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28/09/2007

' LES CHAUSSETTES ' OPUS 124

THEATRE des MATHURINS
36, rue des Mathurins
75008 PARIS
(M° Havre Caumartin)

Loc. 01 42 65 90 00
Places : 46/33/21 €

Du mardi au samedi à 21h.
Matinées le samedi à 16h.30
& dimanche à 15h.

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Pièce écrite et mise en scène par DANIEL COLAS
avec MICHEL GALABRU & GERARD DESARTHE.

Le plateau d'un théâtre quand les spectateurs sont absents fait toujours un peu penser à un grenier, lieu à la fois magique et inquiétant, où traînent des objets en mal d'utilisation, où la lumière est réduite à la verticale rigidité d'une servante-sentinelle des lieux.
Michel Galabru (Brémont) somnole, son partenaire n'étant pas encore arrivé.
Mais le voici enfin, Gérard Desarthe (Verdier) retardé par le mauvais temps, la circulation ...
Le premier fait part de sa mauvaise humeur : cette idée de spectacle poétique où l'un et l'autre doivent se grimer en clown lui paraît inacceptable !
Les arguments succèdent aux contestations. Il s'agit d'une simple approche " sans certitude " le but étant la mise en place, avant présentation à un éventuel preneur. On comprendra très vite qu'ils sont un peu hors-course, l'un et l'autre. Nous sommes à la veille de Noël et eux répètent, tâtonnent, se fâchent, se quittent, reviennent. Les comédiens ne vont pas se ménager, chacun pointant du doigt les défauts de l'autre. Entre la moumoute et les chaussettes trouées de l'un et le jeu appuyé voire carrément ringard de l'autre, ils ne se feront pas de cadeaux !
La phrase qui tue sera même prononcée : " vous avez du talent peut-être, mais vous êtes con. " Comment rester après cela ? ... N' oublions pas qu'un comédien est capable de se plier à toutes les situations. Une bataille perdue, ce n'est pas la guerre ! Qui aura le dernier mot ?
On savoure la précision de jeu émanant de Gérard Desarthe tandis que le parfois excessif bien qu'excellent Michel Galabru dose ici ses moyens exceptionnels avec une maestria qui nous laisse admiratifs.
L'un et l'autre sont mis en valeur par le facétieux Daniel Colas, lequel nous fait bénéficier de cette superbe confrontation.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

17:00 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent

27/09/2007

Les Nègres de Jean Genet

ATHENEE, Théâtre Louis Jouvet
Square de l' Opéra Louis Jouvet
7, rue Boudreau
75009 PARIS
(M° Opéra)

Loc. 01 53 05 19 19
www.athenee-theatre.com
Pl. de 12 à 28 €

Grande salle
du mercredi au samedi à 20h.
mardi à 19h.

Du 27 septembre au 20 octobre 2007

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photo : Stephane Durieu.
Mise en scène : Cristèle Alves Meira.
avec : Jean-Baptiste Anoumon, Cédric Appietto, Julien Béramis, Olivier Dote Doevi, Mata Gabin, Tella P.Kpomahou, Jean Bediebe, Juliette Navis Bardin, Marie-Jeanne Owono, Olivier Parisis, Francisco Pizarro, Sarah Pratt, Pablo Saavedra.

Ce n'est certes pas par hasard si Jean Genet a prévu 13 personnages (chiffre tabou au théâtre plus qu'ailleurs) en référence à un sacrifice qu'il est inutile de nommer. Ici, l'être immolé sera un avatar de dieu, à savoir une femme blanche car toute évolution présuppose une identification où le provisoire le dispute au dérisoire. La société africaine est bruyante et s'agite beaucoup plus que celle de l'homme blanc, habitué à stimuler les autres ...
Cristèle Alves Meira nous offre ici une mise en scène pléthorique justifiée par le choix que fit Jean Genet de créer cette situation de théâtre dans le théâtre.
Les Nègres s'adressent à nous - public blanc - jouant à présenter la vision que trop de blancs ont d'eux car les clichés ont la vie dure, piégeant ceux envers qui ils s'exercent, les traumatisant pour mieux les justifier.
Crime et viol seront accomplis, pire : revendiqués en une perspective de libération vis à vis de cette " race blafarde et inodore, privée d'odeurs animales " car si " depuis 2000 ans, Dieu est blanc " seul le sacrifice réitéré pourra amener la libération. L' identification sera donc un temps le palier, masques blancs sur faces noires avant que chacun récupère son identité. Dans l'intervalle, ils enverront les blancs à l' Enfer enseigné puisque le baptème a eu lieu et La Reine pourra disparaître, étouffée par son désir d'un Grand Noir qui la tue ...
En fin de représentation, Archibald conclura : " Nous sommes ce qu'on veut que nous soyons, nous le serons donc jusqu'au bout absurdement. "
Scénographie et masques que l'on doit à Yvan Robin sont superbes et les costumes de Benjamin Brett n'ont rien à leur envier.
Je ne saurais nommer un comédien ou une comédienne plus qu'un autre car chacun s'implique parfaitement dans le rôle qui lui est imparti.
Un demi siècle plus tard, les questions n'ont hélas pas trouvé de réponse satisfaisante, la superbe Clownerie reste donc d'actualité.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

17:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent

EN TOUTE CONFIANCE de Donald MARGULIES

COMEDIE DES CHAMPS ELYSEES
15, avenue Montaigne
75008 PARIS
(M° Alma-Marceau)
www.comediedeschampselysees.com

Loc. 01 53 23 99 19
Pl. de 15 à 45 €
Du mardi au samedi à 21h.
mat. samedi & dimanche à 16h.30


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Mise en scène : Michel FAGADAU
avec Barbara SCHULZ, Jean-Pierre LORIT, Jean-Pierre MALOT, Elodie NAVARRE.

Donald Margulies, américain d'origine juive est né à New-York en 1954, dans le quartier de Brooklyn. Auteur d'une dizaine de pièces dont la plupart ont été récompensées, il a également écrit de nombreux scenarii en direction du cinéma et de la télévision.

Au début de la pièce, l'action se déroule dans une maison située dans la campagne anglaise à proximité de Londres où Jonathan, peintre devenu célèbre a décidé de rendre visite à son ex. (Patricia) mariée depuis quelques années à un archéologue dont elle partage également l'activité.
Nous sommes en hiver et coïncidence prévisible, l'accueil du mari est un peu froid.
Comme au cinéma, nous allons passer d'un lieu à l'autre, effectuer des come-back afin de connaître la trajectoire des personnages que nous découvrirons au fur et mesure de l'évolution de la pièce.
Barbara Schulz est Patricia, cette jeune femme jadis amoureuse de Jonathan dont elle fut le modèle et la compagne durant 2 ans. Leur rupture a eu lieu quand la mère de Jonathan est morte, cette dernière n'ayant jamais admis que son fils fréquente une goy. Chiva aidant, il voudra tourner la page ...
Jonathan s'était en quelque sorte laissé séduire et le goût de l'interdit peut-être (?) avait transformé Patty en muse avant qu'il prenne réellement conscience du poids de ses origines.
Jean-Pierre Lorit incarne ce personnage aussi séduisant que fluctuant.
Jean-Pierre Malo est Nick, le mari - sécurisant certes - mais qui cache mal ses inquiétudes derrière une prompte ironie. Le comédien apporte de belles nuances à ce rôle.
Enfin, Elodie Navarre est Grete, journaliste allemande qui à force d'intellectualiser le propos pour mieux déguiser ses arrière-pensées, réussira à faire sortir Jonathan de ses gonds.
Bien que construite avec un certain désordre (l'année dernière à Marienbad a fait école depuis longtemps) situations et personnages de la pièce sont intéressants au possible. Je ne déplorerai que ce jeu de yoyo infligé au rideau lequel destiné à nous aider à passer d'une scène à l'autre ( et accessoirement à changer de décor ... ) a pour conséquence de ralentir le rythme.
Michel Fagadau n'a pas fait preuve ici d'une imagination débordante !
Mais à cette réserve près et comme les interprètes sont excellents, les spectateurs devraient se déclarer satisfaits de leur soirée.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

10:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent