Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/05/2009

Dans la jungle des villes de Bertolt Brecht

danslajungle-1.jpg

Théâtre de la Tempête

Cartoucherie de Vincennes

Rte du Champ-de-Manoeuvre

75012 PARIS

Réserv. 01 43 28 36 36

billeterie en ligne,

www.la-tempete.fr

Pl. 18, 13 & 10€

mercredi tarif unique : 10€

du mardi au samedi à 19h.30

dimanche à 16h.

jusqu'au : 7 JUIN 2009

texte français de Stéphane Braunschweig (L'Arche, Editeur)

mise en scène : Clément Poirée.

avec Philippe Morier-Genoud (Shlink) - Bruno Blairet (Georges Garga) - Catherine Salviat (Maë Garga) - Raphaël Almosni (John, Garga, C. Maynes) - Laure Calamy (Marie Garga) - Julie Lesgages (Jane Larry) - David Stanley (Skinny) - Geoffrey Carey (J. Finnay dit le Lombric) - Dominic Gould (Collie Couch dit le Babouin) - Laurent Ménoret (Pat Manky, un Missionnaire).

danslajungle-2.jpg

En principe, le langage de Brecht est assez clair, il y a d'un côté les bons, ce petit peuple opprimé et puis les mauvais autrement dit les exploiteurs. Nombreux furent ceux qui reprochèrent à cet auteur son proverbial manichéisme !
Il n'en est pas de même " Dans la jungle des villes " oeuvre de jeunesse située en amont du théâtre épique brechtien. Les frontières ici sont imprécises, les motivations obscures. En comparaison le mythe de Faust est dépassé car Georges Garga ne vendra pas en dépit des apparences, son âme au diable-Shlink il sera même très difficile de déterminer qui est la réelle victime de l'autre ... Bref, la pièce interpelle le spectateur à plus d'un titre.
Afin de confirmer le dérangement auquel ce dernier va être soumis, Clément Poirée promène un peu le public par le biais de cette mise en scène en deux temps.
De même que le plus jeune héros refusera de vendre son opinion à n'importe quel prix, (Ne dit-on pas pourtant que tout est achetable ?) ... la mise en place ne pourra être immédiate et se voudra symbolique.
Quelle étrange allure ont ces personnages surgissant dans cette bibliothèque de prêt parmi l'accumulation d'ouvrages, le désordre, la violence des hommes faisant tache au milieu de la pensée structurée mais multiple. Certes, dans tout ce fatras, certains ouvrages ne valent rien et l'homme d'affaires qui a perdu beaucoup de temps à construire sa fortune va tout naturellement vouloir acheter l'opinion de celui qui n'a pour lui que la fréquentation des textes. Mais ce qui fascine Shlink, ce qu'il voudrait acheter, n'est-ce pas en réalité sa jeunesse perdue qu'il retrouve sous les traits du jeune homme ?
Attirance homosexuelle diront certains ? ... Peut-être mais se contenter de cette explication serait de toute évidence, réducteur. En fait, tandis que l'un se construit en fonction du monde environnant, l'essence même de l'autre se dissout dans la partie inférieure du sablier. J'ai particulièrement apprécié la composition de Geoffroy Carey mais ce n'est pas porter préjudice aux autres que de le souligner car le travail de chacun est impeccable.
Un Brecht hors normes par conséquent, à ne surtout pas négliger et dont la durée passe même inaperçue tant l'atmosphère y est forte.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

10:08 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Les commentaires sont fermés.