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21/09/2018

Annonce : Signé DUMAS de Cyril Gély et Eric Rouquette

 

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10:00 Publié dans Annonces | Lien permanent

20/09/2018

Dialogue aux Enfers MACHIAVEL MONTESQUIEU de Maurice JOLY

AFF DIALOGUE AUX ENFERS.jpg

 

 

THEATRE de POCHE

MONTPARNASSE

 

75, boulevard du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse)

 

LOC. 01 45 44 50 21

 

Pl. de 10 à 35€

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

Du mardi au samedi à 19h

 

Dimanche à 15h

 

Mise en scène : Marcel BLUWAL

 

avec Hervé BRIAUX et Pierre SANTINI

 

 

Dialogue-Enfers-1.jpg


Ce qui est étonnant avec « Dialogue aux enfers Machiavel Montesquieu » de Maurice Joly, c’est son effroyable contemporanéité !


Le texte a paru en Belgique en 1864, et presque tout des propos de cette pièce enivrante, vive, d’une totale finesse et d’une incisive cruauté est  rapidement susceptible d’être transposé à notre époque dite moderne.

Le public ne s’y trompe pas qui frémit parfois, d’aise ou de gêne, suivant ses goûts et ses aspirations. Il faut dire que les comédiens ne ménagent pas leur peine, et Pierre Santini est à son meilleur, superbe Montesquieu, offusqué du cynisme de Machiavel, indigné de ce qu’il entend, vibrant de convictions démocrates ; il campe un personnage tout en forces et en faiblesses, façonné d’intelligence et de finesse face à un Machiavel à qui Hervé Briaux donne une puissance physique inattendue alors qu’on l’imagine, suivant les représentations de l’époque, plutôt frêle et assez chafouin.

Maurice Joly, avocat, romancier, essayiste et journaliste a imaginé la rencontre aux enfers, ce qui est sa façon de nommer  les limbes où on peut penser que ces deux intelligences  déambulent, ou les rives du Styx,  de ces deux penseurs de la vie politique, puisque cela leur eût été impossible de leur vivant. Nicolas Machiavel né en 1469 et mort en 1527, ne pouvait avoir rencontré  Charles de Secondat, baron de Montesquieu, né en 1689 et mort en 1755 ! Il fallait donc se servir de l’éternité dans laquelle ils sont entrés pour qu’ils se rencontrassent et discutassent de leurs points de vue.

Et c’est un moment de pur bonheur intellectuel que d’entendre ces deux grands comédiens, glissés dans la peau de leurs personnages respectifs, échanger dans la fièvre, l’enthousiasme, non sans parfois un trait d’humour moqueur ou un cri indigné. Car ils échangent, suivant la forme actuelle, c’est-à-dire qu’ils discutent ou qu’ils disputent pour revenir sur le vocabulaire de temps plus anciens. C’est-à-dire également qu’ils s’écoutent mutuellement, ce qui, pour le coup, n’est plus d’actualité.

Marcel Bluwal, dont la renommée n’est plus à faire, trouve ici le moyen de faire passer un certain nombre d’idées, de dénoncer certaines attitudes, des scandales présents, des iniquités de toute éternité et il le fait de bien belle façon. A 93 ans, ce metteur en scène qui n’a plus rien à prouver trouve encore l’occasion de donner une belle leçon d’humanité en ce qu’elle a de plus vivant : la force de s’interroger.

Les deux intellectuels avant l’heure, car le mot est anachronique, parlent un langage moderne, empreint de notions  parfois marxistes c’est ce qui nous en rapproche ; l’un attire l’autre dans ses filets, qui va s’en sortir pour entrainer son contradicteur dans sa nasse. C’est épatant !

 

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( photos : Victor TONELLI )

 



C’est la société de Napoléon III, dit « le Petit » par Hugo, mais on peut douter qu’il y en eût jamais un grand…, que Maurice Joly dépeint, en la fustigeant sans jamais la critiquer ouvertement, ce qui est d’une totale habileté. On peut aisément faire un parallèle et apercevoir d’aveuglantes analogies entre ce que nous entendons de la bouche de Machiavel et ce que nous connaissons, tant en France que dans d’autres pays réputés encore démocratiques.

L’expression « le fait du prince » vaut un peu partout, et si nous ne pouvons vraiment lutter contre ce méfait, au moins relève-t-il de notre dignité de ne pas en être dupe et surtout ne pas justifier ni lui trouver de justes raisons d’être. C’est de ces faiblesses souvent que sortent les dictatures les plus violentes. L’histoire est riche d’enseignements non sus, non appris, non retenus.

La société modèle dont rêve Montesquieu, avec pour garde-fou la séparation des pouvoirs, est pour son contradicteur une vue de l’esprit que des filous, des malins, des malfaisants, des sournois contourneront toujours sous couvert de la défendre.

La leçon que l’on peut comprendre est qu’il ne faut être certain que du doute, ce qui renvoie à… Descartes !

Rendons grâce au Théâtre de Poche-Montparnasse de nous proposer une si forte et si belle réflexion autour du despotisme, de la séparation des pouvoirs, du droit et de son bon usage et de nous entraîner un peu sur le chemin de la démocratie repensée.


C’est simple, c’est limpide, c’est enlevé par des acteurs de premier plan, et c’est, d’une certaine manière, un spectacle salutaire que les écoles, en ce compris celles réputées du plus haut niveau, devraient s’empresser d’aller voir et entendre.

Nous avons vécu un beau moment d’intelligence et de théâtre. Souhaitons qu’il soit partagé par le plus grand nombre, ce serait faire œuvre salutaire.



Frédéric ARNOUX ©

 

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09:42 Publié dans THEATRE | Lien permanent

19/09/2018

LES ENIVRES de Ivan VIRIPAEV

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CARTOUCHERIE

THEATRE DE LA TEMPETE

 

Route du Champ de Manoeuvre

 

75012 PARIS

 

 

 

(M° Château de Vincennes

puis navette gratuite de la Cartoucherie)

 

LOC. 01 43 28 36 36

 

Pl. 20€ - T.R. 16/12€

 

https://www.la-tempete.fr/

 

Du 14 SEPTEMBRE au 21 OCTOBRE 2018

 

Salle Serreau

 

Du mardi au samedi à 20h

dimanche à 16h

 

 

Texte français de Tania MOGUILEVSKAIA et Gilles MOREL

( Les Solitaires Intempestifs )

 

Mise en scène : Clément POIREE

 

avec,

 

John ARNOLD (Mark, Karl, Mathias)

Aurélia ARTO (Laoura, Linda)

Camille BERNON (Marta, Rosa)

Bruno BLAIRET (Gustav, Gabriel)

Camille COBBI (Magda)

Thibault LACROIX (Max)

Matthieu MARIE (Lawrence, Rudolph)

Mélanie MENU (Lora)

 

Scénographie : Erwan CREFF

 

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La vie est un manège qui tourne inlassablement, sur lequel les pauvres bestioles que nous sommes présentent un équilibre instable. Ces êtres titubants essaient de se rejoindre, tombent, se relèvent et parfois se vautrent dans le fossé tandis que la planète poursuit sa course folle.

Voilà ce que nous montre Ivan Viripaev. Tous ces personnages ayant bu au point de ne plus tenir sur leurs jambes essaient encore de raisonner,  s'agressent, se répètent, bref ont le comportement typique de ceux qui ont usé et abusé de la boisson la plus saine qui soit à condition de se contenter de la déguster au lieu de s'en emplir ...

Mais comme le disait Rabelais " natura abhorret vacuum "

A l'issue d'une nuit de beuverie nous les découvrons tous ayant dépassé le stade de la recherche du dépassement de soi, en un fort et collectif piteux état.

C'est excessif, drôlissime, les limites de la dignité et de la bienséance ayant depuis longtemps volé en éclats. Chacun est à la recherche de l'impossible signification, prêt à interpeller un Dieu invisible aussi inaccessible aux croyants qu'aux athées.

Et comme le fera remarquer avec truculence un personnage,

" Dieu n'en a rien à ch … de ce que l'on peut penser de lui ! "

" In vino véritas " allez-vous dire ?  L'amour privé d'équilibre reste au ras des paquerettes. Quelques tentatives ont lieu, çà et là, non dénuées de fulgurances mais les envolées restent pathétiques voire même grotesques.

 

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( photos : Chantal DEPAGNE )



Pourtant une poésie se dégage de ces tentatives d'harmonie spirituelle. C'est ainsi que Marta déclarera à Gustav,


- " Tant que tu n'aimes pas, tu dors, l'Amour c'est la vie."


L'ivresse se révèle ici libératrice car elle permet de dire tout ce qui serait resté secret à jeun.  Gabriel déclarera à son tour,

- " Je ne boirai plus jamais mais je ne dessaoulerai pas. "

La phrase a ici une quasi portée métaphysique ! ...

Car ces quatorze buveurs ne se trouvent dans cet état qu'à cause du caractère occasionnel de l'événement. Ils ne savent pas gérer la situation et en perdant pied, l'ivresse leur sert de tremplin vers autre chose qu'ils ne soupçonnaient pas.

Tous ces comédiens se sont tellement investis qu'il serait injuste d'en citer un, plutôt qu'un autre. Il convient donc d'adresser un immense et collectif bravo à tous.

La mise en scène de Clément Poirée est purement géniale. Voilà du théâtre, du vrai comme on n'en voit que trop rarement.




Simone ALEXANDRE

 

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09:16 Publié dans THEATRE | Lien permanent