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27/06/2017

ANNE BAQUET : soprano en liberté

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

 

(M° N.D.des Champs)

 

Loc. 01 45 44 57 34

 

Pl. de 11 à 26

 

http://www.lucernaire.fr/

 

Du mardi au samedi à 21h

 

dimanche à 19h

 

jusqu'au : 9 JUILLET 2017

 

Mise en scène : Anne-Marie GROS

 

Pianiste : Claude COLLET ou Christophe HENRY ou Grégoire BAUMBERGER

 

avec Anne BAQUET

 

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Ponctuellement, Anne Baquet revient pour nous offrir un nouveau spectacle et nous constatons éberlués que chaque fois, elle met la barre encore et toujours plus haut.
 
C'est techniquement parfait et son mode d'expression ne se limite pas à la voix - ô combien  remarquable ! - car elle mime, danse, vibre et nous fait vibrer sur fond d'humour parfois cruel, tantôt nostalgique mais toujours en parfaite symbiose avec ce qu'elle exprime allègrement.

"  Un furtif perruquier a poudré à frimas l'amandier " son opulente coiffure faite de tulle et de plumes ...

Guy Béart déclarait " le matin je m'éveille en chantant " soeur Anne vocalise avec bonheur dès le réveil, ce qui n'est pas un mince exploit !

Elle ne tardera pas à émerger de cette pourpre dans laquelle elle s'est drapée, petit chaperon rouge malicieux évoquant la grand-mère assassine et cannibale puis deviendra active fée du logis, épluchant les légumes en chantant. ( rassurez-vous les oignons ne sont pas de la fête.)

Tout au long du spectacle, l'artiste de sa voix cristalline alternera joyeusetés puis douceur mélancolique face à l'amour qui n'est plus. Mais l'optimisme prendra chaque fois sa revanche et pour preuve : nous ne tarderons pas à la retrouver, primesautière, faisant des bulles dans sa baignoire-sabot.
 
En la suivant nous réempruntons le manège des montagnes russes de notre enfance, à l'époque où les émotions fortes n'étaient pas meurtrières mais juste destinées à faire battre nos coeurs plus intensément.

Au fait, saviez-vous que l'intègre inspecteur Derrick était secrètement une sorte de Hyde et Jekyll se défoulant la nuit pour violer ecclésiastiques et facteurs quand il ne s'attaquait pas aux petits enfants - qui l'eut cru ?

Or comme il est dit, " chacun son tic, chacun son tac " et chanter ne saurait se résumer à un hobby, plutôt à une raison de vivre comme l'évoque avec brio la Juliette de Gounod.

( enthousiastes applaudissements et ce ne sont pas les seuls )

Le morceau de bravoure - car il y en a un - consistera à se contraindre à chanter faux pour amuser le public, ce qui constitue un exploit supplémentaire, Anne Baquet ne pouvant se confondre avec Florence Foster Jenkins.

Vous l'avez compris, c'est drôle au possible, enlevé ! Profitons-en pour rendre hommage à Anne-Marie Gros qui a signé la mise en scène avec en prime, la complicité évidente de la pianiste : Claude Collet, pour la représentation à laquelle j'ai assisté.  

Pour nous spectateurs c'est une heure quinze de bonheur absolu.

 

Simone Alexandre

 

 

puis, du 12 JUILLET au 27 AOUT 2017

 

du mercredi au samedi à 21h

 

le dimanche à 19h

 

 

 

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10:07 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent

21/06/2017

CLAIR DE FEMME d'après Romain Gary

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GUICHET-MONTPARNASSE

 

15, Rue du Maine

 

75014 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

Loc. 01 43 27 88 61

 

Pl. de 11 à 26€

 

http://www.guichetmontparnasse.com/

 

les vendredi & samedi à 19h

 

dimanche à 15h

 

jusqu'au : 2 JUILLET 2017

 

 

Adaptation : Alexandra Dadier et Laurent Schteiner

 

Mise en scène : Alexandra Dadier

 

avec : Isabelle Mérie, Alessandra Puliafico, Laurent Schteiner, Diana Sakalauskaité et Guy Hassid

 

 

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" Il ne suffit pas d'adorer pour aimer " ...



Par ce texte, Romain Gary pose une question essentielle : les êtres aimés sont ils ou non irremplaçables ? Certains, peu nombreux en restent convaincus tandis que la plupart de nos contemporains semblent par leur comportement prouver le contraire mais peut-être veulent ils tout simplement s'auto-persuader afin de pouvoir continuer à vivre ?

Car le fait de croire au caractère exceptionnel de celui ou celle qui vient de disparaître empêcherait irrémédiablement toute velléité de remplacement.

Un homme seul résolu à fuir son passé, s'apprête à partir pour Caracas. Il est tellement plongé dans ses pensées qu'il va par mégarde bousculer une femme dont le contenu du sac se répandra sur le sol mouillé. L'aidant à ramasser les conséquences de sa maladresse tout en prononçant confusément des excuses, Michel en profitera pour lui remettre sa carte qu'elle acceptera ainsi que la perspective de faire plus ample connaissance une autre fois.

Ce simple incident a suffi à dissuader notre homme de partir …

Une autre rencontre a eu lieu presque dans le même temps avec un dresseur d'animaux répondant au nom de Senor Galba qui lui aussi donnera sa carte à cet homme et même trois fois de suite, ce qui semble prouver que décidément la confusion règne parfois étrangement en ce bas monde.

 

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Michel et Lydia se reverront comme prévu, échangeront le récit de leur histoire respective et constatant la rigueur du destin tenteront de se convaincre qu'ils ne se sont peut-être pas rencontrés par hasard ?

L'épouse de Michel vient de mourir en lui recommandant de la faire revivre sous les traits d'une autre femme …

De son côté, Lydia a lors d'un accident de la circulation perdu sa petite fille et tient rigueur à son mari d'avoir survécu ; elle s'est alors détournée de lui, l'abandonnant aux soins de ce personnage incroyable qu'est Sonia, sa belle-mère.

Très curieusement, Lydia va emmener Michel chez eux, le présentant comme un ami.

Alors que Michel se définit comme un faible, à savoir un être sensible et forcément hésitant, Lydia quant à elle, semble s'être verrouillée mentalement et raisonne farouchement quand il l'incite à s'abandonner à la perspective d'un futur possible.

Laurent Schteiner ( Michel ) campe ici ce personnage attachant d'homme blessé mais encore débordant d'énergie en dépit des questions qu'il se pose.

Isabelle Mérie ( Lydia ) fait certes, preuve de compassion mais on comprend très vite qu'elle balise et se protège au maximum en cherchant à se persuader qu'un nouveau départ est impossible.

Alessandra Puliafico est le fantôme de Laura qui continue à hanter l'esprit de Michel, l'accompagnant de façon constante.

 

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Diana Sakalauskaité ( magnifique Sonia ! ) personnifie avec élégance l'indéniable charme slave de cette belle-mère accueillante au possible qui ne fait aucune objection à l'arrivée de cet intrus qu'elle adopte immédiatement ce, en dépit de la mise à l'écart du fils par son épouse.

 

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Guy Hassid  est le Sénor Galba, vieil artiste original qui sait que sa carrière touche à sa fin mais n'est préoccupé que de son chien que Michel propose un peu lourdement d'adopter plus tard alors que les événements n'arrivent pas toujours dans l'ordre prévu ...

Il n'est jamais aisé d'adapter un roman à la scène surtout quand l'espace mis à disposition est aussi restreint mais Alexandra Dadier a contré aisément toutes ces difficultés.

Il ne suffira que de vous rendre au Guichet-Montparnasse pour en être persuadés.




Simone Alexandre

 

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10:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent

18/06/2017

LE DINDON d'après Georges Feydeau

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.Dame des Champs)

 

Loc. 01 45 44 57 34

 

http://www.lucernaire.fr/

 

Pl. de 11 à 26€

 

Du mardi au samedi à 19h

 

Le dimanche à 15h

 

jusqu'au : 20 AOUT 2017

 

CREATION LUCERNAIRE : Collectif Silencio Please

(première promotion de l'Ecole d'Art Dramatique du Lucernaire)

 

 

Adaptation : PHILIPPE PERSON

 

Mise en scène : FLORENCE LE CORRE & PHILIPPE PERSON

 

Avec en alternance,

 

ZOE BENSIMON - MATHIEU BONNEFONT 

LUCAS BOTTINI - NICOLAS BOUILLIS - CLEMENCE BRIEND

EMMANUELLE CABIN SAINT MARCEL - CECILE CAUBET 

NANS GOURGOUSSE - GLORIA HERAULT 

RICHARD JONES-DAVIS - ERIC JULLIARD 

AURELIE MAILLOT - MANON MENIN - JULIE PACHECO 

PIERRE-LOUIS PAILLUSSEAU - ALICE PERSAIN 

CHLOE PHILIPPE - VALENTIN RAPILLY 

ONDINE SAVIGNAC - AURELIE TREILHOU 

ALEXANDRE ZELENKIN

 

THEATRE NOIR / Durée : 1h20

 

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( photos : DORIANE CHAPELIER )

 

 

Adapter Feydeau en situant les personnages du DINDON à l'époque actuelle relevait à priori de la gageure - voire du pari impossible - notre mode de vie actuelle n'ayant plus rien à voir avec les moeurs en cours à la fin du XIXème siècle.

Et pourtant …

Au diable les redingotes et les cols cassés, c'est désormais en tenue de jogging que l'on aborde les femmes et que l'on peut tenter de s'imposer en faisant la course avec elles.

Pontagnac suit donc Lucienne de façon haletante et la suivra même jusqu'à son domicile. Surprise ! il se trouve que le mari de la dame est un vieux copain. Effusions non prévisibles entre les deux hommes, sous l'oeil étonné de l'épouse en question.

Chez Feydeau tout va extraordinairement vite et les situations s'entrecroisent, les amours aussi. Cela tombe bien puisque notre époque se caractérise par la rapidité et ici il y a de quoi faire !

Pontagnac faux célibataire est un dragueur impénitent doublé d'un mari menteur. ( espèce qui n'est nullement en voie de disparition )


Vatelin ( époux de Lucienne ) semble être un homme sans histoire quand son métier ne lui fournit pas l'occasion de s'encanailler en Angleterre ...


Sinon sa naïveté est telle qu'il est capable d' acheter un tableau signé Poitevin quand on lui assure en catimini qu'il s'agit d'un Corot. Le fait n'est certes pas banal.


Lucienne est habituellement courtisée par Rédillon ( cet original éperdu qui conjugue short et noeud pap' ) laquelle confrontée à ses assiduités, a - de guerre lasse - juré de ne lui accorder ses faveurs que si elle avait la preuve formelle d'être trompée. Sachant cela, Rédillon le bien nommé, observe et espère, bien que perturbé par l'arrivée de ce Pontagnac là !

Patatras, voici l'épouse de ce dernier, très amazone et visiblement dominatrice alors que ce pauvre Pontagnac l'avait dépeinte rhumatisante et calée dans une petite voiture à Pau. La situation est pour le moins scabreuse -


Durant tout ce temps, Rédillon qui ne donnerait pas sa place pour un empire, goguenard, assiste aux péripéties ...

Mais STOP ! car je ne vais certes pas tout vous raconter. Sachez toutefois que la suite vaut le début et que les rebondissements se dérouleront à un train d'enfer.


Aussi vous laisserai-je découvrir les autres personnages tous plus savoureux les uns que les autres. Le résultat est enlevé, car les comédiens de l'école d'art dramatique du Lucernaire qui se produisent ici font preuve d'un bel enthousiasme.

Philippe Person pour l'adaptation, assisté de Florence Le Corre pour la mise en scène ont rajeuni la pièce en la dépoussiérant de tout ce côté petit bourgeois dans lequel les conventions théâtrales l'emprisonnaient jusqu'à maintenant.

C'est ironiquement gai et on passe en leur compagnie à tous un agréable moment. Les comédiens étant au nombre de douze, vous comprendrez que je ne puisse détailler chaque intervention ce qui du reste, est une façon comme une autre de rendre hommage à l'homogénéité du résultat.

Donc, allez-y car il faudrait que vous eussiez l'esprit bien chagrin pour ne pas apprécier !




Simone Alexandre

 

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16:15 Publié dans THEATRE | Lien permanent