Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11/01/2008

ANTIGONE de Sophocle

L' ATALANTE
10 Place Charles Dullin
75018 PARIS
(M° Anvers)
Tél. 01 46 06 11 90
Pl. 18/13/8€

Mercredi, jeudi, vendredi, samedi & lundi à 20h.30
Dimanche à 17h.

Jusqu'au : 11 février 2008

b716626e8898e1991b868b5fb11a905f.jpg

Traduit du grec ancien par Florence Dupont - L' Arche, éditeur.

Mise en scène, René Loyon
avec, Jacques Brücher, Marie Delmarès, Yedwart Ingey, René Loyon, Igor Mendjisky, Claire Puygrenier.

L'homme tragique ne peut rien contre la volonté des dieux susceptibles de le balayer comme un fétu de paille.
Tous les textes anciens ont démontré cela.
L'époque actuelle, hélas trop riche en tragédies diverses semble avoir peu à peu amoindri notre perception du tragique en un réflexe d'auto-protection. Nous traînons depuis plus d'un demi siècle et même bien au delà, la conviction que cette forme d'expression peut receler une part de ridicule si on ne la débarrasse de tout pathos. De ce fait, nos metteurs en scène s'évertuent à rendre le discours quotidien à l'extrême. Ce qui peut se justifier face à des alexandrins ciselés au XVII ème siècle mais certes pas en ce qui concerne un texte antique dont la fidèle traduction prouve l'absence d'afféterie initiale. Je voudrais ajouter que la traduction de Florence Dupont est de toute évidence remarquable.
Le metteur en scène a misé sur un relatif dépouillement qui se justifie par la beauté du texte. Sophocle suffirait à meubler un espace vide et l'absence de meubles aurait empêché les personnages de s'asseoir ce qui me paraît relever de l'aberration pure et simple en matière de tragédie où les personnages sont par définition debout voire à genoux mais jamais assis, (no sense) à quelques impériales exceptions ...
Dans le même ordre d'idée, voir un garde arriver en débardeur, le chef couvert d'un bonnet de pêcheur couvrant des cheveux longs et raides me paraît quelque peu ... Dommage car le comédien, lui est excellent !
Comédien, le mot est lâché, je ne vois plus depuis longtemps que des comédiens jouant la tragédie mais de tragédien point, cette forme d'expression étant victime sans doute de la caricature qui en est faite comme si sobriété et tragédie ne pouvaient aller de pair.
Je ferai une exception pour Claire Puygrenier qui semble investie sobrement mais parfaitement de la dimension tragique, preuve que tout n'est peut-être pas perdu ?
Igor Mendjisky est un intelligent Hémon tout à fait crédible.
René Loyon propose un Créon étrangement mesuré, ce qui réduit quelque peu le caractère redoutable du personnage.
Marie Delmarès dans le rôle titre va jusqu'au bout d'elle-même et l'on devine Jacques Brücher respectueux des indications données.
A aller voir cependant, pour la beauté du texte qui ne saurait souffrir d'aucun amoindrissement.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

12:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Les commentaires sont fermés.