30.11.2008
Les 7 jours de Simon Labrosse de Carole Fréchette.
THEATRE de L'OPPRIME
78 rue du Charolais 75012 PARIS
(M° Montgallet)
loc. 01 43 45 81 20
Pl. 15 & 10€
Du mercredi au samedi à 20h.30
dimanche à 17h.
jusqu'au : 28 décembre 2008
Mise en scène : Claude Viala.
avec : Léonore Chaix, Hervé Laudière, Cédric Revollon.
Persuadé qu'il doit bien y avoir un moyen de s'en sortir, Simon Labrosse a décidé de prendre sa mauvaise fortune à rebrousse-poil.
Il n'a plus de travail ? ... Qu'à cela ne tienne, il va écrire ses mémoires et afin que l'impact en soit plus grand limitera sa narration à 7 jours, pris sur le vif.
Deux personnes l'accompagnent, Nathalie dont le destin est aussi un peu en panne mais elle suit des pistes parfois ... plus saugrenues les unes que les autres, il est vrai ! Pour établir l'équilibre (là, c'est façon de parler) il y a Léo, pseudo-poète résolument négatif depuis qu'il a réceptionné une brique sur la tête ce qui lui permet de voir ces objets choir en pluie allégorique sur notre monde pourri ... Positif-négatif, notre ami Labrosse ainsi branché fait office de pile électrique entre les deux. Précisément, il lui en faut de l'énergie pour se maintenir à la surface !
D'abord, il y eut cette idée d'orchestre rock, très, très hard à peu près aussi mélodieux que le cri d'un chat qui se coince la queue dans une porte mais force est de constater que " ça déménage " Il paraît qu'on doit la composition à Sanseverino (un jour de verglas, sans doute ?)
Le propriétaire des lieux réclame en vain son loyer et barricadé de l'autre côté de la porte, Simon imitera tour à tour la femme de ménage portugaise (comment la paierait-il ?) ou le copain africain censé garder la piaule en son absence. Ruses à la petite semaine. Une femme huissier finira par débarquer et sa victime jouera les charmeurs, les vils flatteurs même. Que voulez-vous ? " A la guerre comme à la guerre ! "
En fait toute son énergie se concentre dans des enregistrements censés rejoindre un beau rêve romantique à peine entrevu, exilé en Afrique pour lequel il remplit ces K7 de messages autobiographiques.
Cédric Revollon est ce charmant rêveur, débordant de vie, inventif en diable que la conjoncture maintient en difficulté. Apparemment, nos cousins de la Belle Province sont confrontés aux mêmes problèmes que nous mais ils ont pour eux, une belle joie de vivre qui nous fait tant défaut dans l' Hexagone.
Un seul regret, une pointe d'accent aurait ajouté du piment à certaines expressions typiquement de là-bas pour exprimer cet humour made in Canada.
Simone Alexandre
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28.11.2008
Les Bidochons de Christian Binet
THEATRE des MATHURINS
36, rue des Mathurins 75008 PARIS
Métro : Havre-Caumartin
Location : 01 42 65 90 00
Pl. 29, 23, 20€
Etud. 14,50 & - de 26 ans : 10€
Du mardi au samedi à 19h.
Matinée suppl. à 14h.30 le samedi
jusqu'au 4 janvier 2009.
Adaptation et mise en scène : Jean-Luc BORRAS
avec Maurice RICH, Michèle BROUSSE, Odile ROIG et David SENIORIS.
Porter une bande dessinée à la scène ou à l'écran n'a jamais constitué une tâche facile, le spectateur, (ex-lecteur) ayant déjà mis son imagination à contribution pour ajouter mentalement ce qui faisait défaut, à savoir le mouvement et le son. Qui sait, ils ont peut-être eux-mêmes déjà choisi la distribution de leurs rêves ? ... Non que celle-ci soit inadéquate (on pouvait aisément faire pire ...) mais les personnages avaient déjà un semblant de vie à eux, variant d'un individu à l'autre puisque chacun est censé s'approprier la lecture en question.
Robert et Raymonde, sont mariés ensemble depuis vingt ans ...
Si comme beaucoup de couples, ils n'ont guère évolués, l'époque elle, les oblige à suivre.
Jadis quand deux époux commençaient à ne plus éprouver le besoin de se parler directement, les petits mots traînaient sur la table ...
Maintenant, il y a le portable et forfait aidant les échanges peuvent désormais avoir lieu de la sorte. L'omniprésente télé a fait des petits tandis qu'un ordinateur ouvre la porte à des évasions pas toujours avouables ...
Que serait un ménage sans un couple ami ? Gisèle et René feront donc leur apparition à plusieurs reprises. Complicité masculine aidant, les deux femmes seront seules le temps d'échanger quelques confidences mais les scènes les plus hilarantes resteront sans nul doute celles où l'on surprend le couple-vedette en pleine intimité. Les dialogues sont alors atrocement réalistes ! Comme on pouvait s'y attendre, les comédiens ne font pas dans la dentelle ...
Il existe il est vrai dans la vraie vie, des couples qui ne peuvent s'adresser la parole sans se crier dessus. Par conséquent, Robert tempête et Raymonde subit tandis que Gisèle et René (les visiteurs) quand ils ne se recyclent pas dans la claque télévisuelle laissent tout le monde en plan pour une sieste canaille, il est vrai que leur cohabitation n'a que la moitié de durée du couple précédent. Du reste, Madame s'est déjà trouvé un gourou ... Bref, les amateurs du genre y trouveront sans nul doute leur compte ce qui leur permettra de patienter jusqu'au prochain album.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
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27.11.2008
Albert 1er de Philippe Adrien (éditions du Seuil)
Théâtre de la Tempête
Cartoucherie de Vincennes
Route du Champ de Manoeuvre
75012 PARIS.
Réservation : 01 43 28 36 36
www.la-tempete.fr
mardi, mercredi, vendredi, samedi à 20h.
jeudi à 19h.30 & dimanche à 15h.30
jusqu'au : 20 décembre 2008 -
Mise en scène : Thomas Derichebourg
avec : Anne Agbadou-Masson, Julien Cigana, Thomas Derichebourg, Alexandra Fournier, Elsa Imbert, Guillaume Toucas.
Que celui ou celle qui n'a jamais essayé de pousser quelqu'un dans ses derniers retranchements jette à Philippe Adrien la première pierre !
Evidemment, ici, nous atteignons au paroxysme mais n'est-ce pas la vertu théâtrale par excellence ? Mettre le doigt, là - où ça fait mal. Pour devenir psy, ne faut-il pas être à la base, un peu dingue ? Tourmenté, pour le moins, coupeur de cheveux en quatre, maniaque du microscope mental. Albert est tout cela à la fois et même plus.
Complètement border-line, il excelle à se lover dans les failles que personne ne voit sauf lui ... alors il en profite de façon éhontée.
" Comme on fait son lit, on se couche " et Albert adore mettre la literie en pagaille !
Emprisonner les autres dans une pièce ou dans leurs certitudes afin de plus aisément les bousculer. Car Albert est multiple, est lui-même et son absolu contraire, voire quelques versions modifiées.
Tour à tour il rassure, puis séduit pour mieux inquiéter, passe d'un sentiment à l'autre à la vitesse de l'éclair. Se fait inquisiteur, bourreau ou sauveur d'âmes.
Tout dépend de son humeur hyper-cyclotymique. Croiser son chemin est se mettre en danger. C'est pourtant ce qui va arriver à tous ceux là qu'ils se nomment Claire, France, Anna ou Albert 2 et 3. Ce diable d'homme va les retourner comme des gants. Ils conclueront tous à des stades différents qu'il est complètement dingue mais essayer de comprendre les rendra fous.
Face à ce psychopathe, le spectateur est désorienté et quand il comprend qu'Albert joue, la partie la plus rationnelle de son entendement lui souffle que l'on ne joue pas au fou par hasard ...
Thomas Derichebourg est fascinant tant la rapidité avec laquelle il passe d'un état à l'autre nous éberlue. Pourtant c'était une terrible gageure : mettre cette pièce en scène tout en étant l'interprète principal au mépris de tout recul. D'évidence, il se joue de la difficulté, mieux parvient à obtenir le meilleur des interprètes qui l'accompagnent.
En sortant, on se demande ce que l'auteur avait bien pu fumer le jour où il a écrit cela et puis au vu du résultat, on se dit que finalement, on en prendrait bien un peu et même sans aucune modération !
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
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Baroufe à Chioggia de Carlo Goldoni
Théâtre Clavel
3, rue Clavel 75019 Paris
Métro : Pyrénées.
Réserv. 01 46 22 68 08
www.theatre-clavel.com
Places : 18 & 12€
Les jeudi, vendredi & samedi à 20h.
jusqu'au : 27 décembre 2008.
Mise en scène : Antoine HERBEZ
avec : Stéphanie BARGUES, Anaïs BERARD-MASSON, Pierre-Edouard BELLANCA, Fabienne BILLOT, Jean BOISSINOT, Olivier CHARCOSSET, Joanna FORLEN, Benoît de GAULEJAC, Caroline GEORGES, Ivan HERBEZ, Olivier HO HIO HEN, Sébastien LE REST.
Quel joyeux tintamarre, quel superbe barouf(e) ! La pièce de Goldoni explose littéralement en un feu d'artifices vivant et coloré portée par le talent de Antoine Herbez et de sa splendide équipe. Ils sont jeunes, beaux, vifs, acrobatiques et cette réalisation pétille comme une coupe de champagne.
La pièce nous dit-on fut créée un soir de Carnaval et en adopte le rythme trépident.
Imaginez l'explosion de joie dont témoignent les femmes de Chioggia après le long carême constitué par l'absence de leurs hommes ou promis revenus d'une équipée en mer ... Après le calme, la tempête mais joyeuse celle là, dévastatrice dans le sens lyrique du terme puisque c'est la vie qui bouillonne dans les veines de tous ceux là. Les femmes débordent de sensualité et les hommes de convoitise le goût de vivre est omniprésent. Vous qui connaissez la pièce, vous allez la redécouvrir mais menée à un rythme d'enfer. Je me garderai bien de raconter l'action aux autres qui doivent absolument aller sur place la découvrir car c'est le plus joyeux spectacle qui soit. Aussi n'ajouterai-je qu'une chose : allez y !
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
09:37 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.11.2008
DIAGNOSTIC de Daniel Pennac
Théâtre Daniel-Sorano
16, rue Charles Pathé (94) VINCENNES
M° Château de Vincennes
Réserv. 01 43 74 73 74
www.espacesorano.com
Pl. 22 & 18€
Du mercredi au samedi à 20h.45
dimanche à 16h. jusqu'au : 21 décembre 2008.
Mise en scène : Alan BOONE & Jean-Claude COTILLARD
avec : André ANTEBI, Paul BOUFFARTIGUE, Jean-Claude COTILLARD & Nicole GENOVESE.
Sorte de one-man-show soigneusement encadré.
Il devient très rapidement indéniable que le personnage principal sinon unique est cet homme étrange au look décalé par rapport à la profession qu'il avoue avoir été la sienne ... un temps !
Le spectateur pénètre dans l'espace en T d'un quelconque hôpital.
Un couloir mène de cour à jardin que notre homme traverse rapidement et à plusieurs reprises, faisant rouler devant lui un pneu. Que vient faire cet accessoire en pareil lieu ?
Un timide monsieur-tout-le-monde, flanqué de la banale serviette d'homme d'affaires, est son interlocuteur privilégié ou plutôt non, sa victime puisqu'il ne peut se soustraire à ces confidences envahissantes ...
C'est que l'homme en question a bien failli devenir un grand ponte, l'un de ces médecins dont on s'enorgueillit de posséder la carte de visite.
Seulement voilà, certaines péripéties ont dévié le cours du Destin.
Jean-Claude Cotillard, omniprésent évoque cette curieuse aventure avec force détails. Son récit à lui seul envahit le temps et l'espace. Nous sommes suspendus à son évocation tandis que par un étrange paradoxe son interlocuteur - lui - est anéanti par elle. Les personnages surgissent de cette évocation adoptant un comportement et un rythme surréalistes. Tout une existence s'est déroulée en une seule nuit dont c'est précisément la date anniversaire.
Le texte de Daniel Pennac est savoureux, le personnage porté par Jean-Claude Cotillard tellement volubile que nous restons suspendus à son récit où l'humour le dispute à l'inattendu. Ses partenaires sont d'une drôlerie savamment dosée, intervenant à point nommé. Bref, tout cela est d'une efficacité incroyable et tout à fait hors normes. A voir pour le plaisir de se sentir dépaysés par cet humour en décalage.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
22:58 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.11.2008
GIACOMO sur les planches de et par Gilbert Ponté
LA COMEDIA
6 Impasse Lamier 75011 PARIS
M° Philippe Auguste. (ligne 2)
Loc. 01 43 67 20 47
resa@la-comedia.com
www.lacomedia.com
Chaque mercredi à 19 heures.
Mise en scène : Stéphane AUCANTE.
Une génération entière fut marquée par les images télévisuelles du premier alunissage ... Dans les années qui ont suivi - invariablement - à l'éternelle question : " qu'est-ce que tu veux faire plus tard ? " les enfants répondaient : " je serai cosmonaute " Eh oui ! le légendaire Pierrot rêveur ne serait désormais plus seul sur la Lune. Giacomo fut de ceux-là !
Avant le catalogue des 3 Suisses, il y eut Manufrance et on y trouvait tout, combien de rêves inassouvis sont venus s'abîmer entre ses pages ... Ici, (avec le premier cité) les garçons reluquent les sous-vêtements féminins ou fantasment sur les filles chics, celles qu'ils ne fréquenteront sans doute jamais.
Certes, il y a bien Cendrine qui se risque à porter mini-jupes et rouge à lèvres mais les parents veillent car une fille qui tourne mal, ça suffit ! Chat échaudé ...
Difficile à un italien d'échapper au catholicisme et à Monsieur le Curé, à la messe, à ses rites préparés longuement d'avance, ce qui a donné à plus d'un des idées de théâtre. Eh ! le fonctionnement est le même ...
Giacomo répète Scapin dans le seul endroit où il est tranquille ... ce qui fait qu'il y reste assez longtemps. Quand ils découvriront la vérité, les parents vont manifester leur désaccord bien sûr, mais avec l'oncle, c'est différent.
D'ailleurs chez ce dernier, il y a tellement de livres ! ...
Le rêve de tout travailleur (émigré ou non) est d'avoir une maison, quelque chose qui puisse témoigner de l'effort accompli tout en améliorant le sort de la génération suivante ...
Gilbert Ponté nous raconte tout cela, passant constamment d'un personnage à un autre, caracolant de la cour au jardin et pour nous, il est évident que tout ce qu'il évoque est la stricte vérité. Tous ces gens qu'il nous fait voir ont bel et bien existé. Sans doute a t-il voulu leur rendre hommage par le biais de ce spectacle tout en jetant un regard derrière lui ?
Cet épisode fait suite à " GIACOMO L'enfant de la cité " (*) qui se joue dans le même lieu à la même heure, chaque mardi.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
(*) voir chronique du 4 octobre 2007 (archives)
16:38 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.11.2008
Bastringue de : Alexis Ragougneau
Théâtre de l'Etoile du Nord
16, rue Georgette Agutte 75018 PARIS
Métro : Guy Moquet
Loc. 01 42 26 47 47
contact@etoiledunord-theatre.com
Pl. : 19, 14, 10 & 8€
mardi, mercredi, vendredi à 20h.30
jeudi à 19h.30
samedi à 16h & 19h.30
jusqu'au 6 décembre 2008.
Mise en scène : Frédéric Ozier.
avec : Emilie Patry, Antoine Cholet, Benoît Costa, Frédéric Jessua, Aurélien Osinski, Alexis Ragougneau, Sébastien Rajon, Grégory Veux.
Le premier que l'on découvre est le pianiste mais la pièce, elle, commencera dans le noir. Mise en condition irritante car un peu trop longue, penseront certains, avant de découvrir la tranchée dans laquelle se trouvent trois soldats affamés, la peur au ventre.
Nous sommes en 1917, l'année des mutineries, celle où nos poilus commençaient à se poser de bien dangereuses questions ...
Un colonel aussi ridicule que tyrannique ne tardera pas à apparaître, à la recherche de sa mascotte et trouvant que ces trois là ne sentent vraiment pas bon, va cruellement précipiter les événements.
Scènes burlesques or que peut-on opposer à la guerre sinon un humour meurtrier ? ...
Un seul des trois restera en vie, un beau blond que l'on avait surnommé " Gueule d'Amour " et que l'on peut nommer désormais : Gueule d' Horreur.
Un chirurgien aussi immodeste que criminel va parachever l'oeuvre du Destin.
Une fraulein-infirmière chante une berceuse à la victime ...
Deux autres cobayes sont là pour témoigner de l'acharnement du sort.
Le climat est toujours à l'horreur et à la dérision.
Menée tambour battant, la pièce commence avec un maximum d'efficacité puis peu à peu, les situations s'ajoutant les unes aux autres, le spectateur finit par avoir le tournis. C'est un effréné zapping ! De même que les comédiens changent constamment de peau, (sauf la malheureuse victime), les spectateurs sont ballottés de situation en situation toutes plus excessives les unes que les autres.
A trop vouloir prouver, auteur et metteur en scène jouent les scorpions, Il eut suffi d'un peu plus de sobriété et de rigueur pour que cela soit très bien. On a beau se répéter que " qui peut le plus, peut le moins " le spectacle se révèle assez foutraque. Pourtant, les idées foisonnent et la pièce est une mine d'or pour les comédiens, seulement, voilà ! ...
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
14:59 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La Cagnotte d'Eugène Labiche
THEATRE DES QUARTIERS D'IVRY-ANTOINE VITEZ
1, rue Simon Dereure (94) IVRY
M° Mairie d'Ivry ou
RER C, station : Ivry-sur-Seine
Loc. 01 43 90 11 11
www.theatre-quartiers-ivry.com
Pl. 19, 12 & 9€
Mardi, mercredi, vendredi & samedi à 20h.
Jeudi à 19h. & dimanche à 16h.
Jusqu'au : 3 décembre 2008.
Mise en scène : Adel Hakim
avec : Maryse Aubert, Thierry Barèges, Isabelle Cagnat, Etienne Coquereau, Jean-Charles Delaume, Malik Faraoun, Serge Gaborieau, Nigel Hollidge, François Raffenaud et Prunella Rivière.
Durée du spectacle : 2h.10 sans entracte.
Labiche qui bien que né et mort à Paris, nous décrit mieux que quiconque, les moeurs des provinciaux qui ont longtemps économisé dans le but d'aller dépenser leur argent, d'un coup, d'un seul dans la capitale, imitant en cela la démarche des papillons qui viennent se brûler les ailes sur la flamme qui les hypnotise.
Ne venez pas dire que cela ne se fait plus car il en existe encore. J'en connais. Certes, celui que l'on surnomma " l'auteur le plus gai du XIXème siècle " ne brille pas par la finesse psychologique de ses personnages mais par contre, son sens de l'observation compense largement ce léger défaut; ajoutez à cela le rythme enlevé de l'écriture et le caractère inventif des situations. (s'il n'est pas psychanalyste du moins est-il peintre de talent !)
Avant que la petite boite à écran soit inventée, les soirées se passaient souvent à jouer aux cartes. Les hommes se réunissaient alors autour d'une table tandis que les femmes brodaient. Ici, fantaisie d'auteur, l'une d'elles invente d'agréables figures chorégraphiques créant ainsi un spectacle à domicile. Et puis, c'est moins banal qu'un massacre au piano agrémenté d'une voix de crécelle comme cela arrivait parfois. Pas ici car ils chantent tous bien et parfois même à ravir.
Or cette assemblée de petits bourgeois ne mise pas seulement en utilisant des boutons de culottes et peu à peu un petit pécule s'est constitué. Ajoutez à cela une rage de dents que seul le maréchal-ferrant soigne sur place (l'action se déroulant à la Ferté-sous-Jouarre) et vous comprendrez que l'attrait de la capitale soit si grand.
Ils vont donc tous s'embarquer en une folle équipée qui leur vaudra quelques déboires et leur coûtera beaucoup plus qu'il n'était prévu. Nous allons assister à leur apprentissage collectif de la vie.
Le décor est ingénieusement mouvant, costumes et coiffures d'une drôlerie à toute épreuve et les comédiens incarnent avec brio tous ces personnages à un rythme trépidant. (Là où Adel Hakim passe ... ennui et lenteur trépassent)
Le public est ravi de constater que ce répertoire bien traité n'est pas passé de mode. Par conséquent, vous savez ce qu'il vous reste à faire ... Inutile de vous souhaiter une bonne soirée car c'est gagné d'avance !
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
11:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.11.2008
Lettres à l'Humanité de José Pliya
THEATRE du LUCERNAIRE
53, rue Notre Dame des Champs 75006 PARIS
M° N.Dame des Champs
Loc. 01 45 44 57 34
& sur www.lucernaire.fr
Du mardi au samedi à 19h. sauf les 25/XII & 1er/1 -
Jusqu'au : 3 Janvier 2009.
Mise en scène : Sophie Akrich
avec : Paulin Fodouop, Isabelle Fruchart et Jean-Pierre Becker.
Scénograhie et lumières : Erwan Creff.
Afin de créer la parenthèse destinée à désamorcer la gravité du propos, le spectacle commence par une plaisanterie avec cette petite histoire juive qui nous amène à sourire ...
Il s'agira ensuite de lettres, rédigées sous forme de requêtes, écrites par des anonymes dans l'espoir d'obtenir satisfaction.
Un soldat a fait le mur pour se donner du bon temps. Le fait en soi n'est pas très grave mais quand on est militaire ... la faute pèse son poids et là, pour avoir rêvé de liberté, on risque bien de se retrouver " au trou " comme on dit voire être fusillé comme déserteur en temps de guerre.
A part le sexe, il est des lieux où les distractions ne sont pas nombreuses et que ne ferait-on pour se sentir vivre, un peu ?
Trois comédiens, deux hommes et une femme nous évoquent ces parcelles de vie, que nous livrent ces lettres écrites il y a bien longtemps et qui font revivre pour nous ceux qui ont tracé ces lignes ...
Pour évoquer le sort que les événements leur a fait subir, il y a ce témoignage écrit par un tirailleur sénégalais, victime impuissante du colonialisme, ce couple évoqué qui a pour nom Michael et Eva, en ces périodes tourmentées de l' Histoire, celle qui s'inscrit dans la mémoire avec un grand H par respect rétrospectif pour les victimes.
Le tirailleur s'adresse au Maréchal Pétain, le juif d'Ethiopie écrit à Ben Gourion et chaque fois, on comprend que la demande correspond à un ultime espoir, évoqué en toute sincérité avec un maximum de naïveté, celle de ceux qui ont osé lever les yeux en direction de ce qui les domine.
Une blonde aryenne admirative et néanmoins victime, interpelle Hitler au nom de ses enfants dont elle est séparée ... Chaque fois, bien sûr, le " vous " ostentatoire et respectueux est utilisé. Pour mettre en valeur ces témoignages dont les conséquences ne sont pas révolues, la sobriété était de mise.
En fond de scène, côté jardin, un stock de cartons empilés comme des valises dépourvues de poignées car désormais fixés par le temps, évoque symboliquement toutes ces lettres conservées par les familles, que l'on ose à peine toucher mais que l'on conserve jalousement.
Du même côté, sur le mur un écran destiné à recueillir quelques projections afin que l'expression d'un visage s'impose au spectateur par le biais d'un premier plan. N'oublions pas que désormais les faits s'impriment ainsi dans les mémoires.
Une mention spéciale pour Jean-Pierre Becker dont la drôlerie et la richesse d'expression se démultiplient au gré des personnages successifs.
Grâce à lui et à ses partenaires, nous visitons ces temps tourmentés sans indignation ni écoeurement mais non sans réflexion car ils nous ont permis de nous imprégner de ces expériences que d'autres ont vécues et qui doivent nous être profitables ...
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
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