Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/03/2007

JOURNALISTES de Pierre NOTTE

THEATRE TRISTAN BERNARD
64, rue du Rocher
75008 PARIS
(M° Villiers)
T. 01 45 22 08 40
Prix des places : 32/26/20 €
Mercredi : 26/20 & 15 €
- de 26 ans : 10 €

Du mardi au samedi : 21h.
également à 18h. le samedi.

medium_TB-journal.jpg

photo : Claire Besse.

Mise en scène : Jean-Claude Cotillard
avec Sophie Artur, Zazie Delem, Romain Apelbaum, Marc Duret et Hervé-Claude Ilin.

L' arrivisme : thème central de la pièce.
Pierre Notte a choisi de parler du monde du spectacle en général et des journalistes en particulier parce que c'est un microcosme qu'il connaît bien.
Nous allons donc suivre ces drôles d'animaux qui officient dans la presse, découvrir leurs ambitions, leurs mesquineries, bref tous les petits travers d'une profession qui possède le pouvoir sans en avoir automatiquement l'envergure ...
Nous mesurons ici toute la différence qui sépare le métier de la vocation et si la vieille dame du Théâtre français avoue peu de temps avant de mourir de façon burlesque, " j'ai mal au théâtre " nos trois pigistes bien loin d'avoir mal au journalisme souffrent surtout d'opportunisme piaffant puisqu'ils ne servent que leur ambition personnelle.
Les propos sont à la fois ronflants et creux ce qui donne un petit aperçu de ce qu'ils pourront écrire à supposer qu'ils le fassent un jour.
La journaliste féminine (Zazie Delem) avoue être " engagée depuis 6 mois et ... pas une ligne écrite ! " On pense aussitôt à ces jeunes comédiens qui à peine sortis du Conservatoire se retrouvaient admis dans la maison de Molière pour être laissés dans l' ombre ... mais le fait appartient au passé, sans doute ?
Nous avons tous croisé (au moins une fois) l'un de ces auteurs complètement imbus de leur personne qui faisaient des ronds de jambe à eux-mêmes et dont la monomanie ne s'appliquait pas à l'écriture mais à la perspective de passer à la postérité !
Hervé-Claude Ilin et sa longue silhouette dégingandée jouera pour ce rôle, les pauseurs en mal de piédestal.
La journaliste évoquée tout à l'heure ne jure que par Isabelle Huppert est littéralement hantée par elle et envisage d' écrire une pièce sur mesure qui lui serait destinée sans parvenir à choisir le thème ni l'époque dans lesquels elle la situerait. A supposer que la comédienne accepte de prêter son talent à cet auteur même pas en herbe mais virtuel !
Parmi les scènes plus spécialement drôles figure celle de l' interviewer (Romain Apelbaum) qui maîtrise encore mal son matériel, a préparé une succession de questions fermées et tendra son micro jusqu' à la crampe car si l'auteur tarde à démarrer, une fois lancé son discours n' aura plus de fin.
Marc Duret en époux malheureux joue la carte compensatrice en fomentant un putsch destiné à dynamiter toute l'intelligentsia en place, croyant à lui seul la remplacer.
Sophie Artur se démultiplie à l'infini par le biais de personnages à la présence dévastatrice.
Si les portraits sont incisifs " jusqu' à la caricature " diront ceux qui ne veulent pas se reconnaître ... en revanche obnubilés par leurs objectifs, les personnages manquent singulièrement d'esprit.
Nous sommes loin de l'humour d'un Tristan Bernard qui répondait à qui l'interrogeait sur la pièce qu'il venait de voir : " Barsacq ? ... S.A.C.Q ! " cet esprit immédiat, fonctionnant à l'emporte-pièce étant devenu rarissime à notre époque.
Il faudra donc nous contenter de ces ambitieux au petit pied.
Poursuivant sa satire, Pierre Notte n'oublie pas le public sans trop s'appesantir car on ne tient pas en joue la poule aux oeufs d'or ... dénonçant au passage ceux qui ne viennent que pour Arditi à une époque où l'on a tendance à nier les monstres sacrés tout en les fabriquant de toutes pièces.
Vous l'avez compris, la gageure consistait à obtenir un succès tout en fustigeant la presse en priorité, l'institution théâtrale " qui touche des subventions en dévalisant le contribuable pour que d'autres s'amusent " et en grondant le spectateur qui ne se déplace que pour des vedettes.
Il convient toutefois de saluer l'efficacité de Jean-Claude Cotillard qui en vrai montreur de marionnettes fait apparaître ou escamote les personnages avec le brio d'un prestidigitateur.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

15:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Les commentaires sont fermés.