère Dautun y est pour beaucoup puisqu'elle a signé l'adaptation et la mise en scène mais il y a son talent, sa présence avant tout.
Nous avons hélas oublié un certain raffinement au théâtre celui qui faisait que le moindre détail ne pouvait être superflu. Perfection de son phrasé qui par comparaison fait ressortir les élisions de son partenaire qu'une oreille avisée enregistre ... Ce sera ma seule réserve car le comédien est  beau et porte lui aussi magnifiquement le costume. Le texte se savoure de bout en bout porté par ces deux interprètes qui transforment le lieu en écrin dont ils sont les incontestables joyaux.
Ceux qui n'avaient jamais lu Rilke (il doit bien en exister) se hâteront de pallier cette lacune et les autres auront envie de s'y replonger.
A voir et revoir même, pour le plaisir ...


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

(photo : Margaux van den Plas)

Malte(couleur).jpg

 

 

 

REPRISE de : La jeune fille à son miroir d'Alan Rossett

h.AR.jpgCentre d'animation Poterne des Peupliers

1, rue Gouthière 75013 PARIS

M° Porte d'Italie, RER : Cité Universitaire

BUS : 184, 131 - TRAM : Poterne des Peupliers

Tarif : 9€ & 7€

Loc. 01 42 63 98 14

REPRESENTATIONS les 9 & 10 OCTOBRE 2009

Vendredi à 15h. & 20h.30

Samedi à 15h.


Comédie écrite et réalisée par l'auteur.

avec Jeannine SIRAUD et Amélie ABRIEU.

Pièce éditée à l'Harmattan.

(Voir précédente chronique du 3.4.09 pour ce faire, rentrer le titre dans RECHERCHER à gauche.)


 

pièce AR.jpg

 

21.09.2009

LES NON-DITS de JEREMY BUIS

lesnondits.jpg

CINE 13 THEATRE

1, avenue Junot

75018 PARIS

(M° Lamarck-Caulaincourt)

Tél. 01 42 54 15 12

www.cine13-theatre.com

Pl. 20€, TR : 15€

- 26 ans : 12€


Ts les jours sauf dimanche soir et lundi.

matinée le dimanche à 15h.30

jusqu'au : 18 octobre 2009

avec : Dimitri Michelsen, Catherine Zavlav, Virginie Bihorel, Pascal Loison, Sandra Moreno et Stéphanie Benod.

Montage sonore : David Gautier - Texte : Pascal Loison et Jeremy Buis.


Il n'y a pas que Sheila qui se produit en play-back, qu'est-ce que vous croyez ? La compagnie des sans (que dis-je ?) Cent Voix y a également pensé.
De l'inédit au théâtre (ou presque) et l'effet est d'un drôlissime que ... tenez, pour un peu on crierait " bis " histoire de leur faire une bonne blague !
Finalement, si on veut bien se souvenir de certaines images que tout le monde a vues, la technique du cinéma muet, c'était cela : un engagement corporel censé rendre la parole superflue. Pas tout à fait certes, puisque le texte s'inscrivait sur l'écran - ici les mots nous parviennent en play-back, exactement comme avec la gloire des années 60 on vous dit !  On a l'impression de feuilleter un album de BD avec le mouvement et le son en plus. Exercice " casse-gueule " au possible dont on ne peut se tirer qu'avec un maximum d'agilité et d'humour.
Les comédiennes n'hésitent plus à faire des grimaces, retrouvant ainsi les jeux de l'enfance. La satire est sociétale et les exemples font mouche.
C'est clownesque, vif, un peu potache ... bref, pour tout dire, très bon enfant mais facétieux !
A voir ne serait-ce qu'histoire de rompre avec la routine ?


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

nondits.jpg

 

 

La danseuse du crépuscule de Claudette Lawrence

(photos : Lot)

Lola.jpg

THEATRE de la HUCHETTE

23, rue de la Huchette

75005 PARIS

(M° St-Michel)

Loc. 01 43 26 38 99

www.theatre-huchette.com

Pl. 19,50€

2 pièces le même soir : 30€

Du lundi au vendredi à 21h.

samedi à 15h.30

Mise en scène : Guy MOIGN assisté de Gonzague PHELIP.

avec Adeline BELLOC, Jean-Michel CANNONE,

Catherine DAY, Roger DEFOSSEZ, Letti LAUBIES, Clément ROUAULT, Nell REYMOND.


" Je hais les dimanche " chantait Gréco.

En voilà un précisément qui se situe quelque part dans un appartement enfoui dans les faubourgs de Londres, en novembre qui plus est !  Nous découvrons deux femmes plus très jeunes, surtout une qui présente tous les symptômes d'un Alzheimer galopant. 
Arrive un étrange boy-scout au poil blanc et à la bedonnante silhouette. Roger Défossez campe de façon incongrue ce personnage d'un autre temps égaré dans une époque où le seul être qui compte pour lui est un poisson rose (même pas rouge ! ) car l'existence javelise les êtres ...
Piétre diversion, quelqu'un (e) d'autre était attendu (e) et la déception est à la mesure de cette atmosphère étale faite de vague espoir, de regrets et de mélancolie, d'exaspération aussi, quand Lola se voit contrainte de canaliser la vieille dame toujours disposée à battre la campagne dans tous les sens du terme.
Nell Raymond fait preuve d'une belle autorité et Catherine Day de beaucoup de fantaisie. Une Agnès qui se nomme ici Laura incarnée par Adeline Belloc se désespère de la perte de son chat; rassurez-vous, l'auteur (e) est moins cruelle que Molière ... Nouvelle diversion avant que l'ennui ne reprenne ses droits (pas très longtemps du reste) car quelqu'un d'autre surgit puis un autre, puis une autre et le rythme de la pièce s'accélère, les coeurs se remettent à battre.
Clément Rouault (Justin) ce fils incorrigible qui avait disparu de chez lui (une fois de plus) déboule en trombe, joue les séducteurs échevelés auprès de Lola mais en pure perte. Quand on est femme de marin, on sait ce que veut dire le mot constance ! Plus dangereux sera le visiteur suivant ... Mark O'Brien alias Jean-Michel Cannone qui offre sa belle stature au personnage et est irrésistible, il faut bien le reconnaître.

Mais quand Paquita (Letti Laubies) espérée depuis le début arrivera enfin, l'atmosphère en sera toute ragaillardie et nous finirons par conclure qu'il ne faut jamais présumer du climat d'un dimanche avant que la nuit tombe.
L'énigme qui consiste à faire évoluer tant de monde sur un si petit plateau conserve tout son mystère ...


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

Day-Defossez.jpg

 


 

Toutes les notes