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11/11/2007

Mesure pour Mesure de William Shakespeare

Théâtre des Quartiers d'Ivry
69, avenue Danielle Casanova
94200 Ivry-sur-Seine.
(M° Mairie d' Ivry)
tél. 01 43 90 11 11
www.theatre-quartiers-ivry.com

Du 8 novembre au 5 décembre 2007
mardi, mercredi, vendredi, samedi à 20h.
jeudi à 19h. dimanche à 16h.
relâche le lundi.

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photo : Bellamy.

Mise en scène : Adel Hakim
avec Philippe Awat, Thierry Barèges, Isabelle Cagnat, Frédéric Cherboeuf, Etienne Coquereau, Jean-Charles Delaume, Malik Faraoun, Nigel Hollidge, Catherine Mongodin, Julie-Anne Roth.

Nous découvrons un immense espace scénique inspiré de la circularité des pistes de cirque. Belle scénographie aux reflets métalliques sur laquelle la Justice - sorte de momie sculpturale et blanche - fera son apparition. En fond de scène, deux projecteurs situés à chaque extrémité (cour et jardin) comme deux lumineuses sentinelles.
Apparente et théorique unité de lieu puisque les scènes auxquelles nous allons assister sont censées se dérouler soit au palais, dans un monastère ou couvent de religieuses, une prison et dans la rue. La musique ponctue le tout.
Adel Hakim a voulu revisiter le texte shakespearien au risque d'un prévisible procès d'intention. Laissons lui assumer la responsabilité de ce choix, d'autant que seule la forme plus que le fond peut être cause de l'éventuelle querelle ...
Vincentio se nomme tout simplement le Duc, ce qui en soi est déjà assez lourd à porter du fait que les costumes sont résolument contemporains. Mais certain chef d'un état que nous connaissons bien pour en fouler quotidiennement le sol, n'est il pas désigné par le simple raccourci de son nom ?
En revanche, Pompée ce dandy des faubourgs, se verra affublé d'étranges lettres de noblesse ... ( Excellent Philippe Awat ! )
Quant à Madame Overdone, cette dernière bénéficiera d'un patronyme dont il serait malaisé de justifier le bon goût. Condé, Ecume seront des personnages issus du même tonneau.
Si Shakespeare au moment où il écrivit la pièce ayant dépassé le milieu de sa vie et perdu en chemin quelques illusions, produisit cette comédie qui dosait humour et vague écoeurement pour les moeurs de son époque, notre adaptateur a tranché pour lui en direction de la dérision et même de la farce, souvent énorme.
Angelo, ce tyran - non de Padoue mais de Vienne - réfléchira sur la conduite à tenir en ne se livrant pas à un banal footing mais juché sur des rollers histoire - sans doute - d'illustrer le caractère expéditif de ses décisions !
Sans nous en rendre compte, nous traversons ces deux heures d'un rythme enlevé, pour le moins fort en gueule où l'unité de ton est présente et ne pouvons douter d'une intention délibérée. Comme toujours lorsqu'il s'agit d'un texte appartenant à ce répertoire, la querelle des classiques et des modernes se ranime chacun ayant ses arguments. Par conséquent, à vous de choisir en quel camp vous situer. La subtilité initiale du texte n'est pas tout à fait au rendez-vous mais en revanche, l'entreprise est menée rondement, le spectacle agréable à voir. En pareille circonstance, seuls ceux qui ne connaissaient pas la pièce au préalable pourront se déclarer entièrement satisfaits, les autres feront la part des choses en tenant compte de l'esthétisme indéniable de la réalisation.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com.

11:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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