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28.03.2008

note destinée aux lecteurs ...

Suite à des travaux à domicile, je ne reprendrai les commentaires-théâtre qu'après le 7 avril prochain.

Merci de me conserver votre fidélité. 

24.03.2008

Quelqu'un pour veiller sur moi de Frank McGuinness

THEATRE MOUFFETARD

73, rue Mouffetard 75005 PARIS

(M° Place Monge)

Loc. 01 43 31 11 99

Places : 22 & 15€

Mercredi, jeudi, vendredi à 20h 30

Samedi à 17h. & 21h.

Dimanche à 15h.

Du : 13 Mars au : 27 Avril 2008.

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Traduction : Isabelle Famchon

Mise en scène : Sophie Lorotte

avec Pascal Casanova, Arnaud Décarsin, Sacha Petronijevic. 

Combien y a t' il de prisonniers politiques de par le monde ? ...
Bien plus que nous ne pourrions l'imaginer, sans doute. Il suffit parfois, selon l'endroit,  d'une seule parole imprudente critiquant le régime pour qu' un homme ou une femme se retrouve en prison. (voyez la Chine)
Ici, trois hommes : un anglais, un irlandais et un américain sont à Beyrouth dans la même cellule, chaînes aux pieds.

Leur crime ? s'être trouvé là où il ne fallait pas être à un moment précis.
Ils n'ont qu'une vague idée de la raison de leur kidnapping, l'un est universitaire, l'autre médecin et le troisième reporter de guerre ( il est vrai).
Là, j' énumère leur profession respective dans le désordre mais la guerre, n'est elle pas le désordre avant tout en dépit de la loi des armées ?
Que faire pour occuper tout ce temps ? L'un va chanter pour combattre son angoisse, tandis qu'un autre effectuera des pompes car la captivité est mortelle pour les muscles d'autant que la nourriture ... mieux vaut ne pas en parler !
Le troisième dans son coin, broie du noir.
Histoire de les occuper on leur a distribué Coran et Bible sans l'ombre d'une ironie.
- " Si on était né musulman, tout cela ne serait pas arrivé " dira l'un d'eux.
Et oui, la cohabitation entre deux dieux unique pose problème !
 Alors pour oublier leur sort actuel, ils vont se chamailler un peu, se raconter aussi en évoquant leur existence d'avant, aborder le thème des confidences sexuelles car généralement, cela met les hommes en joie, créant une atmosphère de complicité.
Que faisaient ils déjà quand ils étaient mômes ? Ils inventaient des jeux et bien c'est ce qu'ils vont faire, ils seront à un match de tennis ou au ciné car l'imagination sauve de tout.
Comme la réalité rattrape toujours ceux qui feignent d'oublier,  il va bientôt en manquer un, puis deux et le troisième restera seul, nous laissant à nos méditations sur le sort de l'être humain, sur la monstruosité des guerres ...
Chaque comédien est formidable dans son registre personnel. Ces trois là sont tout à la fois puissants et fragiles, leurs personnages émouvants et admirables.
L'auteur quant à lui fait preuve d'un beau talent !
Par conséquent, à voir toutes affaires cessantes car il est des thèmes qui ne sauraient attendre.


Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

  

19.03.2008

Le coeur n'est pas moderne (comédie-tango)

L' ATALANTE

10, Place Charles Dullin 75018 PARIS

(Métro : Anvers)

Loc. 01 46 06 11 90

Du lundi au samedi (sauf mardi) à 20h.30

Dimanche à 17h.

Du : 12 Mars au 7 Avril 2008

Texte et mise en scène de Martine Drai -  (Création 2008)

avec Catherine Davenier, Hervé Falloux, Dominique Léandri, Jean-Sébastien Rampazzi.

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" On ne naît pas femme, on le devient " affirmait à juste titre, Simone de Beauvoir.
Découvrir que l'on est femme en dansant le tango (cette danse pratiquée initialement par les hommes) peut être la solution.
Parfaite illustration du couple où l'un conduit tandis que l'autre se soumet délibérément à sa volonté mais aussi parfois, anticipe, devine ...
Si " Le coeur n'est pas moderne " comme le prétend Martine Drai au moyen de ce titre où l'humour n'est pas absent, d'autres vous diront que le coeur ne vieillit jamais.

Les diverses formes de danses se succèdent au fil du temps et des modes mais le tango, lui est éternel.
Par ce spectacle incluant les diverses formes d'expression : parole, musique et danse, nous allons effectuer un tour d'horizon des multiples situations rencontrées en pareille circonstance.
Les couples se croisent, s'enlacent, permutent, se racontent ...
Celui-ci est timide et cet autre expérimenté. Grâce au tango, une femme peut se révéler farouche ou provocante, sensuelle ou ... complètement coincée.
Aller danser correspond à un rendez-vous que l'on aurait avec plusieurs mais sans les conséquences habituelles.

Corps à corps, coeur à coeur pour une durée déterminée. C'est en quelque sorte une parenthèse que l'on ouvre et referme à loisir. On peut discuter entre chaque danse, se livrer à toutes les contradictions possibles et imaginables, puisqu'en revanche sur la piste, l'accord doit être parfait.
Ce spectacle est composé de séquences évocatrices, explicatives même car chaque personnage se livre, se raconte, nous dit ce qu'est sa vie en des temps de pose situés en bordure de piste avant que le rythme entraîne tout car rien ne résiste au tango. Tenez, pas même un aspirateur ! (allez voir, vous comprendrez). C'est un spectacle original dont on ressort avec une furieuse envie de danser.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

  

18.03.2008

Les Combustibles de Amélie Nothomb

Théâtre Daniel Sorano

16, rue Charles Pathé

94 VINCENNES

(métro : Château de Vincennes - RER : Vincennes.)

Du : 12 Mars au 20 Avril 2008 

du mercredi au samedi à 20h.45, dimanche à 16h.

Mise en scène : Stéphane Cottin

avec : Julie Turin, Michel Boy & Grégory Gerreboo

Scénographie : Sophie Jacob.

 

Nous fûmes nombreux à avoir lu " Les Combustibles " d' Amélie Nothomb et certains ont même assisté à ce que fut la création de la pièce il y a quelques années, à l' Essaïon de Paris avec Arlette Théphany dans le rôle du professeur, ce qui n'avait pas manqué d'en surprendre plus d'un ...

Ici, le rôle sera confié de façon plus logique à Michel Boy grand gaillard à la voix tonitruante qui résiste au froid tout en refusant d'enfiler un pardessus uniquement par principe.

L'action se déroule donc dans cet appartement envahi de livres (logique puisque nous sommes au domicile de ce professeur d'Université). Des bruits de guerre parviennent jusqu'à nous et s'aventurer à l'extérieur équivaut à un acte de suicide. Pour compagnons cet homme a un ancien élève devenu à son tour enseignant et la dernière conquête de ce dernier à qui le vieil homme offrira une hospitalité pas tout à fait désintéressée. En période de guerre quand la faim et le froid se font pressants la seule chose qui distingue encore l'homme de l'animal est sans nul doute la faculté de lire afin que passe ce " temps libre obligatoire "
Le froid hivernal (nous sommes d'évidence dans un pays de l' Est et l'on pense immédiatement à l'ex-Yougoslavie) a consumé tous les meubles que les flammes ont dévorés un à un puis, au risque d'y laisser sa vie, on a commencé par ramasser des planches que les bombardements fournissaient en détruisant les maisons.
Maintenant, que sortir est devenu quasi impossible, il ne reste rien ou presque sinon les livres, ces chers compagnons dont on a dit jadis que l'on ne s'en séparerait pas pour un Empire !
Inactivité et froid aidant, Daniel se recroqueville de plus en plus tandis que Marina insiste avec véhémence pour que ces ouvrages reliés fournissent le combustible indispensable à leur survie à tous trois. C'est alors que l'évaluation des oeuvres va commencer puisqu'il s'agit maintenant de " mesurer le poids des mots à la valeur d'une flamme ".
Apparemment, celle du professeur n'est pas encore éteinte mais va se révéler bien insuffisante à réchauffer la jeune femme qui oppose à ce cynique un évident esprit pratique. La vivacité de Julie Turin fait merveille dans ce rôle de victime qui n'en est pas une tandis que Grégory Gerreboo semble en comparaison un peu statique tant son personnage au fort penchant idéaliste est emprisonné par son admiration pour " le Maître " qui se transformera en agressivité après avoir surpris ce qu'il était censé ignorer ...
Une parenthèse musicale et chorégraphique (à découvrir) tombe à point nommé pour réchauffer l'atmosphère de cette pièce dont le cynisme s'il ne nous faisait tant rire aurait suffi à nous glacer.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

Marie Stuart de Friedrich Schiller

THEATRE 13

103A, bd. Auguste Blanqui 75013 Paris

(métro : Glacière)

Loc. 01 45 88 62 22

Mardi, mercredi, vendredi à 20h.30

Jeudi & samedi à 19h.30

Dimanche à 15h.30

Mise en scène : Fabian Chappuis

avec Pascal Ivancic, Philippe Ivancic, Stéphanie Labbé, Jean-Christophe Laurier, Aurélien Osinski, Benjamin Penamaria, Sébastien Rajon, Isabelle Siou, Jean Tom, Marie-Céline Tuvache.

Du 11 Mars au 20 Avril 2008 

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Problèmes financiers aidant, les productions théâtrales sont souvent contraintes d'adapter certaines oeuvres dites classiques en réduisant le nombre de personnages. On en profite alors pour réactualiser le discours avec, pourquoi pas, quelques clins d'oeil à l'actualité. Ici, c'était plus difficile car le conflit qui opposa Elisabeth 1ere (la grande !) à Marie-Stuart est archi-connu. En plus des pièces inspirées du thème, maints films ont été tournés et par conséquent notre esprit critique s'en trouve obligatoirement aiguisé.
Une évidence s'impose, il convient de soigneusement choisir les deux piliers de la pièce (entendez ces deux femmes avides de pouvoir) et si je fus surprise de découvrir une Elisabeh brune et une Marie blonde, vous allez peut-être dire que je chipote ? Or, nous possédons des portraits de l'une et de l'autre et si l'on veut être crédible mieux vaut se rapprocher le plus possible des originaux. Il est vrai que certains ont déjà eu l'idée de confier le rôle d' Hamlet à un africain et pourquoi pas Othello à un nordique ? Bref, passons ...
Marie-Céline Tuvache possède un style de jeu évident et a juste un peu trop tendance à le mettre en avant mais qui peut le plus peut le moins ... Je n'ai rien à redire concernant cette Marie-Stuart  (bien que blonde) à l'expression intelligente (sans doute plus que son modèle) sinon que l'une et l'autre m'ont semblé ne pas s'être suffisamment imprégnées de la distance que leur personnage respectif devait maintenir vis à vis des autres mortels. Les moeurs en vigueur à l'époque de la royauté ne datent pas d' hier certes mais nous savons toutefois que le protocole empêche toujours que l'on touche l'actuelle reine d' Angleterre. Là encore, c'est un détail mais qui a son importance.
La rencontre entre les deux femmes n'a eu lieu que dans l'imagination de l'auteur et en réalité Elisabeth n'a accepté de condamner sa soeur (pris dans le sens large du terme) que contrainte et forcée.
L'espace scénique symbolisant tous les endroits où se déroule l'action est recouvert d'une matière fine et scintillante qui fait penser à du mâchefer que l'on serait parvenu à rendre silencieux. Afin que les costumes des deux reines attirent notre attention peut-être, les comédiens seront vêtus de façon identique, le noir étant la couleur symboliquement choisie. Entre chaque scène, ils iront tous se ranger en haut du plateau, côté jardin pouvant figurer ainsi des gens de cour silencieux et présents.
La pièce dure 2 heures sans entracte et il est évident qu'il conviendrait de revenir la voir courant avril quand l'esprit du texte aura imprégné chacun et que le rythme de croisière aura eu tout loisir de s'installer.

Simone Alexandre

Theatrauteurs.com

  

17.03.2008

La mouette de Tchekhov

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08.03.2008

GUANTANAMOUR de Gérard Gelas

VINGTIEME THEATRE
7, rue des Platrières 75020 Paris
(M° Ménilmontant)
Tél. 01 43 66 01 13

Du mercredi au samedi à 21h.30
Dimanche à 17h.30
Jeudi 13,20,27 mars à 14h.30

Du 7 mars au 27 avril 2008

Texte et mise en scène : Gérard Gelas
avec Guillaume Lanson & Damien Rémy.

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Une cage contenant deux hommes, l'un tour-à-tour assis ou debout, en uniforme de G.I., l'autre couché le nez barré d'un pansement, bras et jambes chargés de chaînes porteur d'une tenue orange bien dissuasive en cas de projet d'évasion (à peine envisageable ! ) L' Amérique de Bush face aux combattants de Ben Laden se trouve résumée par ces deux hommes.
Inégalité flagrante de la situation. Rassoul, membre présumé d' Al Quaïda supporte la situation avec une dose d'humour surprenante. Son gardien, Billy Harst joue plus les lions en cage que lui. Ce dernier fut bien entendu conditionné à mort. Le bon droit est de son côté, l'axe du mal passe par ce chariot roulant sur lequel le prisonnier récupère entre chaque interrogatoire. En théorie, ils n'ont pas le droit de se parler mais peu à peu, l'un et l'autre vont enfreindre la règle pourtant draconienne et l'inimaginable va se produire ...
Tous deux traînent un lourd passé derrière eux. Les idéologies sont contraires pire antagonistes ! Ce climat de guerre à l'origine de leur rencontre a exacerbé les idées reçues, aiguisé la haine (surtout chez le gardien), le captif faisant rapidement preuve d'une culture supérieure au premier.
Je vous laisse découvrir la suite car cette rencontre ne se raconte pas, elle se vit tout simplement et les deux comédiens proposent un contraste de jeu très intéressant.

Simone Alexandre

Theatrauteurs.com

 

Mère Courage et ses enfants de Bertolt Brecht.

Théâtre Artistic Athévains
45 bis rue Richard Lenoir 75011 Paris
(M° Voltaire)
Tél. 01 43 56 38 32
Pl. 30€ - TR. 15 & 20€
-26 ans : 10€

Mardi à 20h. Mercredi & jeudi à 19h.
Vendredi & samedi à 20h.30
Dimanche à 16h.

Traduction : Benno Besson et Geneviève Serreau
Musique : Paul Dessau.
Mise en scène : Anne Marie Lazarini.

avec Sylvie Herbert, Judith d'Aleazzo, Bruno Andrieux,
Cédric Colas, David Fernandez, Hervé Fontaine, Claude Guedj, Frédérique Lazarini, Maximilien Neujahr, Michel Ouimet,
Marc Schapira, Tommaso Simioni.

création : Les Athévains

Difficile, il est vrai de succéder à Nada Strancar dans Mère Courage et ceux qui l'on vue (j'en suis) ne sont pas près de l'oublier. Il y a également les enregistrements de Germaine Montéro mais en ce cas, on ne jouerait plus rien allez vous dire ... Il convient donc de replacer la pièce dans le contexte qui nous est proposé. Anne Marie Lazarini a voulu pour le décor, une dominante de blanc afin d' évoquer cette Guerre de Trente Ans dont les mauvaises langues diront qu'elle l'a confondue avec la retraite de Russie laquelle a du paraître bien longue à ceux qui en sont revenus ...
Anne Fierling interprète son personnage en force, silhouette massive, visage nu mais à la guerre comme à la guerre, n'est-ce-pas et puis cette fameuse " distanciation brechtienne " n'a t'elle pas été remise en cause par l'auteur lui même à la fin de sa vie ? Certains l'ont affirmé.
Tout repose sur les épaules de cette femme d'exception qui mène sa carriole comme un chef d'entreprise, ne reculant devant rien pour poursuivre son activité.
Elle trouve cette guerre abominable certes, comme tout le monde mais redoute encore plus la paix et son cortège de misère.
La guerre va lui prendre ses deux garçons issus de pères différents (en voyant celui qu'elle surnomme Petit-Suisse, il est difficile d'en douter) et elle a auprès d'elle cette fille, muette qu'elle incite à s'enlaidir pour ne pas éveiller la convoitise des soldats. Il arrivera ... ce qui devait logiquement arriver et mère Courage restera seule avec sa carriole qu'elle devra tirer seule jusqu'au bout de la guerre.
L'engagement politique de Brecht est connu de tous et ce thème tombe à point nommé pour nous aider à réfléchir en fonction de tout ce qui se passe dans le monde actuel.

Simone Alexandre
Theatrauteurs.com

La Mouette de Anton Tchekhov

THEATRE de la TEMPETE
Cartoucherie de Vincennes
Route du Champ de Manoeuvre
75012 PARIS.
(M° Château de Vincennes + navette Cartoucherie)
Tél. 01 43 28 36 36
www.la-tempete.fr
Pl. 18€ TR.13/10€ mercredi : 10€

du mardi au samedi à 20h.
mat. le dimanche à 16h
vendredi 28 mars à 14h.
du 4 au 28 mars 2008

texte français : Philippe Adrien & Vladimir Ant (L'Arche éditeur)
mise en scène : Philippe Adrien.

avec Margarete Biereye (Arkadina) - Pascal Rénéric (Treplev) - David Johnston (Sorine) - Julie Biereye (Nina) -
Arno Chevrier (Chamraiev) - Anne de Broca (Paulina) -
Larissa Cholomova (Macha) - Georges Bigot (Trigorine) - Stéphane Dausse (Dorn) Christophe Kourotchkine (Medvedenko) Vladimir Ant (Iakov)

 

Encore une nouvelle traduction de Tchekhov diront certains. Or, si quelques unes n'étaient pas indispensables, celle ci n'est pas inutile, bien au contraire car nous n'avons jamais autant aimé ses personnages ...
L'univers de Tchekhov nous fut très souvent présenté comme un lieu un peu brumeux peuplé de caractères étranges glissant sur la vie sans vraiment y adhérer, comme si le sort de l'homme était de s'ennuyer beaucoup avant de disparaître ... La formule avait autant de charme que d'inconsistance. Un ton général englobe habituellement la pièce alors qu'ici chacun (comme dans la vie) possède son expression bien particulière. Il en résulte une impression de relief inusitée. Margarete Biereye et son subtil accent nous campe une Arkadina d'une indéniable élégance tandis que Treplev (Pascal Rénéric) nous émeut plus qu'aucun comédien interprétant ce rôle n' était parvenu à le faire avant lui. Son amour malheureux pour Nina est aggravé par celui qu'il a toujours voué à cette mère égoïste, trop imbue d'elle même et qui bien entendu ne peut qu'être attirée par l'indifférence d'un Trigorine.
Le dépouillement de la scénographie réalisée par Yves Collet déroute tout d'abord un peu mais la raison se justifie d'elle même lorsque nous découvrons la qualité de jeu des interprètes.
La drôlerie se révèle portée notamment par le jeu inventif de David Johnston (Sorine) à la savante fantaisie. Cet amour impossible car non réciproque que se vouent les personnages est à la fois sublime et dérisoire, la meilleure illustration étant cette scène de récupération active lorsque Arkadina repoussée par le volage Trigorine finit par triompher de ce dernier.
On sort de la salle avec l'impression d'avoir enfin vécu Tchekhov.

Simone Alexandre

theatrauteurs.com

04.03.2008

MESSAGE DESTINE AUX LECTEURS & ATTACHES DE PRESSE.

Désolée mais par suite de problèmes indépendants de ma volonté, j'ai durant une semaine été privée de l'accès à l'administration du blog Hautetfort relookant son support; j'ai donc pris quelque retard dans la parution de mes chroniques et suis encore actuellement dans l'impossibilité d'ajouter des photos. Veuillez m'en excuser.

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