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29/01/2008

LES COUSINES de Robert Poudérou

(36ème pièce éditée)

2008 ALNA Editeur.
www.alna-editeur.com
Prix : 14 € TTC.

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L'action commence à Paris début juin 1942.
Il fallait alors faire la queue durant de longues heures afin d'avoir une petite chance de remplir un cabas avec ce qui se présentait, bien sûr.
C'était comme les nomme l'auteur : " les queues de la survie. "
Pierre-Jean, célibataire est retraité de fraîche date. Il soupire en vain pour Mélanie ex-enseignante elle aussi qui vit avec Agnès, collègue d'une école privée ...
Il était à l'époque plus que dangereux d'héberger un juif or elles ont accueilli d'un commun accord, Chana jeune fille de 23 ans venue se réfugier chez elles.
Cette dernière est en quelque sorte devenue leur fille à toutes deux.
Pourtant jadis, Agnès a eu un fils parti avec Sylvie leur première protégée. Depuis il n'a plus donné de nouvelles ...
Pierre-Jean va un jour rencontrer ce fils disparu, les sentiments de chacun vont alors s'exacerber, le passé revenir à la surface et la particularité de l'époque poser problème.
Les personnages imaginés par Robert Poudérou utilisent toujours un langage châtié et ce, parfois de façon irréelle, comme s'ils représentaient ce qui doit être, dans son monde à lui. De même qu' Hamilton a choisi le flou pour poétiser les images, notre auteur se meut en une sphère dont toute vulgarité est exclue. Ce choix confère à son écriture un charme quelque peu désuet mais apte à favoriser les nuances.
C'est ainsi qu'il ne vous parlera pas des écrits de quelqu'un(e) mais " d'un journal de coeur et d'âme."
N'allez surtout pas croire que le propos est mièvre car mettre dans la bouche de quelqu'un cette phrase : " - je vous assure que je vous ai toujours préféré à la compagnie d'un chien " en dit long sur sa capacité à réveiller les esprits !
La pièce a déjà fait l'objet de deux lectures publiques, la première incluant la prestigieuse Eléonore Hirt et nous ne pouvons qu'espérer voir ce texte joué très prochainement sur une scène, ici ou ailleurs.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

15:40 Publié dans Editions Théâtrales | Lien permanent

28/01/2008

RECEPTION de Serge Valletti

THEATRE des MATHURINS
36, rue des Mathurins 75008 PARIS
(M° Havre-Caumartin)
Loc. 01 42 65 90 00
www.theatremm.com
Tarif unique : 35 €

Du mardi au samedi à 21h.
Matinées le samedi à 16h.60
& le dimanche à 15h.

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Mise en scène : Christophe Correia
avec Claire NEBOUT & Jean-Claude DREYFUS.

La scénographie composée d' éléments de guingois est là pour nous avertir que quelque chose ne tourne pas rond, que nous allons être les témoins d'une drôle de nuit ...
Jacques (Jean-Claude Dreyfus) la cinquantaine aussi hirsute que crasseuse est d'une humeur de chien mais c'est peut-être finalement son caractère habituel ?
L' homme est campé derrière son comptoir qu'il bouscule et encombre, tel un bouledogue dans sa niche et à voir son accoutrement, on se demande dans quel bouge l'arrivant vient d'atterrir mais apparemment, il lui en faut plus que cela pour le dérouter !
Celui qui vient d'entrer a le cheveu gomminé et la parole facile du voyageur de commerce en pleine activité. Précisément, il a tout un stock de photocopieuses à fourguer ce dont Jacques n'a que faire, lui et son incroyable myopie.
N'importe, le visiteur insiste et va utiliser tous les arguments imaginables pour parvenir à ses fins,
Une femme est annoncée et le champagne est au frais, sur commande. Le locataire de la chambre disparu, elle fera son apparition, très provocante, robe rouge échancrée et cheveux d'une couleur que la tradition prête aux vamps ...
En dépit de sa résistance, le gros zigoto de la réception ne tardera pas à se sentir émoustillé et le piège va peu à peu, se refermer. Les interprètes ne lésinent pas sur les moyens qui frisent souvent la farce aussi énorme que grinçante. Jean-Claude Dreyfus s'en donne à coeur joie, bredouille, éructe, semble pris de boisson avant même d'avoir troqué tisane pour whistky. L'intrigue ne se dénouera qu'en toute fin de pièce. Dürrenmatt tout aussi féroce était moins gore mais à chacun son style et puis Claire Nebout si elle ne fait pas oublier Julie Andrews dans Victor-Victoria est accoutumée aux énigmes policières et la pièce flirte avec le genre.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

09:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent

26/01/2008

Les Forains de Stephan Wojtowicz

Théâtre La Bruyère
5, rue La Bruyère
75009 Paris
(M° St-Georges)

Tél. 01 48 74 76 99
Pl. 36/28/21/15 €

Du mardi au samedi à 21h.
Matinée, samedi à 17h.30

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photo : Serge Lafourcade.

Comédie de Stephan WOJTOWICZ (Molière du meilleur auteur 2006)
Mise en scène : Panchika VELEZ
avec Didier BRICE (Nono) - Nathalie CERDA (Jackie) -
Maxime LEROUX (Eddie) - Aliénor MARCADE-SECHAN (Hélène) - Matthieu ROZE (Olivier)

Le lieu où ils ont établi leur campement (une roulotte et un camion) surplombe la voie ferrée. Eddie dans son cahier note scrupuleusement les passages de trains, le nombre de wagons, histoire de s'occuper en comptabilisant le temps qui passe.
Jackie essaie de détourner son attention ne serait-ce que pour le ramener à la réalité commune, celle du repas qu' elle vient de préparer en conviant ce grand fauve à s'asseoir à la table de fortune.
Il manque le troisième, Nono parti acheter une pièce pour le camion en panne et qui s'est sans doute égaré à quelque comptoir de café. Et puis, on entend la chienne qui s'égosille au bout de sa chaîne ...
Brusquement un train s'arrête. Une femme en descend fuyant on ne sait quoi, on ne sait qui. Son mari en fait auquel elle échappe en plongeant dans la nuit noire.
Un autre homme va lui aussi, descendre du train qui va repartir sans ces deux là. L'aventure commence.
Ils sont tous fort en gueule, à des degrés divers car deux mondes devenus incommunicables vont se rencontrer avec ces cinq personnages.
Eddie, Jackie et Nono sont des laissés pour compte de la société car un jour, ils ont déraillés et comme le déclare Eddie,
- " Faut pas descendre, quand tu descends, tu remontes jamais."
Depuis, ils ont mis au point de nouvelles habitudes, se contentant (par force) de ce qu'ils ont, en une fratrie bourrue.
Hélène et Olivier appartiennent toujours au monde politiquement et socialement correct mais il suffit parfois d'un peu trop de vin pour que tout bascule.
Au moyen d'un décor et d'accessoires hyper-réalistes nous plongeons dans l'atmosphère de ce que d'aucuns nomment le quart-monde. Les rôles des trois forains sont magnifiques, portés par des comédiens qui campent avec maestria leurs personnages en les rendant plus vrais que nature.
La mise en scène est efficace et la puissance du texte ne laisse pas une seconde de répit au spectateur qui à la fin, se dit qu'il serait bien resté là avec eux, plus longtemps.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

13:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent