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31.10.2007

Une liaison ... de Philippe Blasband.

THEATRE MARIGNY
Robert Hossein
Salle Popesco
Carré Marigny
75008 PARIS
(M° Champs Elysées)
Loc. 01 53 96 70 20

Du mardi au samedi à 19h.
Pl. 37/27/20€

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Judith Magre et Jean-Claude Jay nous invitent à assister à une pornographie très pudique car nous ne saurons jamais à quelle particularité sexuelle, leurs rendez-vous hebdomadaires correspondaient. L' intérêt du spectateur est donc stimulé par la suggestion et sa conséquence logique, à savoir ... l' imagination!
L'espace scénique est volontairement dépouillé - un peu froid - pour souligner sans doute l'ambiguïté de la situation qui se voudrait torride alors qu'elle est - au départ du moins - froidement déterminée.
Il ne faut pas mourir idiote semble s'être dit un jour le personnage féminin qui dans la foulée a décidé d'assouvir un fantasme bien à elle et que nous nous épuiserons à imaginer jusqu'à la fin. Secret bien tenu mais visiblement assouvi. Pour cela, il ne suffisait que d'une petite annonce et le partenaire consentant s'est présenté. Mieux, a fait l'affaire au point de revenir chaque semaine durant 6 mois.
Dans l' esprit, le contexte était clair : du sexe et rien d'autre, le seul problème étant de savoir si cela allait se faire avec ou sans commentaires à l'appui ?
Peut-on rester éternellement lucide et l'amour sans l'amour est il un pari que l'on puisse tenir sans risquer - un jour - de s'y brûler les ailes ? Mais nous sommes entre adultes et à ce titre savons en la circonstance ce qu'il convient de faire ...
La mise en scène se résume à la présence scénique des interprètes dont l'aisance naturelle et l'expérience sauvent du statique.
Judith Magre dose à merveille un érotisme félin et le jeu mesuré de Jean-Claude Jay convient tout à fait à son personnage complice et discret.

Simone Alexandre
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26.10.2007

Le médecin de son honneur de Calderon de la Barca

THEATRE de l' OPPRIME
78, rue du Charolais
75012 PARIS
(M° Dugommier, Reuilly-Diderot ou Gare de Lyon)
Loc. 01 43 40 44 44
Tarifs : 15 & 10 €

Du 17 octobre au 17 novembre 2007
du mercredi au samedi à 20h.30
dimanche à 17h.

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Mise en scène et traduction : Hervé Petit
avec : Karim Abdelaziz, Geneviève Esménard, Karine Fellous, Jean-Claude Fernandez, Sylvie Florio, Hervé Petit, René Hernandez, Luc Reboullet, Yasmahane Yaqini.

Texte publié aux Editions de l' Amandier

Désireux d'échapper à la trop fréquente sentence : " traduttore, traditore " Hervé Petit s'est d' évidence conformé étroitement au texte initial de Pedro Calderon de la Barca. Grâce lui en soit rendue ! Mais si les passions sont omniprésentes à toutes les époques, leur mode d'expression varie quelque peu au fil du temps ...
Les crimes de sang ou d'honneur perdurent certes, en certaines sociétés mais sont moins compréhensibles à notre époque. Aussi vous avouerai-je que (ceci n'engage que moi) entendre ce texte remarquablement écrit, souvent poétique mais également outrancier dit par des personnages habillés de façon actuelle m'a quelque peu dérangée. Nos actuelles démocraties si contestables soient elles ne conçoivent plus cette adoration du Pouvoir et même le plus délirant de nos politiques ne pourrait imaginer - face au miroir dans lequel il contrôle son rasage - que quelqu'un puisse un jour lui dire,
" le sol que vos pieds ont foulé est un dais souverain qui illumine tous les points cardinaux de l'univers " !
Si le spectateur n'écoute pas sans entendre, il lui est difficile de ne pas esquisser un sourire ...
Faire passer ce texte demande donc une longue accoutumance à cette sorte de répertoire ce que d'évidence, tous n'ont pas.
J'excepterai de cette remarque Geneviève Esménard absolument parfaite dans le rôle de Jacinta. (sa trajectoire ayant emprunté celle du TNS, faut-il s'en étonner ?) et pour d'autres raisons non moins valables, la facétieuse Ysmahane Yaquini qui apporte une note joyeuse à cette sombre histoire.
Cela dit, les spectateurs semblent passer sur place un bon moment. N'est-ce pas l'essentiel ?

Simone Alexandre

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L'ignorant et le fou de Thomas Bernhard

ATHENEE - Théâtre Louis Jouvet.
Square de l' Opéra
7, rue Boudreau
75009 PARIS
(M° Opéra, Havre-Caumartin, RER A-Auber
www.athenee-theatre.com
Pl. de 28 € à 12 €
TR de 23 à 10 €

du 25 octobre au 10 novembre 2007

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Mise en scène : Emmanuel Daumas
avec : Roland Bertin (le père) - Vincent Delandres (Madame Varga et Winter) - Michel Fau (le docteur) Dominique Valadié (La Reine de la Nuit)

Thomas Bernhard avait fait profession d'être dérangeant. Cet Alceste autrichien n'épargnait rien ni personne et son regard d'acier répertoriait inlassablement les travers de la société dans laquelle il était contraint de vivre.
Ses études musicales effectuées au Mozarteum de Salzbourg lui permirent de connaître de l'intérieur le fonctionnement mental des artistes lyriques.
Ses problèmes de santé l'obligèrent à coudoyer les médecins et gageons que le personnage de ce père alcoolique n'était pas uniquement le fruit de son imagination.
La scénographie calque plus sa subjectivité sur l' esprit de la pièce que sur les lieux où se déroule logiquement l'action. Décor gris, angles secs. Nous sommes très loin du feutré habituel d'une loge d'artiste où le père attend en s'imbibant consciencieusement de schnaps sous l'oeil désabusé du médecin.
Etrange ce docteur qui développe un cours d'anatomie afin de faire patienter le vieil homme qui répète les fins de phrases espérant prouver ainsi que les brumes éthyliques n'ont pas complètement eu raison de lui.
Arrivée de la cantatrice, cette colorature à la voix si rare, à la réputation mondiale qui attend le dernier moment pour entrer en scène et avouera un peu plus tard en avoir assez tandis qu' une toux impitoyable aura raison de son sort.
Nous assistons à la déchéance programmée de ces trois personnages. Le père aveugle qui se suicide à chaque goutte d'alcool ingurgité, la cantatrice qui ne chantera plus et le médecin qui, à force de disséquer les cerveaux, sombre dans la folie. Une société qui se gangrène, Thomas Bernhard a passé sa vie à dépeindre cela.

Simone Alexandre

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22.10.2007

LE DIABLE AU CORPS de Andréa de Nerciat

THEATRE ESSAION
6, rue Pierre-au-Lard
75004 PARIS
(M° Hôtel de Ville)
Loc. 01 42 78 46 42

Du mercredi au samedi à 21h.30
jusqu'au : 17 novembre 2007

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Dialogues libertins d'après " Le diable au corps " et " Les Aphrodites " de Andréa de Nerciat.
Adaptation : Liliane Nataf et Jean-Louis Thamin.
Mise en scène : Jean-Louis Thamin.
avec : Samuel Bonnafil, Liliane Nataf, Cécile Sanz de Alba, Antoine Segard.

Si l'on vous dit : " Le diable au corps " vous ajouterez quasi-irrémédiablement, " Radiguet " et bien non, au préalable, le titre appartint à Andréa de Nerciat, romancier français dijonnais, qui finira ses jours à Naples en 1800 et contemporain, proche du célèbre prince de Ligne.
Le diable au corps ainsi que Les Aphrodites (ses deux derniers ouvrages) ne furent publiés que longtemps après sa disparition : 1793 pour les Aphrodites et 1803 pour Le diable au corps ... puis conservés rigoureusement dans " L'enfer " de la Bibliothèque Nationale.
L'auteur prône une philosophie phallo-coïto-pygo-glottonomique soit, pour être plus clair(e), le plaisir sous toutes ses formes et l'érotisme à tout va !
Les personnages sont désignés par des noms évocateurs ... qu'il convient de ne pas citer afin de mieux les savourer sur place.
Les costumes des interprètes sont stylisés mais restent suffisamment évocateurs, quant aux postures ... ces dernières se révèlent amplement suggestives. Les comédiens s'en donnent à coeur joie bien que cet organe se trouve ici quelque peu décalé ...
Le public (en ces temps où le puritanisme a nettement tendance à déborder de l'Atlantique) glousse ou s'esclaffe avec la joie de la liberté retrouvée. Bref, on se souvient brusquement que notre pays est celui de Rabelais, celui également des Contes drôlatiques et de Justine, pour ne faire allusion qu'à quelques uns sans oublier Restif de la Bretonne et " par les truffes d'Adonis " ( ! ) cette liberté là, même si elle appartient à une époque révolue nous comble d'aise.

Simone Alexandre

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16.10.2007

PREDATEUR(S) de Pierre-Olivier SCOTTO

Théâtre Rive Gauche
6, rue de la Gaité
75014 PARIS
(M° Edgar-Quinet)
Loc. 01 43 35 32 31

Du mardi au samedi à 21h.30
Dimanche à 17h.
Pl. 30/25/20 €
- de 26 ans : 10€
veilles, jours de fêtes & samedi : Plein Tarif.

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d'après FAUX FRERE(S) de Martine Feldann & Pierre-Olivier Scotto.
Mise en scène : Marion SARRAUT.
avec : Thierry BECCARO (Jacky) & Pierre-Olivier SCOTTO : François.

Des frères ennemis, des faux-frères, notre monde en a engendré quelques uns depuis Caïn et Abel. Ces deux là ne se sont pas vu depuis 17 ans : un bail !
Deux beaux fleurons de notre société actuelle, Francesco et Giacomo devenus François et Jacky.
Comme leurs prénoms initiaux l'indiquent, ils sont d'origine italienne mais ils eussent aussi bien pu être hongrois ou venus de n'importe quelle autre partie du globe afin de s'installer ici, précisément. C'est bizarre, l'un d'eux n' est pas sans nous rappeler quelqu'un au passage ? ...
Or, précisément Jacky est un homme politique avec toutes les caractéristiques et les risques également que ce statut comporte et l'autre professeur d'université (après avoir fait dans l'humanitaire comme on dit). Et un clin d'oeil à Kouchner, un ! son sac de riz sur l'épaule ...
Des clins d'oeil-allusion, il y en aura d'autres, il semble même que les auteurs aient ajouté les exemples à la louche.
- Encore un ? ... Allez, on le rajoute !
Décidément, ils n'ont rien voulu oublier, c'est même une revue détaillée, un récapitulatif de toutes les situations qui se présentent en ce monde dans lequel nous sommes contraints de vivre.
" On m'écoute, on m'obéit et on me craint " déclare notre politicard à la veille pourtant d'être mis en examen. Voulant renouer le dialogue avec ce frère un temps oublié, en un superbe lapsus, il s'inquiétera : " parle moi de moi " car nous l'avions compris, c'est le seul sujet qui l'intéresse.
François, lui semble être l'absolu contraire. il vit à l'abri de ses livres et il est évident qu'il redoutait les retrouvailles. Son rôle ne consiste t' il pas à jouer éternellement les roues de secours ? ...
Par leur jeu contrasté, les deux comédiens se mettent mutuellement en valeur.
Les répliques fusent, on peut à peine parler de caricature puisque les situations évoquées (même à l'emporte-pièce) sont bien réelles.
A moins qu'écoeuré par tout ce qui se passe, vous ayez décidé de ne plus rien entendre, sinon vous devriez en allant voir ce spectacle, vous dérouiller pour un temps, les zygomatiques.

Simone Alexandre

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15.10.2007

Arthur Rimbaud ne s'était pas trompé(e) d'après Geneviève Pastre.

ALAMBIC STUDIO-THEATRE
12, rue Neuve de la Chardonnière
75018 PARIS
(M° Simplon)
Loc. 06 84 28 39 13
www.brunobisaro.com

chaque vendredi à 20h.15
jusqu'au : 14 décembre 2007

Pl. 14/10€

D'après OCTAVIE ou la deuxième mort du Minotaure,
Collection Octaviennes. Editions Geneviève PASTRE

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photo prise par Gabriel Simon, Studio Lineal, Toulon (tous droits réservés).

Octavie (ou plutôt son reflet) aura pour vous, le temps d'une représentation, les traits d'un jeune homme brun au regard profond. Après tout, l' Orlando de Virginia Woolf ne nous a t ' il pas préparés à de telles métamorphoses ?
Bruno Bisaro avance, tout de sombre vêtu, pieds nus et gants blancs en un discret et respectueux hommage à son auteur(e)-mime.
Son rôle est de faire naître le double adorateur d'Octavie par le biais du verbe, de lui donner chair afin que nous en touchions l'évocation au delà de l'espace et des apparences.
Miracle de la scène ! Amour tout à la fois transi et agissant. Adoration qui abolit les distances, aux antipodes du jaloux amour durassien qui fuit dès sa constatation.
" ON NE DOIT JAMAIS QUITTER CELLE QU' ON AIME " affirme Geneviève Pastre.
Face à l' amour (avec un grand A) " PENSER EST UNE ERREUR " même si le dieu-déesse constitue la plus grande joie et la plus grande tristesse.
Le comédien s'implique corps et âme en ce texte somptueux, lui imprimant son rythme, le véhiculant grâce à une présence scénique indéniable.
Il n'est peut-être pas superflu durant les temps qui courent ... de souligner la netteté de sa diction qui contrairement à ce que d'aucuns pensent ne saurait constituer un handicap à la vérité de l'expression.
Le spectateur et à fortiori, la spectatrice se sentent transportés par cette Ode à l'expérience amoureuse. L'interprète l' évoquera parfois en des parenthèses chantées n' hésitant pas à esquisser un pas de danse, pure émanation de ces rondes mythologiques figurant sur les vases anciens car Eros ne rechigne jamais à prêter ses ailes. En assistant à ce spectacle (monologue serait décidément par trop réducteur) nous constatons que nous sommes insensiblement devenus nectarivores à son écoute.

Simone Alexandre

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04.10.2007

GIACOMO, l'enfant de la cité de et avec : Gilbert PONTE

THEATRE 12 Maurice Ravel
6, avenue Maurice Ravel
75012 PARIS
(M° Porte de Vincennes)
Loc. 01 44 75 60 31
Pl. 13 € - TR. 11 €

Du mercredi au vendredi à 20h.30
Samedi à 19h.30
jusqu'au 27 octobre 2007

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Photo : Hughes Marcouyau

Adaptation & mise en scène : Stéphane AUCANTE

Ah ! les valises ... Nous en dénombrerons plus d'une demi-douzaine comme si Gilbert Ponté était une divinité hindoue aux multiples bras. En l'air, au sol, partout, elles symbolisent la longueur du voyage, les nombreuses étapes, toutes plus incontournables les unes que les autres.
Giacomo nous raconte la venue en France de ses parents fuyant l' Italie et ses séquelles fascistes, l'inconfort du voyage pour cet enfant qui a le mal des transports. Luigi et Maria (le père et la mère) ont le mal du pays mais ils savent qu'ils y retourneront un jour (plus tard, quand ils auront gagné beaucoup d'argent) afin d'y construire une belle et grande maison, celle de leurs rêves où il fera bon vivre et s'y reposer ... enfin !
En attendant, il va falloir travailler et beaucoup. Le père passera 16 heures par jour au chantier, la mère fera des ménages et Giacomo ira à l'école.
En ces temps là, l'éducation se faisait à coups de règle. Il y avait bien sûr, l'incontournable règle de trois mais la plus cuisante était celle que l'on prenait sur les doigts qu'il fallait tendre comme en une muette prière. Heureusement, le petit Giacomo va se faire des copains : Evio, Jésus, ( " Ressous ... " ) et Boubaker. Ils vont faire équipe, tous les trois.
Comme Giacomo n'a pas l'oeil dans sa poche - comme on dit - et les oreilles non plus, il suivra, curieux, les péripéties qui se déroulent entre Lucette et Rocco: elle qui passe son temps à tourner la tête des hommes en se promenant en nuisette transparente et lui, le fulminant macho.
Gilbert Ponté nous invite à faire connaissance avec toute sa galerie de personnages tous plus hauts en couleurs les uns que les autres. Il nous raconte leur vie respective avec un enthousiasme et une énergie qui iront crescendo tout au long du spectacle. A la fois comédien et mime il devient tour-à-tour chacun d'eux et parfois tous en même temps. Et comme à la fin du spectacle, il nous annonce qu'il y aura bientôt une suite, nous grillons déjà d'impatience.
Comme il faut toujours rendre à César ce qui lui appartient, je me garderai bien d'oublier le metteur en scène en la personne de Stéphane Aucante qui a ici fait du bon, du très bon travail, une fois de plus.

Simone Alexandre

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Le Professionnel de Dusan KOVACEVIC

THEATRE RIVE GAUCHE
6, rue de la Gaité
75014 PARIS
(M° Edgar Quinet)
Loc. 01 43 35 32 31
www.edgar.fr
Pl. 35/31/26 €
ET. 18 € - 26 ans : 10 €
plein tarif, veilles, jours de fêtes & samedi.

Du mardi au samedi à 20h.
Dimanche à 15h.

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Adaptation et traduction : Anne RENOUE & Vladimir CEJOVIC
avec Jean-Pierre KALFON, Jean-Marie GALEY, Muranyi KOVACS, Jérome LE PAULMIER.

Mise en scène : Stephan MELDEGG.

Les gens des pays de l' Est semblent aux yeux de beaucoup d'entre nous présenter une paranoïa tout à fait spécifique; mais comment y échapper après ce qu'ils ont vécu ?
Belgrade 1990, nous sommes dans le bureau du tout nouveau rédacteur en chef d'une maison d'édition de la " Nouvelle Serbie " le rôle incombe à Jean-Marie Galey et son personnage est convaincu que sa nomination n'est que la conséquence logique de ses mérites.
La musique ayant toujours été un excellent véhicule de contestation, son prédécesseur manifeste sa réprobation par le biais de nuisances sonores pour le moins envahissantes, là - juste à côté - de derrière la cloison car il a choisi de stationner sur place.
Brusque irruption d'un personnage que Marta, l'assistante n'a pu empêcher d'entrer.
" Tu ne sais pas qui je suis ? " sont ses premières paroles.
Cet ancien policier attaché secrètement à la personne de l'écrivain jadis contestataire, s'est vu licencié au lendemain de l'effondrement de la Yougoslavie du Maréchal Tito. Bien que malade, il se voit contraint pour survivre, d'exercer le métier de chauffeur de taxi. Il a apporté avec lui une valise, véritable boite de Pandore d'où surgira le passé.
Luka en professionnel zélé a tout noté des faits, gestes et déclarations de cet homme que le régime en place lui avait demandé d' étroitement surveiller. Il est même allé jusqu'à ramasser les objets que Téodor perdait, petit Poucet inconscient paraphant ainsi son parcours de façon incontestable.
Il n'est pas concevable de coller à ce point à la vie privée de quelqu'un sans risquer d'y perdre sa propre identité.
C'est peut-être finalement cette constatation qui incitera Marta à s'éloigner ?
Le climat de la pièce est âpre, comme la vie qui se déroulait là-bas. Le décor a la couleur glauque des étangs dans lesquels on s'enlise.
On ne loue plus depuis longtemps le talent de Jean-Pierre Kalfon, personnage essentiel de l'histoire qui confirme ici ce que nous savons de lui.
Je voudrais également souligner la prestation de Jérome Le Paulmier qui compense la brièveté de son intervention par sa présence dévastatrice.
Muranyi Kovacs constitue la touche féminine sans laquelle ce climat aurait pu se révéler pour le moins austère.

Simone Alexandre

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Adèle a ses raisons de Jacques Hadjaje.

LUCERNAIRE
53, rue Notre Dame des Champs
75006 PARIS
(M° N.D. des Champs)
Loc. 01 45 44 57 34
Pl. 30 € - CV. 20 € - 26 ans & CH 15 €
enfant : 10 € - samedi, tarif unique : 30 €
jusqu'au : 15 novembre 2007

Du mardi au samedi à 21h.30
Dimanche à 15h.

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mise en scène de l'auteur.
avec : Isabelle Brochard (Adèle) Sébastien Desjours (Julio) Anne Didon (Lou) Anne Dolan (Marguerite) Guillaume Lebon (Léon) Romain Lemire (Mr Bouveret, l' Inconnu, le Gardien) Delphine Lequenne (Lucie) Laurent Morteau (Rodolphe)

... de Dieu !

C'est qu'elle a lanterné notre Adèle ... jusqu'à passer le cap des 100 ans.
Après, elle ne comptait plus. Il faut dire qu'elle y était accrochée à la vie !
A tel point que là, sous les yeux de la famille, bien que définitivement à l'horizontale ... ils croient tous encore, la voir bouger.
C'est qu'elle avait un sacré tempérament, la femme à l' éternelle robe rouge et n'hésitait pas à le dire : elle avait fait l'amour partout !
Même dans un placard en plein bombardement car des guerres, elle en avait essuyé deux - Alors si quelqu'un n'avait pas froid aux yeux, c'était bien elle.
Ils vont tous l'évoquer, la faire revivre de répliques en chansons. Pas question de la juger bien sûr, car après tout : elle avait ses raisons, (aussi multiples que ses liaisons) mais paix à ses cendres, comme on dit.
D'abord, il y avait eu le cousin Rodolphe, le révolutionnaire admirateur de Jaurès, qui était parti à la guerre or comme à Verdun le climat n'était pas sain, il n'était jamais revenu.
Ce fut Léon, le réformé aux pieds plats qui vint annoncer à Adèle la triste nouvelle tout en essayant de se caser du même coup, ce qui n'était pas très malin.
Celui qui consolera Adèle sera Julio. Oeil de braise, moustache active et reins cambrés de danseur argentin. Elle le suivra au bout du monde et durant ce temps, Marguerite en mal d'amour, en profitera pour consoler Léon mais comme elle dira plus tard : " je suis entrée par la petite porte et sortie par le soupirail "
Bien longtemps après, Léon - veuf - trouvera le courage de reformuler sa demande à une Adèle revenue de tout, lui fera ensuite 4 enfants et comme malgré cela elle continuait à s'ennuyer elle avouera (après prescription) avoir connu durant ce temps et bibliquement bien sûr (on est dévot ou on ne l'est pas) un para, le commis, le notaire, un représentant en quincaillerie et presque toute la brigade de sapeurs-pompiers.
Eh ! on a du tempérament ou on n'en a pas ! ... de Dieu !
Impossible de pleurer sur une vie pareille, c'est la raison pour laquelle ils l'a font revivre et en chansons.
Le spectacle est enlevé, les comédiens s'en donnent à coeur joie et le public ressort en se frottant les mains encore brûlantes d'avoir tant applaudi.

Simone Alexandre

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