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28.03.2007
JOURNALISTES de Pierre NOTTE
THEATRE TRISTAN BERNARD
64, rue du Rocher
75008 PARIS
(M° Villiers)
T. 01 45 22 08 40
Prix des places : 32/26/20 €
Mercredi : 26/20 & 15 €
- de 26 ans : 10 €
Du mardi au samedi : 21h.
également à 18h. le samedi.
photo : Claire Besse.
Mise en scène : Jean-Claude Cotillard
avec Sophie Artur, Zazie Delem, Romain Apelbaum, Marc Duret et Hervé-Claude Ilin.
L' arrivisme : thème central de la pièce.
Pierre Notte a choisi de parler du monde du spectacle en général et des journalistes en particulier parce que c'est un microcosme qu'il connaît bien.
Nous allons donc suivre ces drôles d'animaux qui officient dans la presse, découvrir leurs ambitions, leurs mesquineries, bref tous les petits travers d'une profession qui possède le pouvoir sans en avoir automatiquement l'envergure ...
Nous mesurons ici toute la différence qui sépare le métier de la vocation et si la vieille dame du Théâtre français avoue peu de temps avant de mourir de façon burlesque, " j'ai mal au théâtre " nos trois pigistes bien loin d'avoir mal au journalisme souffrent surtout d'opportunisme piaffant puisqu'ils ne servent que leur ambition personnelle.
Les propos sont à la fois ronflants et creux ce qui donne un petit aperçu de ce qu'ils pourront écrire à supposer qu'ils le fassent un jour.
La journaliste féminine (Zazie Delem) avoue être " engagée depuis 6 mois et ... pas une ligne écrite ! " On pense aussitôt à ces jeunes comédiens qui à peine sortis du Conservatoire se retrouvaient admis dans la maison de Molière pour être laissés dans l' ombre ... mais le fait appartient au passé, sans doute ?
Nous avons tous croisé (au moins une fois) l'un de ces auteurs complètement imbus de leur personne qui faisaient des ronds de jambe à eux-mêmes et dont la monomanie ne s'appliquait pas à l'écriture mais à la perspective de passer à la postérité !
Hervé-Claude Ilin et sa longue silhouette dégingandée jouera pour ce rôle, les pauseurs en mal de piédestal.
La journaliste évoquée tout à l'heure ne jure que par Isabelle Huppert est littéralement hantée par elle et envisage d' écrire une pièce sur mesure qui lui serait destinée sans parvenir à choisir le thème ni l'époque dans lesquels elle la situerait. A supposer que la comédienne accepte de prêter son talent à cet auteur même pas en herbe mais virtuel !
Parmi les scènes plus spécialement drôles figure celle de l' interviewer (Romain Apelbaum) qui maîtrise encore mal son matériel, a préparé une succession de questions fermées et tendra son micro jusqu' à la crampe car si l'auteur tarde à démarrer, une fois lancé son discours n' aura plus de fin.
Marc Duret en époux malheureux joue la carte compensatrice en fomentant un putsch destiné à dynamiter toute l'intelligentsia en place, croyant à lui seul la remplacer.
Sophie Artur se démultiplie à l'infini par le biais de personnages à la présence dévastatrice.
Si les portraits sont incisifs " jusqu' à la caricature " diront ceux qui ne veulent pas se reconnaître ... en revanche obnubilés par leurs objectifs, les personnages manquent singulièrement d'esprit.
Nous sommes loin de l'humour d'un Tristan Bernard qui répondait à qui l'interrogeait sur la pièce qu'il venait de voir : " Barsacq ? ... S.A.C.Q ! " cet esprit immédiat, fonctionnant à l'emporte-pièce étant devenu rarissime à notre époque.
Il faudra donc nous contenter de ces ambitieux au petit pied.
Poursuivant sa satire, Pierre Notte n'oublie pas le public sans trop s'appesantir car on ne tient pas en joue la poule aux oeufs d'or ... dénonçant au passage ceux qui ne viennent que pour Arditi à une époque où l'on a tendance à nier les monstres sacrés tout en les fabriquant de toutes pièces.
Vous l'avez compris, la gageure consistait à obtenir un succès tout en fustigeant la presse en priorité, l'institution théâtrale " qui touche des subventions en dévalisant le contribuable pour que d'autres s'amusent " et en grondant le spectateur qui ne se déplace que pour des vedettes.
Il convient toutefois de saluer l'efficacité de Jean-Claude Cotillard qui en vrai montreur de marionnettes fait apparaître ou escamote les personnages avec le brio d'un prestidigitateur.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
15:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
NORWAY, TODAY d' Igor Bauersima
MANUFACTURE des ABBESSES
7, rue Véron 75018 PARIS
(M° Blanche)
Tél. 01 42 33 42 03
Places : 20/12 € - 20ans & RMI : 7 €
Jeudi, vendredi, samedi à 21h.
Dimanche à 16h.
Mise en scène : Andreas Westphalen.
avec, Pierre-Vincent Chapus et Mélodie Orru.
" To be or not to be ? ... " la blancheur nordique exaspérerait-elle les troubles existentiels ? Non, car c'est parti d'un vulgaire chat-room entre deux anti-Roméo & Juliette qui loin de ne pas concevoir la vie l' un sans l' autre ( puisqu'ils ne se connaissaient même pas ), vont imaginer la mort ensemble.
Juliette puisqu'elle se nomme ainsi - est on le devine - une petite fille riche qui a tout eu et ne peut plus rien imaginer en dehors du néant.
Son Roméo se nomme en fait Auguste et n'a rien d'un empereur mais serait plutôt un quelconque loser (c'est ainsi qu'elle le décrira à ce mystérieux Fred auquel elle enverra un message plus tard). Dans l' intervalle, c'est évidemment elle qui prend les rennes, va décider pour deux, payer le voyage en avion qui les mènera sur les lieux du sacrifice.
Si l'on additionne leur âge respectif, ils n'ont pas un demi siècle et tout l'avenir devant eux, donc rien à voir avec le suicide-accompagné d'un Zweig à l'issue d'une vie remplie par une oeuvre colossale. Eux, n'ont rien fait ou presque et en ont déjà assez. L' auteur rappelle que " les gens sont prisonniers de leur construction mentale " ... Ces deux là, veulent s'échapper avant d'avoir eu le temps de se construire !
Ils se tiennent juchés à 600 mètres d'altitude et il ne suffit que de 10 secondes, juste le temps de dire : " ça y est ! " avant de plonger. Or, là - il ne s' agit pas d'un saut à l' élastique, aucune remontée n'est envisageable. C'est le saut qu'effectuaient les nihilistes à une certaine époque ni pire ni meilleure que l'actuelle, du haut de leur gratte-ciel.
Si la Camarde les attend fébrilement, le confiant Cupidon est tout prêt à jeter un filet à ces deux équilibristes. Je ne vous dirai pas qui va gagner l'enjeu car il faut aller les voir ...
Mélodie Orru est belle, élégante et sa conviction nous fait mal. On aurait presque envie de lui crier : " non ! change d'avis, tu ne te rends pas compte des atouts que tu possèdes " confondant ainsi personnage et interprète.
Pierre Vincent Chapus est craquant avec son côté indécis et naïf, sorte d' ourson égaré sur une banquise en train de fondre ...
Le soir où je suis allée voir la pièce, le comédien boulait un peu le texte en tout début mais s'est vite rattrapé.
Réduite à l'utilisation de quelques simples accessoires, la mise en scène est efficace mettant ainsi le texte à nu. Aucune sophistication de langage, c'est du théâtre moderne en prise directe avec notre temps.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
14:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.03.2007
RUTABAGA SWING de Didier Schwartz
COMEDIE des CHAMPS ELYSEES
15 avenue Montaigne
75008 PARIS
(Métro : Alma-Marceau)
T. 01 53 23 99 19
Représentations du mardi au samedi à 21h.
dimanche à 16h.30
Relâches exceptionnelles les 3, 28 avril, 1er & 8 mai.
Prix des places de 15 à 35 €
Tarifs jeunes -26 ans : 10 € les mardi, mercredi et jeudi selon disponibilités.
Durée : 1h.50 sans entracte. (le CD des chansons est disponible)
Comédie tragique avec chansons,
mise en scène de Philippe Ogouz.
Suite au succès remporté au Théâtre 13 où le spectacle fut créé,
reprise exceptionnelle pour 100 représentations
à partir du 23 mars 2007
avec Bruno Abraham-Kremer ou Philippe Ogouz, Emmanuel Curtil, François Feroleto, Jacques Haurogné, Jacques Herlin, Amala Landré, Marion Posta et Ezequiel Spucches.
L' époque était dramatique, tragique même or c'est précisément dans ces moments là que l'on a le plus besoin de la musique, des chansons pour supporter la vie de chaque jour. Il paraît qu' alors, les théâtres ne désemplissaient pas, toute une foule, toute une population s'y retrouvant pour oublier et se prouver que la chaleur humaine n'était pas une utopie.
L'action se situe dans le café que l'on devine unique d'un petit village français à l'époque de l' occupation allemande. Les habitants s'y donnent rendez-vous, pas spécialement pour y boire un verre mais ponctuellement pour chanter ensemble, histoire de se serrer les coudes.
Une chambre de l'établissement est louée à quelqu'un qui n'est pas revenu alors qu'une exécution vient d'avoir lieu suite à un attentat perpétré par la Résistance. Face à cette absence, les interrogations ont vite fait de se transformer en certitude.
Arrivée d'un officier allemand. Il s'agit d'un lieutenant de la Wehrmacht sanglé dans son uniforme impeccable. Le type même du bel aryen qu' un certain nombre de femmes prisèrent, payant très chèrement ensuite cet attrait.
Précisément, elles sont deux sur place qui bien que séduites par le jeune homme vont réagir différemment. Didier Schwartz sachant que les caractères ne sont pas d'un bloc cisèle ceux de ses personnages tout en nous manageant quelques surprises, çà et là. Philippe Ogouz signe ici une mise en scène vive, qui ressemble au petit éclair qui scintille dans son regard quand il prend plaisir à jouer car le personnage du patron de l'établissement est interprété en alternance par lui ou par le non moins talentueux Bruno Abraham-Kremer et quand on a vu l'un ou meurt d'envie de voir ce que l'autre propose à son tour.
Faut il le redire ? - Amala Landré est le charme et la grâce personnifiés.
On prend plaisir à retrouver Jacques Haurogné dans ce rôle de facteur patriote complètement dépassé (comme beaucoup) par les évênements.
En centenaire obsédée, Jacques Herlin est tellement drôle que l'on a peine à ne pas crier " bis " tant ses trouvailles nous réjouissent.
Si François Feroleto n'a pas exactement la raideur prussienne, en revanche il est remarquable dans la scène d' ivresse et charmant le reste du temps.
N'oublions pas Marion Posta en sensuelle Suzy ni Emmanuel Curtil à qui revient le rôle difficile de Philippe car il en fallait bien un ...
Du côté salle, ceux qui ont connu cette époque ou sont arrivés juste après, reconnaissent les chansons qu'ils croyaient avoir oubliées et sont ravis de les entendre à nouveau tandis que les plus jeunes les découvrent avec autant de bonheur. Fait trop rare en France et qui de ce fait mérite d'être souligné, les comédiens sont d'excellents chanteurs et inversement.
Quant au contexte, ô paradoxe ! ... les meilleures choses peuvent naître parfois des pires situations lorsque l'humour et le temps ont rempli leur office, bien entendu.
Simone Alexandre
theatrauteurs. hautetfort.com
15:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.03.2007
Cet enfant de Joël Pommerat
Théâtre des Bouffes du Nord
209 rue du Faubourg St-Denis
75010 PARIS
(Métro : La Chapelle (ne pas confondre avec la Pte de la Chapelle)
T. 01 46 07 33 00
www.bouffesdunord.com
Mise en scène : Joël Pommerat
Compagnie Louis Brouillard
du mercredi 21 mars au samedi 14 avril 2007
du mardi au samedi à 21h.
matinée le samedi à 15h.30 - Durée : 1h.10
Relâches les dimanches et lundis.
avec Saadia Bentaïeb, Agnès Berthon, Lionel Codino, Ruth Olaizola, Jean-Claude Perrin & Marie Piemontese
Création musicale : Antonin Leymarie, Scénographie & lumières : Eric Soyer
Le texte est édité chez Acte Sud-Papiers.
photo : Elisabeth Carecchio.
Beaucoup ont à des degrés divers, vécu l'une de ces situations, utilisant alors la crudité des mots pour évoquer la cruauté de situations.
Presque toutes les filles ont - un temps - haï leur mère et l'ont abreuvée - ne serait ce que mentalement - de ces phrases tantôt perfides, tantôt brutales.
Ironie du sort, une mère cela devrait se résumer en une chanson douce pour toutes ces berceuses chargées de tendresse exprimée ou non.
On parle communément de " couper le cordon ombilical " mais parfois cette expression est destinée au père qui assiste incrédule à cette violence, à cet arrachement pour lui inexplicable.
Les enfants sont cruels car ils n'ont pas demandé à venir, parce que la vie leur fut imposée sans consultation préalable et qu'ils doivent faire avec, ce qui explique le taux de suicide parmi les adolescents. Tous ceux qui n'ont pas eu ce courage se réfugient en une salutaire révolte mais parfois, à la longue la lassitude est telle que trouver la force de se lever demande un effort surhumain et puis le relais change de main ...
L'enfant d'hier sera la nouvelle mère, échafaudant déjà les plus ambitieux projets pour son enfant.
Après moult rencontres, Joël Pommerat a illustré ces situations en des tableaux chargés de toute la violence qui est faite à ceux qui, confrontés aux difficultés sont conditionnés, piégés par elles.
Le ton utilisé par les membres de sa troupe est identique à celui que l'on entend dans la vraie vie. L'engagement des comédiens ici présents ne saurait se nommer théâtralité. C'est autre chose, comme une sorte de témoignage à l'état brut.
Ils ont fui toute sorte de sophistication en se voulant vrais jusqu'au dérangement car les questions importantes sont ici posées, les contraintes exposées, les rejets affichés et ces modernes Atrides font mouche !
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
16:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
LE MONTE PLATS de Harold Pinter
THEATRE ESSAION
6, Rue Pierre au Lard (à l'angle du 24 rue du Renard)
75004 PARIS
M° Hôtel de Ville ou Rambuteau
du 4 avril au 19 mai 2007
du mercredi au samedi à 20h.
relâches les 28 avril & 5 mai 2007
avant première le mardi 20 mars à 21h.30
Deux hommes dans un sous-sol attendent les instructions d'un troisième et mystérieux personnage qui restera invisible jusqu'à la fin.
Histoire de tuer le temps ... Ben lit un journal sur une couche de fortune tandis que de la sienne, Gus essaie de calmer son angoisse en des tentatives de dialogues qui échouent ou déclencheront l'animosité de l'autre. L' atmosphère est tendue comme une corde. On entend les grincements d' un monte-plats. Sous quel mystérieux restaurant ces deux là sont ils parqués ?
L' un commente les faits divers à mesure qu'il les lit,
- un vieillard a été écrasé par un camion sous lequel il rampait ; situation surréaliste !
- une petite fille de 8 ans a été accusée d' avoir tué un chat alors que c'était son aîné de deux ans qui avait fait le coup ...
Durant ce temps, Gus noue laborieusement les lacets de ses chaussures, se plaint de la malpropreté des draps, pose mille et une questions que le monte-plats viendra ponctuellement interrompre, porteur de commandes intempestives ...
Nous allons découvrir que les deux hommes sont armés et que la raison de leur présence en ce lieu devient de plus en plus claire ...
La précédente mission - puisqu'il s'agit de deux tueurs à gage, on l'a compris - hante encore la mémoire de Gus, une femme en ayant été victime.
Les explosions verbales vont se succèder, Ben jouant les petits caïds voire les tyrans de chambrée vis à vis de son adjoint et ils auront très rapidement l'un et l'autre les nerfs à vif !
Les deux comédiens illustrent de leur mieux ce huis-clos qui se voudrait hermétique, leurs personnages se posant des questions en porte-à-faux.
On se croirait chez Beckett ... La mise en scène est en parfaite adéquation avec le thème mais force est de reconnaître que la violence actuelle n'a plus aucune commune mesure avec celle correspondant à l'écriture de la pièce et notre prix Nobel de Littérature-2005 supporte assez mal l'impact laissé dans les esprits par les réalisations même contestables d'un Quentin Tarantino.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
10:40 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.03.2007
Jonas Orphée de Patrick Dubost - création -
L' ETOILE du NORD
16 rue Georgette Agutte 75018 PARIS
Tél. 01 42 26 47 47
(Métro : Guy Môquet)
Du 5 Mars au 7 Avril 2007
mardi, mercredi, vendredi à 20h.30
jeudi à 19h.30
samedi à 16h.
relâche dimanche et lundi. - Durée : 1h.15
Prix des places : 19€ - TR : 14 € -26 ans : 10 €
photo : Viola Berlanda.
mise en scène : Dominique Houdard
avec Raja Aïtour, Clarky Brunier, Jeanne Heuclin, Dominique Houdart, Didier Maya, Stiva Paterno, Nadia Sadji, Patricia Zehme.
Réunir ces deux figures mythiques et non des moindres sous les traits d'un seul homme pourrait sembler aussi réducteur qu' insensé. Or, le point de rencontre est l' Enfer, les Enfers pour Orphée parti à la recherche de son Eurydice et pour Jonas cette infernale prison constituée par le ventre de la baleine.
Un vieux scribe à la barbe " pèrenoëlesque " est chargé de consigner et de nous transmettre tout cela.
Dame Dérision coiffée en Furie ponctue ses interventions d' éclats de rires en cascade sur fond de glougloutis marins.
Tout le plateau baigne dans une lumière bleue, les royaumes de Pluton et de Neptune se trouvant ici réunis.
Quelles sont ces étranges momies qui débarquent, la valise à la main pour tenter de fuir dès que l'issue apparaît ? ...
Dans l' intervalle, le temps comme l'espace se meublent de fragments de textes, de curieux monologues, de dialogues aussi parfois et de polyphonies.
C'est étrange, déroutant et pour ne citer que Gilles Costaz, ce théâtre là " ne ressemble pas à ce qui se fait ailleurs "
Gardons nous par conséquent de toute sorte de comparaison.
Le but de toute féérie étant comme chacun sait libératoire, vise à extirper l'individu de l'enfermement où il se trouve. On choisit alors de croire en un mythe (voire plusieurs ...) pour mettre fin à ces interrogations qui tournent inlassablement sur elles-mêmes afin de pouvoir renaître quand on pensait stagner éternellement.
Les spectateurs entendront ce qu'ils voudront bien entendu, les autres se laisseront simplement porter par les images baptisant ce décalage, poésie.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
10:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.03.2007
LA MEMOIRE DE L' EAU de Shelagh STEPHENSON
PETIT THEATRE DE PARIS
15, rue Blanche
75009 PARIS
(M° Trinité, Blanche, St-Lazare)
www.theatredeparis.com
du mardi au samedi à 21h.
matinées les samedis à 17h.
& les dimanches à 15h.
relâche le lundi.
LOCATION : 01 42 80 01 81 & FNAC 0892 683 622 (0,34€/mn)
Tarifs : 36,50 € (frais réserv.inclus) - 29,50€ (frais réserv.inclus)
jeunes (- de 26 ans) : 10 €
adaptation de Brigitte BUC - mise en scène : Bernard MURAT
avec Charlotte VALANDREY, Florence PERNEL, Valérie BENGUIGUI, Eric VIELLARD, Gilles COHEN, Manoëlle GAILLARD.
Décor : Nicolas SIRE, Lumières Laurent CASTAINGT, Costumes Emmanuelle YOUCHNOVSKI, Illustration Sonore : Francine FERRER.
Pas facile de trouver le sommeil dans le lit d'une morte si cette dernière est précisément votre mère décédée sans vous, à l' hôpital ! C'est l'expérience que fait Marie (Charlotte Valandrey) au milieu d'un décor vieillot, perturbée par le va-et-vient permanent de sa soeur Térésa (Valérie Benguigui)
Le recours au whisky n'est peut-être pas non plus, la solution idéale mais en regard des circonstances disons que c'est le moyen utilisé par les deux soeurs pour supporter la situation entre deux chamailleries.
Arrivée en tornade de la troisième, Catherine (Florence Pernel) visiblement la plus jeune, qui a tendance à préférer le canabis à l' alcool pour le même résultat.
Trois excitées quelque peu hystériques essayant de traverser cette épreuve que tout le monde a connue ou connaîtra un jour.
Les compagnons de ces dames suivront enfin ... deux sur trois (Eric Veillard et Gilles Cohen) prétexte à quelques règlements de compte.
Comme toujours, les hommes sont beaucoup plus calmes que les femmes mais ce n'est pas leur mère qui vient de passer de l'autre côté, il est vrai !
N'importe, Shelagh Stephenson semble avoir apporté plus de soin à brosser les caractères féminins, les mâles paraîssant ici plus flous pour ne pas dire ...
Les comédiennes pour leur part, semblent en pleine compétition - chacune y allant de son numéro de bravoure - ce qui a pour conséquence de déboucher sur une comédie surjouée bien que de peu de consistance.
Je ne voudrais pas oublier les apparitions fantomatiques mais très esthétiques de Manoëlle Gaillard qui est une mère superbe comme beaucoup rêveraient d'en avoir ...
Il se trouvera bien sûr quelques inconditionnels pour apprécier le ton général de la pièce qui s'apparente plus à du boulevard qu'à une comédie de moeurs et puis c'est l'occasion rêvée pour retrouver quelques figures de feuilletons-télé, or n'oublions pas qu'actuellement la petite lucarne vous fabrique une vedette en quelques épisodes ! Certaines le méritent, d'autres moins ...
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
07:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
CHOCOLAT PIMENT de Christine REVERHO
Théâtre La Bruyère
5, rue la Bruyère 75009 PARIS
Location : 01 48 74 76 99
Représentations du mardi au samedi à 21h.
matinée samedi à 17h.30
Prix des places : 36, 28, 21, 15 €
Mise en scène : José PAUL et Agnès BOURY
assistés de : Marjolaine AÏZPIRI
Décor : Edouard LAUG - Lumières : Philippe QUILLET -
Costumes : Caroline MARTEL
avec, Jacques MARCHAND, Anne LOIRET, Lysiane MEIS, Christine REVERHO et Eric SAVIN.
Flagrante unité de lieu : la cuisine.
Le temps et l'action seront symbolisés par une soirée d'anniversaire et son prolongement quelque peu cahotique, jusqu' au lendemain.
Paul, le père ( Jacques Marchand) fête - à son corps défendant - disons ... un certain nombre de décennies. Mieux vaut ne pas chercher à en préciser le chiffre, le fait le traumatisant suffisamment comme cela !
Certes, il est heureux que la circonstance puisse lui permettre de se retrouver entouré de ses deux filles et un peu moins de devoir supporter le mari de la cadette lequel donnera ici un petit aperçu des indélicatesses dont il est capable.
Le choix pour le moins inattendu du gâteau d'anniversaire s'avérera hautement symbolique illustrant la douceur un peu amère des souvenirs et le caractère explosif des rapports humains lesquels en la circonstance seront franchement pimentés.
L' aînée, Stéphanie (Anne Loiret) collectionne les échecs amoureux, raison de son éternel célibat mais résolument " célibattante " sur le plan professionnel !
La seconde, Caroline (Lysiane Meis) obnubilée par la diététique, semble complètement dépassée par son rôle de mère, son statut d'épouse ne valant guère mieux.
Arrivée de l' époux en question, Franck (Eric Savin) scotché à son téléphone portable, traînant son ordinateur comme une roue de secours, aussi égal à lui même ( ...) comme gendre, mari ou collègue. Celui que l'on ne voudrait pour rien au monde rencontrer !
Nous découvrirons un cinquième personnage à la fin ( Elise) alias, Christine Reverho qui ici, fait un peu plus que jouer les Hitchcock de service ...
Ils sont tous parfaits dans leur rôle respectif avec cependant une mention spéciale pour Jacques Marchand tant il est touchant dans son personnage d'homme et de père que le passé rattrape.
Les dialogues sont enlevés avec un sens de la répartie que l'on pourrait souhaiter à beaucoup, l'auteur a également du goût pour les rebondissements inattendus et la pièce attire un public jeune, réactif garant de la poursuite de son succès.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
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12.03.2007
" Elle " de Jean Genet
THEATRE de la CITE INTERNATIONALE
17 bd Jourdan 75014 PARIS - Tél. 01 43 13 50 50
RER B & Cité Universitaire.
du : 6 MARS au 6 AVRIL 2007
lundi, mardi, vendredi, samedi à 21h.
jeudi à 19h.30
dimanche à 17h.30 - relâche le mercredi -
durée : 1h.15 : Resserre.
tarif plein : 21€ - tarif réduit : 14 €, lundi tarif réduit pour tous : 14 € moins de 30 ans ; 12,50 €
photo : Julien Piffaut.
Mise en scène et lumière : Olivier Balazuc et Damien Bigourdon
collaboration à la scénographie : Pierre-André Weitz
avec : Olivier Balazuc, Damien Bigourdon, Bruno Blairet, Thibault Lacroix.
" Elle " est publié aux Editions de l' Arbalète.
A l'époque où Genet, mû par une inspiration iconoclaste, écrivit ce texte à l'emporte-pièce, personne ou presque n'osait contester l' infaillibilité papale, les catholiques convaincus voyant en cet homme (le premier de la chrétienté) la représentation de Dieu sur terre.
" Elle " ce n'est pas la Vierge mais le Pape, bien sûr, " Sa Sainteté " et comme aurait dit alors le petit gavroche-athée de service " S' il est pas content, çà lui apprendra à s' habiller en gonzesse ! "
Un photographe est venu rencontrer cette icône, l' immortaliser afin que sa diffusion puisse couvrir le monde entier. Damien Bigourdan nous restitue l'appréhension compréhensible de celui qui doit approcher un Grand de ce Monde aggravée par la mission qui est la sienne.
Mais un pape, qu'est-ce ? Que voit-il quand il se regarde dans une glace ?
Celui-ci a l' impression de n'être qu'un morceau de sucre à dilution rapide dont on distribue des morceaux en cette Epoque de Grande Consommation.
Un avatar de l' hostie, en quelque sorte ? Celui que l'on nomme : Elle, reconnaîtra, " je ne suis que pause puisque je suis le pape " déplorant l' image figée de lui alors qu'il a choisi de se déplacer en patins à roulettes pour parcourir les longs couloirs du Vatican tout en s' aérant l' intimité arrière ...
Bruno Blairet projette son texte comme s'il se trouvait en haut du balcon lors des bénédictions papales avec toute la foule de Rome à ses pieds; son personnage est cependant miné par la demande de ces " quinze millions d'âmes avides "
Thibault Lacroix symbolisera la première étape surprenante mais indispensable avant d'être admis à rencontrer Celui que l'objectif photographique doit fixer pour l' éternite. Il faut comme chacun sait passer par la pourpre cardinalice avant d'accéder à l' ultime blancheur ...
Mais les prémisses à la rencontre finale incombent à Olivier Balazuc qui est un huissier inénarrable de fantaisie et de drôlerie savamment dosées.
Anti-cléricaux obscurs ou avoués, allez y, vous allez vous régaler quant aux autres, ils n'auront qu'à se signer à la sortie !
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
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10.03.2007
Il Matrimonio segreto - opéra bouffe de Domenico Cimarosa
THEATRE ARTISTIC ATHEVAINS, 45 bis RUE Richard Lenoir 75011 PARIS (Métro : Voltaire) T. 01 43 56 38 32
à partir du 6 Mars 2007, les mercredi, vendredi, samedi à 20h.30 - dimanche à 16h. lundi à 19h.
prix des places : 30 € - tarif réduit : 16 € - pour les moins de 26 ans : 10 €
& 50 % de réduction sur le plein tarif jusqu'au 25 mars " soyez les premiers aux premières "
LE MARIAGE SECRET, livret italien : Giovanni Bertati -
Direction musicale : Andrée Claude Brayer
Mise en scène : Anne Marie Lazarini.
avec l' orchestre-studio de Cergy-Pontoise.
avec : Frédéric Bang-Rouhet (baryton) - Pierre-Michel Dudan (basse) - Claire Geoffroy-Dechaume (mezzo-soprano) - Karine Godefroy (soprano) - Gaëlle Pinheiro (soprano) et Gorka Robles-Alegria (ténor)
Pour conduire ce Mariage Secret, le chef d'orchestre est une femme et le fait suffisamment rare pour mériter d'être souligné d'autant que Andrée-Claude Brayer dirige les musiciens de son Orchestre-Studio avec une conviction communicative d'où ce résultat optimal.
Maintenant, passons de l' orchestre à la scène pour découvrir un décor que l'on pourrait qualifier de néo-classique écrin de verdure et de pierre (ou de marbre blanc : à vous de choisir ...) permettant aux personnages d'évoluer tout de noir vêtus et en costumes contemporains ce, en évitant curieusement l'écueil de l'austérité. Premier exploit !
Légère surprise aussi mais les voix sont belles, amples et force est de reconnaître que l' anachronisme volontaire évoqué, destiné à illustrer un texte du 18ème siècle se fera vite oublier avant de trouver sa justification finale car tout ici contribue au plaisir des oreilles et des yeux.
L' intrigue bien entendu est le reflet d' une époque révolue où l'on retrouve les complications de la comédie italienne, amour et intérêt se conjuguant à loisir ...
La seconde partie de cet opéra-bouffe nous ménagera quelques surprises esthétiques ou revirement inattendu qui devraient satisfaire le spectateur qui réapprend (s'il l'avait oublié) que la vocation initiale du spectacle était de nous aider à oublier les vicissitudes de la vie le temps d'une représentation.
Heureuse initiative qu' Anne-Marie Lazarini a eue là ! Nous ne saurions trop l'encourager à poursuivre son oeuvre en cette direction et pour notre plus grand plaisir.
Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com
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