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09.05.2008
Pantagleize de Michel de Ghelderode
THEATRE ANTOINE VITEZ
1, rue Simon Dereure
94200 IVRY-sur-SEINE
(Métro : Mairie d' Ivry)
Loc. 01 43 90 11 11
www.theatre-quartiers-ivry.com
Pl. 19€ - TR 12/9€
mardi, mercredi, vendredi & samedi à 20h.
jeudi à 19h. & dimanche à 16h.
Mise en scène : Philippe Awat.
avec Sandrine Bounhoure, Anne Buffet, Jean-Marc Charrier, Gora Diakhaté, Jean-Charles Delaume, Florent Guyot, Bruno Paviot, Magali Pouget, Lionel Robert.
Nuit de pleine lune. Nous assistons d'emblée à une exécution qui paraîtrait burlesque si elle n'était forcément dramatique. Métaphysiquement, la lune se mue en pendule, affichant 6 heures, l'heure des braves mais aussi celle des anti-héros, celle des galériens de la vie. Pourtant celui-là n'a rien d'un " damné de la terre " puisqu'il fait profession de philosophe et a même un domestique noir à son service. Seulement voilà, notre homme a 40 ans, l'âge de tous les bilans et se trouve en proie à un problème existentiel.
Qu'a t-il fait exactement jusque-là ? La réponse est presque toujours douloureuse et il se demande tout simplement s'il n'est pas en train de basculer dans la catégorie des ratés. O misère ! Mais non, Pantagleize puisque tel est son nom reste un impénitent optimiste aussi tout naturellement, la phrase qui va lui venir à l'esprit est " Quelle belle journée aujourd'hui, n'est-ce-pas ? " D'ailleurs ce jour n'est pas un jour comme les autres puisqu'il correspond à celui d'une éclipse solaire. Le destin est par conséquent au rendez-vous. Les esprits sont surchauffés du reste et une révolution se profile à l'horizon.
La trajectoire de ce nouveau Candide va croiser la route d'une passionnaria dont il tombera immédiatement amoureux, bien sûr, et là, les péripéties vont s'enchaîner à une allure folle.
Michel de Ghelderode flirte avec le conte philosophique et avec le burlesque tout à la fois. Au rythme effréné de l'action, répondent les transformations habiles du décor. Les comédiens affichent une cohésion de troupe, chacun jouant excellemment sa partition. Gora Diakhaté dans le rôle de Bam-Boulah est d'une drôlerie à toute épreuve, Bruno Paviot (Pantagleize) se révèle attachant au possible et Magali Pouget excelle dans ses compositions de chef de bureau militaire puis d'avocate. La pièce se lit à différents niveaux, ce qui permettra à tous de se déclarer satisfaits.
Un excellent moment de théâtre à ne pas manquer.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
16:37 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
TRANSSIBERIENNE de Christophe Marcq
THEATRE CLAVEL
3, Rue Clavel
75019 PARIS
(Métro : Pyrénées)
T. 01 43 15 00 99
www.madameh.fr
Places : 20 & 14€
les jeudi, vendredi, samedi à 21h.30
jusqu'au : 26 Juillet 2008.
Comédie tragique écrite et interprétée par Christophe Marcq (créateur de Madame H.)
Mise en scène : Joël Coté
J'ignore quand Christophe Marcq eut l'idée d'écrire ce monologue ... était-il passager d'un 15 Tonnes conduit par un gros tatoué ou bien est-ce venu un jour où il faisait ses provisions chez Mammouth ? Car d'évidence, ce n'est pas léger-léger ... Autres temps, autres moeurs allez vous dire, et si Oscar Wilde revenait, après avoir vu cela - à défaut de virer sa cuti - sans doute se ferait il moine ?
L'action se déroule sur un quai de gare, quelque part entre Moscou et Pékin.
La pendule indique 02h.05 et il fait inexplicablement très chaud mais la vodka en est peut-être responsable et puis d'après ce qu'elle nous raconte, la " dame " ne s'est pas ménagée puisque le Transsibérien abritait tout un gymnase biélorusse ...
" Nom d'une couille, (s'exclame cette amazone-experte) c'est où, ce trou perdu ? "
Madame Fun (c'est son nom, qui se prononce " foune " sans bégayer) ne va pas tarder à mettre bas son vison, (on accouche de ce qu'on peut ! ) troquer ses snow-boots pour des escarpins (rouges, évidemment) mais gardera sa perruque qu'elle aurait pu convertir en éventail. Ouf ! on l'a échappé belle !
" Cette gare (dans laquelle elle vient d'échouer) est tellement moche qu'elle donne des idées de pogrom " dit-elle. Nous voilà près à crier à l'antisémitisme quand cette hyper-libérée sexuelle précise à point nommé ses origines. C'est vraiment là, que la pièce commence, tout ce qui précède n'était que remplissage.
On peut donc condamner la forme mais non le fond car le texte semble avoir été conçu pour émouvoir, ce sont seulement les moyens d' y parvenir qui ont souffert de déviation ...
La pièce étant programmée jusqu'à fin juillet, les communautés concernées pourront s'y risquer en se bardant d'humour; les autres apprécieront peut-être un peu moins, en dépit de l'évidente caricature.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
16:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Les ZOLA de Joelle Fossier
THEATRE du NORD-OUEST
13, rue du Fbg. Montmartre
75009 PARIS
(M° Grands Boulevards)
Tél. 01 47 70 32 75 (de 13 à 19h)
Places : 20 & 13€
Représentations exceptionnelles,
8 & 9 mai à 20h.45 / 17 & 23 mai à 17h. / 8 juin à 14h.30 & 19h. /10 juin : 20h.45 / 12 juin : 16h.30 / 14 juin à 14h.30
Texte et mise en scène : JOELLE FOSSIER
avec : Céline MONSARRAT et Michel PAPINESCHI.
Le couple rentre d'une sortie nocturne. Ils sont gais l'un et l'autre. Zola est tout à l'enthousiasme de son " J'accuse " et Alexandrine son épouse soutient sans réserves sa lutte.
Cette soirée n' a encore rien d'exceptionnel. Ils savent qu'ils peuvent compter l'un sur l'autre et une tendre complicité les unit plus sûrement que les liens du mariage. On peut presque dire qu'ils ont le sentiment d' être seuls face à tous et que cette constatation leur plaît bien.
Que fait un couple quand il est seul ? ... Il parle des autres, bien entendu et ces deux là n'échappent pas à la règle. Une partie de dominos sera prétexte à une brève querelle mais n'est-ce pas ce qui pimente la vie en commun ? Bientôt, tout rentrera dans l'ordre, Emile écrira et Alexandrine reprendra son travail de couture. Le dieu des ménages s'assoupit en toute quiétude jusqu'à l'ouverture d'une lettre. A partir de ce moment là, tout va basculer.Il serait criminel de vous raconter la suite. Michel Papineschi est un Zola crédible au possible et son jeu d'une justesse à toute épreuve. Céline Monsarrat est attachante et se garde bien de sombrer dans le mélo qu'une telle situation aurait pu déclencher. Bref, ils sont parfaits l'un et l'autre. La mise en scène justement dosée nous fait pénétrer chez ce couple dont nous partageons un temps, l'existence et jamais Zola ne nous a paru aussi proche. Puisque 2008 correspond au centenaire du transfert des cendres du grand homme au Panthéon, aller voir cette pièce est le plus hommage que nous pouvons lui rendre.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
15:04 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






