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19/01/2009

ACTE de Lars Norén

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THEATRE DE L'EST PARISIEN

159 avenue Gambetta

75020 PARIS

(M° Gambetta, Pelleport)

Loc. 01 43 64 80 80

Pl. 22€ - TR 15,50/11/8,50

du lundi au samedi à 21h. du 19 au 31 Janvier

à 19 heures du 2 au 7 février 2009.

Mise en scène : Christophe Perton

Texte français de Jean-Marie Piemme et Sabine Vandermissen

avec : Vincent Garanger et Hélène Viviès.

 

Huis-clos comme il a dû s'en dérouler de par le monde et ce, plus d'une fois ! Un homme, d'âge moyen, au physique de petit-bourgeois bien ancré dans sa solide et tout à la fois dérisoire position sociale est assis derrière un bureau.
Face à lui, une femme d'une trentaine d'années, cheveux courts, juste vêtue d'une blouse blanche est debout, les poignets enserrés dans des menottes.
Il s'agit d'une prisonnière politique, ayant participé à la lutte armée, condamnée à la détention à vie. Tout de suite, l'affrontement paraît inégal, pire, inenvisageable !
Cette femme a sollicité des soins dentaires et après une courte vérification de laquelle il ressortira qu'elle a encore 10 dents donc bien assez pour se nourrir en pareilles conditions, (sic) d'autres examens vont être préconisés par son obligatoire interlocuteur. La vue, l'ouïe - la première mise à l'épreuve par excès de lumière (celle-ci ne s'éteint jamais dans la cellule) et le système auditif aurait pu s'atrophier à force de silence ? ... Cela semble peu probable mais l'homme doit bien justifier son intervention.
La prisonnière va se soumettre à ces examens d'assez bonne grâce mais refusera catégoriquement les électrocardiogrammes ou encéphalogrammes proposés comme s'il s'agissait d'un viol. D'ailleurs, qui est ce petit homme terne au possible, face à cette révolutionnaire que les années de détention ont à peine domptée ? Un obscur généraliste à la maigre clientèle qui passe ici le soir après avoir donné ses consultations tout le jour durant, améliorant ainsi ses fins de mois ou bien un psy ' ? Autant dire un espion à la solde du pouvoir en place !
Voilà qu'au détour d'une phrase, l'homme est pris d'un fou-rire inextinguible ...  Inquiétant, non ? Il semblera même - lui, le garant de la bonne santé mentale et physique - sombrer dans l'hystérie la plus complète en évoquant ces idées judéo-marxistes, cause de tout ! L'image de début et celle de fin, identiques formeront la parenthèse dans laquelle se déroule cet épisode d'une vie qui a refusé de se couler dans le moule commun au risque d'y perdre son âme ou simplement la vie.
Au moyen de ce texte âpre, Christophe Perton a mis en scène ces deux comédiens  avec une grande économie de moyens, misant sur le caractère oppressant de la situation qui, finalement se suffit à elle-même.
On aurait peut-être souhaité que l'interprète féminine paraisse plus dévorée de l'intérieur mais qui peut affirmer ce qui reste d'ardeur chez une prisonnière après toutes ces longues années d'isolement ? Le texte précisera que nous sommes le 17 juillet 1992 alors que la captive croyait être encore en 1974 ...
La pièce n'a duré qu'une heure mais la période durant laquelle le spectateur se posera encore une foule de questions durera bien plus longtemps.
Lars Norén excelle à ce genre d'exercice !


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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14:40 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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