Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/04/2007

FIAT LUX comédie écrite et mise en scène par Gaëtan Peau

CINE 13 THEATRE
1, avenue Junot
75018 PARIS
(M° Lamarck-Caulaincourt)
T. 01 42 54 15 12

Du mercredi au samedi à 21h.
Places : 17 € - TR : 10 € jusqu'au : 24 mai 2007

medium_Fiatlux-1.jpg

Photo : Henry-Noël Peau

avec, Jean-Paul Bezzina, Olivier Faliez, David Seigneur.

L' amitié, en laquelle on croit " dur comme fer " quand on est adolescent, que l'on place souvent au dessus de l'amour pour constater un peu plus tard que ce sentiment est porteur des mêmes désillusions ...
Comme chaque mardi soir, Emmanuel reçoit à huis-clos, dans son établissement ses deux copains de toujours : Pascal et Stanislas. C'est un rite sacro-saint !
Pascal est l' artiste tourmenté (pléonasme) du trio. Il doute de lui en permanence.
Stanislas semble son absolu contraire : officiellement prof de philo, il s'offre le luxe de monter sur scène avec un talent inversement proportionnel au premier.
Emmanuel (le patron du lieu, cette brasserie où ils se réunissent) est celui qui en apparence du moins a le plus gardé les pieds sur terre.
Comme chaque semaine, les trois amis sacrifient à Bacchus, goûtent les spécialités mitonnées par le maître des lieux et sélectionnent les quelques anecdotes de la semaine écoulée évoquant également le passé qu'ils ont en commun. N'a t'on pas coutume de dire " in vino veritas " ? A mesure que la température monte le ton se met au diapason.
De même qu'il n'y a pas d'amour heureux, les amitiés sans nuages n'existent pas nous le savons tous. Or cette soirée n'est pas semblable aux précédentes puisque c'est la dernière. Emmanuel vient de l'annoncer et la foudre tombe brusquement au milieu de ces trois là. Le noeud gordien vient d'être rompu et tout s' effondre.
Nous allons assister à cette nuit mémorable durant laquelle le linge sale va être déballé sans vergogne. Foin des apparences, elles ne sont plus de saison !
Nous passons brusquement des anecdotes au règlement de comptes. Le plus assuré de tous va se déliter sous nos yeux.
L'auteur ( Gaëtan Peau ) a écrit ce texte avec humour et lucidité; sa mise en scène met efficacement en valeur des comédiens rivalisant de réalisme. Ils sont parfaits tous trois. Il est impossible à nous spectateurs de prendre parti pour l' un ou l'autre tant les personnages sont attachants.
Allez-y, c'est un excellent moment que vous passerez à leur écoute et vous y découvrirez également une version de la chanson " dans le port d'Amsterdam " qui à elle seule, vaudrait le détour.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

10:00 Publié dans THEATRE | Lien permanent

22/04/2007

Confidences trop intimes de Jérôme Tonnerre

THEATRE de L' ATELIER
1, place Charles Dullin
75018 PARIS
(M° Anvers)
Tél. 01 46 49 24
Place de 7 à 38 € - gr. 31 € - 26 ans : 10 €

Du mardi au samedi à 21h.
Matinées samedi & dimanche à 16h.

medium_confintimes.jpg

Photo : Gérard Giaume/H&K

avec Christophe Malavoy - Florence Darel - Noémie Kocher & Alain Rimoux. (nouvelle distribution)
Mise en scène : Patrice Leconte.

Imaginez que souffrant de troubles gastriques, vous sonniez chez le plombier. C'est à peu près ce qui va se produire le jour où Anna franchira la porte d'un conseiller fiscal en croyant avoir eu le courage de s'adresser à un psy.
C'est cela en mieux car mon exemple risque de paraître trivial alors qu'il ne s'agit que de définir la part de prémonition dans un acte manqué ? On redoute quelque chose et on y va tout droit. On souhaite une issue et on s'y précipite tout en le niant.
Méandres de l'âme humaine ! ...
D'une part, Anna Delambre (Florence Darel) va harceler, s'imposer à ce faux psy tandis que sa victime : William Faber (Christophe Malavoy) jouera les bons Samaritains tout en se faisant piéger. Quel merveilleux sujet d'analyse ! ...
Au moment de la rencontre, l'un et l'autre se trouvent dans une impasse. William a rompu avec Jeanne et pour ne pas avoir trop mal joue la carte de l'amitié. Il vit en ce lieu désuet après avoir pris la succession de son père et s'ennuie comme un train sur les rails ... Anna quant à elle a failli écraser son époux en voiture (ses commentaires à ce sujet seront parfois d'un goût douteux) et depuis par remords, sans doute ? ... a fait de sa victime son bourreau.
Hmmm ! apprécierait le Dr Monnier (le vrai psy interprété par Alain Rimoux) qui face aux confidences féminines a tendance à se prendre pour Guitry.
Vous reconnaîtrez que le thème est pour le moins jubilatoire et bien non, ou du moins pas encore car Christophe Malavoy qui vient juste de prendre la succession de Jacques Gamblin paraît aussi coincé par son personnage que ce dernier l'est par les chiffres; ce qui rejaillit forcément sur Florence Darel qui semble hésiter à se prendre pour une boule dans un jeu de quille. Il est vrai que le personnage de cette dernière ne sait pas trop où il en est ! Elle va donc additionner les visites et bouleverser une vie tout en prétendant qu'elle ne veut surtout pas changer la sienne. Du coup, l' Ex. (Noémie Kocher) va avoir un coup de " revenez-y ". Parfaitement logique ! Abordée dans les complications, pimentée par les non dits ou les aveux excessifs, la pièce trouvera une happy end ensoleillée digne d'un roman photos.
Parfois au théâtre, il nous arrive de dire : " cela ferait un très bon film".
L'inverse n'est pas obligatoire mais ne désespérons pas car si de mauvais acteurs (ce qui n'est absolument pas le cas ici) peuvent compromettre un texte, en revanche de bons comédiens peuvent sauver une pièce disons ... un peu moins réussie que le film. Il ne suffit pour cela que de leur laisser le temps d'investir leurs personnages respectifs.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

17:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent

19/04/2007

Barbe-Bleue, espoir des femmes de Dea Loher

THEATRE de la TEMPETE
Cartoucherie Route du Champ-de-Manoeuvre
75012 PARIS

Métro : Château de Vincennes
puis navette gratuite " Cartoucherie "
ou bus 112

Location au : 01 43 28 36 36

Du 20 avril au 20 mai 2007
du mardi au samedi 20h.
dimanche à 16h.30

Texte français : Laurent Muhleisen
mise en scène : Véronique Widock.

medium_Dea-Loher.jpg

(relâche exceptionnelle le 11 mai, supplémentaire le mardi 15 mai à 14h.30)

avec Olivier Comte (Henri Barbe Bleue) - Ioana Craciunescu (L'Aveugle) - Lise Maussion Thompson (Juliette) Elisabetta Barucco (Anne) - Cecile Arch (Judith) - Diana Sakalauskaïté (Tania) - Claudie Decultis (Eve) - Geneviève de Kermabon (Christiane).

Le Henri Barbe-Bleue de Dea Loher est plus proche de Roberto Zucco que du personnage de Perrault et à mille lieues de celui interprété en son temps par Pierre Brasseur dans la version cinématographique de Christian-Jaque.
Ici Henri est en quelque sorte un Dom-Juan-malgré-lui. Les femmes le convoitent et comme il ne peut répondre à cet amour " au delà de toute mesure " il les tue.
L' humour féroce de l'auteur n'est pas loin de rappeler celui plus lapidaire d'un certain Léo Campion lequel en son temps s'amusa à définir le satyre comme le dernier espoir des dames usagées.
Ici les partenaires sont jeunes et belles mais éphémères, ce qui met d'autant plus en valeur le personnage hors normes de l'aveugle personnifiant le destin sous les traits de la remarquable Ioana Craciunescu l'un des deux piliers significatifs de la pièce avec le rôle de Barbe-Bleue joué par Olivier Comte dont on ne fait plus l' éloge depuis longtemps. Car quelque soit le rôle choisi, ce dernier lui va toujours comme un gant. Situation idéale pour un marchand de chaussures allez vous dire !
L'action résolument contemporaine ne se passe plus dans un château mais dans un magasin où les femmes vont et viennent espérant trouver " chaussure à son pied " dans tous les sens du terme ...
L'univers de Dea Loher est violent mais notre époque ne l'est elle pas ? Il suffit de s'intéresser à l'actualité pour en être aussitôt persuadés.
L'écriture de la pièce est sensuelle, imagée, " assez crue " diront certains.
L'action se déroule à Munich ce qui ne doit pas être tout à fait par hasard car à défaut d'accord la question sera tranchée ! Toutes les formes d' exécution seront alors déclinées. On ne se demande même plus si Henri est un vulgaire psychopathe car la situation évoquée dépasse largement ces limites. L' amour ... la mort ... n'oublions pas que Dea Loher avait choisi comme formation : littérature et philosophie il est par conséquent logique que son théâtre soit issu des deux.
La mise en scène de Véronique Widock va droit au but. Encore une pièce de Dea Loher à voir et revoir car si elle ne laisse pas intacts, on continue à creuser la question qu'elle pose chaque fois ouvrant la porte à de multiples réflexions.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

16:40 Publié dans THEATRE | Lien permanent