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29/09/2016

AMER M de Joséphine SERRE

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Théâtre de Belle Ville

 

94, Rue du faubourg du Temple

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° Goncourt ou Belleville)

 

loc. 01 48 06 72 34

 

http://www.theatredebelleville.com/

 

Pl. 15 à 25€

 

- 26 ans : 10€

 

Chaque lundi et mardi à 21h15

 

 

jusqu'au : 17 OCTOBRE 2016

 

 

Texte et mise en scène : Joséphine SERRE

 

 

 avec : Guillaume COMPIANO, Xavier CZAPIA,

Camille DURAND-TOVAR & Joséphine SERRE

 

 

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Le théâtre est sans cesse à la recherche de nouveaux modes d'expression et il semble bien qu'il en ait toujours été ainsi puisqu'il est en prise directe sur la vie.

Tout ou presque peut donc l'alimenter, un simple fait divers, une rencontre, un incident.

Certes, ce n'est pas tous les jours que l'on découvre dans sa boite à lettres un portefeuille déposé là - Dieu sait par qui ? - contenant les papiers d'un inconnu.
Si par hasard vous trouvez par terre ce genre d'objet, vous allez immédiatement le déposer au premier commissariat de police et ce sera la fin de l'histoire. Mais le fait que quelqu'un l'ait déposé en cet endroit précis est générateur d'une quasi obligatoire implication.

Vous avouerez qu'il y avait de quoi se poser des questions ! …

Le propriétaire desdits papier est ou était - comment savoir ? - un homme " d'origine " algérienne ( comme on dit maintenant ) né dans les années 30, arrivé dans la Métropole 20 ans plus tard, donc citoyen français puisqu'à l'époque l'Algérie était encore française mais inutile de préciser que tout le monde n'avait pas exactement les mêmes droits. On peut du reste toujours s'interroger à ce sujet. Certains ne vont ils pas jusqu'à évoquer les " français de papier " en contraste avec ceux " de souche " ? Le problème est donc toujours d'actualité.
 
Amer M ( comme Méditerranée) cette vaste étendue d'eau qui en séparant deux continents fait beaucoup de victimes depuis quelque temps ...

 

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( photos : Benjamin POREE )

 



La personne à qui était destiné cet étrange dépôt va décider de se donner les moyens d'en savoir plus et prendra le ferry qui mène à Alger pour ensuite se rendre en Kabylie lieu où le mystérieux fantôme était né et sur la trace duquel elle s'est lancée.

Réaction suivie d'une décision presque irraisonnée mais à laquelle décidément, elle ne peut faillir ...
C'est aussi une remontée dans le temps à l'époque où Luis Mariano chantait " C'est magnifique " où les postes de radio à ampoules démarraient parfois à grand renfort de coups de poing.

Amar … oui, il ne se prénomme Amer que sous un ciel de pluie était arrivé sur le continent avec le secret espoir de contempler La Bastille.
On avait oublié de lui préciser que la Révolution l'avait mise à bas et quelle ne fut sa déconvenue quand il ne vit qu'une simple colonne à la place !

Mais peut-être que notre Sherlock Holmes en jupons a inventé cet épisode ? Comme cette histoire d'amour avec une pianiste … On ne saura jamais ce qui est vrai ou pure invention de la part de celle qui cherche à reconstituer un parcours, une histoire en compensation à la rencontre de ce vieil algérien qui sur le port de Marseille déclarait avoir " vécu pour rien."


Son mystérieux héros devait forcément avoir traversé moult péripéties et peut-être même avoir été soumis à la question par les services secrets ?

Les comédiens vont et viennent sous nos yeux, incarnant les divers personnages créant ainsi à partir de presque rien une sorte de mythologie moderne, nouvelle Odyssée où Penelope partirait à la recherche d'Ulysse et sachez que l'on ne voit absolument pas le temps passer en leur compagnie. Tout concourt à capter notre attention, à aiguiser notre curiosité : le texte, la musique, les lumières sans oublier l'implication de tous sur scène.

  

Simone Alexandre

 

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15:46 Publié dans THEATRE | Lien permanent

27/09/2016

JULES RENARD, l'homme qui voulait être un arbre

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THEATRE de POCHE

 

75, bld du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

 

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

 

loc. 01 45 44 50 21

 

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

Tarifs de 10€ (-26 ans) à 26€

 

Chaque lundi à 19h

 

Relâches exceptionnelles les 10.X, 7.XI & 5.XII

 

 

Adaptation et interprétation : Catherine SAUVAL

 

D'après le Journal, Bucoliques & Histoires Naturelles

de Jules RENARD

 

 

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( photo : Chantal Delpagne )

 



En dépit de ce que certains aficionados en disent, comme pour s’en convaincre, Jules Renard est un auteur quelque peu oublié, autrefois sauvé du total oubli par l’étude scolaire de « Poil de carotte » dont je doute que la lecture suscite quelque émoi désormais chez nos têtes réputées blondes…

Pourtant au Théâtre de Poche, Philippe Tesson a eu la bonne idée de demander à l’excellente Catherine Sauval de rappeler à la vie ce Jules pour une heure et quart de dialogue avec lui.
Entendons-nous, le public ne dit rien, mais il écoute Renard au travers de son « Journal littéraire », des « Bucoliques » et des « Histoires  naturelles », et disons-le tout net, c’est passionnant !

Jules Renard pouvait être amusant, ce n’était néanmoins pas un homme drôle ! Le verbe juste, l’adjectif précis, l’esprit acéré, il mettait ces talents au service d’histoires de son siècle souvent charmantes et un peu désuètes, mettant aux prises des héros ordinaires (entendre Catherine Sauval dans « La mort de la Brunette » ! ) des sortes de « Choses vues » en bon admirateur de Hugo qu’il était.

Le titre complet de ce spectacle intelligent et souvent tendre est « Jules Renard, l’homme qui voulait être un arbre ».

On peut aussi penser que Jules Renard voulait simplement être un homme débarrassé des préoccupations métaphysiques qui le faisaient humain justement, même si on peut lui reprocher, parfois des méchancetés gratuites, comme accepter de signer une lettre commune d’écrivains en faveur d’un Oscar Wilde alors dans la débine, à condition que ce dernier cessât d’écrire. Il voulut faire un mot. Il fit mal.

Son « Journal littéraire » est une mine sur la vie parisienne intellectuelle de 1887 à 1910, et si Renard aime à trouver des formules, il faut bien reconnaître qu’elles sont souvent heureuses et qu’il trouve souvent des bonheurs d’écriture comme on en voit rarement.

Renard cherchait le succès, il l’eut, jusqu’à la Légion d’Honneur, mais il est demeuré un insatisfait, heureux en ménage bien que marié de raison, père de famille, célébré, académicien Goncourt assidu, il reste vaguement triste, méditatif sur la nature comme on pourrait, dans une imagerie saint sulpicienne envisager Saint François parlant aux animaux.

Nous ne sommes pas autrement étonnés que Catherine Sauval ait, par touches subtiles, suggéré un monde japonisant, évoquant des voiles de couleurs à la Vuillard, sur un fond tracé à la manière d’un dessin nippon.  Jules Renard peut susciter des tels  sentiments,, une sorte de paix apparente qui dissimule des typhons intérieurs..

Toujours en quête de bonheur, et qui sait ?, d’une perfection dont il ne pouvait ignorer qu’elle n’existe pas, on pourrait tenter de comprendre Jules Renard, par facilité, au travers de sa phrase «  Si l’on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d’attente ».

C’est sans attendre qu’il faut aller redécouvrir Jules Renard, à 19 heures chaque lundi au « Théâtre de Poche ». Vous prendrez un bain d’intelligence, portés par le talent émouvant et délicat de Catherine Sauval.

 

 

Frédéric Arnoux ©

 

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12:18 Publié dans THEATRE | Lien permanent

26/09/2016

BRASSEUR ET LES ENFANTS DU PARADIS de Daniel COLAS

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THEATRE du PETIT ST-MARTIN

 

17, Rue René Boulanger

 

75010 PARIS

 

(M° Strasbourg St-Denis)

 

loc. 01 42 08 00 32

 

http://www.petitstmartin.com/

 

Pl. 33€ - 26 ans : 10€

 

A 19h ou 21h du mardi au samedi

en alternance.

A 17h le samedi en alternance.

 

Texte et mise en scène : Daniel COLAS

 

avec Alexandre BRASSEUR

 

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" Bon sang ne saurait mentir… " l'expression remonte paraît-il au XIVème siècle mais les ressemblances - elles - se contentent le plus souvent de sauter une génération.
Alexandre Brasseur est donc physiquement plus proche de Pierre que l'était son fils, Claude.

Certes, la silhouette n'est pas tout à fait la même mais en revanche le regard est là.
Quand l'héritier y pense surtout, car les ressemblances sont mentales avant d'être physiques or Alexandre n'avait qu'un an quand son illustre grand-père nous a quittés ; il ne saurait donc se souvenir de lui.

En revanche, il y a fort à parier qu'avant de réaliser ce spectacle, il se soit abreuvé des nombreux films que le grand comédien a tournés. Où aurait-il trouvé cette voix parfois rocailleuse, ce maintien qui rejette le buste en arrière pour mieux dominer la situation ?


Et il n'est de modèle plus prestigieux que celui-là !

 

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( photos : Juliette BRASSEUR )



Chaque soir, du mardi au samedi sur le vaste plateau du Petit Saint-Martin, l'interprète a rendez-vous avec son ancêtre et pour mission de le faire revivre sous nos yeux.

 

Tous les cinéphiles connaissent par coeur " Les Enfants du Paradis " dont on ne saurait se lasser. Pierre Brasseur y campait le personnage de Frédéric Lemaître, autre monstre sacré.

 

J'avais en son temps, dévoré " Ma vie en vrac " et bien évidemment, le livre prêté n'est jamais revenu. Il me fait bien défaut aujourd'hui où j'aurais aimé m'y replonger mais comme Daudet le faisait dire à Frédéri : " j'ai toujours sa voix dans les oreilles " ...

 

Les personnages joués par lui prenaient une dimension exceptionnelle : Raspoutine, Buridan ( pour ne citer que ces deux là ) dès que son nom figurait à l'affiche, je me précipitais.  Ensuite je suis allée le voir et entendre dans " Cher Menteur " la salle était comble mais ayant réussi à me faufiler j'assistai à la représentation debout contre le mur du théatre, parfois sur un pied car me trouvant à l'extrémité du dernier balcon je devais me pencher pour bien le voir et n'aurais certes pas donné ma place pour un empire !

Certains acteurs ont ce pouvoir là et les jeunes générations ne peuvent imaginer l'impact qu'avait cet artiste.

Alexandre Brasseur évoque pour nous la période d'occupation allemande durant laquelle vivre de son art était encore plus difficile que d'habitude. Prévert et Carné ont dû affronter les pires difficultés pour mener à bien leur entreprise. Arletty est évoquée bien sûr, Jean-Louis Barrault n'est pas oublié, lui et son personnage de Debureau car Barrault avant d'être metteur en scène était un grand mime.

Toute une époque renaîtra pour les privilégiés qui iront voir cette pièce et applaudir l'interprète à qui nous souhaitons carrière aussi prestigieuse que celle ici évoquée.



Simone Alexandre

 

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10:27 Publié dans THEATRE | Lien permanent