26.06.2008
ASIE ... Dépression urbaine -
Galerie du Lucernaire
53, rue Notre Dame des Champs
75006 PARIS
Entrée libre du mardi au vendredi de 10h. à 22h.
Samedi et dimanche de 14h. à 22h.
Photographies de Matthieu CASIMIRI.
Exposition du 9 juin au 13 juillet 2008
Matthieu Casimiri a capté pour nous ces scènes de vie quotidienne bien éloignées de l'image résolument épique que l'Europe se fait du Japon. L' urbanisme s'est emparé du paysage et des âmes devenues prisonnières du matérialisme actuel.
Ces femmes que l'on croise dans les rues de Tokyo se situent à des années lumière de ces geishas au doux sourire ... téléphone portable d'une main, parapluie dans l'autre, quelle différence y a t-il avec une femme européenne ?
Pourtant, le regard de l'artiste sait capter le moindre détail porteur d'émotion.
Un premier plan de visage où le regard embué de larmes reflète ce que le modèle perçoit. Cette ambiguïté physique qu'arborent certains japonais dont la finesse de traits suffit à expliquer l'existence des antiques onagatas prouvant que l'ancienne subtilité n'est pas morte mais seulement captive d'une époque où l'on nivelle sans doute en vain, les apparences. Chacune de ces photos déclenche une multitude de questions, la rage aussi de voir ce milieu urbain esclave de la mondialisation.
Yukio Mishima essaya à sa façon de s'opposer à la moderne dérive car sans vouloir cultiver exclusivement les valeurs du passé, la nostalgie des anciennes demeures et des jardins féeriques vient compléter notre contemplation.
Simone Alexandre.
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25.06.2008
L'affaire de la rue de Lourcine de Eugène Labiche
LUCERNAIRE (Théâtre Noir)
53, rue Notre-Dame-des-Champs
75006 PARIS
Loc. 01 45 44 57 34
Pl. 20€ - TR.15€ - Enfants : 10€
www.lucernaire.fr
Du mardi au samedi à 18h.30
avec Olivier Broda, Louise Jolly, Cédric Joulie, Anne-Laure Pons, Eve Weiss.
15:24 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Comment lui dire adieu de Cécile Slanka
LUCERNAIRE ( Théâtre Noir)
53, rue Notre-Dame-des-Champs
75006 PARIS
Loc. 01 45 44 57 34
Pl. 30€ - TR. 15€ - enfant : 10€
www.lucernaire.fr
Du mardi au samedi à 21h.30
Texte paru aux Editions Liana Levi
Mise en scène : Marie-Julie De Coligny
avec Olivier Broda et Anne-Laure Pons.
Si vous avez l'intention de rompre (ce sont des choses qui arrivent ...) que vous soyez un homme ou une femme, inutile de vous camper face à votre glace afin de répéter les divers cas de figure qui se présentent à vous.
Courez vite au Lucernaire, vous pourrez ensuite choisir au milieu d'un flot d'échappatoires toutes plus diverses que variées.
Monsieur rentre du boulot et baille de façon explicite. Il s'assied et ouvre son journal. Symboliquement, Madame ceint son tablier. Plutôt que partager ensuite et chaque soir, la soupe à la grimace, ne vaut-il pas mieux se dire adieu ?
Les divers modes d'opération seront ensuite égrenés. Plus durable que la tirade des nez mais non moins humoristique, les mille et une façons de rompre vont être conjuguées (à deux voix) Dureté, férocité même, finesse, humour tout ce qui constitue les possibilités de rupture sont ici déclinées.
Visiblement, les deux comédiens s'en donnent à coeur joie et si bien sûr la formule s'avère à la longue un peu répétitive certains pourront en revanche " faire leur marché " parmi toutes ces possibilités offertes.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
14:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.06.2008
CONSERVATOIRE NATIONAL SUPERIEUR D'ART DRAMATIQUE
Les journées de juin du Conservatoire ...
2ème année : Classe de YANN-JOE-COLLIN
LE CONTE D'HIVER de Shakespeare.
dimanche 15 juin à 18h. et lundi 16 juin à 20h.
La mise en scène investit tout le lieu, scène et salle au moyen de multiples déplacements ce qui n'est pas pour déplaire à de jeunes acteurs qui ont un besoin quasi viscéral de bouger. Yann-Joël Collin a recours au travesti et c'est ainsi que Camillo sera joué par une comédienne affublée d'une immense moustache que le roi de Sicile lui arrachera délibérément dans le feu de l'action.
Comme chacun sait, ce qui différencie Shakespeare de tous, c'est la constante cohabitation du tragique et du comique or ici, la comédie vire à la farce et ce jusqu'au clownesque. Il suffit pour cela d'un accessoire complètement anachronique tel le port d'une fraise sur une salopette ou (autre travesti) Mamillius venant (elle-même) annoncer sa mort, affublée de lunettes. Le climat fleure bon la plaisanterie de potaches.
Bien entendu, nous aurons droit à ces sempiternelles projections devenues un quasi obligatoire prolongement au spectacle théâtral et là aussi, sur le mode burlesque.
Trois heures trente (avec entracte) d'enthousiasme débridé qui ont bigrement dépoussiéré la pièce, grâce à la traduction de ... (de qui, au fait ?) ...
S.A.
... aux dernières nouvelles, cette " étonnante et agréable modernité " était signée : Bernard-Marie Koltès.
Tout s'explique !
Mathilde Bisson, Mathieu Sampeur, Sara Llorca, Lionel Dray, Sofia Teillet, Camille Pélicier-Brouet, Ghassane El Hakim, Frédéric Noaille, Pierre-François Garel, Carole Guittat, Julien Allouf.
Elèves de 2ème année,
Classe de NADA STRANCAR
RODOGUNE de Corneille
lundi 16 juin à 15h. - mardi 17 à 19h.30
mercredi 18 à 15 heures. Salle Jouvet -
Apparemment, Ionesco s'est invité chez Corneille ...
Comme pendant un cours, les apprentis-comédiens font tapisserie en attendant que vienne leur tour. Une même scène pourra ainsi se répéter, jouée par des interprètes différents. Peu importe le sexe ! Séleucus et Antiochus auront successivement des voix de filles ou de garçons mais en viendront toujours aux mains. Laonice pourra se transformer en Rodogune et nous bénéficierons de plusieurs Cléopatre ... Exactement comme au cours, on vous dit ! Ceux qui pensaient assister à la pièce de bout en bout seront certes un peu déçus par contre aucun comédien ne risque d'être frustré. C'est sans doute l'essentiel.
Cette superbe tragédienne qu'est Nada Strancar nous présente ici des comédiens jouant la tragédie ou essayant du moins car il n'est pas facile de se mettre en condition avec pour accessoires de vulgaires chaises (censées meubler une salle du trône) lesquelles de surcroît volent allègrement.
-" J'étais lasse d'un trône " celui-là effectivement s'avère un peu léger.
Le parti-pris de costumes est smocking et pull noir, là aussi, quelque soit le sexe. J'eus la nostalgie du drapé antique excluant les mains dans les poches ... On n'est pas chez Carco, tout de même !
Cléopatre ayant besoin d'une cigarette pour entamer son monologue ... ce sont là des moeurs de café-théâtre et le noble-art n'en sort pas grandi.
Dommage car si l'on excepte quelques éclats de voix non nourris, la violence s'estimant par tout ce que l'on retient pour alimenter l'expression, certains interprètes sont prometteurs. Il n'eut par conséquent suffi que d'une éthique plus rigoureuse car si l'esprit du texte est respecté, les attitudes sont en décalage mais sans doute vais-je me faire traiter d'antique puriste ce qui en matière de tragédie ne saurait être un défaut.
S.A.
Elèves de 2ème année
Classe de Didier Sandre
AVANT/APRES de Schimmelpfennig
Lundi 16 juin à 19h.30 - mardi 17 à 15h.
& mercredi 18 juin à 19h.30 - Salle Jouvet
De façon tout à fait prévisible, nos douze comédiens étaient mille fois plus à l'aise sur un texte contemporain que coinçés par le carcan des obligatoires douze pieds cornéliens. Or, si le Conservatoire n'est pas le lieu où l'on célèbre fidèlement les classiques où faudra t' il aller sinon dans cette antichambre du Théâtre Français ?
La théorie de mon Maître Gautier-Sylla était : " on naît tragédien, on ne le devient pas " dois-je enchaîner en parodiant Guitry pour ajouter : " mon père (spirituel) avait raison ? ...
Cette fois, les projections se justifiaient puisqu'elles avaient le mérite de situer les divers lieux où les multiples actions se déroulaient et au meilleur de leur forme, tous étaient heureux de s'exprimer par le biais d'un texte, proche d'eux.
Roland Schimmelpfennig n'est pas encore connu en France et ce jeu collectif avait par conséquent, tous les attraits d'une création.
Ces scènes de la vie ordinaire se voulaient évocatrices avec pour fil conducteur les didascalies, le rythme était rapide et tout coulait comme eau de source.
Chaque déplacement se justifiait naturellement et Didier Sandre fit ici de l'excellent travail puisque la symbiose s'est révélée parfaite.
S.A.
Rappelons le nom des douze participants de seconde année,
Benjamin Abitan, Aymeline Alix, Mélissa Barbaud, Camille Cobbi, Nikita Huzouski, Kevin Lelannier, Vincent Menjou-Cortès, Antonin Meyer Esquerré, Pauline Ribat, Elena Roussina, Julie Roux et Lise Werkmeister.
Bonne continuation à tous !
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
12:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.06.2008
TAIS-TOI ET PARLE-MOI de David Thomas
MANUFACTURE DES ABBESSES
7, rue Véron 75018 PARIS
(M° Blanche)
Loc. 01 42 33 42 03
Pl. 24€ TR.13€
Jeudi, vendredi, samedi à 21h.
(sauf le 19 juin)
Jusqu'au : 26 juillet 2008

Mise en scène : Hocine Choutry.
avec Barbara Beretta, Marc Bouttiau, Sandra Valentin, Raphaël Cohen, Olga Sokolow, Catherine Lenne, Jean-Paul Sermadiras
Cas de figures ... D'emblée, le spectateur s'amuse.
- Une femme aborde un homme en lui disant : " Parlez-moi " ... (de façon névrotique) mais comment parler quand on ne vous écoute pas ? La dame insiste et l'homme timide, panique.
- Tiens, il n'y a pas que les mâles qui ont des liaisons extra-conjugales tout en refusant de compromettre leur ménage !
- Un monsieur après quelques années de mariage a perdu sa libido, vous ne l'auriez pas retrouvée ? ...
- Parfois, l'époux et l'amant peuvent aisément communiquer.
- " Et maintenant, aux fesses " ! comme dirait le poète.
- Est-ce que vous avez pensé aux problèmes du lendemain ?
- Comme chacun sait, " la solitude on s'y habitue mais on ne s'y résout pas "
- Qu'il est difficile de se chamailler quand on n'en a pas l'habitude ...
Voilà résumées quelques situations présentées par ces différents couples.
Le langage a ici une importance primordiale puisque ce que l'on dit n'est pas toujours en rapport avec la situation et que beaucoup se taisent quand ils parlent.
Or le silence n'est-il pas la plus sûre façon de s'exprimer ? Les complications arrivent bien assez vite ensuite !
Sept comédiens vont illustrer tout cela avec pour support au langage une mise en scène ludique, inventive au rythme constant.
Une mention spéciale pour le couple formé par Sandra Valentin et Raphaël Cohen, ils sont jeunes, ils sont beaux et talentueux en diable ce qui ne saurait pour autant faire de l'ombre aux autres partenaires.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
11:01 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Sacré nom de Dieu ! de Arnaud Bedouet
THEATRE de la GAITE MONTPARNASSE
26, rue de la Gaité
75014 PARIS
(M° Gaité)
Loc. 01 43 22 16 18
Pl. 35/28/20€
du mardi au samedi à 21h.30
matinée le dimanche à 18h.

Mise en scène : Loic Corbery (de la Comédie Française)
avec Jacques WEBER et Magali Rosenzweig.
(Texte librement inspiré de la correspondance de Gustave Flaubert)
Le spectateur va - un temps - se poser des questions quant au délabrement de l'espace scénique avant de réaliser que ce qui nous est montré est en fait le lieu où se situe l'action.
D'évidence, la demeure normande prend l'eau et précisément, l'orage bat son plein. Comme un malheur n'arrive jamais seul, Gustave lit la lettre de rupture que Louise Colet vient de lui adresser.
Côté jardin, un impressionnant amoncellement de lettres froissées évoque la correspondance passionnée que Flaubert et la poétesse échangèrent durant dix longues années.
Jacques Wéber prête à l'auteur sa silhouette massive et sa redoutable puissance d'expression.
Nous sommes bien loin ici de l'image que l'on a tendance à projeter sur celui qui ciselait minutieusement son expression écrite. L'homme auquel nous sommes confrontés a la truculence rabelaisienne, le verbe haut en couleurs et le sang chaud. Comme celle qui vient de l'abandonner a coutume de jongler avec la rime cette forme d'expression n'aura pas grâce à ses yeux mais quel auteur pourrait se targuer d'un quelconque avantage vis à vis d'un concurrent ! L'enjeu est de taille, ne s'agit il pas de passer à la postérité ? L'écrivain s'en défend, raillant l' Académie qu'il juge indigne de lui, bien sûr ... Il jure comme un beau diable et semble vouloir couvrir l'orage de ses imprécations.
Magali Rosenzweig incarne fort efficacement Marie, dont les interventions sont censées calmer le grand homme. On ne s'oppose pas à un ouragan mais sa présence constante s'avérera quand même modératrice ...
Arnaud Bédouet s'est inspiré de la correspondance de Gustave Flaubert pour écrire ce texte et il s'agit ici d'une seconde version puisque dans la précédente Jacques Wéber était seul en scène mais seul ou accompagné son nom suffit à attirer les foules.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
10:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.06.2008
TONTON LEON Story de Serge SEROUT
THEATRE des MATHURINS
36, rue des Mathurins
75008 PARIS
(M° Havre-Caumartin)
Loc. 01 42 65 90 00
Pl. 35/27/20€
www.theatremm.com
Du mercredi au samedi à 21h.
Matinée le samedi à 16h.30

Mise en scène : Daniel COLAS
avec Cécilia CARA et Didier BRICE
Arrangements musicaux : Aldo FRANK
Où finit l'enfance ? L'âge adulte existe t' il vraiment ? ...
Tonton Léon est un vieil enfant marqué par la vie qui collectionne les poupées comme autant de rêves envolés en un évident phénomène de compensation.
Cette pièce peut se lire à différents niveaux mais son onirisme nous entraîne au delà des mots, au delà des situations.
Les hommes recherchent souvent des poupées qui n'ont rien dans la tête histoire de se rassurer, croyant ainsi fuir les problèmes et quand a contrario, ceux-ci se multiplient c'est alors que s'additionnent les verres d'alcool ...
Léon dans sa jeunesse fit une rencontre et crut vivre une belle histoire d'amour seulement voilà, comme il le dit : " Tata Anita était une belle peau de vache " !
(C'est du moins le souvenir qu'il en a conservé.) Maintenant, il est seul et tente de réinventer sa vie.
Quand il rentre du travail Amélie est là, campée dans ses plus beaux atours et chante à ravir pour l'homme fatigué qui connaît de si belles histoires et puis d'autres aussi, pas spécialement faites pour les petites filles mais notre poupée grandeur nature peut décidément tout entendre. D'ailleurs ses questions sont si insidieuses qu'il est impossible de s'y dérober.
Alors le dialogue s'exprime tout au long de la nuit car ce petit bout de femme a l'opiniâtreté résolument féminine, la curiosité des enfants et la rouerie de celle qui grandit en voulant savoir encore et encore ...
Ce duo fait merveille : Didier Brice joue les funambules avec une vertigineuse maestria tandis que la facétieuse Cécilia Cara nous enchante de sa voix cristalline.
L'un l'autre se mettent en valeur en un contraste efficace.
Serge Serout nous a raconté une effroyable histoire qui par la magie du théâtre est devenue conte de fées. Nous sortons de ce spectacle à regrêt, la tête incroyablement pleine de rêves, ravis et prêts à renouveler l'expérience le plus vite possible. On voit parfois un film plusieurs fois de suite, au théâtre, c'est plus rare mais cette pièce risque fort d'être l'exception qui confirme la règle.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
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