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29.01.2008
LES COUSINES de Robert Poudérou
(36ème pièce éditée)
2008 ALNA Editeur.
www.alna-editeur.com
Prix : 14 € TTC.
L'action commence à Paris début juin 1942.
Il fallait alors faire la queue durant de longues heures afin d'avoir une petite chance de remplir un cabas avec ce qui se présentait, bien sûr.
C'était comme les nomme l'auteur : " les queues de la survie. "
Pierre-Jean, célibataire est retraité de fraîche date. Il soupire en vain pour Mélanie ex-enseignante elle aussi qui vit avec Agnès, collègue d'une école privée ...
Il était à l'époque plus que dangereux d'héberger un juif or elles ont accueilli d'un commun accord, Chana jeune fille de 23 ans venue se réfugier chez elles.
Cette dernière est en quelque sorte devenue leur fille à toutes deux.
Pourtant jadis, Agnès a eu un fils parti avec Sylvie leur première protégée. Depuis il n'a plus donné de nouvelles ...
Pierre-Jean va un jour rencontrer ce fils disparu, les sentiments de chacun vont alors s'exacerber, le passé revenir à la surface et la particularité de l'époque poser problème.
Les personnages imaginés par Robert Poudérou utilisent toujours un langage châtié et ce, parfois de façon irréelle, comme s'ils représentaient ce qui doit être, dans son monde à lui. De même qu' Hamilton a choisi le flou pour poétiser les images, notre auteur se meut en une sphère dont toute vulgarité est exclue. Ce choix confère à son écriture un charme quelque peu désuet mais apte à favoriser les nuances.
C'est ainsi qu'il ne vous parlera pas des écrits de quelqu'un(e) mais " d'un journal de coeur et d'âme."
N'allez surtout pas croire que le propos est mièvre car mettre dans la bouche de quelqu'un cette phrase : " - je vous assure que je vous ai toujours préféré à la compagnie d'un chien " en dit long sur sa capacité à réveiller les esprits !
La pièce a déjà fait l'objet de deux lectures publiques, la première incluant la prestigieuse Eléonore Hirt et nous ne pouvons qu'espérer voir ce texte joué très prochainement sur une scène, ici ou ailleurs.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
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28.01.2008
RECEPTION de Serge Valletti
THEATRE des MATHURINS
36, rue des Mathurins 75008 PARIS
(M° Havre-Caumartin)
Loc. 01 42 65 90 00
www.theatremm.com
Tarif unique : 35 €
Du mardi au samedi à 21h.
Matinées le samedi à 16h.60
& le dimanche à 15h.
Mise en scène : Christophe Correia
avec Claire NEBOUT & Jean-Claude DREYFUS.
La scénographie composée d' éléments de guingois est là pour nous avertir que quelque chose ne tourne pas rond, que nous allons être les témoins d'une drôle de nuit ...
Jacques (Jean-Claude Dreyfus) la cinquantaine aussi hirsute que crasseuse est d'une humeur de chien mais c'est peut-être finalement son caractère habituel ?
L' homme est campé derrière son comptoir qu'il bouscule et encombre, tel un bouledogue dans sa niche et à voir son accoutrement, on se demande dans quel bouge l'arrivant vient d'atterrir mais apparemment, il lui en faut plus que cela pour le dérouter !
Celui qui vient d'entrer a le cheveu gomminé et la parole facile du voyageur de commerce en pleine activité. Précisément, il a tout un stock de photocopieuses à fourguer ce dont Jacques n'a que faire, lui et son incroyable myopie.
N'importe, le visiteur insiste et va utiliser tous les arguments imaginables pour parvenir à ses fins,
Une femme est annoncée et le champagne est au frais, sur commande. Le locataire de la chambre disparu, elle fera son apparition, très provocante, robe rouge échancrée et cheveux d'une couleur que la tradition prête aux vamps ...
En dépit de sa résistance, le gros zigoto de la réception ne tardera pas à se sentir émoustillé et le piège va peu à peu, se refermer. Les interprètes ne lésinent pas sur les moyens qui frisent souvent la farce aussi énorme que grinçante. Jean-Claude Dreyfus s'en donne à coeur joie, bredouille, éructe, semble pris de boisson avant même d'avoir troqué tisane pour whistky. L'intrigue ne se dénouera qu'en toute fin de pièce. Dürrenmatt tout aussi féroce était moins gore mais à chacun son style et puis Claire Nebout si elle ne fait pas oublier Julie Andrews dans Victor-Victoria est accoutumée aux énigmes policières et la pièce flirte avec le genre.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
09:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.01.2008
Les Forains de Stephan Wojtowicz
Théâtre La Bruyère
5, rue La Bruyère
75009 Paris
(M° St-Georges)
Tél. 01 48 74 76 99
Pl. 36/28/21/15 €
Du mardi au samedi à 21h.
Matinée, samedi à 17h.30
Comédie de Stephan WOJTOWICZ (Molière du meilleur auteur 2006)
Mise en scène : Panchika VELEZ
avec Didier BRICE (Nono) - Nathalie CERDA (Jackie) -
Maxime LEROUX (Eddie) - Aliénor MARCADE-SECHAN (Hélène) - Matthieu ROZE (Olivier)
Le lieu où ils ont établi leur campement (une roulotte et un camion) surplombe la voie ferrée. Eddie dans son cahier note scrupuleusement les passages de trains, le nombre de wagons, histoire de s'occuper en comptabilisant le temps qui passe.
Jackie essaie de détourner son attention ne serait-ce que pour le ramener à la réalité commune, celle du repas qu' elle vient de préparer en conviant ce grand fauve à s'asseoir à la table de fortune.
Il manque le troisième, Nono parti acheter une pièce pour le camion en panne et qui s'est sans doute égaré à quelque comptoir de café. Et puis, on entend la chienne qui s'égosille au bout de sa chaîne ...
Brusquement un train s'arrête. Une femme en descend fuyant on ne sait quoi, on ne sait qui. Son mari en fait auquel elle échappe en plongeant dans la nuit noire.
Un autre homme va lui aussi, descendre du train qui va repartir sans ces deux là. L'aventure commence.
Ils sont tous fort en gueule, à des degrés divers car deux mondes devenus incommunicables vont se rencontrer avec ces cinq personnages.
Eddie, Jackie et Nono sont des laissés pour compte de la société car un jour, ils ont déraillés et comme le déclare Eddie,
- " Faut pas descendre, quand tu descends, tu remontes jamais."
Depuis, ils ont mis au point de nouvelles habitudes, se contentant (par force) de ce qu'ils ont, en une fratrie bourrue.
Hélène et Olivier appartiennent toujours au monde politiquement et socialement correct mais il suffit parfois d'un peu trop de vin pour que tout bascule.
Au moyen d'un décor et d'accessoires hyper-réalistes nous plongeons dans l'atmosphère de ce que d'aucuns nomment le quart-monde. Les rôles des trois forains sont magnifiques, portés par des comédiens qui campent avec maestria leurs personnages en les rendant plus vrais que nature.
La mise en scène est efficace et la puissance du texte ne laisse pas une seconde de répit au spectateur qui à la fin, se dit qu'il serait bien resté là avec eux, plus longtemps.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
13:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.01.2008
Une souris verte de Douglas Carter Beane
Théâtre TRISTAN BERNARD
64, rue du Rocher 75008 Paris.
(M° Villiers)
Loc. 01 45 22 08 40
Du mardi au samedi à 21h.
samedi à 18h.
Adaptation, Jean-Marie Besset
Mise en scène : Jean-Luc Revol
avec Raphaéline Goupilleau, Julie Debazac, Arnaud Binard, Edouard Collin.
Il faut d'abord préciser que le titre de cette pièce n'a strictement rien à voir avec le film de Mathias Ledoux sorti sur nos écrans en 2003 ... Du reste, le titre initial était " The little dog laughed " et la confusion ferait rire le cabot de service !
Climat typique de ces romans américains où l'on saute constamment d'un couple de personnages à un autre, où les intrigues s'entremêlent et où la gaytitude s'affiche tout en se contrariant.
Nous sommes à Hollywood, lieu par excellence où il convient de faire parler de soi en construisant sa propre légende. Le plus vite sera le mieux !
Précisément, Mitchell (Arnaud Binard) se situe parmi les gloires montantes du cinéma, il semble même avoir atteint un semblant d'apogée, période difficile où il convient de ne commettre aucune erreur.
Diane (irrésistible Raphaëline Goupilleau) veille sur lui avec une abnégation qui pourrait sembler passionnelle si l'on ne savait qu'elle préfère l'autre sexe, c'est à dire, le sien à ses moments perdus, et là, on se demande vraiment quand elle en trouve le temps !
Alex, ( Edouard Collin) a coutume de vendre son corps musculeux à des hommes de passage tout en entretenant une relation dite " normale " avec Hélène (Julie Debazac). L'un et l'autre se shootent un peu à la coke mais disons que c'est juste histoire de tenir la route pour le moins zigzaguante en ce qui concerne Alex qui disparaît régulièrement.
Cette histoire collective ne se raconte pas, il faut la découvrir. Les situations cocasses entraînent le public dans une série de réactions pour le moins jubilatoires quand certains se reconnaissent au passage ...
Il est si facile de faire croire aux apparences quand elles sont souhaitées et que le politiquement correct est affiché !
La pièce nous brosse une série de situations au pochoir facilitée par la présence d'un plateau tournant et si sa construction (celle de la pièce, pas du plateau) n'a que le mérite d'être dans l'air du temps, sachez qu'une fois de plus, le jeu de Raphaëline Goupilleau vaut à lui seul, le détour.
Simone Alexandre
theatrauteurs.hautetfort
11:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le Funambule de Jean Genet
Maison de la Poésie-Paris- Petite salle.
passage Molière
157, rue St-Martin 75003 Paris
(M° Rambuteau)
Tél. 01 44 54 53 00
www.maisondelapoesie.com
Du 17 janvier au 13 avril 2008
Du mercredi au samedi à 19h.
Dimanche à 15h.
(relâche lundi et mardi)
Mise en scène et jeu : Pierre Constant.
Objets inanimés, avez vous donc ...
Le funambule devra séduire, apprivoiser le fil comme s'il s'agissait d'un renard rétif. Genet propose à Abdallah d'aimer l'objet qui doit le porter, d'un amour charnel.
Le fil fera de lui un albatros puisque le poète précise : " Je ne serais pas surpris quand tu marches par terre, que tu tombes. " La transcendance est à ce prix.
Nous allons découvrir Pierre Constant couché sur le sol, le crâne rasé, tout comme celui qui parle par sa bouche, soie rouge entre les dents : immense bout d'étoffe semblable à un parachute qui en touchant le sol se serait transformé en linceul. Car il s'agit d'atteindre une solitude mortelle, non de danser pour le public et ses applaudissements puisque c'est la propre image de l'artiste qui va oeuvrer pour lui et alors seulement, le fil dansera.
Jean Genet prodigue tous ses conseils au funambule lui précisant ce qu'il doit faire pour déclencher la fascination du public. Pour cela, il devra s'identifier à sa propre image non en une approche narcissique mais afin de se voir comme les autres le perçoivent, mieux : l'éprouvent ! Personne depuis Diderot n'avait à ce point, analysé l'état de l'artiste en action.
Par le miracle du verbe, Pierre Constant devient tout à la fois funambule et mentor, victime active et bourreau en puissance. Nous savons comment tout cela a fini. Ecrire ce texte était un tribut que l'auteur devait à celui dont la vie trop brève a traversé la vie de Genet comme une comète.
Faut-il tuer ce que l'on aime ? ...
Une fois entrés en possession de vos places l'accès à la petite salle s'effectue par la galerie située au 161, rue St-Martin où là, vous découvrirez des portraits du poète signés par des grands noms, ( allant de Jean Marais, à Cocteau en passant par Gilles Dattas et quelques autres); divers écrits originaux de l'auteur sont exposés, parsemés d'émouvantes ratures. Arrivez donc sur place en avance afin de pouvoir tout à loisir apprécier.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
11:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
LA NORD-SUD d'après " Entretien avec le professeur Y " de Louis-Ferdinand Céline.
Théâtre Clavel
3, rue Clavel 75019 Paris
(M° Pyrénées)
Loc. 01 42 38 22 58
Pl. 24€ TR, 15€
Du mardi au samedi à 20h.
Jusqu'au : 12 avril 2008
Adaptation et mise en scène : Igor Futterer.
avec Roland Farrugia, Marcel Philippot et la participation de Karine Delgado.
" Le père Céline, on lui doit tout. Sans lui, aucun auteur actuel n'écrirait ou alors comme Duhamel.
Mais là-dessus, personne ne moufte jamais. On n'admet pas " Michel Audiard.
Céline avait situé le ou les lieux de ce court roman à l' extérieur mais comme l'auteur précisait que tout était parti du métro, en toute logique, Igor Futterer a recentré l'action en ciblant une station de la ligne Nord-Sud.
Louis-Ferdinand par son style particulier, du fait de ses déclarations sulfureuses était mis à l'index par beaucoup, ce qui tombe bien puisque c'était son geste favori !
Qui, sinon un fou pouvait se lancer dans l'interview du bonhomme, afin d' essuyer le feu roulant de ses diatribes ?
Le professeur Y, (géniale invention du lyrique Ferdi') prostatique à l'extrème et colonel improbable fit l'affaire ...
Allions nous assister à un débat philosophique explicitant " les mutations du progrès par les transformations du soi " ?
Céline ne pouvait certes accepter semblable tarte à la crème, puisqu' il avait passé l'âge de courir après les bouts de bois creux. Il fallait avant tout dénoncer comme il le fit durant toute sa vie, conspuer toutes les émotions en toc, tous ces chromos que l'on accepte, faute d'imagination.
Sans lui, le goût de l'authentique était perdu, il le remettait donc à la mode grâce au " style émotif " de son écriture que l'on pouvait comparer à la démarche des impressionnistes.
Le Dr Destouches n'était pas sans connaître l'impact des électrochocs et l'évidente paranoïa du colonel Réséda avait donc rencontré celui qui convenait.
Roland Farrugia bien qu'un peu trop élégant pour incarner sans réserve le sublime clochard qui à la fin de sa vie retenait ses pantalons avec une ficelle, (ayant fort longtemps traîné le chat Bébert qui le suivait partout dans une besace) nous gratifie çà et là, de quelques fulgurances. Dans ces instants là, on le prendrait presque pour Céline tant le verbe créé l'individu.
Marcel Philippot par une approche progressive jusqu'au crescendo final constitue la plus grande part humoristique du spectacle.
Les célinolâtres se régaleront et il y a fort à parier que les autres dont les idées reçues les ont peut-être éloignés de la lecture de cet auteur y viendront enfin.
Par conséquent, à ne pas manquer !
Simone Alexandre
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10:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.01.2008
L' Ingénu, d'après Voltaire.
Vingtième-Théâtre
7, rue des Plâtrières 75020 Paris
M° Ménilmontant
Loc. 01 43 66 01 13
Pl. 22€ TR 12 & 17€
Du mercredi au samedi à 21h.30
dimanche à 17h.30
jusqu'au 2 mars 2008
Adaptation de Jean Cosmos.
Mise en scène : Arnaud Denis
avec Jean-Pierre Leroux, Jacques Ciron, Monique Morisi, Géraldine Azuelos, Arnaud Denis, Jonathan Bizet, Alexandre Guanse, Denis Laustriat, Stéphane Peyran, Romane Portail, Sébastien Tonnet, Geoffrey Veraghaenne.
L'homme sincère fait immanquablement figure d' ingénu en un monde qui n'est ni l'un ni l'autre ... Après le Siècle des Lumières vient celui de l'obscurantisme puisqu'il est dit que chaque chose ici-bas, engendre son contraire.
Arnaud Denis a eu l'heureuse idée de raviver à notre esprit ce texte oublié peut-être par certains et que d'autres découvriront. L'adaptation est signée Jean Cosmos ce qui constitue un indéniable garant de qualité. La génération-radio se souvient encore de ses dramatiques à l'origine de maintes carrières. L'attrait des planches passait souvent alors par les ondes hertziennes.
Mais arrivons au spectacle.
Jean-Pierre Leroux nous gratifie d'une entrée fracassante et jouera le rôle de fil conducteur tout au long de la pièce pour au détour d'une situation devenir à son tour personnage.
C'est ainsi que metteur en scène d'un théâtre dans le théâtre, puis " didascalien " il passera de l'état d'évêque à celui de janséniste. Autant dire, un exploit ! ...
Le décor est sobre mais ingénieux, les costumes agréables à voir et les comédiens tout à fait à l'aise dans leur peau d'emprunt.
On ne serait pas chez Voltaire si l'ironie n'était présente, la société d'alors en fera donc les frais sans oublier l'église, bien entendu.
L' Ingénu en sa qualité d'être neuf, non encore corrompu par la ville et la Cour sera le garant du bon sens et de l'honnêteté morale.
Arnaud Denis tout comme son personnage de Huron apprend vite et bien, collectionnant les spectacles avec bonheur.
Ne pouvant citer tout le monde tout en souhaitant ne pas faire de jaloux, je voudrais toutefois souligner les prestations de Monique Morisi qui est la malicieuse Crédule de Kerkabon ainsi que Sébastien Tonnet lequel se distingue par une suite de personnages dont le plus réussi m'a semblé être l'officier anglais. Que les autres se rassurent car ils contribuent pleinement au succès de la pièce.
Au moment des applaudissements, les rappels sont bien là pour le confirmer.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
16:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.01.2008
La Dispute de Marivaux
THEATRE 13
103A, bd. Auguste Blanqui 75013 Paris
(M° Glacière)
Tél. 01 45 88 62 22
Pl. 22€, TR 15€
(le 13 de chaque mois, tarif unique : 13€)
mardi, mercredi, vendredi : 20h.30
jeudi et samedi : 19h.30
dimanche : 15h.30
Du : 8 Janvier au 17 Février 2008
Conte de fées cruel de Marivaux
Adaptation et mise en scène : Filip Forgeau
avec Féodor Atkine (Le Prince) - Hélène Bosc (Adine) -
Arno Chéron (Azor) - Julien Defaye (Mesrin) -
Soizic Gourvil (Eglé) - Hervé Herpe (Le serviteur) -
Nicole Kaufmann (Hermiane).
Première scène et première surprise : le décor et les costumes s'affichent résolument en rouge et noir. D'ordinaire, quand on évoque Marivaux, les tons pastels se mettent automatiquement en place, voire un somptueux et subtil blanc et or mais le metteur en scène a d'évidence voulu rompre avec la tradition.
Le même a, au préalable remanié la pièce à l'origine très courte, (un acte composé de vingt scènes) qui flirtera ici avec les 1h.40, après avoir passé à la trappe quelques personnages jugés non indispensables ...
Nous entrerons donc dans le vif du sujet par le biais d' un dialogue opposant Hermian(n)e et le Prince, entendez Nicole Kaufmann et Féodor Atkine absolument parfait si l'on excepte ces claquements de doigts - imposés, sans doute ? - mais qui sentent plus la roture que la noblesse. Chaque fois je m'attendais à voir surgir un quadrupède hennissant car n'oublions pas quand même, que l'action est censée se situer à l'époque monarchique. Ici point de perruques (ne faut-il pas dépoussiérer tout cela ?) et Nicole Kaufmann s'est même fait la tête de Christine Angot. Non ? c'est un hasard ? - Le geste est ample, la voix grave et l'on se dit que la comédienne serait une tragédienne superbe. Enfin une ! mais là, elle s'est trompée de porte ... Du Marivaux annoncé, nous n'allons pas tarder à basculer dans le climat d'un Choderlos de Laclos et poursuivre le dérapage en direction de Crébillon, fils. La question est de savoir qui, de l'homme ou de la femme est le plus inconstant et lequel des deux a commencé ? ...
Après cette première scène à valeur de prologue devant le rideau baissé, nous découvrons un superbe décor carrément gothique dont toutes les possibilités seront exploitées.
Effets de miroir, jeux d'eau, écran de fumée tout conspire à rendre l'atmosphère fantastique et sur le plan esthétique les spectateurs sont comblés. Il n'en sera peut-être pas de même pour quelques puristes grincheux qui convaincus que chaque écriture possède sa petite musique, autant dire son style qui, s'il n'est pas respecté, est trahi.
Le narcissisme bat son plein, vite remplacé par la jalousie féminine sans oublier l'éternelle attraction-répulsion (mais il ne faut jurer de rien) entre les deux garçons. Les personnages n'ont pas froid aux yeux, ni aux lèvres ou aux mains ... Quand le spectateur surpris risque d'être gêné, il éclate de rire et le tour est joué !
C'est habile, agréable à voir, enlevé si l'on excepte quelques complaisances à traiter les situations répétitives bien plus drôles au début mais comme disait Jacques Chancel au sujet de dieu, et ... Marivaux, dans tout cela ?
Simone Alexandre
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15:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.01.2008
Solinge de Pia Divoka
Atelier du Plateau
5, rue du Plateau 75019 Paris
(M° Buttes Chaumont)
Tél. 01 42 41 28 22
Pl. 8, 10 & 12€
Du mardi 15 janvier au samedi 2 février 2008
Du mardi au samedi à 20h.
Mise en scène : Matthieu Malgrange et Laetitia Zaepffel
avec : Laurence Vielle.
Des murs en béton blanc. Sur celui qui fait face aux spectateurs, un clavier d'ordinateur est accroché anticipant ce qui va suivre ... Un tabouret tournant fait de métal et plastique. Quelques morceaux de moquette verte évoquant le gazon. Lumière crue. Une fille descend l'escalier qui mène à l'espace scénique, sorte de petit chaperon rouge vierge de tout maquillage (oui, bien sûr, mais on se demandera quand même pourquoi) ...
Le cheveu est raide, la bouche petite, légèrement en biais. Les gestes sont ceux qu'elle a de toute évidence dans la vie de chaque jour, une petite voix qui ne s'est pas encore débarrassée des intonations de l'enfance murmure des phrases, les laissant presque toutes en suspens. On apprend qu'elle se nomme Ludile et qu'elle s'est fait violer. Elle raconte la scène, le type qui a surgi au pied de l'immeuble qui lui a demandé d'ouvrir et puis le couteau qu'il a placé sur sa gorge et tout ce qui suivit ...
On aimerait pouvoir s'apitoyer mais le jeu ou l'absence de maîtrise de la comédienne fait écran. Elle savonne le texte, court-circuit dans sa bouche devient court-circouit - On pardonne, cela peut arriver et presque aussitôt voilà qu'elle parle de peau trop blonche, ajoutant ... " y fait jour " ... et tutti quanti.
Encore une qui a séché les cours de diction quand elle était au Conservatoire dont elle serait sortie avec un Prix " supérieur " d'art dramatique. Ah, bon ? ... y aurait il des prix inférieurs en Belgique, une fois ? En parcourant le dossier de presse on apprend qu'elle est licenciée et agrégée en philologie romane. Effectivement, ça ne mène à rien mais en revanche elle a eu un " premier prix de déclamation (sic) au Conservatoire Royal de Bruxelles." Vous m'en direz tant ! Un petit stage chez Lecoq ne lui ferait pas de mal en tous cas.
Pas de chance, le régisseur cafouille et le mot viol écrit de façon ininterrompue qui se projette sur le mur saute, disparaît à intervalles réguliers remplacé par les dossiers de l'ordinateur. Petite partie de yoyo qui amusera un temps ceux qui regardent.
Ce n'est pas cela qui va la complexer, tout en parlant, elle fixe les spectateurs, un à un en une sorte de défi. " J'y vais, j'y vais pas " dira t'elle " Oh, pis, si - j'y vais ! "
C'est peut-être ce qu'elle se dit chaque soir ? En tous cas, moi j'aurais mieux fait de ne pas y aller. Il s'agissait pourtant d'une reprise et pas la première puisque la pièce (concernant un monologue, texte serait plus exact) fut créée en avril 2007 en ce même lieu, puis est passée par Bruxelles avant de revenir au point de départ.
La première fois Télérama a même écrit : ... " cette installation là (quoi ! un bout de moquette et quelques carreaux juste posés ?) au service de cette comédienne là et sur un tel texte, ne mériterait pas d'être zappée."
Si au bout de quelques instants j'avais appuyé sur ma télécommande, j'aurais eu autre chose ? ... Il fallait le dire, je l'aurais emportée !
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
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14.01.2008
L'homme qui rit de Victor Hugo par le Footsbarn theatre
Cartoucherie de Vincennes (sous Chapiteau)
Route de la Pyramide 75012 Paris
(M° Château de Vincennes puis navette aller-retour)
Tél. 0 892 707 507 ou 01 43 74 20 21
Du 9 au 20 janvier & du 6 au 9 février 2008
Représentations 9-10-11-12/1 à 20h.45
13/1 à 17h.
16-17-18-19/1 à 20h.45
20/1 à 17h.
6-7-8 & 9 février à 20h.45
avec Paddy Hayter, Vincent Gracieux, Joe Cunningham, Mas Soegeng : comédiens.
Akemi Yamauchi : comédienne, acrobate.
Muriel Piquart : comédienne, musicienne.
Agnès Guerry : musicienne.
Direction artistique : Paddy Hayter.
Scénographie & masques : Fredericka Hayter.
Le roman de 668 pages commencé à Bruxelles le 21 juillet 1866 dont la plus grande partie a été écrite à Guernesey portait au bas de la dernière page du manuscrit la note suivante,
" Terminé le 23 août 1868 à dix heures et demie du matin, Bruxelles, 4 place des Barricades "
Il fut donc écrit en exil et porte la trace du préjudice que ceux que l'on nomme les grands peuvent causer à ceux qu'ils considèrent comme des sujets.
Ruy Blas, laquais propulsé au pied du trône, n'ayant pour seul atout que sa noblesse d'âme et son amour fera tonner son indignation face à ces grands d'Espagne, caste à laquelle il est censé appartenir ...
Gwymplaine ignorant de ses origines sera mutilé puis après moult péripéties, redevenu Lord Clancharlie pair d'Angleterre, entrera à la Chambre des Lords, pour lui aussi dénoncer les abus du pouvoir.
L'un est beau, l'autre est devenu laid mais la splendeur de leur âme est identique.
A moins de se situer au nombre des hugolâtres impénitents, l' Homme qui rit ne fait pas partie des ouvrages les plus connus parmi ceux qu'écrivit le grand homme. De rares adaptations scèniques en furent faites mais certains se souviennent encore de celle signée : Paule de Beaumont et Jean Kerchbron que la télévision diffusa dans les années 70 avec Philippe Bouclet dans le rôle de Gwymplaine.
Il était logique que le Footsbarn-Théâtre veuille présenter son adaptation puisque l'action se situe sur les lieux même où cette compagnie est née (en Cornouailles)
" terres anglaises de mythes et d'embruns "
Dans cette perspective, ils ont donc tous appris le français qu'ils prononcent encore avec plus ou moins de bonheur pour les oreilles de ceux qui ne connaîtraient pas déjà cette oeuvre. Personnellement, cela ne m'a pas trop gênée tant de vieilles émotions refaisaient en moi surface.
Le Footsbarn n'a pas renié ses origines saltimbanques et c'est tant mieux, car lorsque le théâtre jette l'ancre, il s'embourgeoise.
Laissons nous aller à ses jeux de lumière, à ces projections, marionnettes et masques et si parfois l'outrance n'est pas exclue, n'oublions pas que le théâtre ne doit jamais singer le cinéma comme c'est hélas, trop souvent le cas.
Que tous sachent que ce chapiteau dressé est pour nous synonyme de bonheur et qu'ils seront toujours les bienvenus.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
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