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10/11/2007

Couleurs de femmes l'été de Kazem Shahryari

ART STUDIO THEATRE
120 bis, rue Haxo
75019 PARIS
(M° Télégraphe)
Tél. 01 42 45 73 25

Mardi, mercredi, vendredi, samedi à 20h.30
Jusqu'au : 15 décembre 2007

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Photo : France Elsa.
Mise en scène de l'auteur.

Un incendie de forêt, l'été - quelque part, dans le sud de la France.
Des êtres vont se croiser en un point donné, épargné par les flammes.
Pour écrire cette pièce, Kazem Shahryari a recueilli le témoignage de femmes venues des quatre coins de l' Europe, qui se sont racontées.
Par le biais de cette situation de crise (le feu) nous allons les découvrir, une à une, elles et leur famille, apprendre de leur bouche les épreuves traversées, le courage qu'il faut avoir quand on doit tout reprendre de zéro, tout réinventer, tout reconstruire.
Deux jeunes filles puisqu'elles sont l'une et l'autre âgées de 18 ans, perdues en cette forêt dantesque vont peu à peu dérouler sous nos yeux, le fil de leur arbre généalogique. Leurs racines viennent le plus souvent d'ailleurs, que ce soit d'Espagne, d'Italie ou de Transylvanie. Nous découvrirons pères, mères ainsi que leurs aïeux, parfois de simples spectres, les écoutant nous raconter leur vie, quel chemin fut le leur.
Il y a ce personnage étrange vers lequel tout converge : Zek dont le nom évoque le bruit d'une allumette frottée qui s'allume dans une odeur de soufre. Emmanuel de Sablet nous donne le vertige, fascine par ce côté imprévisible qui nous fait à la fois redouter et attendre cette intense violence surgissant tout à coup mais qui nous prend chaque fois au dépourvu. Belle composition de personnage !
Je pourrais nommer bien d'autres interprètes car chacun joue avec bonheur sa partition mais ce rôle d'homme faussement rustique dont le père fut condamné à vie comme incendiaire que la mère surveille de loin capte notre attention comme le feu fascine.
Kazem Shahryari maîtrise ce lieu tout en largeur, tel un écran panoramique plaçant parfois les acteurs sur différents niveaux, comme s'il s'agissait d'un paysage de montagne. L'imagination fait le reste car ce metteur en scène est depuis toujours un créateur d'onirisme.
Et comme on a coutume de dire qu' en France tout finit par des chansons, certaines scènes seront allègrement ponctuées de poses sonores chantées en direct par ces comédiens qui (il n'est pas inutile de le préciser) savent chanter. Ce qui est assez rare pour qu'on le souligne.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

13:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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