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26/10/2007

L'ignorant et le fou de Thomas Bernhard

ATHENEE - Théâtre Louis Jouvet.
Square de l' Opéra
7, rue Boudreau
75009 PARIS
(M° Opéra, Havre-Caumartin, RER A-Auber
www.athenee-theatre.com
Pl. de 28 € à 12 €
TR de 23 à 10 €

du 25 octobre au 10 novembre 2007

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Mise en scène : Emmanuel Daumas
avec : Roland Bertin (le père) - Vincent Delandres (Madame Varga et Winter) - Michel Fau (le docteur) Dominique Valadié (La Reine de la Nuit)

Thomas Bernhard avait fait profession d'être dérangeant. Cet Alceste autrichien n'épargnait rien ni personne et son regard d'acier répertoriait inlassablement les travers de la société dans laquelle il était contraint de vivre.
Ses études musicales effectuées au Mozarteum de Salzbourg lui permirent de connaître de l'intérieur le fonctionnement mental des artistes lyriques.
Ses problèmes de santé l'obligèrent à coudoyer les médecins et gageons que le personnage de ce père alcoolique n'était pas uniquement le fruit de son imagination.
La scénographie calque plus sa subjectivité sur l' esprit de la pièce que sur les lieux où se déroule logiquement l'action. Décor gris, angles secs. Nous sommes très loin du feutré habituel d'une loge d'artiste où le père attend en s'imbibant consciencieusement de schnaps sous l'oeil désabusé du médecin.
Etrange ce docteur qui développe un cours d'anatomie afin de faire patienter le vieil homme qui répète les fins de phrases espérant prouver ainsi que les brumes éthyliques n'ont pas complètement eu raison de lui.
Arrivée de la cantatrice, cette colorature à la voix si rare, à la réputation mondiale qui attend le dernier moment pour entrer en scène et avouera un peu plus tard en avoir assez tandis qu' une toux impitoyable aura raison de son sort.
Nous assistons à la déchéance programmée de ces trois personnages. Le père aveugle qui se suicide à chaque goutte d'alcool ingurgité, la cantatrice qui ne chantera plus et le médecin qui, à force de disséquer les cerveaux, sombre dans la folie. Une société qui se gangrène, Thomas Bernhard a passé sa vie à dépeindre cela.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

13:00 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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