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28.09.2007
' LES CHAUSSETTES ' OPUS 124
THEATRE des MATHURINS
36, rue des Mathurins
75008 PARIS
(M° Havre Caumartin)
Loc. 01 42 65 90 00
Places : 46/33/21 €
Du mardi au samedi à 21h.
Matinées le samedi à 16h.30
& dimanche à 15h.
Pièce écrite et mise en scène par DANIEL COLAS
avec MICHEL GALABRU & GERARD DESARTHE.
Le plateau d'un théâtre quand les spectateurs sont absents fait toujours un peu penser à un grenier, lieu à la fois magique et inquiétant, où traînent des objets en mal d'utilisation, où la lumière est réduite à la verticale rigidité d'une servante-sentinelle des lieux.
Michel Galabru (Brémont) somnole, son partenaire n'étant pas encore arrivé.
Mais le voici enfin, Gérard Desarthe (Verdier) retardé par le mauvais temps, la circulation ...
Le premier fait part de sa mauvaise humeur : cette idée de spectacle poétique où l'un et l'autre doivent se grimer en clown lui paraît inacceptable !
Les arguments succèdent aux contestations. Il s'agit d'une simple approche " sans certitude " le but étant la mise en place, avant présentation à un éventuel preneur. On comprendra très vite qu'ils sont un peu hors-course, l'un et l'autre. Nous sommes à la veille de Noël et eux répètent, tâtonnent, se fâchent, se quittent, reviennent. Les comédiens ne vont pas se ménager, chacun pointant du doigt les défauts de l'autre. Entre la moumoute et les chaussettes trouées de l'un et le jeu appuyé voire carrément ringard de l'autre, ils ne se feront pas de cadeaux !
La phrase qui tue sera même prononcée : " vous avez du talent peut-être, mais vous êtes con. " Comment rester après cela ? ... N' oublions pas qu'un comédien est capable de se plier à toutes les situations. Une bataille perdue, ce n'est pas la guerre ! Qui aura le dernier mot ?
On savoure la précision de jeu émanant de Gérard Desarthe tandis que le parfois excessif bien qu'excellent Michel Galabru dose ici ses moyens exceptionnels avec une maestria qui nous laisse admiratifs.
L'un et l'autre sont mis en valeur par le facétieux Daniel Colas, lequel nous fait bénéficier de cette superbe confrontation.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
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27.09.2007
Les Nègres de Jean Genet
ATHENEE, Théâtre Louis Jouvet
Square de l' Opéra Louis Jouvet
7, rue Boudreau
75009 PARIS
(M° Opéra)
Loc. 01 53 05 19 19
www.athenee-theatre.com
Pl. de 12 à 28 €
Grande salle
du mercredi au samedi à 20h.
mardi à 19h.
Du 27 septembre au 20 octobre 2007
Mise en scène : Cristèle Alves Meira.
avec : Jean-Baptiste Anoumon, Cédric Appietto, Julien Béramis, Olivier Dote Doevi, Mata Gabin, Tella P.Kpomahou, Jean Bediebe, Juliette Navis Bardin, Marie-Jeanne Owono, Olivier Parisis, Francisco Pizarro, Sarah Pratt, Pablo Saavedra.
Ce n'est certes pas par hasard si Jean Genet a prévu 13 personnages (chiffre tabou au théâtre plus qu'ailleurs) en référence à un sacrifice qu'il est inutile de nommer. Ici, l'être immolé sera un avatar de dieu, à savoir une femme blanche car toute évolution présuppose une identification où le provisoire le dispute au dérisoire. La société africaine est bruyante et s'agite beaucoup plus que celle de l'homme blanc, habitué à stimuler les autres ...
Cristèle Alves Meira nous offre ici une mise en scène pléthorique justifiée par le choix que fit Jean Genet de créer cette situation de théâtre dans le théâtre.
Les Nègres s'adressent à nous - public blanc - jouant à présenter la vision que trop de blancs ont d'eux car les clichés ont la vie dure, piégeant ceux envers qui ils s'exercent, les traumatisant pour mieux les justifier.
Crime et viol seront accomplis, pire : revendiqués en une perspective de libération vis à vis de cette " race blafarde et inodore, privée d'odeurs animales " car si " depuis 2000 ans, Dieu est blanc " seul le sacrifice réitéré pourra amener la libération. L' identification sera donc un temps le palier, masques blancs sur faces noires avant que chacun récupère son identité. Dans l'intervalle, ils enverront les blancs à l' Enfer enseigné puisque le baptème a eu lieu et La Reine pourra disparaître, étouffée par son désir d'un Grand Noir qui la tue ...
En fin de représentation, Archibald conclura : " Nous sommes ce qu'on veut que nous soyons, nous le serons donc jusqu'au bout absurdement. "
Scénographie et masques que l'on doit à Yvan Robin sont superbes et les costumes de Benjamin Brett n'ont rien à leur envier.
Je ne saurais nommer un comédien ou une comédienne plus qu'un autre car chacun s'implique parfaitement dans le rôle qui lui est imparti.
Un demi siècle plus tard, les questions n'ont hélas pas trouvé de réponse satisfaisante, la superbe Clownerie reste donc d'actualité.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
17:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
EN TOUTE CONFIANCE de Donald MARGULIES
COMEDIE DES CHAMPS ELYSEES
15, avenue Montaigne
75008 PARIS
(M° Alma-Marceau)
www.comediedeschampselysees.com
Loc. 01 53 23 99 19
Pl. de 15 à 45 €
Du mardi au samedi à 21h.
mat. samedi & dimanche à 16h.30
Mise en scène : Michel FAGADAU
avec Barbara SCHULZ, Jean-Pierre LORIT, Jean-Pierre MALOT, Elodie NAVARRE.
Donald Margulies, américain d'origine juive est né à New-York en 1954, dans le quartier de Brooklyn. Auteur d'une dizaine de pièces dont la plupart ont été récompensées, il a également écrit de nombreux scenarii en direction du cinéma et de la télévision.
Au début de la pièce, l'action se déroule dans une maison située dans la campagne anglaise à proximité de Londres où Jonathan, peintre devenu célèbre a décidé de rendre visite à son ex. (Patricia) mariée depuis quelques années à un archéologue dont elle partage également l'activité.
Nous sommes en hiver et coïncidence prévisible, l'accueil du mari est un peu froid.
Comme au cinéma, nous allons passer d'un lieu à l'autre, effectuer des come-back afin de connaître la trajectoire des personnages que nous découvrirons au fur et mesure de l'évolution de la pièce.
Barbara Schulz est Patricia, cette jeune femme jadis amoureuse de Jonathan dont elle fut le modèle et la compagne durant 2 ans. Leur rupture a eu lieu quand la mère de Jonathan est morte, cette dernière n'ayant jamais admis que son fils fréquente une goy. Chiva aidant, il voudra tourner la page ...
Jonathan s'était en quelque sorte laissé séduire et le goût de l'interdit peut-être (?) avait transformé Patty en muse avant qu'il prenne réellement conscience du poids de ses origines.
Jean-Pierre Lorit incarne ce personnage aussi séduisant que fluctuant.
Jean-Pierre Malo est Nick, le mari - sécurisant certes - mais qui cache mal ses inquiétudes derrière une prompte ironie. Le comédien apporte de belles nuances à ce rôle.
Enfin, Elodie Navarre est Grete, journaliste allemande qui à force d'intellectualiser le propos pour mieux déguiser ses arrière-pensées, réussira à faire sortir Jonathan de ses gonds.
Bien que construite avec un certain désordre (l'année dernière à Marienbad a fait école depuis longtemps) situations et personnages de la pièce sont intéressants au possible. Je ne déplorerai que ce jeu de yoyo infligé au rideau lequel destiné à nous aider à passer d'une scène à l'autre ( et accessoirement à changer de décor ... ) a pour conséquence de ralentir le rythme.
Michel Fagadau n'a pas fait preuve ici d'une imagination débordante !
Mais à cette réserve près et comme les interprètes sont excellents, les spectateurs devraient se déclarer satisfaits de leur soirée.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
10:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.09.2007
PANIQUE A BORD, livret et paroles : Stéphane LAPORTE.
VINGTIEME THEATRE
7, Rue des Plâtrières
75020 PARIS
(M° Ménilmontant)
Loc. 01 43 66 01 13
Du mercredi au samedi à 21h.30
Dimanche à 17h.30
Musique : Patrick LAVIOSA
Mise en scène : Agnès BOURY.
avec : Christine BONNARD - Ariane PIRIE - Angélique RIVOUX - Vincent HEDEN - Gilles VAJOU - Jacques VERZIER.
Qui a osé prétendre qu'en France, quand on savait chanter, on ne savait pas jouer la comédie et inversement ? ... En ce cas, nous tenons ici les perles rares car ils se distinguent tous sans exception dans l'une et l'autre discipline, mieux ils bougent tellement bien qu'on les croirait tous danseurs ...
C'est même le spectacle le plus enthousiasmant de cette rentrée 2007 !
A l'assaut donc du Titanas puisque c'est ainsi que l'on a baptisé le bateau sur lequel personne ne risque de s'ennuyer.
Vous y ferez la connaissance de Madeleine et de Pierre qui ne rêvent que de triangle amoureux. Vous découvrirez une étrange religieuse mère d'un jeune garçon qui doit dans le huis-clos de sa cabine passer en boucle Querelle de Fassbinder ... Une chanteuse au look Joséphinebakerien (en plus clair) jouera les vamps (parfois saphiques) sous l'oeil égrillard d' Edouard, commandant en second, lequel mijote un formidable rebondissement à l'action. Je n'ai oublié personne ? ... En ce cas, cap sur le large : en avant toute !
Résumons - le texte est à mourir de rire, la musique nous enchante, la mise en scène nous tient constamment en éveil. Ils ont tous une pêche de tous les diables (normal, sur un bateau) bref, ne manquez ce spectacle sous aucun prétexte. Vous le regretteriez.
Simone Alexandre
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17:25 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
VOISINAGE de Jean LARRIAGA.
AKTEON
11, rue du Gal Blaise
75011 PARIS
(M° St-Ambroise)
Loc. 01 43 38 74 62
Du mercredi au samedi à 21h.30
Places : 16€ TR. 10€
Jusqu'au : 29 septembre 2007.
Mise en scène : Christian PAUMELLE.
avec Béatrice CHAPPE - Laure COMPAIN - Etienne DAUBERT - Matthias KREUTZER.
Succession de saynètes : dix" scènes de voisinage" entre deux hommes et deux femmes. Chacun vit chez soi dans son pavillon ce qui n'empêche nullement de se croiser, mieux de se fréquenter. Les rapports connaissent des hauts et des bas évidemment, c'est la vie ! La solidarité par exemple, peut naître d'un cambriolage en série. Etre victime, ça créé des liens. Apparemment, les hommes sont aussi bavards que les femmes et tout comme elles, ont des soucis d'esthétique. Les liftings ne sont pas faits pour les chiens, après tout. C'est un peu là tout de même que le bât blesse car ces jeunes comédiens nous décrivent parfois des déchéances qui n'ont pas eu le temps d'avoir lieu. N' importe, oublions ce détail puisqu' en revanche, ils imposent au spectacle un rythme et un enthousiasme que seul leur âge était susceptible de véhiculer. Les scènes sont reliées par une musique choisie elle aussi pour encourager le mouvement. Alors suivons les sans plus nous poser de questions. S'ils parlent parfois un peu trop vite, en revanche nous les trouvons sympathiques en diable et force est de reconnaître que ... c'est enlevé !
Simone Alexandre
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A l'Aktéon du 19 au 22 et du 26 au 29 septembre 2007 à 21h.30
puis jeudi 15 & vendredi 16 novembre à 20h.30 à l' Espace Landowski 28 avenue André Morizet 92100 Boulogne
ensuite, jeudi 29 et vendredi 30 novembre ainsi que le samedi 1er décembre à 20h.30 au Centre Mathis situé 15 rue Mathis 75019 Paris.
Pour en savoir plus, composer le 06 62 72 45 87
17:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
GOOD CANARY de Zach HELM
COMEDIA
4, bd de Strasbourg
75010 PARIS
(M° Strasbourg-St-Denis)
Loc. 01 42 38 22 22
www.theatrecomedia.com
Du mardi au vendredi à 20h.30
samedi à 17h.30 & 21h.
dimanche à 17h.30
Pl. de 15 à 48€
Adaptation de Lulu et Michael SADLER
Mise en scène de : John MALKOVICH
Sur une seule et même affiche, John Malkovich (pour la mise en scène) Cristiana Réali, Vincent Elbaz j'en passe et des meilleurs, comment ne pas aller voir la pièce sur les chapeaux de roues puisque cela se nomme à juste titre, l' évênement de la rentrée.
L'action se situe à New-York durant les années 80.
Jacques est très amoureux d' Annie son imprévisible compagne. Pour l'heure ils sont censés prendre leur petit déjeuner à la terrasse du café du coin et Annie lit son avenir dans sa chaussure ... Le reste du temps elle fait le ménage à une allure supersonique tout en se gavant de petites gelules. Le plus difficile étant de nettoyer ces vitres dont la superficie change à mesure qu'on en approche !
Jacques écrit des livres tout à fait dans l'air du temps avec le dosage nécessaire de sexualité destiné à booster la vente. Précisément, son copain Charlie lui a ménagé une rencontre très importante pour l'avenir or, il vaudrait peut-être mieux qu'il vienne seul au rendez-vous ...
Nous allons pénétrer dans le milieu new-yorkais de l'édition mais partout sur la planète les situations ne sont elles pas identiques quand l'argent est en jeu parmi ceux qui se considèrent comme l'élite intellectuelle ?
Annie shootée à mort fera figure de grenade dégoupillée (une fois de plus) tandis que Jacques témoignera d'une patience quasi inexplicable.
Nous découvrirons plus tard la vérité.
John Malkovich met en scène les comédiens avec une précision chorégraphique.
Les interprètes nous offrent une large palette de sentiments. José Paul dans le rôle de Mulholland fait preuve d'une belle humanité alors qu'on le croyait cyniquement irrécupérable lors de la première rencontre.
Les personnages créés par Zach Helm ont la particularité de se révéler humains quand on les croit immergés dans la superficialité.
Une mention spéciale à ces décors virtuels qui se mettent en place grâce aux projections. Quant au canari, il m'a semblé qu'il était très sensible aux bravos ...
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
17:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.09.2007
Autour de ma pierre, il ne fera pas nuit de Fabrice Melquiot.
VINGTIEME THEATRE
7, rue des Plâtrières
75020 PARIS
(M° Ménilmontant)
T. 01 43 66 01 13
Pl. 22 €, TR 17/12 €
Du mercredi au samedi à 19h.30
Dimanche à 15h.
Jusqu'au : 28 octobre 2007.
Mise en scène & scénograhie : Franck Berthier
avec Arnaud Denissel (Juste) - Justine Martini (Dolorès) - Patrick Palmero (Louis Bayle) - Daniel San Pedro (Dan) - Jean-Pierre Poisson (Elvis) - Guillaume Ravoire (Ivan) - Elsa Rozenknop (Laurie).
Contre-pied de : " auprès de mon arbre, je vivais heureux " ...
Ces personnages à la dérive semblent précisément manquer de racines. Le pater familias se travestit, les deux fils détroussent les morts ... Qui dit mieux ? Et pourtant le rêve subsiste. Faut-il qu'il ait la vie dure ! ... Un Elvis de pacotille hante les esprits, l'amour se trompe de porte et le tout baigne dans une atmosphère franchement pasolinienne. Les garçons sont beaux et musclés (évidemment) la tragédie se nomme dérision, une atmosphère lourde plombe les lieux.
L'ambition passe par le désir de possession dont les plus criants souhaits sont une cadillac et une veste en peau de serpent. Elvis n'a plus qu'à chanter " on a tous quelque chose en nous de Tennessee " car au delà de la mort, le répertoire appartient à tout le monde.
L' existence de ces fantômes de chair en quête d'une signification suggère un parcours tout à la fois sensuel, tendre et violent incluant à la fois espoir et désespérance. Seule l'aube pourra laver tout cela (une fois de plus ? ... )
Le spectateur intrigué suit les péripéties de façon avide et l'on souhaiterait presque de voir et revoir le spectacle en boucle jusqu'à satiété car nous ressortons du lieu l'esprit un peu flottant, concernant non le spectacle mais la vie, preuve que Fabrice Melquiot a atteint son but.
Pour faire passer le message, Franck Berthier a misé sur l'implication des comédiens portés par l'esthétisme des corps et on ne peut que saluer la réalisation en rêvant d'une journée triptyque.
Simone Alexandre
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11:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.09.2007
Victor ou les enfants au pouvoir de Roger Vitrac.
THEATRE ANTOINE
33, rue du Fbg St-Martin
75010 PARIS
www.theatre-antoine.com
(M° Strasbourg St-Denis)
Loc. 01 42 08 77 71
Pl. de 17 à 49 €
" Premières " 50% du 6 au 15 sept. (17h)
Du mardi au vendredi à 20h.30, samedi à 17h & 21h.
Dimanche à 15h.30
Mise en scène : Alain SACHS.
avec : Lorant DEUTSCH, Christiane MILLET, Philippe UCHAN, CERISE, Urbain CANCELIER, Fabienne CHAUDAT, Isabelle TANAKIL, Pierre AUSSEDAT, Caroline MAILLARD.
" L'enfant d' 1 mètre 80 ", ce sera Lorant Deutsch qui pour la circonstance régressera jusqu'à son 9ème anniversaire ce qui demande quand même un effort supplémentaire de mémoire, ne serait-ce que sur le plan de la voix !
Ce Peter Pan - en moins optimiste mais plus intelligent - va donc décider qu'au delà du chiffre 9, il n'y a plus rien à apprendre et que du reste, il en a bien assez vu comme cela !
Il va donc s'offrir un ultime baroud d'honneur en jouant les terroristes familiaux une toute dernière fois. Notre époque remarquerait à peine les facéties du gamin, on lui mettrait une télécommande en main, un coussin sous les fesses et la vie poursuivrait son cours habituel. Il ne pouvait en être de même à l'époque de la création où le thème en choqua sans nul doute plus d'un.
Presque tous les enfants possèdent un sens aigu de l'observation mais la plupart gardent leurs constatations pour eux ou se hâtent de les oublier. Les adultes disent et font des choses tellement incroyables : mieux vaut ne pas comparer leurs directives et leurs agissements. Victor lui, est conscient de tout cela et se dit qu'une bonne petite pagaille compenserait joyeusement la souffrance qu'il ressent à être au monde. Commençons par la bonne puisque c'est la première qu'il a sous la main. C'est également la plus vulnérable mais il n'en restera pas là. Les sacro-saintes apparences bourgeoises vont voler en éclats et la situation arrivera à son comble quand Ida Mortemart fera une apparition pour le moins pétaradante !
L'auteur qui avait comme on dit, les institutions dans le collimateur ... s'en donne ici à coeur joie. Nous allons suivre les péripéties de ce vaudeville surréaliste au rythme et aux rebondissements résolument burlesques pour lequel Alain Sachs n'a pas ménagé sa peine car c'est à un véritable maelström auquel nous sommes conviés.
J'eusse souhaité un Victor un peu plus facétieux que celui campé par Laurent Deutsch qui privilégie le côté Einstein en herbe de son personnage. Si sérieux soit-il, un enfant de 9 ans reste un enfant (surtout en 1928) et certaines petites lueurs malgré tout enfantines, faisaient ici défaut. Urbain Cancelier fait preuve d'une présence scénique dévastatrice et je vous laisserai découvrir tous les autres qui investissent parfaitement leur personnage respectif. Ceux qui diraient que Vitrac a vieilli ne feraient que prouver qu'ils n'étaient pas en forme ce soir là. Les comédiens en revanche le sont eux, furieusement.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
11:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.09.2007
L' un dans l'autre de Marc Fayet
PETIT THEATRE de PARIS
15, rue Blanche
75009 PARIS
(M° Trinité)
www.theatredeparis.com
Loc. 01 42 80 01 81
Pl. 35/27 € - 26 ans 10 €
Du mardi au samedi à 21h.
matinées le samedi à 17h.
dimanche à 15h.
Mise en scène : JOSE PAUL & STEPHANE COTTIN
avec : EVELYNE DANDRY, LISA MARTINO, GERARD LOUSSINE, MARC FAYET, THIERRY HECKENDORN.
Décor : Appartement très neutre (pour ne pas dire pire), un buffet repeint présenté par dérision comme un meuble chinois, des tableaux vaguement inspirés du cubisme et des fauteuils qui ont fait leur temps. " Pas Empire mais de pire en pire " ironiseront successivement les deux hommes. C'est une blague de famille !
Arrivée d'un jeune couple - Lui, feint la désinvolture tandis qu'Elle, hésite à se dégager de la porte puis refusera même de s'asseoir.
Sur le prétendu vaisselier chinois maquillé en buffet normand, une photo le représentant, lui (ou son jumeau ?) à l'époque de la première communion. " erreur de jeunesse " raillera t' il. Un peu dérouté notre séducteur ... Face au comportement de la visiteuse, on le serait à moins, il est vrai. Ayant suggéré un tour du propriétaire, ils vont disparaître en direction de la chambre. Espoir, peut-être ? ...
Seconde arrivée d'un couple, nettement plus âgé qui revient d' une "couillonnerie de spectacle". Les répliques seront parfois calquées sur celles des deux précédents. Mêmes causes, mêmes effets. On comprend qu'il s'agit du père, guère plus triomphant que le fils. En réalité, ces deux là se connaissent depuis 30 ans mais les aléas de la vie ont fait que ...
Pour tout duo (accordé ou non) une intervention extérieure a valeur de fausse note et précisément un voisin ne cesse de s'immiscer, pire de s'incruster !
L' attention du spectateur va rebondir en permanence, passant d'un couple à l'autre, du présent au passé car ici le temps est éclaté. Peu à peu et grâce à ce voisin encombrant, nous saurons tout de chacun. Marc Fayet se joue du tragique comme un gosse qui utiliserait une corde à sauter afin que le temps passe ... Nous sommes un peu déroutés par ce puzzle qu'il nous faut bien reconstituer en nous disant au final que sa construction est sacrément habile !
Les comédiens sont tous irréprochables et prouvent que l'on peut rire de situations bancales, exactement comme dans la vie.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
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05.09.2007
Ils habitent la Goutte d' Or de Laurence Février
Théâtre du Lucernaire
53, rue Notre Dame des Champs
75006 PARIS
(M° N.D. des Champs)
Loc. 01 45 44 57 34
www.lucernaire.fr
TP 30€ TR 20€ (séniors)
Tr 15€ (-26ans, chômeurs)
Du mardi au samedi à 21h.
avec Laurence FEVRIER, Martine MAXIMIN, Charlie NELSON.
La Chapelle - Goutte d' Or - quartiers d' urgence !
Ici comme ailleurs, les gens cohabitent de plus ou moins bon gré mais ne se rencontrent pas. Qui donc alors pourrait assurer la liaison sinon une politique qui fonctionne à l'affectif ?
Château Rouge, le marché : " une zone de non droit où l'on vend au noir du produit pour se blanchir la peau " ...
Le ton est donné, le périmètre situé. Trois personnages vont faire office de conteurs, véhiculant tour à tour un vécu, celui qui a fait d'eux ce qu'ils sont.
Tout d'abord, l'indigène, la parigote, celle qui à force de volonté a réussi à faire son trou - oh, bien modeste - dans la jungle politicienne mais elle a l'âme chevillée au corps et revendique haut et fort ses convictions. Présence, expérience, autorité, Laurence Février symbolise tout cela. Elle va donc nous exposer son programme durant 30 mn et de digression en digression nous racontera ce que fut sa vie avant d'en arriver là.
Martine Maximin lui succèdera, le sac soudé à l'épaule comme si c'était son seul et unique bien, comme si elle n'était arrivée qu'avec cet ultime atout, sa réserve à oxygène en quelque sorte quand elle a plongé en ce monde dit moderne.
Notre réfugiée politique pense que le " bonheur, c'est la maison après le travail." Mais comment avoir une maison, quand on n'a pas de travail ? ... Elle a tout vécu, tout vu depuis qu'elle est ici et cette femme que l'on devine pétrie de bon sens reste lucide. La société actuelle se caractérise trop souvent pas son manque de repères, cette amoralité qui n'est que la conséquence d'un désarroi profond. Elle - sait parfaitement ce qui est bien ou mal. Comment approuver ce viol perpétré par 10 sénégalais, par exemple ?...
En lui succédant le baroudeur-libraire (Charlie Nelson) fournira une tentative de réponse : " ici, les africains prennent nos défauts, pas nos qualités " C'est qu'il l'a connait bien lui, l'Afrique pour l'avoir parcourue en tous sens. Il demeure aussi convaincu que seule la laïcité peut permettre aux individus d'où qu'ils viennent de bien raisonner et de rester dignes. On ne pose pas son baluchon sur les terres de Louise Michel par hasard et l'expérience lui a appris que la mémoire était toujours romanesque.
Ils ont chacun ouvert leur parenthèse, résumant le monde et se livrant un peu, chemin faisant.
Les spectateurs se diront en sortant du théâtre, qu'ils ne croiseront plus personne sans se poser de questions, au moins pour quelques temps ...
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
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