Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

22/04/2019

Eau chaude à tous les étages - texte et mise en scène : Yves COUDRAY

aff.eau-chaude.png

 

 

AUGUSTE THEATRE

 

6, Impasse Lamier

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° Philippe Auguste)

 

LOC. 01 43 67 20 27

 

https://augustetheatre.com/

 

AVRIL : lundi 22 & 29 à 21h

samedi 20 et 27 : 19h30

 

MAI : Vendredi 3 à 21h

Dimanche 5 : 16h30

Samedi 18 : 16h30

Mardi 28 : 21h

 

 

Texte et mise en scène : Yves COUDRAY

 

avec,

 

Morgane BILLET ( soprano )

Flore FRUCHART ( mezzo-soprano )

Agathe TREBUCQ ( soprano )

Eléonore SANDRON ( pianiste)

 

 

Avoir l'eau chaude à disposition était durant les années 50 un indéniable luxe.

 

Les particuliers quant à eux vivaient - surtout en province - dans des immeubles où l'eau était tirée " à la pompe " quand il y en avait une dans le jardin ou bien depuis un robinet situé parfois au pied de l'immeuble.

 

On remontait alors des brocs d'eau destinés aux besoins immédiats. Cela ne s'invente pas, nos ainés l'ont vécu. Cette ère semble sans doute préhistorique aux plus jeunes d'entre nous ?

 

Car n'oublions pas que la population de l'époque avait parfois traversé deux guerres et ce côté spartiate ne lui faisait pas peur, d'autant moins que tous et toutes n'avaient rien connu d'autre.

 

Les femmes d'alors se devaient d'être " tirées à quatre épingles " les coiffures nettes sans aucune mèche tombante ; quand on compare cela aux têtes ébouriffées et aux actuels jeans déchirés délibérément un peu partout … une telle tenue eut fait scandale et n'était du reste pas même imaginable !

 

L'action se déroule à Paris en 1955, en un lieu baptisé " Hôtel Moderne " et nous sommes à la veille du Salon des Arts Ménagers. Souvenez-vous, un an plus tard, parfaitement au diapason, Boris Vian allait composer sa célèbre " complainte du progrès. "

 

Le patron n'est pas là et quand le chat est sorti les souris dansent ! ... Elles sont quatre employées de l'hôtel qui rêvent d'avenir, de modernisme et de liberté.

 


Parfois l'une d'elle emprunte une robe qui va lui permettre de s'offrir une soirée au dessus de sa condition et en reviendra un peu " pompette " commentaires et confidences s'échangent alors, projets d'avenir aussi.

 

Leur tenue de chaque jour consiste en de petites robes rayées toutes simples aux tons pastels, rehaussées d'un col blanc - amidonné bien sûr - et leurs chaussures sont de sages escarpins à talons bottiers.

 

Leur répertoire ? … les opérettes évidemment, qui à l'époque formaient encore la base de toute culture musicale. Le rock n'allait pas tarder à s'imposer et prendre de plus en plus de place mais d'évidence, ne constituait pas leur " tasse de thé. " du moins pour le moment.

 

D'autant que l'on savait encore ce que chanter voulait dire et pour être plus claire il fallait pour cela que la voix fut placée. C'est le cas pour toutes ici et l'habileté de chacune révèle indubitablement les années d'expérience, le quatuor Ariane ayant on le sait, fait ses preuves.

 

Gabaroche, cela vous dit quelque chose ? Peut-être pas mais nul ne peut ignorer Offenbach ni Arthur Honnegger ou Reynaldo Hahn sans oublier André Messager, Christiné (un autre roi de l'opérette) ainsi que Maurice Yvain ...

 

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, c'est le moment ou jamais de se documenter puisque le tout s'écoute avec plaisir. Quelques représentations pour cette fin-Avril mais également en Mai sont prévues à l'Auguste-Théâtre, ensuite ce sera du 5 au 27 juillet en Avignon. (*)

 

Vous l'avez compris : virtuosité, joie et bonne humeur sont au rendez-vous.

 


Simone ALEXANDRE

 

 

(*) AVIGNON du 5 au 27 Juillet 2019

tous les jours à 12h45 (relâche le lundi)

 

au Théâtre Notre-Dame

13, rue du Collège d'Annecy

84000 AVIGNON

T. 04 90 85 06 48

 

http://www.theatrenotredame.com/

 

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

17/04/2019

ANATOMIE DE LA JOIE de Anne Cadilhac et Sandrine Montcoudiol

aff.anatomie-joie.jpg

 

 

THEATRE ESSAION

 

6, Rue Pierre-au-Lard

 

75004 PARIS

 

 

 

(M° Hôtel de Ville  

ou Rambuteau)

 

LOC. 01 42 78 46 42

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

www.essaion-theatre.com

 

Chaque lundi et mardi à 19h45

 

Relâche les 27 & 28 Mai 2019

 

Durée : 1h10

 

Mise en scène : Yann de Monterno

 

avec Anne Cadilhac et Sandrine Montcoudiol

 

Anat-joie.jpg

 

 

Parler de «  l’Anatomie de la joie », sans la décortiquer  totalement est une forme de gageure tant ce spectacle assez bref, 1h10, mêle un peu tout.

 

Le postulat est une savante ( et si nous connaissons déjà des Docteurs Folamour, ou des savants fous nous avons sous les lunettes une doctoresse assez frappée, obsessionnelle et neurasthénique ) qui cherche à isoler le génome de la joie.

 

C’est foutraque, c’est enlevé c’est joyeux, mais sur le fond, il y a de vraies questions, plus graves : la joie se confond elle avec le bonheur, ou avec le plaisir, ou avec la jouissance ? 

 

Tel auteur ou musicien est-il naturellement porté à ce courant plus qu’à un autre ? Faut-il faire le départ entre la tragédie, toujours vue comme étant plus noble et la comédie, moins considérée ?

 

Et ce spectacle ardait d’une prise totale avec l’actualité que nous vivions, perturbante pour tout Parisien, à quelques centaines de mètres du théâtre Essaïon où nous étions, qui est l’incendie de Notre Dame, ce lieu où tous les chants de gloire et de joie depuis 800 ans sont montés, partait dans un événement aussi définitif que le bûcher de Jeanne à Rouen en 1431.

 

Anne Cadilhac qui interprète le rôle du cobaye humain, toujours enjouée, toujours heureuse, et qui semble être habitée du démon de la joie, est co-auteur de ce spectacle avec Sandrine Montcoudiol, la savante folle, un peu dérangeante au fond et qui nous renvoie à des terreurs anciennes lors d’une conversation avec un homologue teuton. Il y aurait fort à penser sur cet échange, certes amusant, mais au fond révélateur…

 

Dans une mise en scène de Yann de Monterno, nos deux actrices, chanteuses et  musiciennes se livrent à une représentation de notre société : pourquoi certains sont-ils joyeux et d’autres pas ? De quoi rions nous ? : de tout  pour certains, de rien pour d’autres. Faut-il rire de tout de crainte d’en pleurer ? Le rire est-il nocif ? ( et c’est là le sujet central du « Nom de la Rose » ! )

 

Dans ses rêves que nous partageons, Camille Corbillard, la cobaye, grime Fleur de Tolbiac ( la « savante » ) qui porte certes un nom de victoire mais va, semble t-il d’échec en échec, ô paradoxe !, et l’associe à ses délires pour d’une certaine manière la décrocher des cimaises auxquelles elle pense prétendre. 

 

C’est la replacer dans son espace vital, celui de la fantaisie, du « lâcher-prise » dirait-on maintenant, et c’est surtout le domaine des rêves donc de la loufoquerie vue comme plausible, de l’irréel ressenti comme rationnel. 

 

Nous sommes là au croisement des deux mondes représentés par chacune des interprètes et la fusion se fait à la fin du spectacle, un peu à la manière du teaser de « La Haine » : jusqu’ici tout va bien !

 

Ce spectacle pour léger qu’il paraisse, en raison des moments de dinguerie auxquels il est difficile d’échapper n’en porte pas moins des moments d’interrogations, et porte en lui une information qui ne devrait pas être une nouvelle, on peut tout dire, pourvu que ce soit sur le ton de la légèreté.

 

C’est pourquoi il est utile et nécessaire d’aller applaudir cette « Anatomie de la joie », qui est plutôt une tentative de séquençage.

 

C’est le lundi et le mardi à 19h45.

 

Frédéric ARNOUX ©

 

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

10:54 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent

16/04/2019

L'ECRAN DE MAX de Cécilia MAZUR

aff;ecran-Max.jpg

 

 

 

 

STUDIO HEBERTOT

 

78bis, boulevard des Batignolles

 

75017 PARIS

 

 

(M° Villiers / Rome)

 

 

LOC. 01 42 93 13 04

 

https://www.studiohebertot.com/

 

Mercredi & Samedi à 17h

 

Durée : 1 heure

 

Mise en scène : Tony HARRISSON

 

avec Titouan LAPORTE ( Max )

 

Nadège PERRIER ( La mère de Max )

 

Guy AMRAM ( Le père de Max )

 

Max.jpg

 

 

Au Japon, on désigne l'état dans lequel a sombré Max,

" hikikomori " ou la vie cloîtrée choisie par quelques adolescents vivants en retrait dans leur chambre, ce qui vaut toujours mieux qu'un seppuku car moins définitif !

 

Or ici, c'est l'addiction à internet et aux jeux vidéo que Cécilia Mazur a voulu dénoncer.

 

Chaque adulte se souvient de cette période difficile de l'adolescence laquelle se manifeste le plus souvent par le rejet de la société qui lui est imposée.

 

Cette fois le problème est plus complexe car loin de rejeter son époque, Max y adhère complètement en utilisant la technologie offerte ; c'est juste que son comportement est excessif.

 

Un accident de sport, un échec amoureux et il n'en faut pas plus pour qu'il referme le cercle sur lui.

Si ce phénomène comportemental n'était pas aussi répandu on pourrait conclure que les conditions familiales en sont responsables.

 

parents-Max.jpg

 

Un père qui est presque toujours absent, qui travaille même le dimanche - c'est du moins ce qu'il dit - et la mère qui forcément se pose des questions, sombre peu à peu dans l'alcoolisme …

( à chacun sa tentative de sortie ! )

 

En semblables circonstances nous avons toujours tendance à accuser les victimes, à les taxer de manque de volonté, or en agissant de la sorte, nous nous préoccupons des effets et non de la cause.

 

Maintenant, faut-il accuser Alan Turing d'être à l'origine des troubles actuels ? … L'homme a payé assez cher le droit d'être tranquille.

 

En réalité, les addictions ( il en existe de toutes sortes et il serait inutile de les énumérer ) ne correspondent qu'à une fuite ( non en avant ) mais plutôt à une plongée face à une situation qui dépasse qui en est l'objet. Ici, le caractère ludique de la chose en aggrave l'emprise et de ce fait, les conséquences.

 

Les adultes sont ils plus sages que leurs enfants ? Certes non ! Il ne suffit que de les voir chaque jour, avancer sur les trottoirs de nos villes, le smartphone en main, les yeux rivés sur l'écran, de faire le compte d'occupants de la voiture du métro où l'on se trouve lesquels agissent presque tous de même sorte. C'est purement et simplement consternant.

 

Chaque soir au théâtre, une annonce n'est-elle pas nécessaire pour conseiller aux spectateurs d'éteindre cet engin de malheur pendant la représentation ? Et certains persistent à ne pas en tenir compte ...

 

ko.jpg

 

Nous sommes devenus esclaves de la technologie qui nous est présentée comme un progrès irréversible et je doute que les débats qui sont organisés en fin de spectacle soient susceptibles de nous aider à y voir plus clair en un monde où d'invisibles décideurs se veulent maîtres de nos destins.

 

Si au moins ce spectacle pouvait amener certains à réfléchir … " Indignez vous " conseillait Stéphane Hessel - non, réveillez vous tout simplement. Ces trois comédiens aidés de l'auteur et du metteur en scène vous aideront peut-être à y parvenir ? C'est en tout cas une pièce à voir.

 

 

Simone ALEXANDRE

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

 

 

13:06 Publié dans THEATRE | Lien permanent