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30.12.2007
Sédimentation des bourrasques
Théâtre de la Tempête
Cartoucherie de Vincennes
Route du Champ de Manoeuvre
75012 PARIS
(M° Château de Vincennes puis Navette Cartoucherie ou bus 112)
http://www.la-tempête.fr
Tél. 01 43 28 36 36
Plein tarif : 18€
tarifs réduits : 13 & 10€
mercredi, tarif unique : 10€
Du 3 janvier au 9 janvier 2008
du mardi au samedi à 20h.30
dimanche à 16h.
conception artistique et mise en scène Olivier Comte
avec en alternance : Nicolas Bilder, Christophe Bonzom, Jaco Bider, Estelle Bordaçarre, Talou Calvet, Olivier Comte, François Creton, Jean-Marc Hérouin, Julia Loyez, Marie Luc Mâlet, Hélène Lanscotte, Axel Petersen, Maxence Rey, Corinne Taraud.
Dans l'obscurité, l'homme a parfois besoin que l'on vienne lui prendre amicalement la main mais pour accepter, il doit impérativement rester libre.
L'endoctrinement collectif débouche à coup sûr sur la barbarie. Notre époque avait oublié cela et le réapprend actuellement à ses risques et périls.
Le premier de tous les résistants, Prométhée avait volé le feu afin que la lumière ne soit pas confisquée par les dieux.
Le Siècle des Lumières était précisément celui où l'esprit était enfin libre.
Les souffleurs, commandos poétiques sont là pour nous rappeler la place que nous avons sur cette terre au moyen de gestes symboliques, de textes évocateurs ...
L'homme ne se capture pas mais l'espace se conquiert automatiquement lorsque le but est de s'élever à la perception universelle. L'esprit suit alors la trajectoire de ces faisceaux lumineux sorte de rayons laser s'élevant vers le ciel.
Au fanatisme guerrier ou religieux, à la psalmodie, au halètement succédera le murmure. Après l'échauffement qui mène à la tempête, la brise rafraîchissante ...
Le vin chaud de l'amitié pourra alors être bu de concert.
La Sédimentation des Bourrasques nous dit tout cela créant l'illusion que nous avons abordé une planète nouvelle où tout serait de nouveau possible. Une oasis nous est offerte le temps d'un spectacle, le temps d'un émerveillement.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
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23.12.2007
Même si c'est vrai c'est faux de Henri Michaux
Théâtre Artistic Athévains
45bis, rue Richard Lenoir
75011 Paris
(M° Voltaire)
T. 01 43 56 38 32
Pl. 30€, TR 20€
tarif jeunes - 26 ans : 10€
Du 11 au 23 décembre 2007
mardi 19h. mercredi, jeudi 20h.30
vendredi 19h. samedi 18h
dimanche 16h.30 (relâche le lundi)
adaptation théâtrale et mise en scène,
Isa Mercure et Gilles Guillot
scénographie : Claude Lemaire.
avec Gilles Guillot (Plume, etc ...)
Hervé Dupuis ou Bertrand Ravalard au piano sur une musique de Hervé Dupuis
Honfleur, grand ciel bleu parsemé de nuages, bruit de vagues, un homme lézarde sur la jetée. C'est à un voyage immobile que Gilles Guillot va nous convier et pour cela, il sera Plume, ce personnage inventé par Henri Michaux que l'auteur a gratifié d'un nom plus léger que l'air mais dont l'esprit véhicule de très nombreuses et parfois, très lourdes pensées.
Plume, c'est cet homme entre deux âges, coincé dans ce costume couleur de muraille qui prétend vouloir dormir mais dont l' esprit vagabonde en permanence. Car ce Neptune terrien déclenche des tempêtes, s'invente de terribles haines, joue les sérial-Scapin enfournant une multitude de Géronte en son sac.
- " Je peux rarement voir quelqu'un sans le battre " dira t' il.
Une petite copie de lui, habillée à l'identique, sorte d'avatar en miniature se trouve là, à proximité comme si son reflet dans l'eau, en émergeant avait rétréci.
Pluche semble croire en la métempsycose à part que, selon lui, l'âme ne vole pas, elle nage. Car il croit en Dieu, même si ce dernier n'en sait rien ... Le monde dans lequel il vit serait affreux s'il n'était aussi absurde. On y arrache des têtes car certaines tiennent et d'autres pas. Un rat, un mouton ou un éléphant peuvent aussi bien être écrasés quant au papier, son malheur est de rester couché sous la plume alors qu'il est amoureux de l'encre ...
Nous assistons à ce délire verbal dit de façon naturelle comme si tout ce que nous entendons était d'une banalité absolument quotidienne.
Le verbe chemine en compagnie du piano qui intervient en contrepoint. Des marionnettes, grandeur nature celles-là, font leur apparition. L'une d'elle porte couronne et puisque c'est la reine, notre homme l'accompagnera en un petit pas de danse avant d'accéder à plus d'intimité.
On entre (ou pas), en cet univers décalé qu'il faut sans doute bien connaître pour tout à fait l'apprécier car force est d'admettre qu' on n'y accède pas directement de plein pied.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
16:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.12.2007
Une laborieuse entreprise de Hanokh Levin
Théâtre Artistic Athévains
45bis, rue Richard Lenoir
75011 PARIS
(M° Voltaire)
Tél. 01 43 56 38 32
Pl. 30€, TR 20/15€
- 26 ans : 10€
jusqu'au : 30 décembre 2007
traduction :Laurence Sendrowicz (Editions Théâtrales)
mise en scène et scénographie : Jean-Pierre Berthomier
avec, Christine Joly (Leviva), Philippe Lebas (Yona), Jean-Pierre Mesnard (Gounkel)
Un homme assis cogite dans son lit. Le sol jonché de vêtements épars a des allures de champ de bataille. Ses cogitations aboutissent à la constatation suivante, " tout bouge, tout évolue, une seule chose reste immuable, le mariage ! " et le résultat ne semble pas le satisfaire. Féroce, il prétend traîner " un boulet de viande avariée " On ne saurait faire plus aimable et avec ce texte Hanokh Levin va se surpasser sur le plan de l'humour grinçant, déclenchant des cascades de rire dans le public.
Tout ce que vous n'avez jamais osé dire sur le mariage va être ici exprimé sans le moindre détour. Si ce texte n'était aussi prégnant on pourrait lui juxtaposer la chanson d' Aznavour,
- " tu t'laisses aller, tu t'laisses aller ... "
Leviva est sans doute plus en chair qu'au moment du mariage, du moins on le suppose mais elle est toujours aussi aimante et puis Yona, les années aidant n'est pas plus frais qu'elle avec ses cheveux hirsutes et son front dégarni seulement voilà, un homme continue à se voir en coq jusqu'à la fin de ses jours (ou presque).
Bref, il va vouloir partir, recommencer sa vie avec une autre, plusieurs même ? Après tout, pourquoi pas !
Il a fait le tour de son épouse et même plusieurs fois, c'est simple, il devine tout ce qu'elle va lui dire ... Oh ! ironie, il chante tandis qu'elle pleure et puis comme il le dira crûment : " on ne peut pas bâtir sa vie sur un cul ! "
Arrivé à l'âge où l'on effectue le bilan de son existence, le résultat est clair, Yona n'a pas eu ce qu'il voulait et ajoute t' il,
- " ce que j'ai ... j'en veux pas ! "
Les jours ou plutôt les nuits, s'additionnent tous et toutes identiques, ponctués par les bruits de la rue quand la fenêtre est ouverte mais également aussi par les scènes de ménage.
Un voisin jouant les intrus se verra du même coup, transformé en boute-en-train et repartira assez piteusement.
Les situations sont atroces, lucides et furieusement cocasses d'autant que de toute cette férocité émerge l'évidente tendresse qui unit ces deux là presque malgré eux.
La mise en scène et scénographie de Jean-Pierre Berthomier adhèrent à la drôlerie du texte, les interprètes sont tous les trois formidables grâce à une justesse d'expression qui amène le public à passer par tous les sentiments allant du rire aux larmes. C'est bien là et de toute évidence, l'une des meilleures pièces vues depuis le démarrage de saison !
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
14:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Entretien avec M. Saïd Hammadi, ouvrier algérien.
Théâtre de Ménilmontant
15, rue du Retrait
75020 PARIS
(M° Gambetta)
Tél. 01 46 36 98 60
Pl. 15€, TR. 10€
Du mardi au samedi à 20h.45
Dimanche à 16h.
Relâche exceptionnelle le 30 décembre.
... jusqu'au : 31 décembre 2007
Texte de Tahar Ben Jelloun
publié dans Le Monde du 11 avril 1978 sous le titre,
" Les grilles du temps "
Mise en scène : Alexandre Laurent
Scénographie & création lumière : Mathieu Bataille
avec Zahir Boukhenak (M. Saïd Hammadi)
& Philippe Haug (Journaliste-écrivain)
Combien de M. Saïd Hammadi avons nous croisé dans notre existence sans penser peut-être, à leur accorder un regard ? Parfois certains ont fait pire ...
Que venaient faire ces hommes qui avaient quitté leur pays, leur famille pour se perdre parmi une population qui ne les voyait même pas, ne leur concédant que le droit de travailler pour un salaire de misère ?
Après avoir colonisé les algériens chez eux, dans leur propre pays, nous avons ensuite réussi à les faire venir pour les coloniser en France, à domicile !
Beaucoup sont venus de leur propre chef car de même que le rêve américain attirait irrésistiblement tous ceux qui pour une raison ou une autre se sentaient mal là où ils étaient, il semble qu'un rêve européen soit devenu la dernière utopie en cours ... Les générations françaises précédentes ont fait croire à leurs enfants que certaines tâches étaient indignes d'eux, il fallait alors avoir recours à une main-d'oeuvre externe et si possible, au meilleur prix.
M. Saïd Hammadi est de ceux là. Habitué au soleil, il doit se contenter du ciel gris, de la petite chambre qui ne fait que 12m2 et qu'il partage avec un collègue. Comme il le dit, aucun français n'accepterait de vivre en de telles conditions.
Seulement, sur les malheureux 3000 fr qu'il gagne en France (c'était avant l' euro qui n'a sans doute rien arrangé ...) il peut en faisant très attention en adresser 1000 à sa famille restée au village, là-bas, de l'autre côté de la mer qu'il traverse une fois par an pour aller les rejoindre et revenir ensuite galèrer jusqu'à la retraite.
Un journaliste-écrivain va l'interroger afin de comprendre ou du moins essayer ...
Ce texte de Tahar Ben Jelloun est paru dans le Monde sous le titre " Les Grilles du Temps " en 1978 mais depuis, qu'y a t' il de changé ? ...
Les flux migratoires alternent quant à leur provenance tandis que les problèmes restent identiques. Le fantasme de l' An 2000 qui occupa les esprits s'est évanoui au fil des années. M. Saïd Hammadi ne sera pas " la dernière génération à émigrer " bien au contraire, puisqu' il semble que les raisons de bouger se multiplient. On prévoit même des arrivées massives dues aux désastreuses modifications climatiques dont les pays riches sont en grande partie responsables, bien entendu.
De tous les regrets qu'il peut collectionner, notre transfuge déplore avant tout de ne pas avoir eu la possibilité de s'instruire afin d'être en mesure de mieux se défendre. Ce texte nous en dit long sur le sort de certains alors qu'un minimum d'humanisme aurait pu et pourrait encore tout changer.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
14:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.12.2007
FURIE de et avec Jérôme ROUGER
LUCERNAIRE
53, Rue Notre Dame des Champs
75006 PARIS
(M° N.D. des Champs)
Tél. 01 45 44 57 34
Pl. 20€ TR (sauf samedi) 15 & 10€
jusqu'au : 18 janvier 2008
Mise en scène : Jean-Pierre Mesnard.
Une voix off avertit : " toute personne âgée oubliée dans la salle sera immédiatement détruite " ... Vous imaginez la panique, un dimanche après-midi ? Une chance que FURIE ne soit programmée que du mardi au samedi et qu'entre 19 heures et 20 heures, il ne soit pas encore l'heure de dormir. Quoique ...
Les autres commentaires d'attente seront du même cru mais je vous les laisse découvrir. Au bout de quelques instants, le comédien décide de s'aventurer sur scène, s'exprimant d'une petite voix timide bien que parfaitement audible (c'est ça, le métier ! ) et une expression touchante de chien battu.
Il ne tardera pas à exécuter rien que pour nous, un petit numéro de danse et croyez moi, si - un samedi soir - vous le lancez sur une piste encombrée, il vous la dégagera mieux et plus vite qu'un sergent de ville en plein carrefour !
Comme notre homme est philosophe, il a forcément remarqué que la catastrophe du monde moderne provient du fait que les gens savent ... Aussi pour compenser, a t' il décidé d'éliminer le texte. De ce qui aurait dû être écrit, ils n'en sauront rien ! Inutile d'insister et du reste le comédien est un spectateur comme les autres, venu simplement là, pour voir ce qui va se passer.
Finie l'ère du spectateur-consommateur, ici il n'y a rien à consommer, circulez, puisqu'on vous dit qu' il n'y a rien à voir ! Bien qu'un peu déroutés, ceux qui sont présents ne sont pas d'accord.
Partir ? ... pas question ! Ce qui, soit dit en passant, arrange bien notre acteur car s'ils l'avaient pris au mot, il les aurait rattrapés, c'est certain.
En réalité Jérome Rouger possède l'art et la manière de capter son public, tout à fait naturellement, presque sans avoir avoir l'air d'y toucher.
Mieux, il paraît qu'il n'y a pas de texte ? ... Et bien, on en redemande !
C'est inédit, original et tenez pour un peu, on crierait : BIS.
Simone Alexandre
theatrauteurs. hautetfort.com
22:40 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.12.2007
La veuve, la couturière et la commère de Charlotte Escamez
THEATRE de L' ATALANTE
10, Place Charles Dullin
75018 PARIS
(M° Anvers)
Loc. 01 46 11 90
Tarifs : 18€, 13€ & 8€
Du mercredi 14 novembre au samedi 22 décembre 2007
Lundi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi à 20h.30
Dimanche à 17h. (relâche le mardi)
Farce onirique et meurtrière,
Mise en scène et lumières : William Mesguich
avec : Agathe Alexis (Maria) - Anne de Broca (Lola) - Michèle Simonnet (Antonia) - Philippe Fenwick (L'hidalgo) - Zbigniew Horoks (Le fou).
Texte publié aux éditions : " L'oeil du Prince "
Trois Erinnyes, trois sorcières de Macbeth, distillent leur venin sur une île. Elles font penser à des naufrageuses auprès desquelles il est plus qu' imprudent d'accoster.
Agathe Alexis, Anne de Broca et Michèle Simonnet seront ces trois fossoyeuses vengeresses, rivalisant de talent. Hydre tricéphale auprès de qui s'abîmeront l'hidalgo (Philippe Fenwick) et le fou (Zhigniew Horoks) dont la fantaisie respective sera confrontée à ces mégères apocalyptiques.
William Mesguich anime l'action grâce à une mise en scène active, inventive ...
Charlotte Escamez (l'auteur) tricote la métaphore, entrelaçant les fils de cette farce " onirique et meurtrière" où effectivement, la mort et la folie jouent les équilibristes sur le fil du rasoir.
Ces trois femmes s'activent sous nos yeux, l'une rafistole, l'autre embaume tandis que la troisième reste à l'écoute de ce qui se passe ou de son imagination, ce qui revient au même.
Le spectateur s'interroge tout au long de la pièce essayant de décrypter ce qu'il voit et entend, se surprenant à imaginer la fin ignorant si ce à quoi il assiste se déroule sur terre ou en enfer?
Submergé d'hypothèses toutes plus aléatoires les unes que les autres, on se laisse finalement porter par le jeu des interprètes car le climat est onirique, surréaliste et ... pardonnez du peu, fantastico-macabre !
Les partenaires masculins bien que victimes expiatoires ne sont pas en reste ...
Aucun fou ne saurait égaler celui-là quant à l' hidalgo ou hidalgotte si vous préférez, le personnage semble sorti tout droit d'un film d' Almodovar.
Bref, une pièce qui interroge, tout spécialement destinée à ceux qui aiment se poser des questions et qui parvient ensuite à nous hanter de bien étrange façon ...
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
19:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
L' EDUCATION DE RITA de WILLY RUSSELL
THEATRE MOUFFETARD
73 Rue Mouffetard
75005 PARIS
(M° Place Monge)
Loc. 01 43 31 11 99
Prix des places : 22€
TR : 15€
du 22 novembre au : 5 janvier 2008
du mercredi au vendredi à 20h.30
samedi à 17h & 21h.
dimanche à 15h.
ATTENTION : du 19 au 31 décembre, du mercredi au samedi à 21h.
samedi à 17h. dimanche à 15h. lundi à 21h.
matinée supplémentaire mardi 18 décembre à 18h.
Adaptation : Adriana SANTINI
Mise en scène : Christophe LIDON
avec Pierre SANTINI & Adriana SANTINI.
J'ai - en son temps et comme beaucoup - vu le film mais comme cela ne date pas d'hier et ne l'ayant pas revu depuis, me voilà du même coup à l'abri de toute comparaison.
Du reste, peut-on mettre en parallèle cinéma et théâtre, j'aime à croire que cela est impossible, même si parfois les deux disciplines se confondent au mépris de toute imagination.
Ah ! cet abus de vidéos sur scène ... Ici, il n'en est rien, fort heureusement et la bibliothèque aura même certains aspects ludiques ...
Pierre Santini sera Frank, ce vieux professeur alcoolique et sa fille Adriana jouera les tornades sous le nom de Rita. Nous ne sommes pas loin du Pygmalion de Shaw et la jeune femme a (presque) tout à découvrir ... Ce faisant, elle va peu à peu inciter son mentor à reprendre goût à la vie. Ce ne sera pas sans heurts ni sans difficultés car ces deux personnalités d'âge différent vont nécessairement s'affronter. Les milieux sociaux diffèrent aussi ce qui est un obstacle de plus pour cette coiffeuse de 26 ans sorte de petit canard sur le point de devenir cygne, qui n'appartient plus à l'univers qui est encore le sien et pas encore à celui auquel elle aspire. Il n'est pas rare que stimulé, l'élève dépasse le maître ou du moins le suppose ce qui peut déboucher sur un conflit. Ces deux là vont vivre sous nos yeux toutes les phases de leur évolution jusqu'à ce qu'ils prennent conscience de leur complémentarité.
Adriana Santini apporte sa fougue volontiers iconoclaste au personnage de Rita tandis que son parental homonyme lui oppose sa proverbiale solidité. Le fait que père et fille jouent ensemble ces deux personnages leur enlève peut-être un peu d'ambiguïté mais les spectateurs pourront bien sûr, imaginer la suite de l'histoire selon leur gré et ce avec d'autant plus de facilité qu'il m'a semblé que la fin restait ouverte.
A voir, bien sûr !
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
18:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La Petite Sirène, conte musical d'après Andersen
THEATRE de PARIS
15, rue Blanche
75009 PARIS
(M° Trinité, Blanche, St-Lazare)
Loc. 01 48 74 25 37
Prix des places : 38€, 30€, 16€
Du : 24/11/07 au : 5/1/08 à 14h & 16h.30
chaque mercredi & samedi du 24 nov. au 22 déc.
tous les jours du 24 au 29 décembre 2007
& du 2 au 5 janvier 2008 (le 25/12 à 16h.30 uniquement)
Conte musical tout public, à partir de 4 ans.
Paroles, musique et scénographie : Christian SCHITTENHELM
Chorégraphie et mise en scène : Sébastien SAVIN
avec : Albane CHATEAU ou Gaëlle GAUTHIER, Sébastien AGIUS ou Antony VERONESE, Germinal TENAS ou Christophe JEANNEL, Florence TRINCA ou Léovanie RAUD, Joanna MICHEL ou Caroline ROËLANDS, Anne-Marie GANCEL ou Sandrine SEUBILLE
La Petite Sirène, conte d' Andersen qui a ému, ravi nos parents et grand-parents (sans doute même, au delà pour les plus jeunes). On se pose alors une question : Andersen est il toujours autant lu ? ...
Qui connait encore, " La Vierge des Glaciers ", " Une Histoire dans les Dunes " ou " La Soupe à la brochette " ? ... nos petites têtes blondes, rousses ou brunes étant désormais captées, captivées par la télévision.
Il nous faut donc du grand spectacle et pour beaucoup, le merveilleux ne saurait se concevoir sans strass et paillettes !
Christian Schittenhelm et Sébastien Savin l'ont bien compris car nous assistons à une débauche de lumières, de sons, de danses et chansons, bref tout ce qui constitue un spectacle qualifié de vivant.
Un peu dans le style Notre-Dame de Paris mais cette fois, en destination des plus petits.
Bien sûr, tout est sonorisé mais comment pourrait-il en être autrement vu l'énergie de la réalisation, cet espace scénique et les proportions de la salle ? Nous ne sommes pas à l'Opéra tout de même ! Par conséquent, les quelques vieux grincheux qui redoutent un larsen produit par leur appareil acoustique devront sans nul doute le régler.
Que diable, il faut vivre avec son temps !
Certes, l'histoire initiale était plus destinée à nous attendrir qu'à nous transporter mais la vie n'est-elle pas déjà la plupart du temps, assez triste pour ne pas en rajouter ?
Laissons donc nos enfants croire encore durant quelques temps que l'existence est féérique, que les princes peuvent tomber amoureux des petites sirènes et inversement. Ici, même la sorcière est sexy, vous voyez bien, ce n'est pas par hasard !
Les danseurs évoluent à ravir et il y en a même un qui s'offre le luxe de ressembler au mythique Rudolph Valentino dont il n'a peut-être jamais entendu parler ? Allez savoir ...
Certains objecteront que les chanteurs donnent l'impression de sortir tous de la même école (à peu de choses près) Germinal Tenas (le roi de la mer) faisant exception. Oui, mais il a l'expérience et un timbre de voix si particulier qu'il en devient inimitable.
Par conséquent, il s'agit ici du spectacle idéal pour toute la famille en période de fêtes. Les interprètes se donnent sans compter et méritent qu'on leur rende la politesse. A voir et applaudir, sans modération.
Simone Alexandre.
www.theatrauteurs.com
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02.12.2007
BASILE de Caroline DARNAY
THEATRE DU PETIT GYMNASE
38, bd. Bonne Nouvelle
75010 PARIS
(M° Bonne Nouvelle)
Tél. 01 42 46 14 07
Pl. 25€ TR. 10€
jusqu'au : 23 décembre 2007
chaque samedi à 18h.
Mise en scène : Rémi PRECHAC
avec Caroline DARNAY et Damien BOISSEAU.
Une histoire un peu ... " brut de décoffrage " issue d'un cerveau actuel, traitant d'une période que Dumas illustra avec talent, des sentiments que Marivaux traita avec subtilité mais il serait - il est vrai - malaisé d'être les deux à la fois.
Basile en sa qualité de chef de la police, appartenant au sieur Mazarin et cadet (non de Gascogne) mais celui du surintendant Fouquet (pleurez, Nymphes de Vaux ... là, j'anticipe ! ) va malencontreusement tomber amoureux d'une femme au dessus de sa condition puisqu'il s'agit de la duchesse de Châtillon laquelle à ses heures perdues, complote quelque peu pour le Prince de Condé ...
Bien entendu, la belle n'a que mépris pour le commensal du célèbre cardinal.
Il va donc sous couvert de disgrâce royale, la kidnapper afin de l'avoir à disposition. On ne saurait être plus expéditif !
N'oublions pas que le Siècle de Louis XIV fut également celui de " l'affaire des poisons " mais notre homme ne courtisait pas La Voisin et de toutes façons, l'amour rend aveugle quand ce n'est pas complètement idiot, comme chacun sait.
Croyant tenir sa proie en ses griffes acérées, Basile va avaler le poison après avoir fait cadeau de l'antidote. Pas très finaud, notre chef de la police !
Rassurez-vous, tout coeur de pierre comporte une faille par laquelle Cupidon parviendra à se faufiler. Ouf ! on a eu peur ...
Le spectacle se partage entre séquences filmées et scènes jouées. Les costumes sont superbes, le décor à la fois fonctionnel et très beau. Il est seulement dommage que l'on voit les interprètes eux-mêmes le modifier sous nos yeux à une époque où l'on ne manquait pas de domestiques.
Damien Boisseau nous campe un Basile au jeu nuancé quant à son auteur(e)-partenaire, cette dernière boule le texte de façon littéralement suicidaire.
On est tenté d'ajouter : après tout c'est le sien et elle en fait ce qu'elle veut !
A ce détail près et si l'on n'est pas allergique à la mixité des genres actuellement à la mode, (vidéo-théâtre) les spectateurs pourront passer cette heure et demie d'assez agréable façon.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
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