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18/03/2008

Les Combustibles de Amélie Nothomb

Théâtre Daniel Sorano

16, rue Charles Pathé

94 VINCENNES

(métro : Château de Vincennes - RER : Vincennes.)

Du : 12 Mars au 20 Avril 2008 

du mercredi au samedi à 20h.45, dimanche à 16h.

Mise en scène : Stéphane Cottin

avec : Julie Turin, Michel Boy & Grégory Gerreboo

Scénographie : Sophie Jacob.

 

Nous fûmes nombreux à avoir lu " Les Combustibles " d' Amélie Nothomb et certains ont même assisté à ce que fut la création de la pièce il y a quelques années, à l' Essaïon de Paris avec Arlette Théphany dans le rôle du professeur, ce qui n'avait pas manqué d'en surprendre plus d'un ...

Ici, le rôle sera confié de façon plus logique à Michel Boy grand gaillard à la voix tonitruante qui résiste au froid tout en refusant d'enfiler un pardessus uniquement par principe.

L'action se déroule donc dans cet appartement envahi de livres (logique puisque nous sommes au domicile de ce professeur d'Université). Des bruits de guerre parviennent jusqu'à nous et s'aventurer à l'extérieur équivaut à un acte de suicide. Pour compagnons cet homme a un ancien élève devenu à son tour enseignant et la dernière conquête de ce dernier à qui le vieil homme offrira une hospitalité pas tout à fait désintéressée. En période de guerre quand la faim et le froid se font pressants la seule chose qui distingue encore l'homme de l'animal est sans nul doute la faculté de lire afin que passe ce " temps libre obligatoire "
Le froid hivernal (nous sommes d'évidence dans un pays de l' Est et l'on pense immédiatement à l'ex-Yougoslavie) a consumé tous les meubles que les flammes ont dévorés un à un puis, au risque d'y laisser sa vie, on a commencé par ramasser des planches que les bombardements fournissaient en détruisant les maisons.
Maintenant, que sortir est devenu quasi impossible, il ne reste rien ou presque sinon les livres, ces chers compagnons dont on a dit jadis que l'on ne s'en séparerait pas pour un Empire !
Inactivité et froid aidant, Daniel se recroqueville de plus en plus tandis que Marina insiste avec véhémence pour que ces ouvrages reliés fournissent le combustible indispensable à leur survie à tous trois. C'est alors que l'évaluation des oeuvres va commencer puisqu'il s'agit maintenant de " mesurer le poids des mots à la valeur d'une flamme ".
Apparemment, celle du professeur n'est pas encore éteinte mais va se révéler bien insuffisante à réchauffer la jeune femme qui oppose à ce cynique un évident esprit pratique. La vivacité de Julie Turin fait merveille dans ce rôle de victime qui n'en est pas une tandis que Grégory Gerreboo semble en comparaison un peu statique tant son personnage au fort penchant idéaliste est emprisonné par son admiration pour " le Maître " qui se transformera en agressivité après avoir surpris ce qu'il était censé ignorer ...
Une parenthèse musicale et chorégraphique (à découvrir) tombe à point nommé pour réchauffer l'atmosphère de cette pièce dont le cynisme s'il ne nous faisait tant rire aurait suffi à nous glacer.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

17:24 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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