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16/12/2008

Déjeuner chez Wittgenstein de Thomas Bernhard

AKTEON

Wittgenstein.jpg

11, rue du Gal Blaise 75011 PARIS

(Métro : St-Ambroise)

loc : 01 43 38 74 62

Pl. 16 & 10€

Du mercredi au samedi à 21h.30

(sauf les 24, 25 décembre & 1er Janvier)

Jusqu'au : 17 Janvier 2009.

Texte français de Michel NEBENZAHI

Mise en scène : Jérémie BLOESS

avec Julie GAUVAIN, Laurence VANOT & Jérémie BLOESS.

 

Jérémie Bloess qui interprète le personnage de Ludwig nous propose une mise en scène assez sage pour cette pièce ô combien sulfureuse ! Il est vrai que c'est sa première réalisation et qu'il n'est pas aisé de succéder à Guy-Pierre Couleau (pour ne nommer que lui) dont le Wittgenstein persiste encore dans ma mémoire en dépit du temps écoulé ...
Il faudrait toujours aborder une pièce avec l'esprit vierge de tout souvenir afin d'éviter le jeu scabreux des comparaisons et je vais donc m'y efforcer.
Ce triangle familial va croiser le fer sous nos yeux, souvent impitoyablement avec, constant à l'esprit le lourd héritage constitué par le souvenir de ceux qui ont précédés, ces parents dont les portraits sont accrochés afin de mieux hanter les esprits.
Une sourde jalousie oppose Ritter et Dene, les deux soeurs dont le point de convergence est ce frère, Ludwig pérennisant ainsi l'esprit ancestral qui situe l'homme au centre des relations familiales.
Or Ludwig ne cadre absolument pas avec le cliché habituel car le chef de famille qu'il est devenu présente une notoire fragilité psychique. Du reste, il vient juste de sortir du Steinhof où il était soigné et le voilà qui arrive, pieds nus dans ses chaussures, curieusement absent car génialement " habité. "
Dene est chargée de transcrire les pensées de son grand homme qui les lui livre de façon tyrannique en une logorrhée paranoïde. On comprend très rapidement qu'elle est prête à tout supporter venant de lui. Durant ce temps là, Ritter, raille ...
Comme toujours, Thomas Bernhard se projette dans tous les personnages nous faisant ainsi bénéficier de toutes les facettes de son raisonnement en butte à l'ordre établi, qu'il réfute inlassablement.
Il est évident que les trois comédiens donnent ici le meilleur d'eux-mêmes et si les battements de paupières censés trahir le dérèglement psychique de Ludwig ne parviennent pas complètement à nous convaincre, l'intensité du texte suffit à justifier l'adhésion du spectateur. A voir, par conséquent et à fortiori s'il est question de découvrir ...


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

 

 

10:33 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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