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25/06/2009

La mort de Don Juan de Damiane Goudet

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THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du Faubourg Montmartre

75009 PARIS

(M° Grands Boulevards)

Réserv. 01 47 70 32 75

www.TheatreDuNordOuest.com

Pl. 20€ - TR. 13€

PASSEPORT : 95€ pour une entrée

libre à tous les spectacles du 3 avril

au 4 octobre 2009.

Mise en scène de l'auteur.

Parution courant juin chez ALNA Editions.

Texte interprété par : LUC ANTONI.


De même qu'Akira Kurosawa s'est penché sur le personnage de Macbeth en tournant " Le Château de l'Araignée " Damiane Goudet a examiné Don Juan en passant par le biais du Nô japonais.
Le Kabuki, trésor national vivant, transmet son art de génération en génération de même que Don Juan n'en doutons pas, drainera à jamais des imitateurs aux fortunes diverses ...
C'est à un huis-clos introspectif auquel nous sommes conviés.
N'attendez pas que le personnage se repente car il a toujours agi en accord avec lui-même. Tout au plus fera t-il preuve d'une certaine nostalgie ? ...
Car Don Juan était en fait un libertaire dont le comportement dénonçait " une société faussée par le mensonge individuel et collectif." - "Je suis une utopie qui révolte " constatera t-il.
Avec lui, point de faux semblant : quand il aime, il honore et quand le fruit vert commence à devenir blet, il le jette, ce qui, évidemment en dérange plus d'un !
" J'ai toujours été seul " dit-il.

Comme nous tous mais lui en est conscient.
Tirso de Molina puis Molière s'intéressèrent au personnage, en firent même l'emblème de l'interrogation métaphysique - car ne doutons pas que Don Juan ait réellement existé - les psychologues et autres philosophes continuent du reste à s'interroger quant à la vraie nature donjuanesque.

Tel un insecte qui butine les fleurs, Don Juan s'est posé de femme en femme puis s'est envolé emportant avec lui tous les codes moraux ...
Luc Antoni met en valeur un texte que nous savourons avec l'attention qu'il mérite portant ses soins à polir les mots avec la même précaution qu'il réserve à ce vêtement précieux dont il se départira peu à peu comme l'âme se détache du corps avant de n'être plus que le reflet d'elle-même.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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17:07 Publié dans THEATRE | Lien permanent

17/06/2009

TALKING HEADS de Alan Bennett

 

THEATRE MARIGNY

Carré Marigny

75008 PARIS

(M° Champs Elysées)

Loc. 0 892 222 333

Pl. 32/26/22€

du mardi au vendredi à 20h.30

samedi à 16h & 21h.

(sauf les 30 juin, 14 juillet, 18 juillet à 16h)

30 REPRESENTATIONS EXCEPTIONELLES

A PARTIR DU : 12 JUIN

version française : Jean-Marie Besset

mise en scène : Laurent Pelly

avec Christine Brücher, Nathalie Krebs, Charlotte Clamens.


Trois femmes, trois monologues, trois contextes différents et une volubilité identique. De vrais moulins à paroles effectivement mais pas tout-à-fait des moulins à vent !

On rencontre parfois dans la vie, cette sorte de femme au demeurant insignifiantes qui ne tarissent pas de commentaires. Plus leur existence est un long fleuve tranquille et plus elles prêtent de l'importance au plus petit détail, jusqu'à nous saouler de péripéties. Beaucoup ont alors envie de prendre leurs jambes à leur cou, (j'en suis) d'autres font semblant d'écouter. Ici, c'est différent, le rapport entre scène et salle étant privilégié.

Ah ! ces bureaux dans lesquels les êtres sont en boite, où l'on tourne en rond durant de longues heures même si on s'occupe à travailler (souvent sans conviction aucune) parce qu'il faut bien gagner sa vie. Difficile en pareilles conditions de s'exprimer de façon sublime ! Du reste, ce serait tout à fait incongru.

Mais chaque existence comporte sa part de risques et brusquement l'intérêt que l'on porte aux autres accède à une autre dimension car le drame, cette invisible épée de Damoclès située au dessus de chaque tête peut s'abattre à tout instant.
Chez soi, c'est la même chose, on peut tranquillement faire la vaisselle pour être brusquement témoin d'une tragédie et cette dernière aurait pu aussi bien vous atteindre de plein fouet !
Alan Bennett a posé la loupe de Sherlock Holmes sur chaque personnage, soulignant le dérisoire, ayant chaque fois recours à l'ironie mais le monologue le plus drôle est sans contestation possible le dernier des trois. où là, un changement de pédicure fera basculer de façon inattendue le destin de la très sage Miss Frozzard et (cerise sur le gâteau), le spectateur s'offrira le luxe d'une imprévisible vue plongeante sur la scène. Mais chut !  Inutile d'en dire plus, allez les découvrir. mises en valeur de façon quasiment cinématographique par Laurent Pelly; Christine Brücher, Nathalie Krebs et Charlotte Clamens font merveille et nous prouvent chacune à sa façon que les petits destins n'existent pas. Ce qui en rassurera plus d'un et plus d'une !


Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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photo : Brigitte Enguerand.

10:49 Publié dans THEATRE | Lien permanent

15/06/2009

JOURNAL D'UNE AUTRE d'après Notes sur Anna Akhmatova de Lydia Tchoukovskaïa

PARIS-VILLETTE

Parc de la Villette

211 av. Jean-Jaurès

75019 PARIS

(M° Porte de Pantin)

Loc. 01 40 03 75 75

Pl. 21€ - T.R. 15/10€

lundi, mercredi, samedi : 19h.30

mardi, jeudi, vendredi : 21h

jusqu'au : 27 JUIN 2009

adaptation : Valérie Blanchon et Isabelle Lafon

Mise en scène : Isabelle Lafon.

avec Johanna Kortals Altes et Isabelle Lafon.

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Comment restituer les rencontres qui eurent lieu entre ces deux femmes ? Telle est la question que Isabelle Lafon a dû se poser avant de mettre en scène et s'impliquer physiquement dans cette réalisation.
Le texte nous plonge au coeur des purges staliniennes quand on tremblait pour les proches, pour soi et tous les autres. Aucune pensée personnelle ne devait alors s'exprimer, seule la pensée collective était admise. Il ne fallait par conséquent laisser aucune trace. Verba volant, scripta manent ... le verbe d'Anna Akhmatova s'envolera alors en direction de cette oreille amie qui apprendra tout par coeur, le texte écrit sera ensuite détruit pour limiter les risques. On peut n'être que deux pour entamer une résistance et ces deux femmes s'y employèrent. Lydia Tchoukovskaïa sera la vestale du texte, de tous les textes confiés par Anna Akhmatova.
Jadis la culture relevait d'une tradition orale et en période de crise politique grave il est certes plus prudent d'y revenir.
Non seulement Lydia apprend les poèmes par coeur mais au fil du temps et des événements elle va tout consigner en langage codé, sorte de journal non pas introspectif mais sous forme de témoignage.
Comme accessoires : une table couverte de livres et de manuscrits éphémères pour la plupart, quelques tabourets, un éclairage basique et le texte dit pour tout support.
Théâtre minimaliste, dépouillement voulu car il appartient au spectateur de créer lui-même les images en fonction de ce qu'il entend.
Certains soirs, la pluie sur le toit s'invite créant une impression de réalité.
Le jeu des comédiennes est sobre, à la limite d'un texte à l'italienne mais ce public là n'est pas venu par hasard aussi repartira t-il avec l'impression d'avoir partagé quelques instants de vie en compagnie de l'auteur(e) évoquée.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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16:00 Publié dans THEATRE | Lien permanent