30.10.2008

Noces de sable de Didier van Cauwelaert

Théâtre des Deux Rêves

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5, Passage de Thionville 75019 Paris

(M° Laumière ou Crimée)

Réserv. 01 48 03 49 92

Pl. 16 & 10€

Du mardi au samedi à 21h.30

Jusqu'au : 29 Novembre 2008

Mise en scène : Julien Delbès

avec Emmanuelle Bodin

et Tristan Petitgirard.

 

Certains écrivains ont besoin d'être seuls pour écrire, d'autres puisent leur inspiration dans ce qu'ils voient, ou ce qu'ils vivent. Sylvie appartient à la seconde catégorie et précisément son amant vient de la quitter. Panne sèche. Angoisse de la page blanche. Persuadée qu'elle ne trouvera plus jamais l'inspiration, elle décide d'en finir. Projet de suicide typiquement féminin, elle envisage alors d'avaler une bonne dose de barbituriques dans une boisson bleu azur.
Le téléphone sonne. Pas moyen de se suicider en paix et voilà qu'un postulant jardinier se présente !
Bruno lui, cherche du travail de façon pour le moins dissuasive ... un peu pour meubler le temps libre qu'il a depuis le départ de sa femme.
Rencontre de ces deux âmes en peine ...
Il devient donc urgent pour Sylvie de surseoir à son projet de fuite dans l'au-delà.
Quant à Bruno, faire ça ou autre chose ! ... Finalement, pourquoi pas ?
Ces deux là vont se heurter, jouer les imprévisibles au regard de l'autre ...
Généralement, c'est l'employeur qui décide et bien pour une fois, ce sera l'inverse.
Il va y avoir du dressage de fauve dans l'air et chacun va amener son vis-à-vis à mieux se connaître ... Les deux personnages ne tarderont pas à ressembler à des trapézistes réciproquement tributaires. Avant la rencontre, chacun se croyait au bout du rouleau, ils vont se reconstruire en se regardant.
Les deux comédiens se complètent parfaitement tout en se mettant mutuellement en valeur et nous passons agréablement ce moment avec eux.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

29.10.2008

RICHARD III n'aura pas lieu de Matéi Visniec

CINE 13 THEATRE 1, Avenue Junot 75018 PARIS

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M° Lamarck-Caulaincourt

www.cine13-theatre.com

Loc. 01 42 54 15 12

Pl. 20 & 15€

Du mercredi au samedi à 21h.30

Mat. sam. 17h. dim. 16h.

Jusqu'au 2 novembre 2008

 

Mise en scène : David Sztulman

avec Ludovic Adamcik (le généralissime) - Claire Barrabes (bureaucrate) - Vladimir Baud (comédien) - Natacha Bordas (la mère) - Pauline Beckerich (Anton Tchekov) - Ruben et Samuel Bousbib, en alternance (l'Homme nouveau) - Angélique Deheunynck (Président de la Commission) - André-Xavier Fougerat (Gardien en chef Vikenti) - Joseph Gallet (NKVD) - Nicolas Hanny (Richard III) - Yves Jégo (Meyerhold) - Liina (Tania) - Emmanuel Mazé (NKVD) - Jules Pérez (Le père)

L'Art a le devoir d'être dénonciateur, de bousculer les certitudes, d'éveiller les esprits. Prioritairement, le théâtre est porteur de cette mission implicite et Meyerhold en a payé la conviction de sa vie.
Contrairement à d'autres pièces, Matéï Visniec a fait court cette fois pour le choix du titre et semble vouloir se faire pardonner par un clin d'oeil à Giraudoux.
Qui peut parier en régime totalitaire qu'une pièce pourra être représentée ?
La Russie de Staline et la Chine de Mao en ont fait la terrible expérience pour ne citer que ces deux là ! Le spectacle commence par des applaudissements nourris. Un diable facétieux nous souffle que c'est toujours ça de pris mais quand ce sera terminé nous multiplierons les rappels et pas seulement pour nous faire pardonner cette pensée iconoclaste. C'est que ce théâtre là est plus vivant que tout autre. Aucun dérapage en direction de fausses subtilités cinématographiques, aucun écran, les comédiens sont là et nous offrent généreusement leur présence.
Nous sommes bien au théâtre et ne risquons pas de l'oublier. D'ailleurs, nous sommes venus pour cela, non ? C'est même du théâtre dans le théâtre allant parfois jusqu'au clownesque, où le grotesque est porteur mieux, est devenu un style.
Le généralissime est sa propre caricature et s'en donne à coeur joie, Richard III se prendra pour Jean-Baptiste, tous les comédiens du reste, donneront libre cours à leur fantaisie et leur enthousiasme ne pourra que s'avérer communicatif.
Je ne puis ici en citer aucun car il faudrait tous les complimenter. Cette pièce est exactement faite pour raviver l'enthousiasme du spectateur en ces temps moroses.
On en ressort avec le coeur dilaté de joie.  Du reste en presque quinze ans, cet auteur ne m'a jamais déçue bien au contraire et d'évidence jouer ses textes donne des ailes aux comédiens. Par voie de conséquence et puisqu'il en est encore temps, courez-y !


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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27.10.2008

Le Pacte, création de Caroline Gaudfrin

THEATRE CLAVEL 3 rue Clavel 75019 PARIS

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Métro : Pyrénées. Loc. 01 42 38 22 58

Pl. 18 & 12€

Mardi et Mercredi à 21h.30

Jusqu'au : 17 décembre 2008.

Pièce librement inspirée de Dark of the Moon

de Howard Richardson

& William Berney.

 

Ecriture et mise en scène : Caroline Gaudfrin

avec Robert Aburbe, Clotilde Albert, Sarah Boinaud, Guillaume Carrier, Eléa Lienne, Marie-Laure Girard, Jean-Marie Godonier, Yves Rocamora, Anne-Claire Veysse et en alternance, Magali d'Authier, Camille Favre-Bulle, Audrey Goulay, Géraldine Brandao, Xavier Irigoin, Stéphanie Zwicky.


Nuit étoilée hantée seulement par le vent ...
Brusquement une statue s'anime, un personnage bizarre surgit, apparemment mi-homme, mi-oiseau. Nous ne tarderons pas à apprendre qu'il (ou elle) descend d'un busard et d'une harpie et naïf avec cela ! Romantique en diable ... Le drôle est tombé amoureux et ne supporte plus son état actuel. Il veut changer, partir pour retrouver celle qu'il aime. Aussi sollicite t-il le vénérable enchanteur des lieux. Vous l'avez compris, nous venons de mettre le pied en territoire fantastique.
Or la pièce étant programmée à 21h.30, cela ne peut être un simple spectacle pour enfants. Elle s'adresse donc aux grands enfants que nous sommes ... mieux ! que nous voulons rester.
En réalité, nous sommes dans le Midwest des Etats Unis en l'an de grâce (ou de disgrâce, on ne sait pas encore ...) 1900.
Après avoir contracté un pacte avec ces créatures bizarres que nous venons de découvrir, John descend au village afin d'y retrouver celle qu'il aime ... Les médisances font rage dans la communauté et Barbara n'a pas très bonne réputation. Il paraît même qu'elle est enceinte ? La fille est jolie, plaît à beaucoup mais aucun n'en veut pour femme. Sauf ... John, précisément. Lui qui vient d'on ne sait où ? Mais je ne vais certes pas continuer à vous raconter l'histoire d'autant qu'elle recèle quelques imprévus. Sachez seulement, de vous à moi que John est une sorcière ... qui l'aurait cru ?
D'évidence, l'esprit de troupe les anime tous. Certains jouent plusieurs personnages puisqu'ils sont 11 (quand même ! ) pour interpréter 15 personnages.
Derrière ce conte à dormir debout, se cache (à peine) une critique acerbe de la société et une ironie vaguement anti-cléricale. Le comédien qui interprète le rôle du Révérend Haeggler fait preuve d'une présence indéniable. Il en est de même pour Robert Aburbe qui est Monsieur Allen, ce malheureux père d'autant plus dépassé par les évêments qu'il voit venir la catastrophe.
L'adaptatrice, metteur en scène (Caroline Gaudfrin) est Barbara. On comprend aisément que John (Guillaume Carrier ou Xavier Irigoin) et Marvin (Jean-Marie Godonier) se la disputent. Vous aimeriez savoir comment tout cela finit ? Pour cela, c'est simple, prenez le chemin qui mène au Clavel, je vous promets que vous ne vous y ennuierez pas.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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21.10.2008

L'intrépide Bruno Bisaro

SENTIER des HALLES 50, rue d'Aboukir 75002 PARIS

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(M° Sentier) - Loc. 01 42 61 89 96

Concert exceptionnel du : 18 octobre 2008 à 20h.

Si vous voulez rester " branchés " sur le plan musical, le lieu est incontournable et cela depuis une bonne vingtaine d'années.

 

 

 

Samedi dernier en concert exceptionnel,  un jeune auteur-compositeur-interprète s'y produisait face à un public essentiellement trentenaire participant à ce show avec enthousiasme.
Seul en scène avec sa guitare et son harmonica, Bruno Bisaro nous présentait son répertoire.  Chansons nouvelles et quelques autres que l'auditoire attendait avec impatience ...

Une écriture alimentée par le vécu, les émotions mais aussi quelques hommages rendus, comme celui destiné à Serge (au fait, c'était Gainsbourg ou Gainsbarre ?) avec la participation involontaire de Jane dont l'imitation nous fit bien rire.

Quelques textes dits tout simplement car le chanteur est également comédien et cette épreuve que représente toujours une chanson a capella avec on le devinait, la peur au ventre mais on sait que seuls les artistes de talent connaissent le trac, alors ! ...
Entre autres thèmes, l'intrépide Bruno Bisaro nous raconte la rue, celle où une vieille pute immobile, attend le client, celle d'une balade dans le Marais avec les enfants de l'aube.
Quand il n'arbore pas ce doux sourire, parfois, tendu comme un arc, l'interprète martèle les mots debout face à son public, ceux et celles qui sont venus tout spécialement pour lui et vont attendre la prochaine fois avec impatience.

Au fait, c'est quand la prochaine ? ...

Simone Alexandre.
www.theatrauteurs.com

N.B. vidéo récupérable sur YouTube ...

 

20.10.2008

Un auteur, deux pièces : Gustave Akakpo

THEATRE - TOGO du 7 Octobre au 1er Novembre 2008

Du mardi au samedi, spectacles en alternance à 14h.30, 16h, 20h ou 22h.

(se reporter au calendrier sur www.letarmac.fr

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J'ai vu Habbat Alep avant A petites pierres aussi vais-je suivre cet ordre chronologique.

Pour le premier, il s'agit d'un road-movie, où les comédiens commenceront par nous présenter leurs personnages en une sorte de mise en lumière préalable des discalies.
Un jeune écrivain (métis nous dit-on) vient en ces lieux afin d'effectuer des recherches destinées à sauvegarder une langue déclarée morte.
Après les formalités d'usages et quelques péripéties, il retrouvera sa cousine secrètement enceinte, dont le père manigance l'union afin de préserver l'honneur de la famille. Pour cela, il convient de les laisser seuls, tant pis si celui qui se présente est " maigre et sans religion " ! Elle va donc l'accompagner dans ses recherches et lui, trouvera ce qu'il n'avait pas prévu ...
Gustave Akakpo nous narre cette histoire au moyen d'un langage imagé, et les interprètes s'activent à nous montrer l'invisible, le décor étant constitué de paravents noirs dont la mise en espace variera au gré des déplacements de tous ces personnages beaucoup plus nombreux qu'il n'y paraît.
C'est en quelque sorte un conte philosophique que Voltaire s'il avait vécu à notre époque, n'aurait sans doute pas renié.

Atmosphère tout autre pour A petites pierres ...
L'idée de départ ayant déclenché l'écriture de cette pièce fut cette lapidation prévue au Nigéria qui en avait bouleversé plus d'un, mobilisant les internautes en vue d'une pétition.
Afin de déterminer le lieu où l'action va se dérouler, un cercle sera symboliquement tracé autour de la jeune comédienne puis tous s'enduiront le visage de blanc afin de créer la distanciation voulue.
Un père s'apprête à destiner sa fille à un homme de son choix, tout est arrangé d'avance avec l'autre géniteur. Seulement, un galant va passer par là, auréolé du prestige d'avoir vécu en Occident et la demoiselle va succomber, ce qui en fonction des lois du pays, la condamne à être lapidée.
Ce drame sera évoqué par le biais d'une comédie moliéresque, l'insupportable ne l'étant plus, véhiculé par le biais d'une joyeuse farce où les quiproquos feront notre bonheur au gré d'un travestissement inattendu.
Les comédiens s'en donnent à coeur joie et par voie de conséquences, le public aussi. On ne mesure à quel point ces deux pièces sont complémentaires qu'après en avoir fait l'expérience, ce dont vous ne vous priverez pas, j'espère.
Cette double programmation perdure jusqu'au 1er novembre.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

" A petites pierres " mise en scène : Thomas Matalou avec Christophe Garcia, Ludovic Lamaux, Mariana Lézin, Franck Micque, Caroline Stella, Paul Tilmont.

" Habbat Alep " mise en scène : Balazs Gera, avec François Clavier, Valérie de Dietrich, Guillaume Gilliet, Christophe Vandevelde

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14.10.2008

Scènes de la vie conjugale d'Ingmar Bergman

Théâtre MOUFFETARD

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73, rue Mouffetard 75005 PARIS

Réserv. 01 43 31 11 99

Pl. 22 & 15€

Du mercredi au vendredi à 20h.30

Samedi à 17 & 21h.

Dimanche à 15h.

Jusqu'au : 26 octobre 2008.

Traduction : Jacques FIESCHI

Mise en scène : Michel KACENELENBOGEN

 

avec : Muriel JACOBS et Alain LEEMPOEL.


Aïe ! ça commence avec des vidéos, quelle manie ils ont tous ... Il est vrai que les comédiens sont hyper-photogéniques et que nous nous prenons vite à leur jeu car quelque chose nous dit que bien entendu, ils mentent. Ce couple parfait qu'ils nous présentent n'existe pas surtout après 13 ans de mariage ... Malheur !
Nous allons les récupérer " en vrai " pénétrer dans leur home, sweet home et constater que peut-être, ils ne font que se jouer la comédie du grand amour ?
Ah ! la famille ... et les obligations de fin de semaine. Tout le monde connaît, a connu ou connaîtra. Ces deux là ont déjà deux filles et s'il arrivait un troisième enfant ? Madame interroge son époux trois mois plus tard. Bizarre qu'il n'ait rien remarqué ! C'est que peut-être, Monsieur a la tête ailleurs ? ... Nous n'allons pas tarder à le savoir.
Muriel Jacobs est Marianne et nous la suivrons tout au long de ses états d'âme (nombreux) C'est à la fois une femme accommodante (quand il convient) - rebelle (quand il le faut) et désespérément amoureuse ce qu'elle parvient parfois à surmonter.
Alain Leempoel (Johan) est le mari idéal. Beau, intelligent, subtil et volage comme tous les hommes. Que vont devenir ces deux là ?
Ingmar Bergman est comme chacun sait le maître à penser de tous les coupeurs de cheveux en quatre (voire plus, si affinités) pourtant, ce qu'il nous montre ici pourrait être d''une banalité consternante s'il n'abordait le sujet avec son talent habituel. Beaucoup de spectateurs dans la salle risquent de se reconnaître alors si vous voulez parfaire votre éducation ou tout simplement vous sentir moins seul, allez voir cette pièce, je vous promets que vous ne serez pas déçus.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

Alouette de Dezsö Kosztolànyi

Théâtre Daniel-Sorano

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16, rue Charles Pathé à VINCENNES (94)

(M° Château de Vincennes)

01 43 74 73 74

www.espacesorano.com

jeudi, vendredi, samedi à 20h.45

jusqu'au : 25 octobre 2008.

Traduction : Maurice Regnaut & Péter Adam (Ed. Viviane Hamy)

Adaptation et interprétation : Danièle Douet

accompagnée de Alphonse Cemin au piano.

Mise en scène : Sylvia Folgoas.

 

Adapter un roman ou une nouvelle pour le théâtre n'est pas tâche aisée, surtout par le biais d'un monologue.

Pourtant c'est dans l'air du temps, comme on dit.
Afin d' évoquer cette histoire qui se déroula à une autre époque, la scénographie se veut sobre et classique. Un paravent, un fauteuil, une lampe posée sur un petit meuble et côté jardin, un immense piano à queue sur lequel un blond pianiste se chargera des intermèdes, avec beaucoup de talent. Il revient donc à la comédienne-adaptatrice de nous faire voir ce qu'elle évoque ...
Elégante silhouette, jeune femme brune qui nous conte l'histoire de son absolu contraire, celle d'un personnage féminin disgracieux qui de surcroit s'alourdira à l'issue d'un voyage. Cette Alouette (aussi peu tchekhovienne que possible), était ce que l'on nommait à l'époque une vieille fille, une laissée pour compte dont les parents désespèrent de la voir casée un jour.
Un voyage semble devoir un temps, bouleverser l'équilibre de cette famille.
Alouette part donc et son père, (lui, surtout !) va durant son absence mener une vie de patachon.  Et oui, il en est parfois ainsi lorsque quelqu'un de proche s'éloigne et que l'on veut se donner l'impression que l'on est complètement libre. Ce genre de réaction survient à tout âge. Comme ce n'était qu'une parenthèse, Alouette va revenir et la vie reprendra son cours. Afin d'amener le public à s'intéresser à cette histoire qui lui est complètement étrangère, la comédienne quittera parfois l'espace scénique viendra planter son regard dans les yeux de spectateurs du premier rang, la lumière inondera alors la salle, sa complice metteur en scène Sylvia Folgoas ayant tout prévu. Bien que ne la connaissant pas, il m'a semblé que la comédienne était sur scène exactement comme elle est dans la vie. Il y a comme chacun sait deux façons de procéder, la première consiste à s'immerger dans le texte et creuser profond ce dernier, ( ne l'avait-elle pas déjà fait par le biais de l'écriture ? ...) la seconde à ramener le texte à soi. Les deux méthodes ont leurs partisans, seul compte le résultat qui n'est finalement que la conséquence de la façon dont on perçoit les choses ...

Je me garderai donc de vous influencer en un sens ou un autre, vous laissant le soin de vous forger sur place votre propre opinion.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

08.10.2008

" SUZANNE TAKES YOU DOWN "

Flash-Back Poétique 39-45

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Du 14 au 18 octobre 2008

LAVOIR MODERNE PARISIEN
35, rue Léon 75018 Paris

Métro : Château rouge
Loc. 01 42 52 09 14
resa@rueleon.net

Tarif plein : 15€ - T.R. 10€ abonnés : 5€

Mardi et vendredi à 21h.
Jeudi et samedi à 19h.


en première partie de BIG SHOOT de Koffi Kwahulé avec Denis LAVANT

de et par : Nadège PRUGNARD

Accompagnement artistique : Bruno BOUSSAGOL.

" Suzanne, nom de code " Takes you down " Actrice fusillée sur scène le 16 novembre 1943 à Vichy, hante le théâtre pour dire son histoire, pour redire l'endroit de sa propre mort et à travers elle convoquer cette période noire qu'à été la guerre de 39-45."

07.10.2008

Une valise à la mer de Marc Delaruelle

Espace La Comédia

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Salle des Pavés, 6 Impasse Lamier (angle 8, rue Mont Louis)

75011 PARIS (M° Philippe Auguste)

Loc. 01 43 67 20 47 ou resa@la-comedia.com

Tarifs : 15 & 12€

Texte et mise en scène,

Marc Delaruelle

Décor et costumes : Geneviève Dudret.

avec : Claude Mailhon et Patrice Ricci.

Tous les vendredi et samedi à 21h. Dimanche à 17h.

Nous sommes à l'approche de l'aube, ce moment quotidien de renaissance, celui aussi où nous dit la légende, la petite chèvre de Mr Seguin après avoir tant lutté, rendit l'âme, l'heure à laquelle bien souvent, les vieillards replient bagage ... Un homme juché sur ce que nous imaginons être un rocher, regarde l'eau en bas.
Survient une femme, une valise à la main, coiffée d'un ridicule petit chapeau surmonté d'une voilette blanche, posée là en un geste symbolique, serrée dans un tailleur aux dimensions de sa vie, elle découvre brusquement l'homme, comme un obstacle posé au travers de son chemin. Lui a tout perdu " au jeu " dira t-il, et elle - cherche désespérément à se débarrasser de souvenirs encombrants - symbolisés, personnifiés par ce chat mort dont la valise est le cercueil. Elle aurait pu le faire incinérer certes, mais la démarche était impossible, au dessus de ses forces alors elle vient là, depuis quelques nuits et repousse chaque fois l'instant fatal.
" C'est mort que l'amour est un poids " et décidément celui là est trop lourd pour s'envoler aussi brusquement.
Présentée ainsi la pièce pourrait ressembler à un drame alors que sa forme est tout autre. C'est dirons nous, un conte pour adultes. Ces deux là vont se mesurer, croiser le fer ensemble, jouer au jeu de la séduction.

Flatteuse, elle constatera,
-  " vous miaulez comme un chat parle " ...

Et tenez, précisément, nous le verrons ce grand matou ou plutôt son âme qui continue à rôder autour du couple puisque décidément on peine à l'expédier au Paradis des chats ...
Claude Mailhon va se transformer sous nos yeux au gré de l'évolution de son personnage. La dame un peu surannée du début va peu à peu faire preuve d'autorité puis rajeunissant en recouvrant l'espoir, devenir séductrice.
La comédienne nous fait bénéficier de toute la palette de ses expressions par une succession de situations en décrochage.
L'excellent Patrice Ricci est tour à tour désabusé, violent, rusé comme un félin bien sûr et séducteur au point de remplacer (et plus car affinités) le compagnon disparu.
Il était une fois, un chat qui après sa mort se transforma en homme. Vous n'y croyez pas ? ... Il suffira que vous entendiez le texte de Marc Delaruelle pour être convaincus. Brillantes, poétiques et rapides, ses répliques font tendrement mouche, "apprivoise-moi " disait le renard, cette fois, c'est le chat réincarné qui est vainqueur. Quel beau conte de fées !


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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03.10.2008

" La Véranda " de Cyril GELY et Eric ROUQUETTE

Théâtre La Bruyère

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5, rue La Bruyère 75009 PARIS

(M° St-Georges)

Loc. 01 48 74 76 99

Pl. 36 / 28 / 21 euros

Du mardi au samedi à 21h.

Mat. samedi à 17h.30

& dimanche à 15h.

Mise en scène de Francis PERRIN

avec Isabelle de BOTTON,

Marc FAYET, Gérard LOUSSINE,

Marie PITON et Lisa SCHUSTER.

 

Le thème du voisinage en a inspiré plus d'un, Gérald Aubert, Jean Larriagua, pour ne citer personne ... Cette fois, Cyril Gely et Eric Rouquette se sont penchés sur le problème avec sans nul doute une part de vécu personnel ou de visu, ce qui revient pratiquement au même, certains accents ne trompant pas.
La pièce commence par un farniente traversé de survols vibrionnants émanant d'un insecte du genre bourdon, si l'on en juge par le témoignage sonore ...
Faut-il préciser que Gilles est un adepte notoire du transat ? Sa sieste sera de nouveau perturbée par Gisèle, joyeuse commère dont la langue bien pendue ne dédaigne pas de se revigorer en explorant bouteilles ou verres qui lui tombent incidemment sous la main.
A part ce léger vice, la dame ne se fait pas prier pour aider son prochain ce qui lui permet de garder un oeil sur la vie des uns et des autres ...
Arrivée d'Isabelle, épouse de notre " athlète du transat " enceinte jusqu'aux yeux et les commentaires iront bon train du fait de l'arrivée (programmée) d'un couple mitoyen c'est du moins ainsi que la situation sera perçue par l'un des deux ménages.
D'une condition sociale complètement différente, Bruno arbore un look de parisien aisé,  un snobisme aussi élégant que discret, partagé par son épouse, grand reporter télévisuel en dépendance téléphonique absolue, la dame ne quittant jamais son portable : profession oblige !
On ne fait pas plus dissemblable que ces deux couples là et par conséquent, les suites s'avéreront inéluctables. N'importe, pour autant prévisibles qu'elles soient, les péripéties mettent le spectateur en joie grâce à l'illusoire raisonnement qui veut que " cela n'arrive qu'aux autres." ...
Promiscuité aidant les deux couples ne tarderont pas à se gratifier de charmants noms d'oiseaux, ils en viendront même aux mains en dépit d'une haie censée freiner leurs ardeurs belliqueuses. Les personnages vont donc se déchirer allègrement puis la pièce aura une brusque conclusion qui nous laissera un peu pantois. Certes, mieux vaut un spectateur sur sa faim que risquer de le lasser mais là, on aurait souhaité un petit supplément. A force de les voir vivre, on commençait à s'attacher à eux, sans doute ? ...


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

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