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13/05/2009

La lettre de Jean-Luc Jeener

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THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du Faubourg Montmartre

75009 PARIS

(Métro : Grands Boulevard)

Loc. 01 47 70 32 75

www.TheatreDuNordOuest.com

Mise en scène de l'auteur.

avec Edith Garraud et Robert Marcy

jusqu'au : 4 octobre 2009.


Nous sommes ici dans le théâtre naturaliste cher à Antoine, la table est mise, la soupe est bien réelle et le pain également. Un couple plus très jeune partage le repas et nous comprenons très vite qu'en cette période de pénurie le manque ne se situe pas au niveau des assiettes ...
En effet, le facteur devait venir et l'on espère encore sa venue, tout en la redoutant. L'action se situe d'évidence durant le gouvernement de Vichy et le fils est absent. Les parents échangent ces quelques phrases banales et pourtant lourdes de signification qui sont l'apanage des couples habitués à vivre ensemble depuis longtemps. Jean Luc Jeener excelle à émailler ses dialogues de ces mots incontestables entendus dans la réalité comme l'époux disant moitié par malice, moitié par conviction  ... " j'ai toujours raison ! " ou bien constatant, " jamais un couteau qui coupe ! " l'exercice destiné à aiguiser le fil de la lame faisant ensuite diversion. Force est de constater que chez cet auteur, la référence à la religion est obligatoire. Impossible d'imaginer Claudel ou Péguy éludant le fait ! Certains répertoires en sont nourris. Le propos en exaltera certains et en agacera d'autres. C'est ainsi. On nous a récemment rebattu les oreilles avec cette lettre de Guy Môquet et ici, un fils écrit à ses parents quelques heures avant sa mort. Il doit être fusillé à l'aube et quand le document arrivera, l'esprit qui a conçu ce message aura rejoint l'au-delà. Certains pour se protéger de l'émotion iront jusqu'à inventer mentalement une variante à la pièce imaginant un fils non croyant et révolté par le sort qui le frappe. Il n'en est rien bien entendu. Les spectateurs prennent de plein fouet la douleur parentale et l'incontournable acceptation de l'inéluctable.
Edith Garraud et Robert Marcy incarnent ces deux personnages avec une sobriété et une justesse d'expression peu banale.
En ce 13 octobre 1943 les faits se déroulèrent ainsi et furent ressentis de pareille sorte par ces deux personnages et leur fils absent mais pour eux - et pour nous - omniprésent.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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10:39 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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