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28.11.2007

La maison de Bernarda Alba de Federico Garcia Lorca

THEATRE de la JONQUIERE
88, rue de la Jonquière
75017 PARIS
(M° Guy Moquet, Brochant, Porte de Clichy)
Loc. 06 32 46 78 37
Pl. 13€ TR.11€

Du 28 novembre au 1er décembre 2007 à 20h.

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Adaptation et mise en scène : Georges TAPIA
avec Myrna Raccah (Bernarda) - Thérèse Guichard (La Poncia) - Christiane Bastide (Maria Josefa) - Valérie Ferron (Angustias) - Leocadie Brissaud (Magdalena) - Juliette Di Pasquale (Amelia) - Marianne Dell (Martirio) - Nadège Sapède - Ariane Mourier (Adela).

A une époque où tout va trop vite, il est malaisé de faire la preuve de l'aboutissement d'un spectacle en seulement quatre représentations. C'est ce que tente actuellement Georges TAPIA qui a réécrit La Maison de Bernarda Alba afin de rendre la pièce jouable par les huit comédiennes qu'il avait à disposition ...
Le décor est constitué de voilages blancs sans doute pour souligner la présence de ces cinq filles qui rêvent désespérément de mariage sous le toit d'une mère tyrannique. Le père vient de mourir et l'ainée âgée de presque 40 ans se voit brusquement convoitée par un coq de village.
A la lucidité de La Poncia (domestique fidèle, ici sans doute un peu trop effacée) s'oppose l'égoïsme dominateur de l'omniprésente maîtresse des lieux.
Les jeunes comédiennes (plus jolies que Lorca l'avait prévu) s'acquittent de leur rôle respectif avec une aisance qui ira croissant si bien entendu la pièce perdure en ce lieu ou est reprise ailleurs.
Quant à cette harpie claudicante qui a pour nom : Bernarda Alba, la comédienne ayant mémorisé le livret aurait tout intérêt à oublier la partition car Myma Raccah chante étrangement le texte situant son autorité dans la canne qu'elle brandit à tout bout de champ. (A l'issue d'une apparition, on pourrait presque croire qu'elle dort avec). Le metteur en scène nous a dans le passé fourni d'intéressantes réalisations ce qui nous amène à penser que cette pièce n'en est qu'au stade du rodage et qu'après avoir resserré quelques boulons (comme on dit en jargon de métier) tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes ...
Une mention à Christiane Bastide dont la fugitive omniprésence nous arrache un sourire par le biais de sa composition de vieille folle amusante au possible.

Simone Alexandre

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27.11.2007

Gengis Khan de Henry Bauchau

THEATRE 13
103A, bd Auguste Blanqui
75013 PARIS
(M° Glacière)
Tél. 01 45 88 62 22

Mardi, mercredi, vendredi à 20h.30
Jeudi & samedi à 19h.30
Dimanche à 15h.30

Pl. 22€ TR.15€
le 13 de chaque mois : TU 13€

jusqu'au : 23 décembre 2007
9656c447a08bcd0f00855c303b096ec7.jpgEpopée : 2h.20 sans entracte. Mise en scène : Benoît Weiler. avec Lorenzo Baitelli, Alexandre Barbe, Thomas Blanchet, Sarkaw Gorani, Delphine Haber, Laurent Letellier, Michael Maïno, Bertrand Nadler, Marta Terzi, Régis Vallee et les musiciens Geoffrey Dugas et Vincent Martial.

photo : Samuel Guibal.



Un texte superbe, une mise en scène à la hauteur que demander de plus ?
Gengis Khan fut la première pièce écrite par Henry Bauchau mais peut-on parler de coup d'essai quand il s'agit d'un coup de maître ?
Cette épopée fut rarement montée tout simplement parce qu'il y a beaucoup de monde et ici à l'exception du comédien jouant le rôle titre, tous devront se glisser dans la peau de plusieurs personnages.
Ce qui créé sans nul doute un phénomène d'accélération car chacun doit rassembler toute son énergie pour passer d'un rôle à l'autre et le rythme y gagne incontestablement.
Le spectateur se trouve de ce fait entraîné comme par une tornade. Il n'en fallait pas moins pour évoquer cette période de bruits et de fureur.
Les grands conquérants n'ont pas été légion tout au long de l'histoire de l'humanité et si leur destin et celui des peuples qu'ils rencontrèrent et soumirent sont inscrits en lettres de sang, leur image n'en demeure pas moins exceptionnelle.
Si impitoyable soit-il, un grand homme reste un être humain avec comme tout un chacun son lot d'émotions et de faiblesses même s'il a appris à les cacher jalousement aux yeux des autres.
Fasciné par les grands destins (Henry Bauchau ne s'est il pas également penché sur la vie de Mao Zédong ?) passionné de psychanalyse, ses personnages sont aussi vaillants que complexes.
Les costumes stylisés sont superbes et les maquillages expressifs à l'extrème.
Ici, les projections se justifient puisque nous montrant tour à tour la steppe ou les armées galopantes, voire les calligraphies que l'on peut assimiler à d'immenses dazibaos. Deux musiciens vont parfaire les interventions du choeur lequel ponctuera les périodes, situé à l'avant-scène côté jardin maintenant ainsi les spectateurs dans l'ambiance de ce théâtre épique destiné à nous transporter.
En espérant ne pas rendre ses camarades jaloux, un immense bravo à Thomas Blanchet qui ici, se surpasse. Son Nicola Polo est à la fois d'un drôle et d'une justesse inégalés. Spectacle à voir, toutes affaires cessantes !

Simone Alexandre

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25.11.2007

BARBE BLEUE, espoir des femmes de Dea Loher.

THEATRE de la REINE BLANCHE
2bis, passage Ruelle
75018 PARIS
(M° Marx Dormoy)
Tél. 01 40 05 06 96
www.reineblanche.com
Pl. 14€ TR. 11€

Samedi 24, Vendredi 30 novembre
& Samedi 1er décembre à 21h.

Dimanche 25 novembre
& 2 Décembre 2007 à 16h.
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Traduction : Laurent Muhleisen. (Editions de l'Arche)
Direction d' Acteurs : Thierry Devaye.

avec Katerina Floradis, Florence Frachon, Nathalie Lempereur, Catherine Louchet, Astrid Manfredi, Johanna Rubio
& Stéphane Brizard, Stéphane Champmartin, Jeff Penard, Nicolas Piboyeu, Marc Servies.

Durée du spectacle : 1h.50 -

L'éducation de plusieurs générations s'est construite autour de la peur. Perrault aimait à éduquer les petits tout en les effrayant. L'ogre, Barbe Bleue ... les parents ne disaient ils pas alors, " si tu n'es pas sage, le loup te mangera " ?
Le martinet dans le meilleur des cas, était de façon bien visible, suspendu à un clou et à la moindre bêtise, on le montrait du doigt. Nous sommes fort heureusement bien loin de tout cela mais les écrits demeurent.
Maintenant, ce sont les adultes qui ont peur depuis qu'on leur a dit, montré, prouvé que les serial-killers, ça existe ! Ce qui a inspiré Dea Loher qui reprend ce thème en le prolongeant, en l'éclairant de toute la psychologie dont nos ancètres étaient si cruellement dépourvus.
La compagnie La Mascherina va ici grâce à 6 comédiennes et 5 comédiens évoquer ces meurtres en série. Barbe Bleue ne sera jamais le même comme si tel un vampire, il renaissait chaque fois de son crime.
Le plus beau rôle de la pièce est indéniablement celui de l'aveugle et chaque comédienne l'interprétera en plus du personnage qu'elle est au départ, censée représenter.
Cela créé une impression de chorégraphie plus ou moins aboutie mais l'intention s'impose à nous comme une évidence.
Quand les cinq potentiels Henri arrivent sur scène, chemises noires et cravates bleues, on se croit revenus à l'époque de la République de Salo.
Les comédiens (filles ou garçons) jeunes pour la plupart ne soutiennent pas toujours assez le texte, la diction n'étant plus (hélas) la préoccupation du jour.
Si un certain phrasé est fort heureusement passé de mode, le minimum espéré ne reste t' il pas la pleine et entière perceptibilité du texte ? Quelques bases jadis indispensables font ainsi cruellement défaut à certains.
Le fait de démarrer par exemple avec la jambe du côté du public prouve une inexpérience notoire alliée à une méconnaissance de l'esthétique mais je ne voudrais pas accabler ceux à qui on n'a jamais fourni l'indication.
Le metteur en scène leur ayant dit " ne cherchez pas à comprendre ... " (sic) ceci explique peut-être, cela ?
En dépit de ces quelques réserves, le spectacle (car c'en est un, de façon indéniable) se laisse agréablement voir, quant au texte de Dea Loher, il se défend lui-même, fort heureusement.

Simone Alexandre

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22.11.2007

Une fille en or de Natalie Van Parys et Lise Martin.

Théâtre Daniel-Sorano
16, rue Charles Pathé
(94) VINCENNES
(M° Château de Vincennes)
Loc. 01 43 74 73 74

Jeudi, vendredi, samedi à 20h.45
Matinées, samedi et dimanche à 16h.

Places : 22/18/15€

du 22 Novembre au 30 Décembre 2007

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Comédie en chansons.de Georges van Parys, Charles Trenet, Mireille, Vincent Scotto, Henri Christiné, Albert Willemetz, Raoul Moretti, Jean Boyer, Mouloudji ...

Mise en scène : NATALIE VAN PARYS.
avec Nathalie DUONG, Vincent BOUCHOT, Denis CHOUILLET, Pierre CORBEL

La compagnie Les Cavatines grâce à l'écriture de Lise Martin nous invite à revisiter le Jardin d' Eden où " comme de bien entendu ", il pousse des liasses de billets dans les arbres.
Mais n'est-ce pas le rêve suprême de notre époque ?
Bobby-Adam (Vincent Bouchot) est un doux rêveur, un peu chercheur à ses moments perdus or, il n'a que cela en dehors d'un chat (Denis Chouillet), ange gardien qui se nomme Gisèle. (oui, comme chacun sait, le sexe des anges ...)
Mais le démon-tentateur (Pierre Corbel) rôde par là, accompagné d'une Eve rebaptisée Sido car l'auteur a lu Colette.
Notre minou ronronnant est également pianiste et bien évidemment, grand collectionneur de souris devant l' Eternel.
Bobby quant à lui est légèrement puceau mais s'est décidé à consulter les petites annonces alors quand la belle et son souteneur vont débarquer, la confusion sera aussi inéluctable qu'immédiate.
Nathalie Duong chante à ravir et encouragée par Mr Paul va aguicher l'occupant des lieux jusqu'à lui devenir indispensable.
Seulement voilà, à son retour qu'elle trouve trop prompt,(*) Mr Paul boira un élixir d'amour qui fera de lui un lapin avant de poursuivre sa transformation de façon pour le moins surprenante !
Nos chanteurs humoristes revisitent ce répertoire typiquement français avec talent et nous passons une heure dix en leur compagnie d'agréable façon.

(*) petite reminiscence des Cornes de Boursault.

Simone Alexandre

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La belle et le Hussard de Benoît Marbot

3eb9fad57a951d876705d3f760446c4c.jpgDe 1792 à 1818 nous suivrons quatre personnages emportés par la tourmente des événements ce, durant vingt six années, cinq régimes politiques différents au fil des guerres, des passions mais aussi des intérêts.
Combien de fois avons nous entendu dire au sujet de deux êtres ? ..." Ils ne vont pas ensemble " - comme si de l'extérieur, on pouvait juger !
On jouait volontiers à colin-maillard à l'époque; maints films nous l'ont prouvé.
Jeu hérité de l'enfance mais teinté d'une évidente sensualité.
Ne convient il pas de deviner qui est l'autre en le touchant sans le voir, en le humant afin de l'identifier ?
On ne doute plus aujourd'hui de l'importance des phéronomes quant à l'attrait que les individus éprouvent l'un pour l'autre. Nous restons d'évidence une forme animale évoluée.
Lefort est un housard, il sent le cuir, la sueur et ce jeune lion héberge forcément une odeur fauve dans sa crinière.
Face à lui, Gontran de Richepoix ne peut qu'être falot.
L' homme est indécis, joue à l'amoureux transi quand l'autre prend d'assaut.
Sa soeur, Sophie, la meilleure amie de Caroline de Tiersanville aura dans l'action un rôle-charnière mais pas seulement ...
Rien n'attise plus le désir sexuel que l'approche de la mort.
La natalité part en flèche au lendemain des guerres. C'est en quelque sorte un réflexe issu de l'instinct de conservation.
Benoît Marbot nous transporte en ces temps reculés où tout homme valide ne pouvait qu'être militaire où l'habitude du danger finissait par créer une dépendance, un besoin que rien ne pouvait remplacer. Mourir au combat ou mourir d'ennui étant l'unique alternative.
Le style est direct et le rythme enlevé. La lecture de la pièce attise notre impatience à la voir prochainement jouée.

Simone Alexandre

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21.11.2007

GEORGE DANDIN ou le mari confondu de MOLIERE.

THEATRE DOUZE Maurice Ravel
6, avenue Maurice Ravel
75012 PARIS
(M° Porte de Vincennes)
Loc. 01 44 75 60 31
www.theatredouze.com
Pl. 13€ TR 11€

Du 21 novembre 2007 au 5 janvier 2008
du mercredi au samedi à 20h.30
et du 22 novembre au 14 décembre 2007
les jeudi et vendredi à 14h.30

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Adaptation : Etienne MALARD
Mise en scène : Gilbert PONTE
avec Frédéric LAURENT, Myriam ALLAIS, Glen HERVE et Gilbert PONTE
Musiques : Jean-Sébastien BACH.
Lumières et vidéos : Kosta ASMANIS,
Décors : Gilles TEYSSIER,
Costumes : Lena GOUSSEVA et Clotilde FORTIN.

Durée du spectacle : 1h.20
Photo : Kosta ASMANIS

Adapter Molière en son propre pays ?
Curieuse démarche qui sous-entend que nos contemporains ne sont plus aptes à le percevoir en sa forme originelle.
Ce qui, reconnaissez le, serait bien triste.
Etienne Malard et Gilbert Ponté (l'un au texte, l'autre à la mise en scène) ont abordé ce George Dandin avec un esprit de synthèse vaguement iconoclaste mais ils avaient un objectif, faire tenir les trois actes initiaux en une heure vingt !
A l'impossible nul n'est tenu. Il fallut donc effectuer des coupes sombres, tant sur le plan scène qu'en direction des personnages, c'est ainsi que Claudine, suivante d' Angélique passera purement et simplement à la trappe. Un mystérieux Prosper fera son apparition, histoire de compenser. Tiens, Molière était bilingue ? On nous l'avait caché.
Pardon, Jean-Baptiste mais cela t'est arrivé si souvent et tu t'es tant et tant de fois retourné dans ta tombe que tes cendres n'en frémissent même plus.
Cela dit, aussi curieuse que soit la démarche, force est de constater qu'il y a de bonnes choses. La sobriété du décor n'est nullement réductrice puisque ces rutilantes tentures écarlates sont là pour nous rappeler que le texte de Molière n'a besoin de nul artifice, qu'il se suffit amplement, même tronqué.
Glen Hervé est époustouflant d'élégance, allant parfois jusqu'au maniérisme (voulu) et se démultiplie tout au long de la pièce.
Il est tour à tour, fil conducteur (il fallait bien cela à nos esprits obtus) et comme les contrastes ne lui font pas peur, il passera aisément du beau Clitandre au rustique Colin.
Frédéric Laurent semble plus violemment en colère que désespéré et nous doutons (fort heureusement) que ce George Dandin choisisse de
" s'aller jeter dans l'eau, la tête la première "
Myriam Allais (Angélique) est plus revendicatrice qu'aristocrate coquette du 17ème (siècle) mais il ne faut jamais perdre de vue qu' en dépit des costumes nous assistons à une réactualisation de la pièce. L'intention est claire.
Quant au couple des Sottenville, (on peine à reconnaître Gilbert Ponté et Myriam Allais de nouveau) la caricature de ces derniers s'inclura dans le cadre respectif d'un petit écran où leurs têtes fichées telles celles de leur descendants finissant au bout d'une pique, grimaceront maquillées au pochoir, éructant le texte en d'affreux borborygmes. Là, ils ont fait fort !
Vous l'avez compris, Cette comédie sociale inspirée par les déconvenues du mariage en général et des mésalliances en particulier se transforme ici en farce.
Certains s'en offusqueront, d'autres bien sûr, leur en sauront gré. Le résultat est une curiosité ...

Simone Alexandre

theatrauteurs.hautefort.com

11.11.2007

Mesure pour Mesure de William Shakespeare

Théâtre des Quartiers d'Ivry
69, avenue Danielle Casanova
94200 Ivry-sur-Seine.
(M° Mairie d' Ivry)
tél. 01 43 90 11 11
www.theatre-quartiers-ivry.com

Du 8 novembre au 5 décembre 2007
mardi, mercredi, vendredi, samedi à 20h.
jeudi à 19h. dimanche à 16h.
relâche le lundi.

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photo : Bellamy.

Mise en scène : Adel Hakim
avec Philippe Awat, Thierry Barèges, Isabelle Cagnat, Frédéric Cherboeuf, Etienne Coquereau, Jean-Charles Delaume, Malik Faraoun, Nigel Hollidge, Catherine Mongodin, Julie-Anne Roth.

Nous découvrons un immense espace scénique inspiré de la circularité des pistes de cirque. Belle scénographie aux reflets métalliques sur laquelle la Justice - sorte de momie sculpturale et blanche - fera son apparition. En fond de scène, deux projecteurs situés à chaque extrémité (cour et jardin) comme deux lumineuses sentinelles.
Apparente et théorique unité de lieu puisque les scènes auxquelles nous allons assister sont censées se dérouler soit au palais, dans un monastère ou couvent de religieuses, une prison et dans la rue. La musique ponctue le tout.
Adel Hakim a voulu revisiter le texte shakespearien au risque d'un prévisible procès d'intention. Laissons lui assumer la responsabilité de ce choix, d'autant que seule la forme plus que le fond peut être cause de l'éventuelle querelle ...
Vincentio se nomme tout simplement le Duc, ce qui en soi est déjà assez lourd à porter du fait que les costumes sont résolument contemporains. Mais certain chef d'un état que nous connaissons bien pour en fouler quotidiennement le sol, n'est il pas désigné par le simple raccourci de son nom ?
En revanche, Pompée ce dandy des faubourgs, se verra affublé d'étranges lettres de noblesse ... ( Excellent Philippe Awat ! )
Quant à Madame Overdone, cette dernière bénéficiera d'un patronyme dont il serait malaisé de justifier le bon goût. Condé, Ecume seront des personnages issus du même tonneau.
Si Shakespeare au moment où il écrivit la pièce ayant dépassé le milieu de sa vie et perdu en chemin quelques illusions, produisit cette comédie qui dosait humour et vague écoeurement pour les moeurs de son époque, notre adaptateur a tranché pour lui en direction de la dérision et même de la farce, souvent énorme.
Angelo, ce tyran - non de Padoue mais de Vienne - réfléchira sur la conduite à tenir en ne se livrant pas à un banal footing mais juché sur des rollers histoire - sans doute - d'illustrer le caractère expéditif de ses décisions !
Sans nous en rendre compte, nous traversons ces deux heures d'un rythme enlevé, pour le moins fort en gueule où l'unité de ton est présente et ne pouvons douter d'une intention délibérée. Comme toujours lorsqu'il s'agit d'un texte appartenant à ce répertoire, la querelle des classiques et des modernes se ranime chacun ayant ses arguments. Par conséquent, à vous de choisir en quel camp vous situer. La subtilité initiale du texte n'est pas tout à fait au rendez-vous mais en revanche, l'entreprise est menée rondement, le spectacle agréable à voir. En pareille circonstance, seuls ceux qui ne connaissaient pas la pièce au préalable pourront se déclarer entièrement satisfaits, les autres feront la part des choses en tenant compte de l'esthétisme indéniable de la réalisation.

Simone Alexandre

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MONTAIGNE et le commerce conjugal de Robert POUDEROU.

THEATRE DU PETIT PARMENTIER
Place Parmentier
92200 NEUILLY-sur-SEINE
(M° Porte Maillot)
Loc. 01 46 24 03 83
www.mjcneuilly92.com
Plein tarif : 18€
Tarif réduit : 14€

du 6 Novembre au 1er Décembre 2007
du mercredi au samedi à 20h.30

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photo : Joffre.

Mise en scène : Benoît MARBOT
avec : Sabrina BUS, Laurent BENOIT, Rosa RUIZ.

Pièce intimiste par excellence, histoire d'une solitude, celle de l'homme qui écrit et duos successifs entre Michel Eyquem, seigneur de Montaigne, Marie de Gournay, sa jeune admiratrice et Françoise de la Chassaigne, son épouse.
L'une et l'autre auront à son endroit, même griefs, l'homme faisant passer l'écriture avant tout. Il n'en fut pas toujours de même, chacune tentant vainement de succèder à l'affection sans bornes que Montaigne nourrissait pour le cher disparu, l'irremplaçable Etienne de la Boétie. Mais il est dit que l'on ne rencontre pas deux fois l'âme soeur ...
En guise de prémisses aux discussions, Benoît Marbot a convoqué l'orage et cette pluie qui avive tout le vert de la Picardie où l'action est lancée.
La musique interviendra à point nommé pour souligner la situation présente en un discret mais remarquable contrepoint.
Bien que Françoise de la Chassaigne ait apporté à son mariage, sept mille livres tournois de dot, son état d'épouse et son rôle de femme la contraignaient à rester effacée. Tout homme même de petite noblesse épousait alors un ventre aussi fut elle à six reprises enceinte, eut cinq enfants dont une seule fille survécut, Léonor qui sera plus tard l'épouse de François de la Tour. De même que Montaigne s'était choisi un frère d'élection, il trouvera en Marie de Gournay sa complice élective.
Laurent Benoit apporte une belle assurance au rôle-titre tandis que symbolisant subtilement des âges différents Rosa Ruiz est l'épouse et Sabrina Bus la fille choisie. L'une et l'autre rivalisent de charme encadrant cet homme vieillissant, rongé par la maladie cerveau agile mais homme pondéré et semble t' il, piètre amant. Nul n'accède au Panthéon littéraire en éludant certains sacrifices ...
Impeccable direction d'acteurs, Benoit Marbot auteur lui-même n'ayant pas la réputation de trahir un confrère lorsqu'il signe une mise en scène.

Simone Alexandre

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10.11.2007

Couleurs de femmes l'été de Kazem Shahryari

ART STUDIO THEATRE
120 bis, rue Haxo
75019 PARIS
(M° Télégraphe)
Tél. 01 42 45 73 25

Mardi, mercredi, vendredi, samedi à 20h.30
Jusqu'au : 15 décembre 2007

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Photo : France Elsa.
Mise en scène de l'auteur.

Un incendie de forêt, l'été - quelque part, dans le sud de la France.
Des êtres vont se croiser en un point donné, épargné par les flammes.
Pour écrire cette pièce, Kazem Shahryari a recueilli le témoignage de femmes venues des quatre coins de l' Europe, qui se sont racontées.
Par le biais de cette situation de crise (le feu) nous allons les découvrir, une à une, elles et leur famille, apprendre de leur bouche les épreuves traversées, le courage qu'il faut avoir quand on doit tout reprendre de zéro, tout réinventer, tout reconstruire.
Deux jeunes filles puisqu'elles sont l'une et l'autre âgées de 18 ans, perdues en cette forêt dantesque vont peu à peu dérouler sous nos yeux, le fil de leur arbre généalogique. Leurs racines viennent le plus souvent d'ailleurs, que ce soit d'Espagne, d'Italie ou de Transylvanie. Nous découvrirons pères, mères ainsi que leurs aïeux, parfois de simples spectres, les écoutant nous raconter leur vie, quel chemin fut le leur.
Il y a ce personnage étrange vers lequel tout converge : Zek dont le nom évoque le bruit d'une allumette frottée qui s'allume dans une odeur de soufre. Emmanuel de Sablet nous donne le vertige, fascine par ce côté imprévisible qui nous fait à la fois redouter et attendre cette intense violence surgissant tout à coup mais qui nous prend chaque fois au dépourvu. Belle composition de personnage !
Je pourrais nommer bien d'autres interprètes car chacun joue avec bonheur sa partition mais ce rôle d'homme faussement rustique dont le père fut condamné à vie comme incendiaire que la mère surveille de loin capte notre attention comme le feu fascine.
Kazem Shahryari maîtrise ce lieu tout en largeur, tel un écran panoramique plaçant parfois les acteurs sur différents niveaux, comme s'il s'agissait d'un paysage de montagne. L'imagination fait le reste car ce metteur en scène est depuis toujours un créateur d'onirisme.
Et comme on a coutume de dire qu' en France tout finit par des chansons, certaines scènes seront allègrement ponctuées de poses sonores chantées en direct par ces comédiens qui (il n'est pas inutile de le préciser) savent chanter. Ce qui est assez rare pour qu'on le souligne.

Simone Alexandre

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04.11.2007

MURALE de Mahmoud Darwich

MAISON DE LA POESIE
(Grande Salle)
passage Molière
157 rue Saint-Martin
75003 PARIS
(M° Rambuteau)
Loc : 01 44 54 53 00

Du 10 Octobre au : 10 Novembre 2007
Mercredi et Samedi à 19h.
Jeudi et Vendredi à 21h.

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(DR Jev)
Traduction : Elias Sanbar.
Mise en scène et scénographie : Wissam Arbache.
avec : Jean-Damien Barbin, Hala Omran et Virgile Lefebvre (saxophone).

Un rideau assez transparent pour nous permettre de deviner le lit qui se trouve derrière et suffisamment opaque pour que ceux qui en sont capables puissent déchiffrer ce texte écrit en langue arabe.
Jean-Damien Barbin arrive, silhouette longiligne, comédien à la diction désormais inusitée.
J'ai lu quelque part le mot " déclamation." Nos actuels critiques ont décidément oublié ce que le terme désignait !
Non, il dit parfaitement le texte en utilisant une voix grave, chaudement timbrée incluant une évidente technique sans pour autant la mettre en avant comme je le constatai récemment, quelque part, en certain lieu. D'ailleurs, la richesse du texte exclut tout rajout.
Virgile Lefebvre au saxophone crée le contrepoint tandis que la superbe Hala Omran incarne le double féminin du poète célébrant cet hymne à la vie.
Un plateau circulaire semble symboliser la terre sur laquelle se célèbre chaque jour cette fête des perdants où la vie n'est que l'ombre de ce que nous ne voyons pas. Le célèbre vanitas, vanitatum de l' Ecclésiaste sera évoqué puisque décidément, tout vivant marche vers la mort. Il convient donc de savourer le moment présent que la beauté d'une fleur d'amandier suffit à rendre éternel.
Mahmoud Darwich a regardé un temps la camarde au fond des yeux et nous est revenu enrichi de cette expérience. Lui et ses interprètes nous offrent toute la poésie de l'instant dessillant le regard de ceux qui ne savaient pas voir puisque le merveilleux n'existe que là où on le crée.

Simone Alexandre

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