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27/09/2007

Les Nègres de Jean Genet

ATHENEE, Théâtre Louis Jouvet
Square de l' Opéra Louis Jouvet
7, rue Boudreau
75009 PARIS
(M° Opéra)

Loc. 01 53 05 19 19
www.athenee-theatre.com
Pl. de 12 à 28 €

Grande salle
du mercredi au samedi à 20h.
mardi à 19h.

Du 27 septembre au 20 octobre 2007

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photo : Stephane Durieu.
Mise en scène : Cristèle Alves Meira.
avec : Jean-Baptiste Anoumon, Cédric Appietto, Julien Béramis, Olivier Dote Doevi, Mata Gabin, Tella P.Kpomahou, Jean Bediebe, Juliette Navis Bardin, Marie-Jeanne Owono, Olivier Parisis, Francisco Pizarro, Sarah Pratt, Pablo Saavedra.

Ce n'est certes pas par hasard si Jean Genet a prévu 13 personnages (chiffre tabou au théâtre plus qu'ailleurs) en référence à un sacrifice qu'il est inutile de nommer. Ici, l'être immolé sera un avatar de dieu, à savoir une femme blanche car toute évolution présuppose une identification où le provisoire le dispute au dérisoire. La société africaine est bruyante et s'agite beaucoup plus que celle de l'homme blanc, habitué à stimuler les autres ...
Cristèle Alves Meira nous offre ici une mise en scène pléthorique justifiée par le choix que fit Jean Genet de créer cette situation de théâtre dans le théâtre.
Les Nègres s'adressent à nous - public blanc - jouant à présenter la vision que trop de blancs ont d'eux car les clichés ont la vie dure, piégeant ceux envers qui ils s'exercent, les traumatisant pour mieux les justifier.
Crime et viol seront accomplis, pire : revendiqués en une perspective de libération vis à vis de cette " race blafarde et inodore, privée d'odeurs animales " car si " depuis 2000 ans, Dieu est blanc " seul le sacrifice réitéré pourra amener la libération. L' identification sera donc un temps le palier, masques blancs sur faces noires avant que chacun récupère son identité. Dans l'intervalle, ils enverront les blancs à l' Enfer enseigné puisque le baptème a eu lieu et La Reine pourra disparaître, étouffée par son désir d'un Grand Noir qui la tue ...
En fin de représentation, Archibald conclura : " Nous sommes ce qu'on veut que nous soyons, nous le serons donc jusqu'au bout absurdement. "
Scénographie et masques que l'on doit à Yvan Robin sont superbes et les costumes de Benjamin Brett n'ont rien à leur envier.
Je ne saurais nommer un comédien ou une comédienne plus qu'un autre car chacun s'implique parfaitement dans le rôle qui lui est imparti.
Un demi siècle plus tard, les questions n'ont hélas pas trouvé de réponse satisfaisante, la superbe Clownerie reste donc d'actualité.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

17:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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