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27/04/2009

Confidences à Allah de Saphia Azzeddine.

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Petit Montparnasse

31, rue de la Gaîté

75014 PARIS

(M° Gaîté ou Edgar Quinet)

Loc. 01 43 22 83 04

Pl. 29 & 17€

Du mardi au samedi à 18h.30

matinée le dimanche à 17h.30

 

Mise en scène, scénographie et lumières : Gérard Gélas

avec Alice Belaïdi.

Texte aux Editions Leo Scheer.

 

Le pouvoir appartient aux hommes mais le progrès social ne pourra venir que des femmes. Deux d'entre elles vont ici nous le prouver, l'auteur : Saphia Azzeddine et sa jeune et talentueuse interprète : Alice Belaïdi.
Il ne fallait pas avoir froid aux yeux pour écrire un tel texte et il faut une hardiesse sans pareille pour venir incarner sur scène ce personnage de très jeune femme que le sort a soumise à la tyrannie des hommes et qui va rester debout, libre malgré tout.
Jbara est une petite bergère issue d'une famille nombreuse, qui vit dans " ce trou du cul du monde " qu'est ce village situé au pied des montagnes du Maghreb.
Son sort est tellement précaire qu'elle peut tout naturellement se prostituer sans le savoir pour un yoghourt à la fraise ... Pour unique distraction, il y a ce car, plein de touristes dont elle attend le passage et puis un jour, une valise rose comme ses yoghourts va en tomber contenant (entre autres) 6 billets de 200 dollars. Une fortune qu'elle ne gardera pas longtemps car son destin est tout autre. Or, il fallait précisément qu'elle parte afin que son père ne puisse constater qu'elle est enceinte ... Elle accouchera dans un terrain vague abandonnant l'enfant aux bons soins d'Allah car il n'y avait pas d'autre solution.
Et puis, nous allons la suivre tout au long des péripéties de son existence, avec pour seul et muet interlocuteur, Allah toujours lui, auquel elle s'adresse en quasi permanence. Son sort n'est il pas entre ses mains ? Du moins en est-elle fermement convaincue.
La jeune comédienne capte le public avec une maîtrise étonnante qui nous laisse béats d'admiration. Certes, Gérard Gélas a réalisé ici une excellente direction d'acteur mais Alice Belaïdi présente un tel naturel que l'on aime croire que chez elle, tout ce à quoi nous assistons est inné. Il s'agit par conséquent, d'un exceptionnel moment de théâtre à ne surtout pas manquer !


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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15:12 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Tags : monologue

20/04/2009

Casanova chez Silvia de Romaric Maucoeur

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Théâtre du Nord-Ouest

13, rue du fbg Montmartre

75009 PARIS

(M° Grands-Boulevards)

Loc. 01 47 70 32 75

Pl. 20€ - T.R. 13€

 

Mise en scène : Anne Barthel.

avec Sylvestre Bourdeau (Casanova jeune) - Michel Feder (Casanova vieux) - Marine Gandibleu (Silvia) - Annah Schaeffer (Manon) - Bernard Sander (Mario) - Maryse Santini (Gudrun).

 

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Nous connaissons tous, peu ou prou l'histoire de Casanova cette pièce est donc en priorité, la découverte d'un auteur jeune et à l'avenir prometteur si on en juge par son talent. Le texte est savoureux et la pièce construite avec sensibilité et intelligence. Disons le tout net, c'est devenu rarissime à notre époque ! Un quasi sans faute par conséquent.
Nous découvrons Casanova (deux comédiens jouent le rôle à des âges différents) vieux tout d'abord, évoquant ses fantômes dont l'un en particulier le hante. Manon qui fera son apparition s'opposant au jeune Giacomo qui n'a pas l'habitude qu'une femme lui résiste de la sorte. Mais en dépit de sa jeunesse, c'est une fine mouche qui a trouvé d'instinct la stratégie à employer avec ce genre d'homme.
Les réparties fusent donc avec brio !
Les parents sont là (Silvia et Mario) et forment en quelque sorte le couple idéal en ce sens qu'il a résisté à tout, à commencer par l'épreuve du temps.
Silvia est très malade et ne tardera pas à laisser derrière elle un époux désemparé mais au préalable, comme toute mère aimante, elle veut faire le bonheur de sa fille. Le couple n'a pas même sentiment sur la question mais on sait que Casanova ne pouvait que déclencher l'indulgence en un coeur de femme et ce, en dépit de l'évidence. Je n'ai pu résister à la tentation de noter quelques phrases qui m'ont parues particulièrement belles. Evoquant dans la conversation le plus vieux métier du monde, l'auteur mit dans la bouche de l'un des personnages la définition suivante, ... " les beautés mercenaires qui ornent les trottoirs." Joli, non ?
D'autres exemples me viennent à l'esprit mais il est préférable de vous abandonner au plaisir de la découverte.
Beauté du verbe par conséquent, belle symbiose entre les comédiens mis en scène efficacement par Anne Barthel, que demander de plus ?
Pour un peu - si j'en avais le temps - je reverrais la pièce une seconde fois mais c'est un luxe que je ne puis me permettre. Par conséquent, allez y pour moi. Veinards !


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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photos :  Patrick Bosc.

15:58 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Le regard des autres de Christopher Shinn

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MANUFACTURE DES ABBESSES

7, rue Véron 75018 PARIS

(M° Blanche ou Abbesses)

Loc. 01 42 33 42 03

Pl. 24€ - TR : 13€

lundi, mardi, mercredi à 21h.

prolongations jusqu'au 12 mai 2009

Adaptation : Sophie Vonlanthen

Mise en scène : Gilbert Désveaux

avec : Yann Reuzeau (Stephen) - Leïla Moguez (Petra) - Julien Large (Mark) - Walter Hotton (L'Homme) et Geoffroy Rondeau (Tan).

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Après John Patrick Shanley (Femmes de Manhattan) Sophie Vonlanthen s'attaque cette fois à une pièce écrite par un jeune auteur américain : Christopher Shinn dont elle signe l'adaptation.
Nous sommes à New-York dans un appartement que partagent trois jeunes artistes. De toute évidence, l'approche de Noël crée une certaine nervosité.
En fin d'année on a toujours tendance à établir un bilan tout en étant vaguement angoissé par le nouvel an qui arrive ... De surcroît, des retrouvailles vont avoir lieu en un restaurant qualifié de " post-moderne " et les interrogations iront bon train.
Marc revient après une période d'absence, accroché à sa bible comme à une bouée de sauvetage. Le benedicite prononcé en ce lieu branché, s'avére d'une rare cocasserie mais pris de court, personne n'ose rien dire ...
A chacun ses préoccupations, pour l'un c'est l'accueil réservé à une pièce nouvellement écrite, pour l'autre (Pétra) c'est son obsession des hydrates de carbone qu'elle bannit résolument de sa nourriture  ... Il ne manquait plus que l'arrivée d'un loubard dragueur et visiblement shooté pour que l'ambiance monte d'un cran.
Un homme marié " plein aux as " s'offre des observations en boîte ... avec la conviction qu'il peut tout se payer.
L'auteur nous convie à assister à ce reportage sociétal.
Chacun essaie de vivre tout en se protégeant de l'autre ce qui donne un chassé-croisé tout à fait dans l'air du temps ...
Le décor se résume à des blocs de pseudo-pierres blanches qui délimiteront les lieux de l'action.
Au risque de rendre les autres jaloux mais il n'y a pas lieu, puisque chacun s'acquitte parfaitement de son rôle, j'aimerais tout de même décerner une mention spéciale à Geoffroy Rondeau pour sa fantaisie dans le rôle de Tan.
La pièce fut jouée pour la première fois au Royal Court de Londres et était jusqu'alors inédite en France. A voir ne serait-ce que pour avoir une petite idée du mode d'expression en vigueur outre-Manche et même outre-Atlantique.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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10:29 Publié dans THEATRE | Lien permanent

19/04/2009

L' écornifleur de Jules Renard

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Théâtre La Bruyère

5, rue La Bruyère 75009 Paris

M° St-Georges.

Loc. 01 48 74 76 99

Pl. 37/27/20€

du mardi au samedi à 21h.

matinée le samedi à 16h.30

 

adaptation : Renée Delmas et Marion Bierry,

Mise en scène : Marion Bierry

avec : Sarah HAXAIRE, Julien Rochefort, Hugo SEKSIG et Lola ZIDI.

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Présenté il y a quelques années au Poche Montparnasse, cet Ecornifleur revoit le jour après quelques modifications mises au point par mère et fille, entendez Renée Delmas et Marion Bierry, cette dernière signant également la mise en scène.

L'action se situe en 1900, époque à laquelle les femmes arboraient des faux-culs et les hommes des faux-cols.

A ce détail près, les jeunes poètes, talentueux ou non ont depuis toujours été attirés par les couples bourgeois auprès desquels ils tentent éternellement de résoudre l'angoisse du lendemain.
Quelle imprudence commettent donc les maris en introduisant ainsi le loup dans la bergerie ? A moins que ce soit volontaire ? Or se méfie t-on d'un roux ? ...
Car bien entendu, Henri (Hugo Seksig) ne tardera pas à faire la cour à l'épouse troublée dont le mari pêche certes, par manque de fantaisie bien qu'il soit sans nul doute plus subtil qu'il ne le paraît ? Il est évident que Julien Rochefort s'évertue pour nous à peaufiner ce contre-emploi.
Face à lui, ce nouveau Rastignac tout en feignant d'écrire, va aller à la conquête des bords de mer puisqu'on l'y a convié mais son action ne se limitera pas là.
Bien entendu, après quelque résistance, l'épouse succombera aux assauts du jeune homme puis sera évincée par plus jeune qu'elle, ce qui permettra à Sarah Haxaire de nous fournir un aperçu de ses possibilités, allant de la scrupuleuse femme réservée à l'amoureuse fougueuse sans oublier la hargne que ressent toute femme victime d'une manipulation et perdante de surcroît. Lola Zidi est charmante dans le rôle de Marguerite, seconde victime du prédateur. C'est du reste elle que nous plaignons le plus, la jeunesse du personnage nous faisant dire que l'expérience est plus cruelle pour elle que pour tout autre.

Jules Renard épingle ses personnages avec la précision féroce que nous lui connaissons et si la fin n'est pas très morale, elle a le mérite d'être aussi vraie que la réalité. Les costumes que l'on doit également à Marion Bierry sont superbes et le spectateur savoure ce cynisme ordinaire avec délectation.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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16:06 Publié dans THEATRE | Lien permanent