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19.02.2008
Le Journal d'une femme de chambre d' Octave Mirbeau
GUICHET-MONTPARNASSE
15, rue du Maine 75014 PARIS
(M° Gaité)
Loc. 01 43 27 88 61
Pl.18€ - TR. 13€
2 spectacles dans la même soirée : 26€
chaque samedi à 19h.
du : 16 février au 3 mai 2008
Mise en scène : William Malatrat.
avec Karine Ventalon
ou Virginie Mopin.
Le Théâtre du Guichet Montparnasse nous propose chaque samedi à 19h." Le Journal d'une femme de chambre " roman illustre du non moins illustre Octave Mirbeau.
Luis Bunel en tira un film que tout le monde a vu et revu avec Jeanne Moreau dans le rôle titre. Pourquoi effectivement, ne pas en tirer un monologue puisque le rôle est d'évidence porteur ? William Malatrat en signe ici la mise en scène avec deux comédiennes jouant en alternance.
Je vis Karine Ventalon grande et blonde silhouette, peut-être un peu trop clean pour ce personnage de soubrette canaille à l'évidente sensualité.
Une voix off fredonne une rengaine très connue mais les escaliers de la Butte se réduisent ici à ceux de la trappe d'où surgit notre interprète, telle la domestique à qui l'on aurait demandé de remonter une bonne bouteille poudreuse enfouie à la cave. Une valise sera le seul accessoire symbolisant l'ameublement. Un journal en sortira et nous découvrirons alors les vicissitudes de l'emploi.
Douze places en deux ans, cela vous forge le caractère ! Plus rien ne peut surprendre en cette société qui a pensé à protéger les animaux mais pas le personnel. Maître et domestiques entretenaient parfois de bien étranges relations et peu à peu, ceux qui exercent cette profession n'ont rien à leur envier sur le plan des complications mentales.
Quelle sourde attirance Joseph exerce t' il sur cette jeune femme venue de la ville qui ne nourrit pourtant aucune illusion le concernant ? Pire, elle est convaincue qu'il a violé puis tué la petite Claire et cependant envisage de lier son sort au sien. Méandres de l'âme humaine : attraction-répulsion, qui des deux aura le dernier mot ? Allez découvrir ou vous remémorer ce texte dit avec intelligence et dans la plus grande sobriété bien qu' une once de canaillerie supplémentaire eut selon moi, été souhaitable. Peut-être la seconde interprète, Virginie Mopin l'apporte t'elle ? A vérifier.
Simone Alexandre
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15:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
LE PLAN B de Andrew Payne
STUDIO des CHAMPS ELYSEES
15 avenue Montaigne 75008 PARIS
(M° Alma-Marceau)
Loc. 01 53 23 99 19
www.comediedeschampselysees.com
Pl. 36/30 & 10€ pr les -26ans.
Du mardi au samedi à 21h.
matinée les samedi & dimanche à 16h.30
Adaptation : Vanessa Chouraqui et Robert Plagnol
Mise en scène : Michel Fagadau assisté de Juliette Moltes
avec Aura Atika, Robert Plagnol, Natacha Régnier, Thomas Chabrol.
Rapports ambigus, conflictuels entre deux couples ...
Craig (Thomas Chabrol) est un mari violent, nettement alcoolique qui passe son temps à humilier Sarah (Aure Atika) laquelle supporte la situation grâce à l'emprise qu'elle exerce sur Tom (Robert Plagnol) ami d'enfance de son époux, en un évident phénomène de compensation.
Annie (Natacha Régnier) est l'actuelle petite amie de Tom, fille naïve à l'admiration maladive et que bien entendu Sarah ne pense qu'à évincer.
Nous allons passer d'un appartement à l'autre afin de les voir vivre ensemble ou par couples, les drogues en vigueur étant le vin qui coule à flot et la coke qui peu à peu rend Tom complètement fou. Jalousie, domination incluant une forme de sadisme sont au rendez-vous.
Le climat est bien évidemment intense et le jeu des comédiens va crescendo.
La mise en scène de Michel Fagadau est calquée sur l'affiche, mosaïque de personnages qui vont et viennent au rythme d'un rock déjanté.
Car les comédiens jouent les déménageurs entre chaque tableau afin d'éviter bien sûr ces noirs qui n'auraient pas manqué de ralentir l'action mais ces déplacements ont pour fâcheuse conséquence de nous rappeler que nous sommes spectateurs alors même que l'histoire de ces personnages nous impliquait de plus en plus. Dommage ...
A une exception près (je ne dirai pas laquelle), les comédiens sont parfaits dans leur rôle respectif. La pièce est bien évidemment à voir et apprécier à plus d'un titre.
Simone Alexandre
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15:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
ARCHIPEL, comédie noire futuriste.
le TARMAC de la Villette
Parc de la Villette
211, av. Jean Jaurès
75019 PARIS
(M° Pte de Pantin)
Loc.01 40 03 93 95
www.letarmac.fr contact@letarmac.fr
Pl. 16€ TR : 12€
Du mardi au vendredi à 20h.
sam. 23/2 & 8 mars à 16h.
sam.1er & 15 mars à 20h.
Du 19 février au 15 mars 2008
Création en langue française au TARMAC.
Texte & mise en scène : Issam Bou Khaled
avec : Roger Assaf, Béchara Atallah, Sawsan Bou Khaled, Bernadette Houdeib. (Collectif SHAMS de Beyrouth)
Avant que le spectacle commence, le metteur en scène vient nous présenter la pièce et jamais l'expression " l'humour est la politesse des désespérés" n'a autant justifié son emploi.
En résumé, il nous signale que le Liban avance sur la mer de guerre en guerre et qu'à force d'y jeter les décombres successifs de ses habitations. on pourra un jour traverser à pied sec et rejoindre ainsi l'île de Chypre ...
En attendant, courageusement les libanais reconstruisent, encore et encore sans oser imaginer quand cela prendra fin.
Il fut une époque pourtant où le pays pouvait être comparé au paradis sur terre, où tous les mouvements de pensée cohabitaient de façon pacifique. Ceux qui ont connu ces temps disparaissent peu à peu ... il y a déjà si longtemps !
Nous voilà en 2100 et nous découvrons un décor apocalyptique : la mousse recouvre le sol, un vieil homme dans les yeux duquel des herbes ont poussé est immergé dans une conduite d'eau, une femme enceinte émet des borborygmes, la bouche pleine d'herbe aussi, un troisième personnage a les oreilles envahies de verdure.Croyant traverser le Styx, dans quel cul de basse fosse sont ils tombés ? ...
Au dessus d'eux, on entend toujours la guerre qui gronde.
Un moustique femelle, sorte d'enfant éprouvette jeté suite à un défaut de fabrication va les rejoindre et leur racontera ensuite, après sa mort, les scènes d'horreur vécues là-haut.
Les fantômes conjugués de Goya et de Brueghel semblent avoir brossé cette toile apocalyptique. La danse macabre à laquelle nous assistons prend parfois des allures de comédie musicale. L'espoir perdurerait-il dans le coeur des hommes après leur mort ? Passé l'instant de surprise, cette pièce fantasmagorique nous scotche à notre siège, nous fascine nous permettant de mesurer le privilège immérité de ceux qui visitent les Enfers en touristes.
Par solidarité avec nos amis libanais, il faut absolument aller voir ce spectacle mais pas seulement car le talent d' Issam Bou Khaled mérite que lui rendent hommage d'innombrables spectateurs.
Bravi émus et reconnaissants ...
Simone Alexandre
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14:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.02.2008
ASHES TO ASHES de HAROLD PINTER
THEATRE ESSAION
6, rue Pierre au Lard 75004 PARIS
(M° Rambuteau - Hôtel de Ville)
Loc. 01 42 78 46 42
Les jeudi, vendredi & samedi à 21h.30
jusqu'au : 19 Avril 2008
Mise en scène : Claude BAZIN
avec Karine ADROVER & Eric FRANQUELIN
C'est la mode ! Depuis quelques temps, l'écran de projection s'invite dans les théâtres, comme si la présence de comédiens ne nous suffisait plus, comme si nous avions besoin de cette distance pour comprendre ce qui nous est dit.
Le Nouvel Ordre Mondial est une métaphore (au demeurant, assez concrète) de l'actuelle barbarie. C'est par le bas que nous allons découvrir les personnages, entendez par leurs pieds : deux pieds sont nus et quatre autres chaussés. Devinez où sont les tortionnaires ? ... Car un homme dépourvu de tout vêtement est ligoté sur une chaise, la tête enfouie dans un sac en papier tandis que les deux autres font durer le plaisir en activant l'angoisse de la victime. Nous ne saurons jamais pourquoi ils sont là, pourquoi la femme enceinte fut elle aussi capturée et qui sont ces deux affreux.
La vidéo dure 7 mn mais a parfaitement réussi la mise en condition prévue.
Distribution : Richard Perret, Elrik Thomas, William Astre,
Julie Biereye.
Ashes to ashes peut commencer sur les cendres chaudes de l'introduction évoquée. Nous découvrons alors une chambre-salon et un couple exhibant sa parade amoureuse en une danse improvisée. Il n'est pas rare que certains évoquent leur expérience en faisant allusion à celui ou celle qui a précédé. Petit jeu pervers des comparaisons ...
On remue les braises afin de mieux attiser le feu qui couve. Voyons si les flammes seront plus belles que par le passé ? -
Exercice dangereux auquel s'adonnent un certain nombre d'entre nous. Rebecca place t'elle cet homme sur le terrain de la compétition ou bien invente t'elle pour mieux l'exciter ?
Devlin voudra en savoir plus et derrière son calme apparent, brûle de savoir à quoi ressemblait celui qui l'a précédé ?
Au fait, était-ce avant ou en même temps ? ...
Le poison est instillé, il envahit l'esprit de celui qui écoute ces amorces de confidences.
Pinter excelle à décrire les rapports tordus entre deux êtres mais l'imagination a ses limites et le sujet se révèle ici trop mince pour satisfaire tout à fait un public dont on perçoit çà et là, les bâillements étouffés.
En une politique du chat qui se mord la queue, une annonce faite avant que le spectacle commence, indiquait que pour ceux qui voudraient rester, un psy' animerait le débat en fin de représentation.
(histoire de sodomiser un peu plus les mouches ? ...)
Etrange tout de même, d'être obligé d'expliquer le thème d'une pièce à laquelle on vient d'assister. Mais celle ci en est-elle réellement une ?
Simone Alexandre
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13:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
LE BAL DE KAFKA de Timothy Daly
Théâtre de l'Opprimé
80, rue du Charolais 75012 Paris
(M° Dugommier, Gare de Lyon, Reuilly Diderot)
Tél. 01 43 40 44 44
Pl. 15 & 10€
Du mercredi au samedi à 20h.30
Dimanche à 17h.
jusqu'au : 15 Mars 2008
Traduction : Michel Lederer
Mise en scène : Isabelle Starkier.
avec : Sébastien Desjours, Anne Le Guernec, Anne Mauberret, Pierre-Stefan Montagnier, Erika Vandelet.
Nul n'est besoin de se cantonner à ce que l'on a coutume de désigner par le terme " grandes salles " pour trouver d'excellentes réalisations et celle ci en est une, sans contestation possible. Scénographie minimale, réduite à une sorte de plateau qui sera tour à tour, table sur laquelle Kafka écrit, (table familiale également) espace scénique puisque nous allons assister au phénomène du théâtre dans le théâtre ...
Lorsque Franz s'endort sur ses écrits, nous passerons subtilement du rêve à la réalité étant alors dans l'esprit de l'auteur pour découvrir un peu plus tard sa vraie vie.
Il est impossible de nommer ici un ou une comédienne plus qu'un(e) autre tant ils se révèlent tous excellents.
Ceux qui n'auraient pas lu la vie de Kafka narrée par Max Brod vont découvrir ici l'auteur sans risque d'être égarés car Timothy Daly va constamment " au coeur des choses " ...
L'humour est omniprésent et le charme de ce spectacle indéniable. Le rythme est rapide et quand on se retrouve dehors avec les mains en feu, c'est pour se dire qu'on y retournerait bien. Sciemment, je ne vous donnerai pas plus de détails car il faut absolument que vous alliez les découvrir et il serait criminel d'émousser ce que, grâce à eux, vous allez vivre.
Simone Alexandre
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08:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.02.2008
L' ANTICHAMBRE de Jean-Claude Brisville
Théâtre HEBERTOT
78 bis, bd des Batignolles
75017 PARIS
(M° Villiers)
Loc. 01 43 87 23 23
Pl. de 15 à 42€
Du mardi au samedi à 21h.
matinée samedi à 18h.
& dimanche à 16h.
Mise en scène, Christophe LIDON assisté de Nathalie NIEL
avec Danièle LEBRUN, Roger DUMAS, Sarah BIASINI.
Retour au Siècle des Lumières dont nous nous sommes tant éloignés. L'élégance pouvait alors s'offrir le luxe d'être subversive. On refaisait le monde dans les salons.
Démarche vaine, allez-vous dire ? Que nenni !
C'est de la confrontation des idées que naît la lumière et non pas de cette pensée unique dans laquelle nous sombrons trop souvent par paresse ou manque de conviction.
Madame du Deffand symbolise le courant conservateur mais accueille en son salon des philosophes aux idées modernes pour ne pas dire, révolutionnaires.
Ce n'est pas par hasard si les costumes conjuguent les diverses nuances de l'automne, soulignant ainsi le charme finissant de certaines idées afin que d'autres les remplacent plus aisément.
Le décor évoluera jusqu'à se rétrécir en toute fin, quand la dame dont l'acuité visuelle n'a cessé de diminuer restera en tête à tête avec elle-même et ses illusions mondaines perdues ...
Le souci des convenances était vécu de façon réductrice par sa protégée qui lui opposera une superbe revanche !
On aime les personnages dépeints par Jean-Claude Brisville et cela même quand on ne partage pas leurs idées car tous sont attachants.
Danièle Lebrun est formidable, comme d'habitude mais comment pourrait-il en être autrement ? Elle incarne le personnage de la maîtresse de céans avec cette précision terrible qu'on lui connaît.
La bonhomie de Roger Dumas dominée par la personnalité de la dame fait ici merveille.
Quant à Sarah Biasini, cette dernière a ce qu'il faut d'enthousiasme lucide et de détermination pour justifier les évênements.
La mise en scène de Christophe Lidon est le juste écrin pour un texte que l'on savoure porté par de tels interprètes. Un sans faute par conséquent et un pur moment de bonheur.
Simone Alexandre
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14:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.02.2008
Femmes de Manhattan de John Patrick Shanley
LA MANUFACTURE DES ABBESSES
7, rue Véron 75018 PARIS
(M° Abbesses ou Blanche)
Loc. 01 42 33 42 03
www.manufacturedesabbesses.com
Pl. 20 & 12€
Jeudi, vendredi, samedi à 21h.
Jusqu'au : 29 mars 2008
Mise en scène : Mitch Hooper
avec Isabel de Francesco, Blanche Veisberg, Sophie Vonlanthen, Walter Hotton, Marc Stussy.
De quoi parlent la majorité des femmes quand elles sont entre elles ? D'hommes, bien entendu.
De même qu'eux, de leur côté ...
Trois trentenaires dont l'une semble un tantinet éméchée, échangent impressions et confidences. C'est le soir, nous sommes à Manhattan en une époque où la gent féminine a la réputation d'être libérée.
On apprend rapidement que Billie est "très flirt" comme on dit. Pourtant elle est mariée et son époux l'adore au point de continuer à lui faire la cour après des années de mariage. (Cherchez l'erreur).
Rhonda Louise a flanqué Jerry à la porte mais ne peut se résoudre à faire disparaître les baskets du monsieur qui stationnent en plein milieu du salon.
(Cherchez la signification)
Enfin Judy convaincue que tous les hommes ou presque sont gays mais dont l'habillement est selon ses deux amies, un obstacle aux rencontres avec l'autre sexe, aura droit à quelques conseils indispensables. Du reste, Billie va arranger cela en organisant une rencontre ...
(Cherchez le mâle)
Ce dernier va se présenter sous l'apparence d'un superbe black, Duke très policé, connaissant les femmes par coeur mais qui, si l'on en croit le témoignage qui ne manquera pas de suivre, se comporte comme une vraie bête au lit.
(Inutile de chercher l'idée reçue).
John Patrick Shanley, (originaire du Bronx), après avoir obtenu un oscar du meilleur scénario en 1988 a décroché le prix Pulitzer en 2005 ce qui, selon moi - ne suffit pas à en faire un bon auteur de l'autre côté de l' Atlantique.
Le moment le plus charmant de la pièce est celui qui illustre la rencontre entre Duke et Judy mais cela repose avant tout sur la qualité de jeu de Marc Stussy.
Aucun reproche ne saurait être adressé aux autres interprètes qui font ce qu'ils peuvent avec un texte qui ne correspond pas exactement à notre mentalité profonde.
Cela dit, transposez aux Etats-Unis un texte typiquement français et à moins d'une exception qui confirmera la règle, les conséquences seront identiques.
Simone Alexandre
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16:00 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Voyage en Sicile de Luigi Pirandello
THEATRE de l' ATHENEE
Square de l' Opéra Louis Jouvet
7, rue Boudreau 75009 PARIS
M° Opéra
loc. 01 53 05 19 19
Pl. 28,23,12 & 10€
Du jeudi 7 au samedi 23 février 2008
mardi 19h - du mercredi au samedi à 20h.
mat.except. dim 17 à 16h
& sam. 23 à 15h.
Traduction, Jean-Loup Rivière,
mise en scène : Jean-Yves Lazennec.
2 pièces en 1 acte ...
- La fleur à la bouche,
avec Philippe Bombled, Jean Claude Frissung.
- Cédrats de Sicile,
avec Philippe Bombled, Chantal Deruaz, Jean-Claude Frissung, Christian Peythieu, Sophie Tellier.
Très curieusement, La fleur à la bouche écrite en 1923 va se révéler l'introduction idéale à Cédrats de Sicile écrite bien avant (en 1910) or nous savons que si l'oeuvre de Pirandello fut étroitement inspirée par sa vie, l'homme nourrissait des rapports particuliers à l'égard du temps. Il écrivait (nous dit-on) sous l'empire d'impulsions soudaines qu'il soumettait ensuite à une vigilante réflexion. La notion initiale de temps se trouvait donc abolie. On ne peut trouver mieux que le voyage pour symboliser le passage d'un état à un autre et précisément voilà un homme chargé de bagages (tout comme notre écrivain) qui vient de rater le dernier train. Il ne lui reste plus pour traverser la nuit que ses réflexions et ce providentiel interlocuteur, cet insomniaque surnommé " l'homme à la fleur à la bouche " auquel il pourra conter ses déboires familiaux.
Tel un ange bruyant, un train passe et cette fois c'est Micuccio que nous allons récupérer, lui pour qui le temps est encore immuable ainsi que les espoirs qui y sont liés. Teresina est devenue une cantatrice célèbre et l'écart s'est creusé entre elle et ce modeste joueur de piccolo. Marta, la mère tentera de rendre moins brutale la découverte mais en vain.
Ces deux textes sont servis par d'excellents interprètes et le seul regret que nous pourrions avoir est que le spectacle ne dure pas plus longtemps mais quelqu'un a dit je crois qu'il valait mieux laisser les spectateurs sur leur faim. Pirandello a donc réussi à émoustiller notre imagination et nous repartons avec la satisfaction d'avoir passé un court mais excellent moment de théâtre.
Simone Alexandre
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15:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
NEIGE d'ETE de Céleste Florain & R.Alexandre de l'Ambre.
THEATRE de MENILMONTANT
15, rue du Retrait 75020 PARIS
M° Gambetta
Loc. 01 46 36 98 60
resa.menilmontant@wanadoo.fr
Pl. 23,50€ & 18,50€
Du 5 février au 6 mars 2008
du mardi au samedi à 20h.45
samedi & dimanche à 16h.
Mise en scène : Daniel Mesguich & Satoshi Miyagi.
avec : Ayako Terauchi, Marie Frémont, Rebecca Stella,
Philippe Noël, Sophie Carrier, Nicolas Chupin, Florent Ferrier, Catherine Berriane, Laurent Montel.
Le travail de Daniel Mesguich s'est toujours distingué par la manifestation d'un grand sens esthétique.
Il en a toujours été de même dans le théâtre asiatique en général et japonais en particulier.
Il était donc quasi inévitable que les deux cultures finissent un jour par se rencontrer afin de faire bloc.
Nous connaissons depuis longtemps l'attirance gémellaire du premier et cette option du théâtre dans le théâtre nous paraît d'autant plus logique.
En un pays d'orient, une troupe a mis en répétition la célèbre pièce : " Dou E, l'innocente condamnée". Climat spécifique à la préparation d'un spectacle avec les éternels comportements de celui qui dirige : " C'est parfait, c'est très bien, MAIS ! "
Dans la salle, les comédiens rient plus que les autres ...
Au fil des incidents de parcours, nous faisons la connaissance de chacun. C'est ainsi que ce personnage agressif va se révèler curieusement paresseux dans la vie ... d'autres seront plus effacés tant le désir de concentrer toute l'énergie sur le rôle, investit l'interprète qui se veut disponible.
Et puis comme toujours, il y a les événements extérieurs et la politique des gouvernants qui régit tout et transforme parfois les êtres en de dérisoires marionnettes.
La pièce avait d'ancestrales racines mais la violence de l'actualité vient de la rattraper. Sciemment, les co-auteurs (Celeste Florian et R.Alexandre de l' Ambre) ont fait en sorte que le spectateur européen ne puisse utiliser la référence unique du Japon.
La langue est là, certes mais la situation politique fait étrangement penser à ce que fut la Chine du temps de Mao quand la répression commença à gangrener le pays. Et puis, à tort ou à raison on pense au théâtre No mais ici certains rôles sont joués par des femmes ...
Au fait ? ... Neige d' Eté est elle une légende chinoise ou japonaise ? Peu importe à notre ignorance européenne puisque la poésie est au rendez-vous.
Ce à quoi nous assistons est agréable à voir et entendre nonobstant les aller-retours un peu agaçants du rideau qui, en marquant le temps, ont pour effet de le ralentir et une sonorisation poussée parfois à l'extrême (simple problème de régie qui a dû depuis trouver la solution puisqu'il s'agissait de la première représentation).
N'importe, les talents conjugués de Daniel Mesguich et de Satoshi Miyagi ajoutés à ceux des interprètes nous font passer une soirée agréablement dépaysante. Qu'ils en soient tous remerciés.
Simone Alexandre
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02.02.2008
Quand nous nous réveillerons d'entre les morts d' Henrik Ibsen
Théâtre du Chaudron
Cartoucherie de Vincennes
Route du Champ de Manoeuvres
75012 PARIS
Loc. 01 43 28 97 04
Pl. 20/15/13€
Représentations à 20h. dimanche à 16h.
relâche, mercredi 6 février.
Variations : Frédéric Vossier
Mise en scène : Jacques David
avec Dominique Jacquet, François Macherey, Claude-Bernard Perot, Pierre Tessier, Johanne Thibaut.
Quelle étrange démarche que celle qui consiste à vouloir, en partant d'une oeuvre qui a forcément son style et son rythme,
" en un geste aussi grave qu'ironique " (je cite) de bousculade et de dépoussiérage du texte du vieux Ibsen (sic et re-sic) y injecter des variations écrites dans le rythme et le lexique organiques ( ... ) de l'auteur dramatique, Frédéric Vossier."
Cette attitude aussi prétentieuse que stupide a pour conséquence de dépoussiérer le texte au papier de verre en le vidant de son essence même.
Messieurs les adaptateurs et metteurs en scène, vous signez là une double trahison, ce qui serait un moindre mal si elle n'était à ce point réductrice.
EXIT certains personnages peut-être pas essentiels mais qui avaient leur raison d'être au sens psychologique du terme.
EXIT les divers lieux où l'action se déroulait pour limiter celle ci à un hôtel dans lequel les personnages (enfin, ceux qui restent) vont aller et venir comme on pourrait le faire en un iieu d'exposition en utilisant un ton aussi convaincu que celui en vigueur lors de certaines générales de presse.
On peut ne pas aimer Ibsen mais en ce cas, qu'on le laisse tranquille !
Cette pièce, la dernière, illustrait bien pourtant l'introversion de celui qui s'était détourné de la trop fidèle reproduction du monde extérieur. Sa passion pour l'art qu'il exerçait, l'incompréhension dont il fut l'objet et qui l'ont mené au seuil du suicide devraient logiquement se retrouver chez Arnold Rubeck lequel a négligé sa vie privée au bénéfice de la création. En Irène il ne voyait que le modèle et non la femme.
Son oeuvre terminée il la remerciera " pour cet épisode ", s'étonnant ensuite de sa disparition.
" Le Jour de la Résurrection " était pourtant leur enfant à tous deux. C'est donc un être mort, au bord de la folie qui revient vers lui, porté(e) par un dessein de vengeance.
Maja est une charmante enfant, à qui si l'on promet la lune entend que l'on aille la lui décrocher. Rien qui puisse inspirer un génie créateur. Elle suivra donc le premier chasseur d'ours venu. La scène si poétique au bord du torrent n'aura pas lieu puisque l'hôtel restera la prison jusqu'à la délivrance finale.
Si nous nous réveillons un jour d'entre les morts, il faudra bien alors rendre des comptes à Ibsen (et à quelques autres, bien entendu).
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
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