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16/01/2008

La Dispute de Marivaux

THEATRE 13
103A, bd. Auguste Blanqui 75013 Paris
(M° Glacière)
Tél. 01 45 88 62 22
Pl. 22€, TR 15€
(le 13 de chaque mois, tarif unique : 13€)

mardi, mercredi, vendredi : 20h.30
jeudi et samedi : 19h.30
dimanche : 15h.30

Du : 8 Janvier au 17 Février 2008

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Conte de fées cruel de Marivaux
Adaptation et mise en scène : Filip Forgeau

avec Féodor Atkine (Le Prince) - Hélène Bosc (Adine) -
Arno Chéron (Azor) - Julien Defaye (Mesrin) -
Soizic Gourvil (Eglé) - Hervé Herpe (Le serviteur) -
Nicole Kaufmann (Hermiane).

Première scène et première surprise : le décor et les costumes s'affichent résolument en rouge et noir. D'ordinaire, quand on évoque Marivaux, les tons pastels se mettent automatiquement en place, voire un somptueux et subtil blanc et or mais le metteur en scène a d'évidence voulu rompre avec la tradition.
Le même a, au préalable remanié la pièce à l'origine très courte, (un acte composé de vingt scènes) qui flirtera ici avec les 1h.40, après avoir passé à la trappe quelques personnages jugés non indispensables ...
Nous entrerons donc dans le vif du sujet par le biais d' un dialogue opposant Hermian(n)e et le Prince, entendez Nicole Kaufmann et Féodor Atkine absolument parfait si l'on excepte ces claquements de doigts - imposés, sans doute ? - mais qui sentent plus la roture que la noblesse. Chaque fois je m'attendais à voir surgir un quadrupède hennissant car n'oublions pas quand même, que l'action est censée se situer à l'époque monarchique. Ici point de perruques (ne faut-il pas dépoussiérer tout cela ?) et Nicole Kaufmann s'est même fait la tête de Christine Angot. Non ? c'est un hasard ? - Le geste est ample, la voix grave et l'on se dit que la comédienne serait une tragédienne superbe. Enfin une ! mais là, elle s'est trompée de porte ... Du Marivaux annoncé, nous n'allons pas tarder à basculer dans le climat d'un Choderlos de Laclos et poursuivre le dérapage en direction de Crébillon, fils. La question est de savoir qui, de l'homme ou de la femme est le plus inconstant et lequel des deux a commencé ? ...
Après cette première scène à valeur de prologue devant le rideau baissé, nous découvrons un superbe décor carrément gothique dont toutes les possibilités seront exploitées.
Effets de miroir, jeux d'eau, écran de fumée tout conspire à rendre l'atmosphère fantastique et sur le plan esthétique les spectateurs sont comblés. Il n'en sera peut-être pas de même pour quelques puristes grincheux qui convaincus que chaque écriture possède sa petite musique, autant dire son style qui, s'il n'est pas respecté, est trahi.
Le narcissisme bat son plein, vite remplacé par la jalousie féminine sans oublier l'éternelle attraction-répulsion (mais il ne faut jurer de rien) entre les deux garçons. Les personnages n'ont pas froid aux yeux, ni aux lèvres ou aux mains ... Quand le spectateur surpris risque d'être gêné, il éclate de rire et le tour est joué !
C'est habile, agréable à voir, enlevé si l'on excepte quelques complaisances à traiter les situations répétitives bien plus drôles au début mais comme disait Jacques Chancel au sujet de dieu, et ... Marivaux, dans tout cela ?

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

15:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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