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30/05/2009

Les Tentations Electives de Benjamin Oppert

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THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du faubourg Montmartre

75009 PARIS

(Métro : Grands Boulevards)

Loc. 01 47 70 32 75

www.TheatreDuNordOuest.com

Pl. 20€ - T.R. 13€

jusqu'au 1er Septembre 2009 à 19h.

Mise en scène : Philippe BRIGAUD

avec Aurélien CHARLE, Christine MELCER, Rémy OPPERT, Michel PILORGE.

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Etre le lieu où se déroule la Cérémonie des Molières ... plus d'un directeur de théâtre a dû quelque(s) nuit(s) en rêver.

Et bien, précisément, nous y sommes.
Oh ! certes, les dorures habituelles sont quelques peu absentes de même que la foule pressante des professionnels.

Toutefois, une Ministre de la Culture en la personne de Christine Melcer finira par arriver - bien qu'un peu en retard - et celle-ci aura même la politesse de présenter quelques excuses ce qui en pareille circonstance, frise l'utopie pure et simple !
Avec brio, Michel Pilorge sera Monsieur Loyal (forcément, les Molières c'est toujours un peu le cirque) A lui, incombera la redoutable tâche de nous présenter l'heureux lauréat qui, au prix d'un effort surhumain devra tenir en ses mains la lourde statue représentant l'immortel Jean-Baptiste.
Et c'est là que le bât va blesser car Rémy Oppert qui joue Pierre Escabeau, (nom de théâtre casse-gueule au possible), va déclencher le scandale du siècle puisqu'il refusera non sans panache, ce que tous attendent sans oser l'espérer.
Démarrage de pièce sur les chapeaux de roues et brusquement, presque sans transition, nous allons nous retrouver dans le bureau de notre Ministre de la Culture, flanquée de son directeur de Cabinet (Aurélien Charle) cet alexandre politique en herbe.

A cet instant précis on commence à se demander ce que l'auteur a voulu démontrer ? ...


Car, ce vieux routier de la scène qui a blanchi sous le harnais moliéresque vient de tout envoyer promener afin de commencer à vivre une vraie vie et comme son esclandre a titillé l'opportunisme gouvernemental, une mission est sur le point de lui être confiée. Je vous laisse découvrir les ou plutôt LA condition qu'il va imposer pour donner son accord.

Nous venons de basculer de la scène théâtrale à la scène publique, les deux professions étant soeurs jumelles comme chacun sait. Très curieusement, et pour la première fois de sa vie sans doute, Pierre Escabeau va jouer les utilités ... consentantes, qui plus est !
Depuis que cette invention existe, le téléphone a toujours eu une place primordiale dans la vie d'un comédien.  Monsieur Loyal ayant depuis longtemps disparu après avoir rempli son office, les trois personnages restant vont intensément vivre la fébrilité de l'attente sous nos yeux ...
Il n'est un mystère pour personne que le souhait de tout comédien ou comédienne est de mourir sur scène et le champ politique actuel nous prouve chaque jour que l'on ne décroche pas aussi facilement dès que le virus a fait son nid chez quelqu'un.
A contrario, Benjamin Oppert semble vouloir développer ici une philosophie allant à l'encontre de tout ce qui nous est prouvé. Voeu pieux ou incitation à l'absentéisme ? ... Car enfin, après toute cette démonstration d'énergie déployée doit-on dire : " tout ça, pour ça ? " De telles implications peuvent-elles être suivies d'un décrochage aussi spectaculaire ? C'est donc à une réflexion sur le carriérisme à laquelle l'auteur nous convie.

A chacun de tirer les conclusions qui lui conviennent le mieux et en attendant, rendons hommage aux comédiens dont l'expérience fait ici merveille.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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15:58 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Tags : politique, carriérisme

25/05/2009

A la vie ! de Jean-Louis Milesi

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THEATRE MOUFFETARD

73, rue Mouffetard

75005 PARIS

Réserv. 01 43 31 11 99

Pl. 22 & 15€

du mercredi au vendredi à 20h.30

samedi à 17h & dimanche à 15h.

jusqu'au : 27 JUIN 2009

Adaptation du scénario " A LA VIE A LA MORT "

écrit par Jean-Louis MILESI et Robert GUEDIGUIAN.

Mise en scène : Pierre-Loup RAJOT

avec : Jean-Jérôme ESPOSITO, Laurent FERNANDEZ, Lara GUIRAO, Julie LUCAZEAU, Ged MARLON, Georges NERI, Richard SAMMEl, Mireille VITI.


Nous pensons trop souvent que l'époque dans laquelle nous vivons est déshumanisée, surtout si nous habitons dans une grande ville.
En ce cas et afin de vous rassurer, allez voir cette pièce, vous y rencontrerez de vrais gens. Bien sûr, ils ne sont pas exempts de défauts mais la plupart ont un coeur " gros comme ça " et la solidarité n'est pas avec eux un vain mot.
Nous sommes dans un quartier de Marseille où un vieux cabaret joue péniblement les prolongations grâce à une strip-teaseuse (Joséfa) qui a passé l'âge de se découvrir mais fait toujours rêver les copains ... Mireille Viti est absolument magnifique dans ce rôle !
Son mari, José (Laurent Fernandez) bichonne une voiture d'un autre âge (elle aussi) qui lui coûte les yeux de la tête mais on ne se défait pas aisément de ce qu'on aime, êtres ou objets.
C'est tout une famille que nous allons découvrir avec son franc-parler, ses situations de crise, les quelques frictions parfois entre les uns et les autres mais qui ne seront jamais définitives.
Les comédiens prennent un évident plaisir à être les personnages qu'ils incarnent et aucun n'est en deçà du rôle qui est le sien.
Nous allons même découvrir un Ged Marlon (Patrick) d'une émouvante humanité et le rôle n'est pourtant pas facile ... Jusqu'à Otto cet ex-légionnaire dont le passé n'incite pourtant pas à la sympathie. Richard Sammel lui prête un visage de chevalier teutonique qui, n'en doutons pas attire irrésistiblement plus d'un regard de femme quand il est sur le plateau.
Julie Lucazeau vise carrément la performance avec ses multiples compositions de personnages tous plus présents les uns que les autres.
Il faut également nommer Lara Guirao qui est Marie-Sol sans laquelle le drame qui se voulait feutré en ce pays ensoleillé n'existerait pas, ce qui donne une dimension supplémentaire à la pièce et puis ... tous les autres : Georges Néri (coincé dans son fauteuil) et la maîtrise de  son jeu qui sonne toujours juste sans oublier bien sûr, Jean Jérome Esposito qui a lui seul résume le sort de beaucoup avec un fond inaltérable de gentillesse, sans tomber dans le misérabilisme.
Tous et toutes mènent cette pièce de haute main et quand au final on entend les accents de " Ay Carmela " on se dit que l'on voudrait être espagnol afin de joindre notre voix à la leur en une standing ovation, bien méritée.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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14:26 Publié dans THEATRE | Lien permanent

18/05/2009

Médée de Jean Anouilh

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VINGTIEME THEATRE

7, rue des Platrières

75020 PARIS

(M° Ménilmontant)

Loc. 01 43 66 01 13

du mercredi au samedi à 21h.30

le dimanche à 17h.30

jusqu'au dimanche 14 juin 2009

mise en scène : Ladislas Chollat

avec Elodie Navarre (Médée) - Gildas Bourdet (Créon) - Benjamin Boyer (Jason) - Sylviane Goudal (la nourrice) - Gilian Petrovski (le garçon) - Grégory Vouland (le garde) -


La pièce commence par une voix off destinée à résumer le thème en direction de ceux qui n'auraient pas été nourris au lait mythologique.

Or, dès la première scène il est évident que nous avons quittés le temps des demi-dieux. Il y a du Jean-Louis Bourdon derrière cet Anouilh vu par Ladislas Chollat. Quant à Elodie Navarre, la fougue de sa jeunesse est plus rock que tragique. Jean Anouilh avait déjà voulu réactualiser l'action, nous assistons ici à une réactualisation de la précédente ... mais la démarche n'est pas allée jusqu'au bout puisqu'il aurait fallu pour accéder à une quelconque crédibilité faire de Médée la fille du roi des gitans.
La claudication se situe entre tragédie antique et fait divers actuel.
Pour renforcer l'impression, Créon (Gildas Bourdet) a l'allure d'un mafioso doté de troubles prostatiques.
Jason (on peine à reconnaître sous les traits de Benjamin Boyer le superbe Argonaute) est d'une telle inconsistance que l'on s'épuise en vain à imaginer que Médée ait pu nourrir un quelconque sentiment pour lui.
Heureusement, il y a Sylviane Goudal (la nourrice) dont la présence scénique et le jeu solide nous permettent d'adhérer parfois à ce classique déclassé.
Quand on connaît l'oeuvre, on souffre un peu mais ce n'est pas grave, en revanche je m'inquiète pour ces jeunes qui découvrent le mythe pour la première fois.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

16:03 Publié dans THEATRE | Lien permanent