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26.05.2008

LE PASSE ROMPU de Charlotte-Rita Pichon

THEATRE du NORD-OUEST

13, rue du Fbg Montmartre

75009 PARIS

(M° Grands Boulevards)

Réserv. 01 47 70 32 75

Places : 20 & 13€ 

Représentations à venir : Mardi 27 Mai à 19h.

Dimanche 8 Juin à 17h. 

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                                                          - photo : André Navaud - 

Mise en scène de l'auteur.

avec Anne Lyse Boussy, Marie Daude, Franz Debrebant,

Kat Lampito, Isabelle Voge. 

 

" L'ancien temps ne veut pas cesser d'être "
                                      Victor Hugo



Charlotte-Rita Pichon aurait-elle la nostalgie du temps passé ? Elle seule pourrait le dire ... En tous cas, il est évident qu'elle s'est littéralement immergée dans cette époque remuante qui caractérisa le début du 20ème siècle.
Nous sommes en 1906 et une civilisation est sur le point de changer de visage. Certes, les habitants des divers pays d'Europe ont conservé l'esprit du 19ème siècle mais chacun aspire à aborder dans les meilleures conditions possibles cette ère nouvelle soit en préservant ses droits soit en voulant en acquérir de nouveaux.
La pièce commence par un dialogue entre deux soeurs ...
L'aînée a hérité des dispositions artistiques paternelles, fille de peintre elle s'adonne à la sculpture ce qui à l'époque était faire preuve d'une belle indépendance. Voyez Camille Claudel ... mais n'est-ce pas en 1906 que les femmes obtinrent le droit de vote en Finlande ? Cette même année, le capitaine Dreyfus fut réhabilité, bref tout bougeait, de toute évidence.
Parallèlement, en Russie la noblesse tsariste n'avait pas encore réalisé qu'elle ne faisait que subsister dans l'attente imminente du chaos. Deux mondes parfaitement antinomiques cohabitaient encore de façon plus ou moins distanciée.
L'action se situe à Paris et la cadette des deux soeurs ne vit que pour son Alexandre, jeune homme exalté qui la néglige pour flirter avec les révolutionnaires dont le message devient de plus en plus pressant ...
C' est alors que le Destin symbolisé par deux femmes appartenant à cette aristocratie russe va faire irruption et bouleverser la vie du trio.
Les sentiments aussitôt exacerbés, la jalousie fera son apparition et le fragile équilibre vacillera sur sa base.
L'auteur a fidèlement retrouvé le langage de l'époque (illustré de façon parfaite par Gabriele d' Annunzio). Entendre dire : " reprends le flambeau de notre race " a quelque peu tendance à faire sourire actuellement mais en ce temps là, la phrase n'était pas rare en certaines sphères ...
C'est donc à une pièce en décalage à laquelle vous êtes conviés d'assister pour laquelle les comédiens s'impliquent sans restriction aucune. La mise en scène qui se résume à des déplacements n'est peut-être pas particulièrement significative car il n'est pas aisé à un auteur de se passer d'un oeil extérieur qui, nous le savons prolonge ou trahit. (Il est difficile de déterminer le risque avant de l'avoir pris.)
N'importe, cette pièce se laisse d'autant plus voir qu'elle nous dépayse.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

24.05.2008

Cette fille-là de Jean MacLeod

LE TARMAC de la Villette

Parc de la Villette

211, avenue Jean-Jaurès

75019 PARIS

(M° Porte de Pantin)

Loc. 01 40 03 93 95

Pl. 16 & 12€ 

www.letarmac.fr

du mardi au vendredi à 20h.

Samedi à 16h. & 20h. 

Du : 27 Mai au 14 Juin 2008.

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(photo Yannick Macdonald)
 
Théâtre Canada Québec
 
Traduction : Olivier Choinière 

Mise en scène : Sylvain Bélanger

avec Sophie Cadieux. 

 

La violence se manifeste de plus en plus tôt dans la société actuelle. Pourtant, ce phénomène a toujours existé mais il me semble que les enfants ou adolescents réservaient jadis plus facilement leurs " expériences " aux animaux qu'à leurs semblables. L' intrusion du petit écran dans nos existences a sans nul doute fait monter la pression d'un cran. On veut s'affirmer plus tôt et les rapports d'autorité voire de tyrannie se manifestent de même.
Braidie est une charmante petite fille qui va s'inventer une psychothérapie en racontant tout ce qui s'est passé à son frère absent.
Nous la découvrons juchée sur un quai en bois, réplique unique de ces lits jumeaux à partir desquels Trévor et elle se racontaient mille et une choses avant de s'endormir chaque soir.
Il n'est pas rare que les petites filles (tout comme les garçons) nourrissent une admiration sans bornes pour un ou une camarade de jeu. Ce sont les premiers balbutiements d'un être qui cherche sa place dans une société hiérarchisée.
Il n'est pas exceptionnel que l'un d'entre eux se transforme en souffre-douleurs mais en principe l'escalade s'arrête avant le drame. Ici, ce ne fut pas le cas.
Sophie Cadieux nous raconte tout cela en utilisant ces termes imaginés qui caractérisent le langage de ceux qui vivent dans La Belle Province. Elle fait chanter les mots, adoptant tout naturellement à nos yeux l'âge du personnage tant elle s'y est identifiée. La franchise de Braidie est désarmante et les images surgissent d'elles-mêmes par le seul biais des mots. Cette histoire nous happe littéralement ce, à un tel point que lors de certaines représentations, les spectateurs tétanisés hésitent à applaudir immédiatement afin de mieux prolonger ce moment de communion intense créé par le partage des émotions.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

 

Avec deux ailes de Danielle Mathieu-Bouillon

PETIT THEATRE de PARIS

15 rue Blanche 75009 PARIS

(M° Trinité)

Loc. 01 42 80 01 81

Places : 55/45/35/25 & 17€

Du mardi au samedi à 21h.

Matinées samedi à 18h. dimanche à 15h. 

Mise en scène : Anne Bourgeois

avec Véronique Jannot et Marc Fayet 

 

Dans un costume aérien vert turquoise, Valentine, (Véronique Jannot) fait son entrée, une chaussure à la main. Laurent (Marc Fayet) à l'abri d'un parasol, tricote une longue écharpe (rêve de taillole) au point mousse, couleur caca d'oie dans un rythme de machine à écrire démenti par le résultat.
L'action se déroule dans un no man's land situé quelque part ailleurs, sorte de Huis Clos à ciel ouvert. Nous n'allons pas tarder à découvrir que cet homme tout de blanc vêtu possède des pouvoirs paranormaux. Il faudra quelque temps pour que Valentine réalise qu'elle est tout simplement passée de l'autre côté du miroir sans s'en rendre compte. Quel choc !
Si l'idée n'est pas absolument originale, Danielle Mathieu-Bouillon a l'esprit plus ludique que Sartre, aussi va t-elle s'en donner à coeur joie.
Quand on bascule dans l'éternité, les montres s'arrêtent, forcément et si le lien avec ceux d'en bas tarde parfois à se couper, il convient d'admettre l'inéluctable.
La fragilité des personnages est compensée par la pseudo spiritualité de la situation. D'évidence, Valentine (comme beaucoup) est passée à côté de sa vie et Laurent ne s'est pas encore réalisé dans ce nouveau rôle d'ange-gardien un tantinet initiateur mais toujours en CDD ... Agacés l'un et l'autre par la situation (ils n'ont pas encore abandonné tout sentiment humain) une chamaillerie constructive va s'établir entre eux.
Le spectateur quant à lui n'est pas à l'abri de quelques lieux communs tels que,
- " le hasard, c'est le destin qui veut passer incognito "
- " Dieu, c'est un nom à la place d'un point d'interrogation "
- " C'est dangereux la liberté ... normal, ça se mérite "
Le tendon d'Achille de ce spectacle se situe donc dans le déja vu ou déjà entendu.
Toutefois, le texte est servi par deux excellents comédiens dont le jeu nous réjouit et qui à eux seuls justifient le déplacement.

Simone Alexandre

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Editorial du : 24 Mai 2008

Je viens au bout de 25 années d'activité de mettre fin à mes rapports (pour le moins distanciés du reste) avec un attaché de presse que je ne nommerai pas mais qui pourra se reconnaître au passage ...
Ce métier est l'un des plus ingrats qui se puisse concevoir car ces travailleurs de l'ombre servent de tampon entre les metteurs en scène, les interprètes et les journalistes. Pour exercer ce métier il faut allier diplomatie, chaleur communicative et constance. J'aimerais puisque l'occasion m'en est fournie leur rendre à tous (sauf une exception, une seule !) un hommage appuyé.
Depuis quelques temps, la distribution des dossiers-papier s'est effectivement quelque peu ralentie, et il n'est pas rare de recevoir l'information par le biais d'un mail. En revanche, quand on demande une ou plusieurs photos libres de droit, on les reçoit toujours et au format permettant le téléchargement sur internet.
L'un d'eux qui d'évidence réserve ses informations aux médias les plus importants attend confortablement d'être contacté par ce qu'il considère être le menu fretin journalistique allant même jusqu'à fournir sur demande pressante une simple photocopie de dossier ... (pas idéal à scanner en l'absence de production de photos libres de droit jamais récupérables avec lui).
- " Je ne vais tout de même pas les payer de mes deniers", dit-il)
Comment font les autres, alors ? ...
Il me revient en mémoire, il y a quelques années que ce même attaché de presse (las de travailler dans l'ombre sans doute ?), avait réussi à se faire filmer par la télé en pleine activité dans le bureau qu'il s'est vu octroyer dans le principal théâtre où il est attaché, devenant ainsi le temps d'un reportage, la vedette du spectacle en cours. Rendons à César ce qui lui appartient et l'on n'est jamais si bien servi que par soi-même !
Soucieuse de préserver ma liberté d'expression, je travaille seule, n' hébergeant aucune publicité refusant même ces places de promotion que les théâtres proposent (de moins en moins souvent vu le contexte actuel) ce qui pourrait infléchir l'intégrité du témoignage ...
Jamais la perspective d'affichage de l'un de mes papiers n'a eu la moindre incidence sur sa rédaction. Avec cet attaché de presse, la question ne se pose pas puisqu'il n'affiche que les grands médias ... Prestige oblige !
En conséquence de quoi, je vais continuer à travailler avec ceux qui jouent le jeu en ne ménageant pas leur peine afin que vive le théâtre !

S.A. 

21.05.2008

JAZ de Koffi Kwahulé

LAVOIR MODERNE PARISIEN

35, rue Léon  - 75018 PARIS

(M° Château Rouge) 

Loc. 01 42 52 09 14

Pl. 15 & 10€ (TR) 

Du : 20 au 23 mai 2008 à 21h.

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Le viol semble être un thème récurrent dans l'oeuvre de Koffi Kwahulé et d'aucuns (les femmes surtout) pourront s'en déclarer dérangés. L'évocation de certaines images est difficile à supporter. Ici " pour renfort de potage " l'auteur a recours à la scatologie. On peut ne pas apprécier. Eternel débat entre ceux qui estiment que l'espace scénique est le lieu transcendantal par excellence et les autres qui le transforment en arène sacrificielle mettant en lumière toute la déchéance humaine.
Jaz est à l'origine un monologue de femme qui raconte la violence de l'existence.
Il arrive que l'on se demande pourquoi les mésaventures tombent sur certaines tandis que d'autres sont épargnées. L'auteur semble vouloir trancher la question en précisant : " De même qu' il y a des têtes à claques, il y a des femmes à viol "
Laissons lui la responsabilité de ses dires ... Il faudrait surtout que la notion de viol ne surgisse pas en certaines têtes ! Il est vrai qu'en temps de paix, cet acte reste fort heureusement marginal mais les pays en guerre nous le savons, ont toujours recours aux antiques barbaries. (pillage, viol, tout ce qui est exécrable dans la nature humaine peut alors s'exprimer !) C'est à désespérer de l'évolution au fil des siècles. Jaz vit dans un immeuble surpeuplé où les latrines débordent. La métaphore est cruellement expressive et résume bien les conditions de vie auxquelles certains sont confrontés. De tout temps, pour échapper au sordide de la vie, les humains ont construits des temples, églises ou autres lieux de purification.
Ici, il n'y a qu'une sanisette située poétiquement Place Bleu de Chine, dernier hommage rendu à l'empereur Vespasien puisque vues sur un certain angle, toutes les civilisations se valent. Ce sera l'autel du sacrifice perpétré par cet homme " au regard de Christ " mais au dard de scorpion.
Trois jeunes comédiennes et un saxophoniste vont nous raconter de façon hachurée cette mésaventure au rythme haletant. La musique sera interrompue en plein vol par le verbe et ce dernier devra à nouveau se taire quand elle reprendra.
Cette contemporaine tragédie trouvera sa logique conclusion que je vous laisse bien entendu découvrir. Si le coeur vous en dit, faites vite alors car le spectacle n'est programmé en ce lieu que du 20 au 23 ...


Simone Alexandre

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17.05.2008

Le plus heureux des trois de Eugène Labiche.

THEATRE MOUFFETARD

73, rue Mouffetard

75005 PARIS

(M° Place Monge)

Loc. 01 43 31 11 99

Pl. 22€, TR : 15€

Du mercredi au vendredi à 20h.30

Samedi à 17h. & 21h.

Dimanche à 15h.

Du 14 mai au 28 juin 2008. 

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Mise en scène : David Friszman.

avec Aurélie Bargème, Emma Darmon, Frédéric d'Elia, Salvatore Ingoglia, Arnaud Maudeux, Delphine Rivière, Cédric Tuffier. 

Costumes, décor et lumières : Mattéo Porcus

Son et adaptations musicales : Jean-Christophe Dumoitier 

 

Nous découvrons un décor d'une kitcherie pour le moins étonnante : tentures vert turquoise et canapé saumon à la forme évocatrice ...
Si l'on ne savait déjà que Labiche est l'auteur, on pourrait supposer que l'on va découvrir l'adaptation d'un roman paru dans la collection Harlequin.
Au mur, une tête de cervidé femelle (histoire de doser l'allusion, sans doute ?) Nous constaterons plus tard que c'est la face visible d'un iceberg qui a pour nom boite-à-lettres, d'autant qu'iceberg, c'est vite dit, même si certains messages vont en refroidir certains.
Les costumes aussi sont bariolés et la soubrette Pétunia (Emma Darmon) arbore une coiffure en feu d'artifice ! Le mari, Marjavel (Salvatore Ingoglia) a décidément la tête de l'emploi et s'impatiente parce que Ernest, son meilleur ami (Frédéric d'Elia) mais surtout celui de sa femme Hermance (Aurélie Bargème) est en retard.
" Ah ! combien perfides sont les femmes " entonneront ils lors de l'un de ces intermèdes musicaux dont l'anachronisme le dispute parfois au grivois du contenu.
 En fait, Marjavel est un veuf remarié comme l'atteste le double portrait pivotant, côté cour.
Chez les bourgeois de Labiche les allées et venues sont fréquentes et les remplacements constants, sinon on s'ennuierait  et c'est ici formellement interdit !
Madame a un amant mais son mari est volage et la nouvelle domestique Lisbeth (Delphine Rivière) lui a tapé dans l'oeil, comme on dit. L'époux de cette dernière, le  roué Krampach (Arnaud Maudeux) est aux prises avec un hanneton venu se loger dans sa culotte à pont.
L'ancien amant de la première maîtresse de céans Jobelin (Cédric Tuffier) est inconsolable et pour parfaire le tout, les conducteurs de fiacre s'adonnent au chantage. Au moins un, en tous cas ! On ne le verra pas mais il sera souvent question de lui.
Sachez que Delphine Rivière est également la jeune et jolie Berthe amoureuse de l'amant de madame. Que de complications allez vous dire ? Eh ! oui, nous sommes venus pour cela, non ? Ce que beaucoup n'osent faire dans la vie est contemplé au théâtre en une salutaire compensation. Or, le climat est joyeux, les situations savoureusement scabreuses et pour assumer, ça, les comédiens assument !
Voilà par conséquent une bien belle soirée en perspective ...

Simone Alexandre

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16.05.2008

Ne disons pas au jour les secrets de la nuit

THEATRE de NESLE

8, rue de Nesle

75006 PARIS

(M° Odéon)

Loc. 01 46 34 61 04

Pl. 20€ TR : 15/12€ 

Du mercredi au samedi à 21h. (sauf le 21 juin) 

Du 14 mai au 28 juin 2008. 

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Adaptation de Dominique MARNY et Jean-Paul GOUREVITCH d'après leur roman publié aux Presses de la Renaissance.

Mise en scène et décor : Jean-Pierre NORTEL

avec Marion DUBOS (Claire) et Olivier GALFIONE (Serge) 

Une maison située à proximité de la mer dont on perçoit le bruit des vagues.
Le vent souffle en tempête et précisément une radio locale recommande la prudence.  Un appel téléphonique annonce à Claire l'arrivée d' un visiteur censé lui apporter un message urgent. Elle avait pourtant prévu de rester seule mais son interlocuteur insiste. Brusque coupure d'électricité ! Apparemment aucune bougie ni allumettes, elle restera donc dans le noir et peu à peu, bercée par le vent, ne tardera pas à s'assoupir.
Coups redoublés à la porte ! Un grand gaillard fait son apparition. Comment le laisser dehors par un temps pareil et puis sa visite n'était-elle pas annoncée ?
Or il y a maldonne, ce visiteur n'étant pas celui qui était attendu et voilà qu'elle l'a accueilli avec un surcroît d'amabilité, lui offrant même à boire ! ...
Quand elle réalise la situation, vague angoisse, vite dissipée alcool aidant.
 Il n'y a plus de chauffage, ils sont coincés là, tous les deux, rien à manger et dehors, la tempête fait rage.
Nos deux interlocuteurs apprennent à se connaître, les confidences feront le reste. Le trouble peu à peu, s'installe ...
Petit jeu du chat et de la souris qui durera la nuit durant.
Seul reproche mais dois-je l'adresser aux comédiens ou à moi car je suis sans nul doute allée voir la pièce un peu trop tôt ? (la seconde représentation est généralement évitée par les professionnels).
L'éclairage ne laissait pas supposer que les personnages n'y voyaient goutte, ce qui enlevait un peu de crédibilité à la situation. La mer est brusquement devenue silencieuse, le vent ne s'est plus fait entendre rendant aléatoire la présence prolongée du visiteur en ces lieux.
Je chipote allez-vous dire ? Sans doute, mais dans un huis-clos le plus petit détail a de l'importance.
Nos deux tourtereaux d'une nuit vont additionner vin rouge et vodka et si l'on peut concevoir qu'un homme en pleine force de l'âge tienne le coup, on se serait attendu à ce que sa compagne ait en revanche une élocution quelque peu pâteuse or il n'en fut rien.
Une maladresse, il se coupe et sans chercher (n'oublions pas que nous sommes dans le noir), elle trouve aussitôt le pansement !
(Il est vrai qu'elle est fleuriste et que les roses piquent comme chacun sait alors tel le compositeur qui peuple de partitions son appartement, parsème t-elle, peut-être, le lieu de petits bouts de sparadrap ?) 
Tous ces petits détails ont la fâcheuse tendance à rendre la situation improbable. Mais ne doutons pas que le metteur en scène va " resserrer les boulons " - comme on dit - et que dans quelques jours, il n'y paraîtra plus.
Ils sont jeunes, beaux l'un et l'autre, le spectateur peut donc aisément se projeter dans cet épisode romanesque au possible, par conséquent lorsque la pièce aura trouvé son rythme de croisière, ne doutons pas que beaucoup seront ravis de partager ces instants avec eux.

Simone Alexandre

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15.05.2008

Homo-Sexualité de Jean-Luc Jeener

Théâtre du Nord-Ouest

13, rue du Faubourg Montmartre

75009 Paris

Métro : Grands Boulevards

Loc. 01 47 70 32 75 

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Mise en scène : Aurore LY

lumières : Benoît Dugas 

avec Raphaël Cohen, (Pierre) - Renaud Marx, (Julien) - Jean-Claude Sachet (Paul, l'archevêque)  

Prochaines représentations,

MAI : dimanche 18 (17h) - jeudi 22 (19h). - jeudi 29 (19h) 

JUIN : dimanche 1er (17h) - mercredi 4 (20h.45) - samedi 7 (14h.30) - mercredi 11 : 20h.45 - dimanche 15 (14h.30) 

 

Condamnés au célibat, pourquoi les prêtres seraient ils les seuls à échapper à l'homosexualité ? Après tout, ce sont des êtres humains, faits de chair et de sang comme les autres - absolument ! Puisqu'on leur interdit le commerce des femmes, il était prévisible que certains d'entre eux choisissent leurs semblables.
Julien et Pierre vivent ensemble depuis quelques temps sans faire de vagues.
Le premier est journaliste et le second ( comme vous l'avez compris ) est un jeune prêtre soumis au contrôle de sa hiérarchie.
Un jour, bêtement, en faisant son marché (comme il est dit dans le texte : " ces gens là mangent aussi " ! ) Pierre va croiser son archevêque lequel va s'inviter à une petite visite qui ne peut être fortuite ...
Angoisse du couple. Eh, oui ! on ne badine pas avec l'amour à l'ombre de la croix.
Redoutable personnage que cet ecclésiastique venu remettre à jour les devoirs impérieux de ce jeune prêtre pourtant si efficace.
Jean-Claude Sachot fournit au personnage de l'évêque une puissance quasi jupitérienne. Il tonne, conspue, morigène après avoir joué la carte de la franchise.
Autant Pierre (Raphaël Cohen) est éperdu dans sa sincérité doublement amoureuse qui fait cohabiter Dieu et cet autre, bien réel qui vit à ses côtés, autant Julien tout aussi sincère résume à lui seul le libre penseur qui a mûrement réfléchi au problème ...
Jean-Luc Jeener nous propose ici une pièce remarquablement aboutie où chaque argument est solidement évoqué. La règle des trois unités étant ici respectée, Aurore Ly en sa qualité de metteur-en-scène a investi les comédiens d'un comportement absolument logique (sinon naturel vu les circonstances ...) en ce lieu familier où seul le visiteur adopte le comportement d'un lion en cage.
Julien nous gratifie d'un court intermède musical agréable au possible et l'on comprend que son compagnon ait succombé au charme de cet autre tout à la fois semblable et complémentaire.
Quant à l'issue finale, très habilement, l'auteur nous laisse deviner ce qui adviendra ensuite. Le sujet en regard de cette institution qui se nomme l' Eglise était scabreux mais Jean-Luc Jeener l'aborde avec lucidité et intelligence. Voilà un homme croyant notoire qui n'est pas sectaire ... respect !

Simone Alexandre

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09.05.2008

Pantagleize de Michel de Ghelderode

THEATRE ANTOINE VITEZ

1, rue Simon Dereure

94200 IVRY-sur-SEINE

(Métro : Mairie d' Ivry)

Loc. 01 43 90 11 11

www.theatre-quartiers-ivry.com

Pl. 19€ - TR 12/9€ 

mardi, mercredi, vendredi & samedi à 20h.

jeudi à 19h. & dimanche à 16h.

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Mise en scène : Philippe Awat.

avec Sandrine Bounhoure, Anne Buffet, Jean-Marc Charrier, Gora Diakhaté, Jean-Charles Delaume, Florent Guyot, Bruno Paviot, Magali Pouget, Lionel Robert. 

 

Nuit de pleine lune. Nous assistons d'emblée à une exécution qui paraîtrait burlesque si elle n'était forcément dramatique. Métaphysiquement, la lune se mue en pendule, affichant 6 heures, l'heure des braves mais aussi celle des anti-héros, celle des galériens de la vie. Pourtant celui-là n'a rien d'un " damné de la terre " puisqu'il fait profession de philosophe et a même un domestique noir à son service. Seulement voilà, notre homme a 40 ans, l'âge de tous les bilans et se trouve en proie à un problème existentiel.
Qu'a t-il fait exactement jusque-là ? La réponse est presque toujours douloureuse et il se demande tout simplement s'il n'est pas en train de basculer dans la catégorie des ratés. O misère ! Mais non, Pantagleize puisque tel est son nom reste un impénitent optimiste aussi tout naturellement, la phrase qui va lui venir à l'esprit est " Quelle belle journée aujourd'hui, n'est-ce-pas ? " D'ailleurs ce jour n'est pas un jour comme les autres puisqu'il correspond à celui d'une éclipse solaire. Le destin est par conséquent au rendez-vous. Les esprits sont surchauffés du reste et une révolution se profile à l'horizon.
La trajectoire de ce nouveau Candide va croiser la route d'une passionnaria dont il tombera immédiatement amoureux, bien sûr, et là, les péripéties vont s'enchaîner à une allure folle.
Michel de Ghelderode flirte avec le conte philosophique et avec le burlesque tout à la fois. Au rythme effréné de l'action, répondent les transformations habiles du décor. Les comédiens affichent une cohésion de troupe, chacun jouant excellemment sa partition. Gora Diakhaté dans le rôle de Bam-Boulah est d'une drôlerie à toute épreuve, Bruno Paviot (Pantagleize) se révèle attachant au possible et Magali Pouget excelle dans ses compositions de chef de bureau militaire puis d'avocate. La pièce se lit à différents niveaux, ce qui permettra à tous de se déclarer satisfaits.
Un excellent moment de théâtre à ne pas manquer.

Simone Alexandre

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TRANSSIBERIENNE de Christophe Marcq

THEATRE CLAVEL

3, Rue Clavel

75019 PARIS

(Métro : Pyrénées)

T. 01 43 15 00 99

www.madameh.fr

Places : 20 & 14€

les jeudi, vendredi, samedi à 21h.30

jusqu'au : 26 Juillet 2008. 

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 Comédie tragique écrite et interprétée par Christophe Marcq (créateur de Madame H.)

Mise en scène : Joël Coté 

J'ignore quand Christophe Marcq eut l'idée d'écrire ce monologue ... était-il passager d'un 15 Tonnes conduit par un gros tatoué ou bien est-ce venu un jour où il faisait ses provisions chez Mammouth ? Car d'évidence, ce n'est pas léger-léger ... Autres temps, autres moeurs allez vous dire, et si Oscar Wilde revenait, après avoir vu cela - à défaut de virer sa cuti - sans doute se ferait il moine ?
L'action se déroule sur un quai de gare, quelque part entre Moscou et Pékin.
La pendule indique 02h.05 et il fait inexplicablement très chaud mais la vodka en est peut-être responsable et puis d'après ce qu'elle nous raconte, la " dame " ne s'est pas ménagée puisque le Transsibérien abritait  tout un gymnase biélorusse ...
" Nom d'une couille, (s'exclame cette amazone-experte) c'est où, ce trou perdu ? "
Madame Fun (c'est son nom, qui se prononce " foune " sans bégayer) ne va pas tarder à mettre bas son vison, (on accouche de ce qu'on peut ! ) troquer ses snow-boots pour des escarpins (rouges, évidemment) mais gardera sa perruque qu'elle aurait pu convertir en éventail. Ouf ! on l'a échappé belle !
" Cette gare (dans laquelle elle vient d'échouer) est tellement moche qu'elle donne des idées de pogrom " dit-elle. Nous voilà près à crier à l'antisémitisme quand cette hyper-libérée sexuelle précise à point nommé ses origines. C'est vraiment là, que la pièce commence, tout ce qui précède n'était que remplissage.
On peut donc condamner la forme mais non le fond car le texte semble avoir été conçu pour émouvoir, ce sont seulement les moyens d' y parvenir qui ont souffert de déviation ...
La pièce étant programmée jusqu'à fin juillet, les communautés concernées pourront s'y risquer en se bardant d'humour; les autres apprécieront peut-être un peu moins, en dépit de l'évidente caricature.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

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