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26/05/2008

LE PASSE ROMPU de Charlotte-Rita Pichon

THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du Fbg Montmartre

75009 PARIS

(M° Grands Boulevards)

Réserv. 01 47 70 32 75

Places : 20 & 13€ 

Représentations à venir : Mardi 27 Mai à 19h.

Dimanche 8 Juin à 17h. 

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                                                          - photo : André Navaud - 

Mise en scène de l'auteur.

avec Anne Lyse Boussy, Marie Daude, Franz Debrebant,

Kat Lampito, Isabelle Voge. 

 

" L'ancien temps ne veut pas cesser d'être "
                                      Victor Hugo



Charlotte-Rita Pichon aurait-elle la nostalgie du temps passé ? Elle seule pourrait le dire ... En tous cas, il est évident qu'elle s'est littéralement immergée dans cette époque remuante qui caractérisa le début du 20ème siècle.
Nous sommes en 1906 et une civilisation est sur le point de changer de visage. Certes, les habitants des divers pays d'Europe ont conservé l'esprit du 19ème siècle mais chacun aspire à aborder dans les meilleures conditions possibles cette ère nouvelle soit en préservant ses droits soit en voulant en acquérir de nouveaux.
La pièce commence par un dialogue entre deux soeurs ...
L'aînée a hérité des dispositions artistiques paternelles, fille de peintre elle s'adonne à la sculpture ce qui à l'époque était faire preuve d'une belle indépendance. Voyez Camille Claudel ... mais n'est-ce pas en 1906 que les femmes obtinrent le droit de vote en Finlande ? Cette même année, le capitaine Dreyfus fut réhabilité, bref tout bougeait, de toute évidence.
Parallèlement, en Russie la noblesse tsariste n'avait pas encore réalisé qu'elle ne faisait que subsister dans l'attente imminente du chaos. Deux mondes parfaitement antinomiques cohabitaient encore de façon plus ou moins distanciée.
L'action se situe à Paris et la cadette des deux soeurs ne vit que pour son Alexandre, jeune homme exalté qui la néglige pour flirter avec les révolutionnaires dont le message devient de plus en plus pressant ...
C' est alors que le Destin symbolisé par deux femmes appartenant à cette aristocratie russe va faire irruption et bouleverser la vie du trio.
Les sentiments aussitôt exacerbés, la jalousie fera son apparition et le fragile équilibre vacillera sur sa base.
L'auteur a fidèlement retrouvé le langage de l'époque (illustré de façon parfaite par Gabriele d' Annunzio). Entendre dire : " reprends le flambeau de notre race " a quelque peu tendance à faire sourire actuellement mais en ce temps là, la phrase n'était pas rare en certaines sphères ...
C'est donc à une pièce en décalage à laquelle vous êtes conviés d'assister pour laquelle les comédiens s'impliquent sans restriction aucune. La mise en scène qui se résume à des déplacements n'est peut-être pas particulièrement significative car il n'est pas aisé à un auteur de se passer d'un oeil extérieur qui, nous le savons prolonge ou trahit. (Il est difficile de déterminer le risque avant de l'avoir pris.)
N'importe, cette pièce se laisse d'autant plus voir qu'elle nous dépayse.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

11:16 Publié dans THEATRE | Lien permanent